30e réunion du Conseil consultatif - Institut des maladies infectieuses et immunitaires
6 et 7 mai 2010Fairmont Château Frontenac
Québec, QC
Ébauche du procès-verbal
| Présent : | L. Barreto, E. Brown, R. Duncan, P. Ernst, M. Grant, A. Jevnikar, S. Jones, M. Karmali, V. Loo, C. Power, B. Ward, G. Wu |
|---|---|
| Personnel : | J. Bray, C. Brochu, D. Christin, S. Desnoyers, J. Gunning, A. Matejcic, M. Ouellette, M. Perrault, J. Raven, M. Sajedi |
| Absents : | J. Guimond, J. Stankova |
Ordre du jour et procès-verbal
C. Power suggère de déplacer la présentation de l'initiative sur le VIH/sida de vendredi à jeudi, puisque lui et M. Grant doivent quitter la réunion ce soir. Aucune objection. (B. Ward, G. Wu).
Une correction est apportée au procès‑verbal de la réunion du Conseil consultatif de l'Institut (CCI) du 15 et 16 décembre 2009 : Vivian Loo n'était pas présente. Motion d'acceptation du procès‑verbal modifié (G. Wu, A. Jevnikar).
Rapport du directeur scientifique
Dans le cadre de la Feuille de route sur la recherche en santé des IRSC, les instituts préparent 13 documents de conception; chacun portera sur un élément des quatre priorités stratégiques, comme le précise la Feuille de route. Les ébauches des documents de conception doivent parvenir au SPP le 10 mai 2010; les instituts responsables recevront les commentaires sur leurs propositions après cette date. Les documents de conception révisés seront évalués par le conseil scientifique; les propositions choisies feront ensuite l'objet d'une analyse de rentabilisation.
Les IRSC entament également leur deuxième examen international. Chaque institut doit préparer un document soulignant les contributions qu'il a apportées à la communauté scientifique au moyen d'investissements stratégiques. La première ébauche du document d'examen international doit être remise le 15 juin 2010 et la seconde, le 8 septembre 2010. On procède actuellement à la formation du Comité d'examen; celui‑ci doit se réunir en février 2011. Il sera présidé par Elias Zerhouni, ancien président des National Institutes of Health (NIH).
L'IMII reçoit de nombreuses demandes de collaboration internationale de pays avec lesquels les IRSC ont établi un protocole d'entente, notamment la Chine, l'Inde et le Japon. Le président des IRSC, qui fait souvent appel à un directeur scientifique pour appuyer une demande, encourage ce type de collaboration. L'IMII a déjà appuyé l'Initiative de recherche en santé conjointe Canada‑Chine par le passé, et M. Ouellette souhaite que l'Institut maintienne son appui et verse à celle‑ci 225 000 $ par année pendant trois ans. Le but de ces programmes est d'établir des liens et des collaborations entre la Chine et le Canada, mais il est trop tôt pour mesurer les résultats des investissements précédents, puisque ceux‑ci se poursuivent. De plus, un atelier Canada-Chine sur les vaccins aura lieu en mai; cet atelier sera l'occasion d'établir un autre protocole d'entente et, ainsi, d'obtenir des subventions additionnelles. Le Japon recherche un appui pour son programme de santé infantile. On ignore encore si le financement de ces initiatives proviendra du budget stratégique de 6,5 millions de dollars ou du fonds de 1,5 million de dollars réservé aux initiatives de niveaux 1 et 2. Cette question doit être approfondie afin que ces dépenses correspondent aux priorités de l'Institut. Puisque ce programme existait avant la mise en application des nouvelles règles en matière de dépenses, il n'y est peut-être pas assujetti; dans l'affirmative, cela risque de réduire notre budget discrétionnaire. G. Wu propose que nous respections nos engagements actuels, mais que nous évitions d'en prendre de nouveaux jusqu'à ce que les questions financières pertinentes soient éclaircies. R. Duncan fait remarquer que si l'initiative correspond en effet aux priorités de l'IMII, celui‑ci risque de rater une occasion de collaboration avec la Chine puisque celle‑ci doublera les fonds que les IRSC investiront.
