Profils de recherche - Un problème de plus en plus visible

Quand les tissus humains sont endommagés, par suite d'une blessure, d'une infection ou d'une maladie, de l'inflammation en résulte. La rougeur, l'enflure, la chaleur et la douleur produites sont autant des signes que l'organisme essaie de réparer les dommages.
Dre Jane Aubin
Directrice scientifique, Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite des IRSC
Nul doute, l'inflammation peut être incommodante. La rougeur, l'enflure, la chaleur et la douleur peuvent causer de l'inconfort, dans le meilleur des cas, et une véritable détresse, au pire. Toutefois, rassurez-vous : pour la plupart des gens, l'inflammation est un signe positif que leur organisme est en train de réparer les tissus endommagés, et que l'inflammation finira par passer.
Des problèmes surviennent quand l'inflammation déraille. Lorsque cela se produit, l'inflammation, au lieu de réparer les tissus endommagés, cause une importante douleur qui dure et contribue à une pléthore de troubles, tels l'asthme, la polyarthrite rhumatoïde (une maladie auto-immune), la cardiopathie, l'obésité, le diabète, la maladie intestinale inflammatoire et certains cancers. Les preuves sont aussi de plus en plus nombreuses qu'une inflammation de faible intensité contribue à certaines, sinon à la totalité, des maladies chroniques qui deviennent de plus en plus coûteuses, sur les plans tant individuel que sociétal.
Le Canada compte des spécialistes notoires de la recherche sur l'inflammation, dont certains sont en vedette dans les profils de recherche du mois. Aujourd'hui, notre principal défi consiste à éliminer les cloisonnements qui empêchent les chercheurs s'intéressant à l'inflammation en relation avec des maladies particulières de travailler plus étroitement ensemble, pour se concentrer sur le rôle similaire que l'inflammation joue dans nombre de ces maladies. Les IRSC et leur Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite sont déterminés à encourager les chercheurs à examiner les aspects de l'inflammation qui sont communs à tant de maladies et troubles qui affligent les Canadiens.
Dans les profils de recherche du mois, vous ferez connaissance avec quatre fascinants chercheurs dont le travail est des plus diversifié. Kathy Siminovitch cherche une façon de lutter contre les maladies auto-immunes inflammatoires, et en particulier la polyarthrite rhumatoïde, en trouvant les gènes responsables de la maladie. Paul Kubes a mis au point des techniques d'imagerie innovatrices qui lui permettent de voir les cellules inflammatoires réagir aux pathogènes en temps réel. Rama Khokha étudie les effets pour le moins contradictoires que l'inflammation peut avoir dans le cancer. Et Jan Dutz élabore des stratégies nouvelles et améliorées en matière d'immunisation. Des sujets disparates, certes, mais le dénominateur commun entre tous ces chercheurs, c'est la place centrale que l'inflammation occupe dans leurs travaux.
Ces chercheurs et leurs semblables dans tout le pays s'efforcent ensemble de répondre à des questions clés au sujet de l'inflammation : y a-t-il des façons d'intervenir, sur le plan physique ou pharmacologique, dans le processus inflammatoire? Existe-t-il des marqueurs communs de l'inflammation, qui pourraient être utilisés pour en prédire la progression ou intervenir pour y mettre fin? Y a-t-il des stratégies d'imagerie nouvelles permettant de suivre et de mesurer l'évolution de l'inflammation et sa réponse au traitement? Quel genre de rôle l'activité physique et la nutrition peuvent-elles jouer dans le contrôle de l'inflammation?
La réponse à ces questions procurera d'importants avantages aux Canadiens et pourrait contribuer à l'élaboration d'une stratégie canadienne pour prévenir les maladies chroniques grâce à une meilleure connaissance de l'inflammation.
Jane Aubin
Directrice scientifique, Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite des IRSC