Rapport annuel 2009-2010

Des connaissances à la pratique : La recherche en santé financée par les IRSC au service du Canada et des Canadiens

Table des matières ]

Faits marquants de la recherche en 2009-2010

Des Canadiens décodent le génome du cancer du sein
Des chercheurs canadiens ont réalisé une première mondiale en révélant les mutations successives de la tumeur primitive du cancer du sein jusqu'à ce qu'elle devienne métastatique. Des chercheurs financés par les IRSC, les Drs Samuel Aparicio et Marco Marra, de la BC Cancer Agency, ont dirigé l'étude, dont les conclusions ont été publiées dans Nature. En séquençant les génomes de tissus tumoraux prélevés sur une femme au début de son cancer et au moment de sa récidive neuf ans plus tard, ils ont découvert que la tumeur primitive était une mosaïque de cellules contenant différentes mutations qui s'étaient ensuite développées. La découverte offre de nouvelles voies pour lutter contre le cancer, y compris des traitements personnalisés ciblant la composition génétique des tumeurs primitives et métastatiques du patient.

Une façon de surmonter la crise des isotopes médicaux
Des chercheurs du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et de l'Université de Sherbrooke, en collaboration avec Advanced Cyclotron Systems Inc., de Richmond (C.-B.), ont montré que le technétium 99m produit dans un cyclotron médical est comparable à celui qui provient d'un réacteur nucléaire – par exemple, le réacteur vieillissant de Chalk River. Les chercheurs, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Nuclear Medicine, ont conclu que des réseaux de cyclotrons d'énergie moyenne pourraient produire du technétium 99m pour compléter l'approvisionnement en isotopes médicaux traditionnellement assuré par les réacteurs nucléaires et répondre au besoin croissant d'autres isotopes médicaux. L'équipe du Centre d'imagerie moléculaire de Sherbrooke était dirigée par les Drs Brigitte Guérin et Johan E. van Lier.

Une équipe canado-américaine scrute le combat du système immunitaire contre l'herpès
Une équipe de chercheurs canadiens et américains a découvert comment le système immunitaire reconnaît et attaque le virus de l'herpès simplex de type I, qui cause le feu sauvage. Des chercheurs de l'Université de Montréal, de concert avec des collègues de l'Université de Washington et de l'Université d'état de la Pennsylvanie, ont constaté que la membrane nucléaire d'une cellule chez des souris infectées par le virus pouvait révéler ce virus et stimuler le système immunitaire pour qu'il l'attaque. Le Dr Michel Desjardins, qui est titulaire d'une Chaire de recherche du Canada en microbiologie cellulaire, a été l'auteur principal de l'étude financée par les IRSC, qui a été publiée dans Nature Immunology.

Un antiviral source d'espoir pour les personnes atteintes de cancer
Un médicament antiviral d'usage courant, la ribavirine, peut aider à traiter le cancer, selon ce que révèle un essai clinique dirigé par la Dre Katherine Borden, de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie. L'étude, publiée dans la revue Blood, montre que des améliorations cliniques frappantes et même des rémissions partielles ou totales ont été observées après l'administration de ribavirine à des patients atteints de leucémie myéloïde aiguë. Le médicament semble inhiber le gène eIF4E, en cause dans 30 % des cancers – du sein, de la prostate, de côlon et de l'estomac, par exemple.

Une découverte pourrait aider les diabétiques de longue date
Le Dr David Hess, de l'Université Western Ontario, a trouvé un moyen de stimuler la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins – une percée qui pourrait un jour aider les diabétiques de longue date qui souffrent de maladies artérielles périphériques en raison de la mauvaise circulation sanguine dans leurs membres. Il a isolé, à partir de moelle osseuse humaine, des cellules souches de trois types dont l'action combinée crée de nouveaux vaisseaux sanguins. Il les a purifiées pour éliminer les cellules contaminantes et les a injectées à des souris pour améliorer la circulation sanguine et régénérer des capillaires endommagés des pattes. Les résultats de la recherche, financée en partie par les IRSC, ont été publiés dans la revue Blood.