Le conseil d'administration (CA) exige que le nombre de membres du CCI soit réduit de 15 à 14. On croit que cette réduction vise à diminuer le nombre « d'employés » du gouvernement et à réaliser des économies sur les frais de réunion et de déplacement. Les dépenses du CCI sont considérées comme des coûts indirects et ces coûts sont faciles à réduire. Cela peut poser un problème, car le but du CCI est de représenter la diversité de notre communauté; la réduction du nombre de ses membres lui compliquera donc la tâche et risque de diminuer son efficacité. L'IMII touche un grand nombre de personnes et son conseil consultatif doit compter de nombreux membres pour être représentatif de la communauté. Pour le moment, tous les conseils consultatifs d'institut ont le même nombre de membres, même si la taille des communautés qu'ils servent varie considérablement. De plus, l'existence d'instituts virtuels dans un pays aussi vaste que le Canada exige que leurs membres se réunissent.
Budget
Le budget stratégique de l'IMII est présenté, de même que les possibilités relatives aux fonds non attribués. Il faut de 12 à 18 mois pour lancer une initiative se rapportant à un seul institut; nous devons donc prendre une décision rapidement. Compte tenu des autres engagements, il vaudrait peut-être mieux attendre la réunion de septembre du CCI, puis établir un plan d'action concret pour l'IMII. D'ici là, nous aurons plus d'information sur les documents de conception et nos propres initiatives. La mise en oeuvre des initiatives présentées dans les documents de conception prendra environ deux ans; les fonds disponibles durant cette période peuvent donc être attribués. Nous avons 400 000 $ à investir en 2010‑2011 et 1,2 million de dollars en 2011‑2012. À l'heure actuelle, nous n'avons pas le temps de lancer de nouveaux programmes; la meilleure solution serait donc de compléter les programmes existants. Les possibilités comprennent l'Initiative canadienne du microbiome (dans le cas d'un faible taux de succès), les subventions de développement de réseau pour appuyer les équipes et le financement temporaire. Lors d'une réunion de l'ensemble du personnel de l'Institut en mars, on a décidé d'accorder une subvention de réseau pour les vaccins et une autre dans le cadre du mandat de l'IMII; toutefois, on craint que le fait d'investir dans une initiative existante bloque les fonds trop longtemps et réduise notre marge de manoeuvre pour d'autres initiatives. Investir dans les subventions de développement de réseau (une série de programmes d'application des connaissances (AC) qui durent un an et comprennent des subventions sur la synthèse des connaissances, des subventions pour réunions, planification et dissémination et des subventions « Des connaissances à la pratique » ) nous aiderait à réaliser le volet AC de notre mandat. Celles‑ci pourraient prendre la forme d'ententes de partenariat, moins exigeantes pour le personnel, et pourraient également profiter aux projets en fin de vie qui reçoivent actuellement l'appui de l'IMII.
Examen international
Le rapport sur l'examen international de l'IMII aura 25 pages et comprendra des résumés de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida, de l'Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie (IRSCIP) et d'autres projets entrepris par l'Institut. L'ébauche doit être remise le 15 juin et l'Institut souhaite obtenir les commentaires du CCI sur d'autres éléments du rapport. Chaque institut doit inclure trois initiatives au total. Parmi les possibilités, on retrouve l'Initiative de recherche sur le VIH/sida, l'IRSCIP, l'Initiative SARS, les initiatives de l'antibiorésistance, l'Initiative sur la salubrité des aliments et de l'eau et l'initiative Subventions d'équipe en auto-immunité clinique, pour ne nommer que celles-là. En plus de notre rendement antérieur, il nous faut également tenir compte de circonstances futures pour déterminer ce qui figurera dans nos rapports. Même si nous devons accorder la priorité au placement de nos fonds stratégiques, nous pouvons également souligner les réalisations des chercheurs qui mentionnent l'IMII comme principal institut auquel ils sont associés. Elias Zerhouni, président du Comité d'examen international, s'occupait beaucoup de la recherche translationnelle durant son mandat aux NIH. De plus, il connaît bien le genre de contributions que les organisations devraient apporter à la recherche translationnelle; peut‑être que nous devrions alors mettre davantage l'accent sur le volet AC de nos activités. Après tout, le Comité d'examen international relève du CA, qui surveille les instituts de très près. Les sommes que reçoit chaque institut seront vraisemblablement revues; une révision à la hausse serait profitable pour l'IMII. Toutefois, si les IRSC envisagent de réduire le nombre d'instituts, notre rapport doit clairement indiquer que l'IMII est indispensable au milieu de la recherche du Canada et que sans lui, de nombreuses initiatives n'auraient pas vu le jour et de nombreux défis n'auraient pas été relevés. Suggestions pour les trois secteurs à mettre en évidence : VIH/sida, menaces émergentes (grippe, SRAS, salubrité des aliments et de l'eau) et l'antibiorésistance. On suggère également d'inclure des témoignages de chercheurs débutants sur l'influence professionnelle à long terme des subventions de formation accordées aux nouveaux chercheurs, afin d'illustrer la contribution de l'IMII au développement des communautés. Étant donné qu'un autre examen sera réalisé dans cinq ans, cela vaudrait peut‑être la peine de mettre en place un système qui servira aux examens subséquents.
