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Dr Jan Dutz
Dr Jan Dutz

Les vaccins font énormément de bien, protégeant de vastes pans de la population contre les maladies infectieuses, mais il y a toujours place à l'amélioration.

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Quand Edward Jenner a été le premier à induire l'immunité à la variole en 1796, il l'a fait en égratignant la peau afin que de petites quantités du virus de la vaccine puissent pénétrer dans l'organisme. (Le virus de la vaccine, qui n'est pas mortel pour l'homme, est étroitement apparenté à celui de la variole.) Aujourd'hui, la plupart des vaccins sont administrés par injection dans un muscle.

Cette méthode de vaccination a été efficace pendant nombre d'années, mais elle n'est pas sans causer de problèmes. Parfois, plusieurs injections sont nécessaires pour assurer la protection. Cette situation est loin d'être idéale pour les populations difficiles à atteindre, qu'il n'est déjà pas aisé de vacciner une fois, mais qui devraient recevoir deux ou trois doses de rappel. Et les vaccins ne sont tout simplement pas toujours efficaces. Par exemple, 10 % des personnes vaccinées contre l'hépatite B n'acquièrent jamais d'immunité, peu importe le nombre de doses qu'elles reçoivent.

En bref

Qui : Dr Jan Dutz, professeur agrégé, Université de la Colombie-Britannique; chercheur, Child and Family Research Institute et Vancouver Coastal Health Research Institute.

Question : Les vaccins sont un des triomphes du XXe siècle en santé publique, mais des problèmes persistent. Par exemple, des personnes ne répondent pas à certains vaccins, ou plusieurs doses doivent parfois être administrées pour assurer l'immunité.

Approche : Le Dr Dutz travaille sur de nouveaux vaccins qui pourraient être administrés au travers de la peau et en même temps provoquer une réponse immunitaire plus forte.

Impact : La recherche pourrait conduire à la mise au point de méthodes nouvelles et améliorées d'administration des vaccins.

Jan Dutz veut changer la façon d'administrer les vaccins pour aider à surmonter ces problèmes. Le chercheur de l'Université de la Colombie-Britannique examine s'il serait plus efficace d'administrer les vaccins au travers de la peau, et si modifier la peau pourrait rendre les vaccins plus efficaces.

D'abord, dit-il, il faut comprendre comment les vaccins fonctionnent. Quand notre organisme sent l'inflammation, il soupçonne l'infection et déclenche une réaction immunitaire. Alors, quand un vaccin est administré, l'inflammation qui s'ensuit est une bonne chose. Elle ordonne au système immunitaire de commencer à réagir. Le système immunitaire forme des anticorps dirigés contre l'agent infectieux qui a été introduit par le vaccin. Ces anticorps sont ce qui confère aux gens une immunité contre des maladies infectieuses particulières, par exemple la varicelle, la rougeole ou la grippe.

Toutefois, trop d'inflammation est moins souhaitable. Le laboratoire du Dr Dutz essaie d'améliorer la conception des vaccins de manière à ce que la réponse immunitaire soit plus forte, mais l'inflammation, moindre. Les chercheurs pensent pouvoir atteindre ce but par une meilleure compréhension du système immunitaire de la peau.

« On s'est éloigné de la peau [pour l'administration des vaccins] à cause de l'inflammation », dit le Dr Dutz. « Toutefois, des gens qui ne répondent pas au vaccin contre l'hépatite B quand il est reçu par injection y répondent quand il est administré sous la peau. Et beaucoup moins de vaccin est alors nécessaire, environ 80 % de moins dans le cas du vaccin antigrippal. »

Le Dr Dutz n'examine pas les vaccins directement. Il cherche plutôt à déterminer comment les vaccins peuvent être améliorés par d'autres moyens. Certains vaccins utilisent des adjuvants, comme le sulfate d'aluminium, qui les rendent plus efficaces. Toutefois, le Dr Dutz a une stratégie différente. Il utilise des crèmes qui, appliquées sur la peau, la rendent plus réceptive aux vaccins.

« Elles trompent le système immunitaire en lui faisant croire à une infection virale au moment de l'injection, dit-il, et elles causent moins d'inflammation que les adjuvants. »

Les crèmes offrent aussi plus de possibilités. Par exemple, utiliser la crème trois fois par jour après l'injection améliore la réponse immunitaire. Par contre, si une personne trouve la crème trop irritante et juge qu'elle cause trop d'inflammation au point d'injection, elle peut l'appliquer une fois par jour seulement.

Jusqu'ici, le Dr Dutz a procédé à des essais préliminaires de crèmes qui rendront les vaccins plus efficaces. Il veut poursuivre avec d'autres essais.

L'étude

Les cellules dendritiques sont des cellules spécialisées de la peau dont le rôle consiste à activer le système immunitaire. D'autres cellules cutanées peuvent aussi produire des cellules inflammatoires, appelées cytokines, qui interagissent avec les cellules dendritiques. En présence d'un vaccin, ces cellules régulent la production de lymphocytes T, les cellules qui produisent des anticorps en réponse au vaccin. Le Dr Dutz utilise les souris pour en apprendre davantage sur cette réponse et la façon dont des crèmes topiques pourraient l'améliorer. Son travail aidera à optimiser des stratégies visant à rendre les vaccins et le processus de vaccination plus efficaces.

« La peau est tellement accessible et elle offre tant de cellules immunitaires – c'est passionnant. »