Conférence consensuelle sur la mobilité (2002)

Résumé

Environ 13 % des personnes âgées qui ne vivent pas en établissement souffrent d'incapacités motrices; à 80 ans, le chiffre augmente de quelque 30 %. La plupart des personnes âgées qui vivent en établissement sont handicapées sur le plan moteur. Les indicateurs de mauvaise qualité de vie, comme la solitude, le faible revenu ou le faible soutien social, sont fortement associés aux problèmes de mobilité. Cette constatation et celle d'une forte convergence d'indicateurs de problèmes de santé (visites fréquentes chez le médecin, consommation élevée de psychotropes) amènent à conclure à une interdépendance très étroite entre la mobilité, la santé et la qualité de vie.

La recherche sur la mobilité peut viser la personne (la condition physique ou un handicap particulier, par exemple un trouble musculo-squelettique comme l'arthrose), son environnement (l'immeuble où elle vit ou les politiques sociales qui régissent son accès aux ressources) ou l'interface entre ces éléments (par exemple, les stratégies qui maximisent la réintégration à la société à la suite d'une blessure). Certaines recherches sont jugées potentiellement plus influentes que d'autres – il est probable, par exemple, qu'une recherche sur les méthodes les plus efficaces pour améliorer la condition physique des Canadiens EN GÉNÉRAL contribuera grandement à prévenir les problèmes moteurs, à améliorer et à maintenir la mobilité, et à réduire l'impact de la chronicité. Parmi les autres recherches potentiellement influentes, il faut mentionner celles portant sur la réadaptation, les nouveautés et innovations concernant les technologies d'aide, les innovations en prévention des chutes, le transport public et individuel, le transfert des connaissances et l'élaboration des politiques.

La recherche sur la mobilité progressera dans la mesure où elle disposera d'un important contingent de ressources humaines, ce qui suppose une augmentation du nombre d'inscriptions aux programmes de formation dans les disciplines vouées à la mobilité.

Quatre recommandations principales ont été présentées aux IRSC à l'issue de l'atelier :

  • Envisager de choisir comme thème général des IRSC le maintien et l'amélioration de la santé par l'activité physique, la mobilité et la condition physique.
  • Souligner l'importance de la collaboration interdisciplinaire pour le succès des initiatives de recherche sur la mobilité et exiger la participation des consommateurs et des décideurs.
  • Étendre les partenariats des IRSC à Transports Canada, à la Société canadienne d'hypothèques et de logement et à Santé Canada.
  • Mettre en place un programme ciblé offrant des possibilités de recherche sur la mobilité et un soutien connexe; à cette fin :
    • Repérer les propositions de projets qui portent sur la mobilité et qui sont compatibles avec les priorités ciblées, à savoir :
      • des stratégies permettant de relever et d'éliminer les obstacles à une vie active;
      • des indicateurs/prédicteurs de la mobilité pouvant servir de fondement à des stratégies de prévention et de réadaptation;
      • des stratégies favorisant l'application des connaissances de façon optimale et permettant d'informer les utilisateurs des technologies d'aide, et ceux qui en prescrivent l'utilisation, sur les nouveautés dans le domaine;
      • des projets (pas nécessairement guidés par l'hypothèse) visant à créer de nouvelles technologies d'aide.
  • Encourager la formation d'équipes en voie de formation (EVF) pour la recherche sur :
    • les déterminants, interventions et résultats associés aux problèmes de mobilité;
    • la technologie permettant d'améliorer l'accessibilité environnementale et la mobilité personnelle;
    • les stratégies à long terme portant sur la chronicité des problèmes de mobilité et faisant appel à la promotion de la santé, à la prévention secondaire et aux méthodes de réadaptation multidimensionnelles.
  • Augmenter le nombre des subventions de programme de formation afin de renforcer la filière doctorale et les programmes de recherche interdisciplinaire post‑doctoraux, de soutenir les stages de recherche en politiques, et de multiplier les possibilités de recyclage pour les chercheurs spécialisés en réadaptation, en sciences biomédicales ou en sciences sociales.
  • Améliorer le Programme de démonstration des principes en doublant aussi bien le niveau de financement maximal que la durée du soutien accordé, afin d'accroître le transfert technologique.
  • Appeler des propositions d'alliances communautaires de recherche en santé (ACRS) afin :
    • de déterminer les coûts et les avantages des mécanismes de soutien aux personnes handicapées;
    • d'améliorer le transport des Canadiens handicapés sur le plan moteur, dans les zones rurales et urbaines.
  • Créer un programme de recherche sur les politiques, inspiré du fonds créé pour améliorer la condition des femmes au Canada, afin de permettre aux chercheurs de prendre le temps de travailler avec le gouvernement, de s'initier à l'élaboration des politiques et d'informer les décideurs sur les questions liées à la mobilité, aux handicaps et à la santé.
  • Créer un programme de subventions aux profanes, qui verserait de petites subventions à des non‑chercheurs (dans la plupart des cas, des personnes handicapées) pour qu'ils puissent travailler avec les chercheurs à l'élaboration de propositions de projets.

Les quatre recommandations prioritaires sont les suivantes :

  1. Envisager de choisir comme thème général des IRSC le maintien et l'amélioration de la santé par l'activité physique, la mobilité et la condition physique.
  2. Mettre en place un programme ciblé offrant des possibilités de recherche sur la mobilité et un soutien connexe; à cette fin :
    • Repérer les propositions de projets qui portent sur la mobilité et qui sont compatibles avec les priorités ciblées, à savoir :
      • des stratégies permettant de relever et d'éliminer les obstacles à une vie active;
      • des indicateurs/prédicteurs de la mobilité pouvant servir de fondement à des stratégies de prévention et de réadaptation;
      • des stratégies favorisant l'application des connaissances de façon optimale et permettant d'informer les utilisateurs des technologies d'aide, et ceux qui en prescrivent l'utilisation, sur les nouveautés dans le domaine;
      • des projets (pas nécessairement guidés par l'hypothèse) visant à créer de nouvelles technologies d'aide.
  3. Augmenter le nombre des subventions de programme de formation afin de renforcer la filière doctorale et les programmes de recherche interdisciplinaire post‑doctoraux, de soutenir les stages de recherche en politiques, et de multiplier les possibilités de recyclage pour les chercheurs spécialisés en réadaptation, en sciences biomédicales ou en sciences sociales.
  4. Améliorer le Programme de démonstration des principes en doublant aussi bien le niveau de financement maximal que la durée du soutien accordé, afin d'accroître le transfert technologique.
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