Le point sur les activités courantes de l'IMII
Initiative de recherche sur le VIH/sida
Le mandat de plusieurs membres du Comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida doit être reconduit et celui d'autres membres est terminé. Le mandat de Michael Grant (président), de Marina Klein (chercheuse en VIH/sida), de Martin Schechter (Institut des services et des politiques de la santé) et de Benedikt Fischer (Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies) est renouvelé et trois nouveaux membres – Shari Margolese (représentante de la communauté), Eric Cohen (chercheur en VIH/sida) et Judy Mill (chercheuse en VIH/sida) – sont proposés. Ces nominations sont approuvées (G. Wu et P. Ernst).
Les détails du financement, des projets financés et des fonds engagés pour les cinq prochaines années sont examinés. L'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH (ICVV) représente un partenariat entre le gouvernement du Canada et la Fondation Bill-et-Melinda-Gates. Le gouvernement du Canada collabore avec plusieurs agences dans le cadre de ce projet, notamment avec l'Agence de la santé publique du Canada, les IRSC, Santé Canada, Industrie Canada et l'Agence canadienne de développement international. Le but de cette initiative est d'appuyer une participation coordonnée du Canada et de la communauté internationale aux efforts déployés pour accélérer le développement d'un vaccin contre le VIH qui soit sûr, efficace, abordable et disponible à l'échelle mondiale. Les IRSC versent annuellement plus de 7 millions de dollars à la recherche pour la mise au point d'un vaccin contre le VIH, dans le cadre de leur investissement annuel de 40 millions de dollars dans la recherche contre le VIH/sida. Les principaux mécanismes de financement de l'ICVV comprennent les subventions d'équipe, les subventions de fonctionnement et les subventions Catalyseur. Des fonds avaient également été alloués à la construction d'installations pour la fabrication du vaccin, mais ce projet a été annulé en février 2010. Les parties concernées discutent actuellement des meilleures façons d'utiliser ces fonds. Les sujets de recherche susceptibles de recevoir du financement sont nombreux, à condition qu'ils puissent avoir une incidence sur le milieu de la recherche sur le VIH. Les IRSC ne versent actuellement aucun fonds additionnel, mais ils fourniront le cadre d'examen par les pairs pour tout programme qui sera lancé. Si un programme mène à la mise au point d'un vaccin efficace, nous pourrons peut‑être appliquer cette découverte aux priorités de l'IMII, comme l'initiative des vaccins pour le xxie siècle. Une nouvelle initiative visant à examiner les comorbidités associées au VIH/sida a également été lancée. Cette initiative en est actuellement au stade 1, consultation avec les intervenants à l'échelle nationale, et au stade 2, lancement des subventions de synthèse des connaissances et des subventions Catalyseur.
Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie
L'Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie prend fin en mars 2011. Par conséquent, on ne donne suite à aucune nouvelle possibilité de financement et on se concentre sur les activités d'AC, en particulier sur la prochaine rencontre canadienne sur la capacité d'intervention en cas de pandémie. Cette année, la rencontre doit avoir lieu les 12 et 13 novembre, à Montréal. J. Raven, M. Sajedi et un groupe de travail formé de six chercheurs (et présidé par Earl Brown de l'Université d'Ottawa) en sont les organisateurs. La structure de la rencontre prévoit un mélange de conférences plénières, de réunions en petits groupes et de présentations par affiches. Les chercheurs dont les travaux sont financés par l'IRSCIP y seront invités, et le reste de la communauté est libre d'y participer. Le risque de pandémie de grippe demeure un sujet d'actualité qui intéresse de près la population; la rencontre offre donc une excellente occasion de relations publiques pour les IRSC et l'IMII. M. Ouellette déclare qu'à l'avenir, les IRSC doivent mieux communiquer les résultats des programmes qu'ils appuient, et qu'il essaiera de rédiger un éditorial sur nos activités de financement de la recherche en matière de pandémie pour le Journal de l'Association médicale canadienne. Cela aura une grande importance étant donné les critiques essuyées par l'Organisation mondiale de la santé par suite de l'épidémie et les insinuations selon lesquelles le milieu scientifique aurait réagi exagérément.
Initiative canadienne du microbiome
M. Ouellette, C. Power, E. Brown et B. Ward se retirent de cette discussion en raison d'un conflit d'intérêts.
L'examen de la Subvention d'équipe émergente : Initiative canadienne du microbiome tire à sa fin et on discute de l'élaboration d'une politique pour déterminer qui recevra du financement. Actuellement, il n'existe aucun processus de classement des demandes et il est important d'éliminer toute apparence de conflit d'intérêts, puisque plusieurs membres du CCI sont des codemandeurs. La discussion porte sur notre taux cible de financement pour le programme, le nombre de demandes admissibles au financement et l'approche que nous devrions adopter. D'autres instituts se sont associés avec nous dans le cadre de cette initiative, mais chacun d'entre eux souhaite appuyer les demandes qui respectent son mandat. L'Initiative canadienne du microbiome est financée selon un système descendant et non à l'aide de classes de financement; par conséquent, suivant le classement des demandes, le financement d'une subvention additionnelle par l'IMII risquerait d'augmenter considérablement le taux global de réussite. Le conseil décide qu'au besoin, l'IMII financera jusqu'à trois demandes au total, mais les conditions doivent être déterminées à l'avance. A. Jevnikar, S. Jones, G. Wu, V. Loo et R. Duncan étudieront les résultats des examens en aveugle et vérifieront à quels instituts les demandes sont liées avant de prendre les décisions définitives concernant le financement.
Partenariat Canada – Royaume-Uni
Ce programme reçoit 1 million de dollars par année des IRSC (50 % de l'administration centrale, 50 % de l'IMII) et 1 million de dollars de l'agence correspondante au Royaume‑Uni. Il ne reste qu'à signer le protocole d'entente; le programme sera mis en oeuvre en septembre et financera deux subventions. Deux subventions Catalyseur ont été lancées plus tôt, et l'un des bénéficiaires s'inquiète du délai entre la fin des subventions Catalyseur et le début des autres subventions. À ce stade, l'IMII ne peut rien faire pour corriger la situation.
Forum pour les nouveaux chercheurs
L'IMII a organisé plusieurs de ces rencontres par le passé, la dernière en avril 2009. Elles sont bénéfiques pour la communauté et offrent une excellente occasion de stimuler la recherche en infectiologie et en immunologie en permettant aux nouveaux chercheurs d'établir des réseaux avec leurs pairs oeuvrant dans des secteurs connexes ou interreliés. En général, ces rencontres ont lieu tous les deux ans, mais il nous sera difficile d'en organiser une pour le printemps prochain, étant donné nos obligations concernant l'examen international et les documents de conception. De plus, en raison du ralentissement économique, le nombre de nouveaux chercheurs est moins élevé que d'habitude. Le CCI approfondira cette question à sa réunion de septembre.