Des chercheurs contribuent à l'étude du mouvement oculaire et des TSAF
L'aide financière des IRSC a permis à une équipe de l'Université Queen's, dirigée par le Dr James Reynolds, de mener une étude multicentres visant à déterminer s'il était possible d'utiliser les mouvements oculaires pour mesurer la fonction cérébrale chez les enfants présentant des troubles du spectre de l'alcoolisation foetale. Les chercheurs se sont rendus dans des agglomérations de l'Ontario et de l'Alberta pour réaliser l'étude, qui combinait des tâches nécessitant le mouvement des yeux et des tests neuropsychologiques. Les conclusions de l'étude, à laquelle ont aussi participé des chercheurs de l'Université de l'Alberta, de l'Hôpital St. Michael's à Toronto et du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, ont été publiées dans l'European Journal of Neuroscience.

Percée en matière de cellules souches sanguines par des chercheurs de Montréal
Une équipe de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie à l'Université de Montréal a réussi à produire de grandes quantités de cellules souches à partir d'un petit nombre de cellules souches sanguines provenant de moelle osseuse. Cette équipe multidisciplinaire, dirigée par un chercheur financé par les IRSC, le Dr Guy Sauvageau, a publié ses conclusions dans Cell en avril 2009. La découverte a été acclamée, vu son importance pour la mise au point de nouveaux traitements destinés aux personnes en attente de greffe de moelle osseuse.

Une étudiante au doctorat montre que les femmes présentent les symptômes « classiques » de crise cardiaque
Contrairement à ce que d'autres études avaient permis de croire, les symptômes classiques de crise cardiaque sont aussi communs chez les femmes que chez les hommes. C'est du moins ce que révèle une nouvelle recherche de la Dre Martha Mackay, clinicienne-chercheuse financée par les IRSC, qui vient d'obtenir son doctorat à l'Université de la Colombie-Britannique. Dans son étude portant sur 305 patients subissant une angioplastie – une intervention visant à élargir les vaisseaux sanguins qui produit brièvement des symptômes semblables à ceux de la crise cardiaque – elle n'a constaté aucune différence entre les deux sexes pour ce qui est des taux de douleurs thoraciques ou d'autres symptômes typiques. Les résultats ont été présentés au Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire.

Percée concernant l'AVC : les cellules ne meurent pas même si l'irrigation sanguine cesse
Une équipe de recherche dirigée par le Dr Michael Tymianski, neurochirurgien au Toronto Western Hospital, a trouvé un moyen de freiner l'activité d'un canal ionique appelé TRPM7 pour que les cellules cérébrales de rats restent vivantes quand l'irrigation sanguine est interrompue. Les conclusions, publiées dans Nature Neuroscience, pourraient aider à prévenir les effets dévastateurs de l'AVC – qui fait que le cerveau est privé d'oxygène et de nutriments et que les cellules meurent. Cette étude a été financée par les IRSC.

Une combinaison de médicaments permet d'éviter l'hospitalisation des jeunes enfants à la respiration sifflante
Une étude financée par les IRSC, sous la conduite de la Dre Amy Plint, de l'Université d'Ottawa, a révélé que l'action combinée de la déxaméthasone et de l'épinéphrine – auparavant utilisées séparément sans bienfaits uniformes – permettait de réduire significativement l'hospitalisation des jeunes enfants amenés à l'urgence pour une infection causant une respiration sifflante appelée bronchiolite. Les résultats de l'étude, qui a porté sur 800 bébés dans huit hôpitaux pédiatriques du Canada, ont été publiés dans le New England Journal of Medicine.

