Créer un meilleur défibrillateur

Image : Créer un meilleur défibrillateurL'insuffisance cardiaque frappe de plus en plus de gens au Canada, avec le vieillissement de la population. On estime à plus de 500 000 le nombre de Canadiens souffrant d'insuffisance cardiaque chaque année – une situation pouvant créer un risque accru de mort subite.

Pour les patients à risque de mort subite, il existe un « défibrillateur cardioverteur implantable » (ou DCI), qui peut être inséré dans le coeur pour aider à réguler le rythme cardiaque.

Les chercheurs de l'Institut de cardiologie d'Ottawa travaillent depuis plus de dix ans à étudier et à concevoir une version nouvelle et améliorée du dispositif, qui est pourvue de fils isolés capables de transmettre des impulsions électriques à trois cavités cardiaques. Cette addition au dispositif, qui porte le nom de traitement de resynchronisation cardiaque (ou TRC), aide à renforcer et à mieux coordonner les battements des cavités cardiaques inférieures. Dans une étude publiée en novembre 2010 dans le New England Journal of Medicine, l'utilisation du TRC au lieu du DCI traditionnel s'est traduite par une réduction de 24 % du risque de décès.

Codirigée par les Drs Anthony Tang et George Wells à l'Institut de cardiologie, l'étude a montré que le TRC pourrait sauver la vie de milliers de personnes souffrant de maladie du coeur au Canada et ailleurs dans le monde.

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« J'ai toujours été curieux de poser des questions et de trouver les réponses », a confié le Dr Tang. « La recherche clinique permet non seulement de traiter une personne, mais aussi d'aider un grand nombre de gens pour qui des traitements comme celui-ci peuvent s'avérer déterminants. C'est ce qui me motive. »

Dans un coeur en bonne santé, les muscles travaillent en symbiose, pompant le sang de manière coordonnée. Dans les cas de dysfonction cardiaque, certaines parties du coeur peuvent se contracter tandis que d'autres demeurent au repos.

C'est là qu'intervient le TRC : le dispositif aide à synchroniser ce mécanisme et à mieux coordonner le fonctionnement du coeur. Cependant, jusqu'à aujourd'hui, aucune recherche n'avait été effectuée sur les bienfaits particuliers du TRC et sur les taux de survie des personnes souffrant d'insuffisance cardiaque ayant reçu le dispositif.

« Cette étude est unique, car elle a démontré que le dispositif pouvait réduire les taux d'hospitalisation pour cause d'insuffisance cardiaque et prolonger la vie des patients », a expliqué le Dr Tang. « Il en est clairement ressorti des avantages concrets pour les patients. »

Selon le Dr Tang, « le patient ne se préoccupe pas vraiment de savoir si le coeur se contracte de façon coordonnée. Ce qui lui importe vraiment c'est de vivre mieux et plus longtemps. Or notre étude a justement démontré que cela était possible. »

Les Drs Wells et Tang
Les Drs Wells et Tang

Le Dr Tang souligne que le succès de cette étude n'aurait pas été possible sans la collaboration de nombreux groupes et individus, unis derrière l'objectif commun d'améliorer et de prolonger la vie des patients cardiaques.

« Il s'agit d'un projet à long terme qui mobilise beaucoup de gens », a expliqué le Dr Tang. « C'est quelque chose d'extraordinaire que nous accomplissons ici au Canada – la coopération entre tous ces chercheurs qui décident de joindre leurs forces et de faire appel à des collaborateurs européens et australiens. Je crois que cela témoigne d'un ardent désir d'aider les patients d'une manière concertée. Et cela est très significatif, tout autant que les résultats de l'étude comme tels selon moi. »

« Le programme de collaboration industrie-université des IRSC nous a permis d'établir avec l'industrie les contacts nécessaires à ce type de projet. Je crois que cela est énorme. Ce travail n'aurait pu se faire sans le soutien et le financement non seulement des IRSC, mais aussi de l'industrie et des chercheurs universitaires. Il s'agit en fait de la réunion de trois parties. »

Les maladies du coeur en chiffres

  • Une estimation conservatrice : 1,6 million de Canadiens souffrent d'une maladie du coeur ou vivent avec les conséquences d'un accident vasculaire cérébral.
  • Les maladies cardiovasculaires constituaient la principale cause de mortalité au Canada en 2004, avec 72 743 victimes ou 32 % de tous les décès.
  • En 2000, les maladies cardiovasculaires ont coûté aux Canadiens 22,2 milliards de dollars – soit le deuxième plus haut total des catégories diagnostiques, juste derrière les maladies musculo-squelettiques.
  • Neuf personnes sur dix de plus de 20 ans comptent au moins un facteur de risque de maladie cardiovasculaire. Quatre sur dix comptent au moins trois facteurs de risque. Plus le nombre de facteurs de risque augmente, plus la vulnérabilité aux maladies du coeur est grande.
  • Les risques de maladie cardiovasculaire peuvent être réduits par la gestion du stress, la saine alimentation, l'activité physique régulière et le maintien d'un poids santé, de même qu'en évitant le tabagisme et l'abus d'alcool et en stabilisant le diabète, l'hypertension et l'hypercholestérolémie.