Affaires nouvelles
Développement de nouveaux antimicrobiens
Une proposition de Gerald Wright (Université McMaster) et de Julian Davies (Université de la Colombie‑Britannique) concernant la résistance aux antimicrobiens est présentée par Eric Brown, membre du CCI. Ce sujet est très important à l'heure actuelle, en particulier aux États‑Unis et en Europe, où l'on cherche à mettre au point 10 nouveaux antibiotiques d'ici à 2020. La collaboration entre le président de la Suède (qui agit au nom de l'Union européenne) et les États‑Unis afin de résoudre le problème de la résistance aux antibiotiques a fait naître la question suivante : que fait le Canada à cet égard? L'IMII a déjà mis en place une initiative sur les nouvelles solutions de rechange aux antimicrobiens par le passé, mais l'infrastructure actuelle au Canada, qui n'était pas disponible à l'époque, pourrait nous aider à participer au développement de ces composés. L'industrie pharmaceutique dans l'ensemble ignore ce problème, car ses membres ont de la difficulté à récupérer leurs investissements en recherche et développement. De plus, il est possible que la population soit réticente à payer les antibiotiques au prix fort, même s'ils offrent de meilleures perspectives de guérison que d'autres médicaments plus chers. Ainsi, seuls le milieu universitaire et les sociétés de biotechnologie s'y intéressent. Pour éviter d'autres déceptions, E. Brown suggère qu'on retourne au criblage cellulaire de produits naturels et à la découverte de médicaments à l'aide de chimiothèque fragment, qui réussissent dans d'autres domaines. Ce serait peut‑être le moment idéal de faire appel au milieu universitaire, car les grandes universités disposent d'appareils robotisés et d'autres technologies permettant la sélection de petites molécules. Étant donné que la recherche « expérimentale » est souvent ignorée par les concours ouverts, il serait peut-être justifié de lui accorder un financement stratégique. En outre, d'autres projets conformes aux mandats des IRSC et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie pourraient naître de ces activités et mener à un partenariat. L'intérêt que les compagnies pharmaceutiques pourraient témoigner à ce type de recherche aiderait les IRSC à obtenir la participation des chercheurs aux concours lancés en partenariat avec l'industrie (qui récoltent habituellement peu de candidatures) dans ce domaine. Cette question figure également au premier plan de la feuille de route pour le xxie siècle des NIH; depuis cinq ans, 100 millions de dollars sont consacrés annuellement à ce domaine de recherche afin d'appuyer les initiatives d'envergure, mais celles‑ci sont surtout axées sur les infections (problèmes particuliers aux organismes).
Installations stériles
Peter Ernst présente au conseil les installations de gnotoxénie de l'Université McMaster. Ces installations servent à étudier l'effet de certains organismes colonisateurs de la voie gastro‑intestinale sur d'autres maladies. Même si le microbiome constitue un sujet de recherche de premier plan depuis plusieurs années déjà, il suscite aujourd'hui un intérêt accru puisqu'on l'associe désormais à d'autres maladies avec lesquelles il ne présentait aucun lien auparavant. Les installations de gnotoxénie peuvent également servir à étudier la monoassociation entre certains organismes et leur animal hôte (en général des souris) ou à évaluer l'effet d'un microbe unique (ou spécifique) sur son hôte. Le problème, c'est qu'il n'existe qu'un établissement capable de produire des animaux axéniques au Canada; nous devons donc le faire connaître et accroître l'intérêt à son égard afin de pouvoir accroître ses activités et le protéger. Il suggère que l'IMII lance un appel de demandes pour accroître la capacité de ces installations, ou créer des stations où les animaux pourront être expédiés aux fins d'expériences scientifiques. Pour que ce projet fonctionne, il faudra absolument offrir une formation adéquate, non seulement pour doter les stations en personnel, mais aussi pour éviter que le roulement de personnel interrompe les activités de recherche. Les installations de Hamilton ont été construites grâce à la contribution financière de la Fondation canadienne pour l'innovation, mais celle‑ci est moins intéressée que nous à voir les installations poursuivre leurs activités, car les dépenses associées au maintien d'un milieu stérile, à la sélection des animaux et au développement de nouvelles souches de souris sont très élevées. Disposer d'installations nationales de ce genre nous serait très utile, et puisqu'il est improbable que le financement de la recherche augmente, nous devons tirer le maximum de chaque dollar investi. L'Initiative canadienne du microbiome semble le moyen idéal de soutenir les installations de gnotoxénie; en effet, si l'initiative produit des candidats aux projets de recherche durant les prochaines années, les chercheurs auront besoin d'un endroit où étudier les candidats issus des expériences initiales. Précisons toutefois que toute initiative doit être lancée conjointement avec l'Université McMaster et les dirigeants des installations. De plus, avant que les IRSC appuient des projets qui utilisent ces installations, nous devons nous assurer que celles‑ci pourront faire face au surcroît de travail et qu'elles seront également ouvertes à accueillir des chercheurs ne provenant pas de l'Université McMaster. Un comité de surveillance pourrait aider à régir l'utilisation des installations. Si l'IMII juge que son appui aux installations profiterait au milieu de la recherche en infectiologie et en immunologie, nous devrons peut‑être faire appel aux échelons supérieurs des IRSC ou à d'autres directions gouvernementales. Pour l'instant, nous pouvons faire connaître ces installations aux autres instituts, au cas où des projets multi‑instituts pourraient être mis en place.