Les cellules dendritiques jouent un rôle clé dans la lutte contre Listeria
Des microbiologistes et des immunologistes de l'Université de la Colombie-Britannique ont mis en évidence un mécanisme de défense clé dont le système immunitaire se sert contre Listeria, la bactérie qui peut causer la listériose (une intoxication alimentaire). L'équipe, dirigée par le Dr Wilfred Jefferies, s'est concentrée sur les cellules dendritiques, qui collectent les pathogènes et les livrent à d'autres éléments du système immunitaire. Publiée dans le journal en ligne PLoS ONE, l'étude financée par les IRSC pourrait aider les chercheurs à élaborer de nouvelles stratégies pour traiter les infections bactériennes et mettre au point des vaccins contre Listeria.

Reporter les interventions après les crises cardiaques mineures ne pose pas de risque
Une étude financée par les IRSC, sous la conduite du Dr Shamir R. Mehta, de l'Université McMaster, a révélé qu'une angioplastie différée pour la plupart des personnes victimes de crise cardiaque mineure ou présentant des symptômes précurseurs de crise cardiaque était aussi efficace qu'une angioplastie immédiate pour prévenir la crise cardiaque, l'AVC ou le décès. Toutefois, une angioplastie pratiquée tôt s'est révélée une meilleure solution chez le tiers des patients plus à risque. Les conclusions de l'essai randomisé mondial, réalisé sous la direction du Canada, ont été publiées dans le New England Journal of Medicine. Elles auront d'importantes implications pour les soins de cardiologie et l'affectation des ressources.

Le système immunitaire pourrait être manipulé pour lutter contre le gras
Selon une étude financée par les IRSC, les lymphocytes T jouent un rôle crucial en tuant les cellules graisseuses et en contrôlant la résistance à l'insuline dans l'obésité associée au diabète de type 2 et les syndromes connexes. Résultat de recherche sur des modèles souris et des tissus de patients, la découverte donne à penser que le système immunitaire peut être manipulé pour lutter contre l'obésité et le diabète. Des chercheurs de l'Université de Toronto, de l'Hôpital Mount Sinai et de l'Université Stanford (en Californie) ont également participé à l'étude, dont l'auteur principal est le Dr Hans-Michael Dosch, de l'Hôpital pour enfants de Toronto. Les résultats ont été publiés dans Nature Medicine.

Le stress peut amener le cerveau à mal interpréter les signaux qu'il reçoit
Les neurones qui se trouvent dans l'hypothalamus – la partie du cerveau qui produit des hormones sensibles au stress et qui contrôle notamment la température corporelle, la faim, l'humeur et la libido – peuvent prendre les signaux chimiques que leur envoie le corps pour des signaux de désactivation plutôt que d'activation sous l'effet d'un stress aigu. Des chercheurs financés par les IRSC à l'Université de Calgary ont découvert qu'une protéine appelée KCC2 gère le processus par lequel les cellules cérébrales reçoivent différents signaux chimiques. Travaillant sur des rats, les chercheurs ont constaté que le stress modifie l'action de la KCC2, avec pour résultat que le signal de désactivation devient le signal d'activation. Comprendre comment reprogrammer cet interrupteur peut être la clé pour traiter les troubles liés au stress. L'étude, dirigée par le Dr Jaideep Bains, a été publiée dans Nature Neuroscience.

Un médicament contre le diabète pourrait augmenter la puissance des traitements anticancéreux
Une équipe de recherche canado-américaine a constaté qu'un médicament pour le diabète semblait améliorer l'efficacité des vaccins et des traitements contre le cancer. L'étude, financée en partie par les IRSC, a révélé que la metformine, utilisée pour traiter le diabète de type 2, faisait augmenter le nombre de lymphocytes T qui luttent contre le cancer chez la souris, si bien que son système immunitaire était plus en mesure de combattre les tumeurs. Le Dr Russell Jones, de l'Université McGill, est coauteur de l'étude, avec des collègues de l'Université de la Pennsylvanie. L'étude a été publiée dans Nature.

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