Source : Agence de la santé publique du Canada

Recherche en santé cardiovasculaire au Canada

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) financent la recherche visant à prévenir et à traiter les maladies cardiovasculaires. En 2009, les IRSC ont investi plus de 100 millions de dollars dans le domaine. Ces travaux sont réalisés par des chercheurs rattachés à des universités et des hôpitaux de tout le pays.

L'Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC (ISCR des IRSC) aide à mobiliser les efforts des IRSC dans le domaine. L'ISCR des IRSC appuie la recherche axée sur le coeur, les poumons, le cerveau (accidents vasculaires cérébraux), le sang, les vaisseaux sanguins, les soins intensifs et le sommeil. Les priorités de l'ISCR sont :

  • Obésité, diabète et complications cardiovasculaires;
  • Technologies permettant des avancées diagnostiques et thérapeutiques, y compris technologies d'imagerie pour la détection précoce des maladies;
  • Déterminants psychologiques, sociaux, comportementaux et environnementaux des comportements à risque pour les maladies chroniques, et moyens d'intervention efficaces;
  • Sommeil : influence circadienne sur les maladies respiratoires et cardiovasculaires, le métabolisme et l'obésité, et moyens de diagnostic, de traitement et de prévention;
  • Biomarqueurs pour les maladies chroniques, y compris marqueurs génétiques, protéomiques et phénotypiques pour la prévention, le diagnostic et l'orientation du traitement;
  • Vieillissement et système cardiorespiratoire : évolution de l'épidémiologie, de la physiologie et des moyens de vieillir en santé et de prévenir les maladies;
  • Réparation des lésions et inflammation : mécanismes menant au développement de maladies chroniques et prévention;
  • Transplantation, régénération et thérapies cellulaires pour guérir et non seulement soulager, y compris des aspects bioéthiques pertinents.

Exemples de recherches cardiovasculaires financés par les IRSC

Le Dr Douglas Bradley (Université de Toronto) a démontré que l'apnée obstructive du sommeil – une affection qui augmente les risques de maladie du coeur – était liée à la rétention de liquide entraînée par un mode de vie sédentaire.

Le Dr Douglas Lee (hôpital général de Toronto) travaille à créer une série de lignes directrices destinées à guider les médecins des urgences dans la sélection des patients à admettre à l'hôpital.

Le Dr Gregory Miller (Université de la Colombie-Britannique) étudie les effets de la dépression sur le système immunitaire et les hormones et tente de savoir si les risques de maladie du coeur évoluent avec la dépression.

Le Dr Alan Katz (Université du Manitoba) a déterminé que des appels téléphoniques réguliers aux victimes d'insuffisance cardiaque améliorent leur santé tout en allégeant la tâche des médecins de famille.

La Dre Manon Choinière (Institut de cardiologie de Montréal) explore les causes profondes de la douleur postopératoire chronique suivant une chirurgie cardiaque. Il s'agit de la plus vaste étude de ce genre jamais réalisée au Canada.

La Dre Sandra Davidge (Université de l'Alberta) tente de déterminer si le traitement hormonal substitutif peut améliorer la santé cardiovasculaire des femmes après la ménopause.

La Dre Pamela Ratner (Université de la Colombie-Britannique) dirige plusieurs études sur les différences entre les hommes et les femmes dans leur façon de percevoir les symptômes d'une crise cardiaque et d'y réagir.

Le Dr John Rowlands (Centre Sunnybrook des sciences de la santé) met au point des outils qui pourraient permettre aux chirurgiens d'exécuter des opérations à coeur ouvert de façon plus sécuritaire – et offrir de l'espoir aux personnes trop fragiles pour subir une chirurgie cardiaque.

Nicole Percival, Andrew Mayer et Jeff Caird (Université de Calgary) évaluent les éléments du design des défibrillateurs externes qui en facilitent ou entravent l'utilisation.

La Dre Kathleen Hodgkinson (Université Memorial de Terre-Neuve) dirige une étude sur une mutation génétique rare qui provoque un battement de coeur irrégulier et la mort subite.

Liens utiles

Fondation des maladies du coeur du Canada

Agence de la santé publique du Canada

Stratégie canadienne de santé cardiovasculaire et plan d'action