Médecine de la transplantation
Anthony Jevnikar commente une proposition visant à accroître notre soutien au volet immunologie de notre mandat, en particulier la transplantation d'organes. Au Canada, le don d'organes est moins fréquent que dans les autres pays développés. Cela peut avoir de graves conséquences, surtout si l'on tient compte des risques de défaillance après l'opération et des transplantations multiples que cette défaillance entraîne. Au Canada, on compte plus de 35 000 receveurs d'organes et les décès post‑transplantation sont généralement attribuables à l'infection, au cancer ou à la défaillance cardiovasculaire. Il suggère que l'IMII soutienne davantage les travaux de recherche sur le rôle des mécanismes de défense immunitaires innés, puisque qu'on s'est beaucoup penché sur la réponse adaptative. Très peu de biologistes spécialistes des lymphocytes B s'intéressent également à la biologie de la transplantation; l'IMII pourrait se concentrer sur le problème de l'inflammation et utiliser les transplantations comme modèle. Cette initiative ne serait pas obligatoirement menée en partenariat avec d'autres instituts, même si plusieurs d'entre eux pourraient s'y intéresser. Les sujets possibles pour l'appel de demandes comprennent entre autres la maladie cardiovasculaire (étant donné que l'inflammation de tout organe peut causer des problèmes cardiovasculaires et que les receveurs d'organes présentent toujours de l'inflammation), le cancer (de nombreux cancers survenant après une transplantation sont causés par des microbes) et la médecine individualisée. On doit mettre l'accent sur l'immunologie des transplantations et sur l'immunologie appliquée, car cela pourrait mener à de nombreuses réussites. Si nous appuyons ces programmes à même nos fonds discrétionnaires, nous pourrons nous intéresser à l'immunité innée et adaptative. Si nous collaborons avec un autre institut, nous pousserons plus loin l'initiative et nous pourrons examiner d'autres piliers en étudiant les raisons pour lesquelles les dons d'organes sont peu populaires. Nous pourrons aussi puiser dans les ressources de la Société canadienne du sang (qui a pris en charge l'organisation et la coordination des dons d'organes au Canada), puisque qu'elle dispose également d'importantes enveloppes de recherche. Bien que cette idée puisse faire partie du document de conception sur l'inflammation, nous ne voulons pas qu'elle se perde dans une initiative de plus grande envergure si nous y investissons des fonds stratégiques. Si nous pouvons démontrer qu'une initiative axée sur la transplantation produira des résultats assez rapidement, elle pourrait constituer une bonne candidature pour notre fonds stratégique de 1,5 million de dollars.
Discussion des propositions de la communauté
On récapitule les suggestions présentées la veille aux membres du conseil. M. Ouellette est heureux qu'un si grand nombre de ces suggestions proviennent des membres du CCI et du milieu de la recherche en infectiologie et en immunologie. Chacune des trois nouvelles initiatives dont il a été question hier pourrait être incluse dans l'un des documents de conception en préparation. Les membres du CCI qui ont présenté les propositions rédigeront de courtes notes d'information contenant des renseignements additionnels sur les initiatives possibles pour la prochaine réunion du CCI en septembre.
Prix Bhagi Singh pour les nouveaux chercheurs
M. Ouellette souhaite créer un prix qui serait décerné à des chercheurs indépendants qui ont cinq ans ou moins de pratique et qui obtiennent les meilleurs résultats aux concours ouverts annuels. Chaque année, deux concours ouverts ont lieu pour l'attribution de subventions de fonctionnement; le prix pourrait être attribué au nouveau chercheur (dans les cinq premières années d'affectation à un poste universitaire) qui obtient le meilleur résultat (par percentile) et qui mentionne l'IMII comme principal institut auquel il est associé. Le prix serait remis durant l'assemblée annuelle de l'organisme chapeautant le domaine de recherche dans lequel oeuvre le lauréat. Idéalement, une fois le lauréat et l'assemblée choisis, l'organisme concerné ou l'IMII accorderait une indemnité de voyage au lauréat afin qu'il soit présent. Les fonds proviendraient du budget d'appui aux communautés des instituts et le prix serait nommé en l'honneur de M. Bhagi Singh, premier directeur scientifique de l'IMII. Les membres du conseil s'entendent sur le fait que même si certains chercheurs souhaiteraient recevoir une bourse salariale, M. Singh préférerait sans doute que le prix serve à la recherche. Cela profiterait également à l'IMII sur le plan des relations publiques. Le prix sera accompagné d'une bourse de 25 000 $; l'annonce paraîtra dans le prochain bulletin de l'IMII, si M. Singh accepte que le prix porte son nom. Le prix fera sans doute beaucoup parler durant les réunions et accroîtra la visibilité de l'IMII.
Subventions de développement de réseau
Les programmes de subvention de développement de réseau, qui relèvent de la Direction de l'application des connaissances des IRSC, sont conçus pour corriger les lacunes entre la recherche fondamentale et la recherche clinique. Ils prennent la forme d'une entente de partenariat et offrent un appui financier suggéré (par la Direction de l'application des connaissances) non renouvelable de 200 000 $ par année pendant cinq ans. L'IMII envisage d'appuyer deux de ces programmes, le premier axé sur la mise au point de vaccins et le second sur un sujet qui s'inscrit dans les limites du mandat de l'Institut. La Direction de l'application des connaissances suggère également que 40 % du budget du projet soit composé de contributions en argent ou en nature provenant de sources extérieures; ce pourcentage est toutefois négociable et nous pouvons le réduire s'il y a lieu (l'Institut du cancer exige un supplément de 20 %). Les contributions de partenaires de l'extérieur serviraient non seulement à accroître le financement, mais aussi à transformer la recherche en résultats utilisables. Le Laboratoire national de microbiologie collabore actuellement avec plusieurs compagnies à la mise au point de vaccins; le problème auquel font face les chercheurs est le manque de compréhension des bonnes pratiques de laboratoire et des bonnes pratiques de fabrication à grande échelle en ce qui concerne les vaccins. Il serait utile d'intégrer ces éléments dans le réseau ou dans les possibilités de financement; le réseau pourrait même faciliter ces relations. On s'attend à ce que de nombreuses équipes dont les travaux sont financés par des initiatives de l'IMII (telles que l'IRSCIP) et dont le financement cessera en 2010‑2011 posent leur candidature à ces programmes de subvention. Le conseil convient que les fonds de contrepartie pour les projets de l'IMII devraient représenter 20 % du budget et que les sujets des réseaux devraient être les plus vastes possible afin de n'exclure aucune application valable.
Prochaines réunions du CCI
La prochaine réunion aura lieu les 21 et 22 septembre 2010 à St. John's (Terre‑Neuve‑et‑Labrador). M. Ouellette demande au conseil combien de réunions l'IMII doit organiser chaque année. Avant, il y avait trois réunions par année, en raison des demandes liées à l'Initiative de recherche sur le VIH/sida. Le conseil se réunira encore trois fois durant la première année, puis ses membres prendront une décision à cet égard. Les réunions subséquentes du CCI auront lieu à Toronto en janvier et à Winnipeg au printemps.
Levée de la séance
La séance est levée à 11 h 40.