La fertilité, plus compliquée qu'elle ne semble

La fertilité dépend tellement plus que de la simple union d'un ovule et d'un spermatozoïde pour donner, neuf mois plus tard, un beau bébé en santé. Comme l'illustrent les profils du mois, avoir une grossesse et un bébé en santé peut représenter tout un défi.

La fertilité comporte des risques, des risques qui ne sont pas intrinsèquement liés à notre capacité d'avoir des enfants, mais à des circonstances comme un traitement contre le cancer. Le traitement a beau être fructueux, l'infertilité qui en résulte peut anéantir les rêves d'une famille. La situation est particulièrement pénible quand ces rêves n'existent pas encore, mais que des décisions doivent néanmoins être prises. Le Dr Peter Chan cherche une façon d'aider les jeunes garçons, qui n'ont pas encore de sperme à faire congeler, à protéger leur fertilité future.

La fertilité a aussi ses risques internes, quand nos corps refusent tout simplement de coopérer avec notre désir d'avoir des enfants. Parfois, ce sont de subtiles mutations génétiques qui conduisent à des fausses couches précoces. C'est la question de recherche qu'étudie la Dre Evica Rajcan-Separovic. Dans d'autres cas, des facteurs empêchent un embryon de s'implanter dans l'utérus de la mère, en faisant obstacle à une communication efficace entre l'embryon et l'utérus, comme nous l'apprend le Dr Daniel Dufort.

Dans ces derniers cas, nombre de personnes se tournent vers les techniques de procréation assistée (TPA), comme la fécondation in vitro ou la sélection d'embryons, pour réussir à avoir leurs propres enfants biologiques. D'autres personnes ont recours aux TPA parce que leur fertilité a diminué avec l'âge. Des conditions sociales changeantes, telles que des études plus longues et donc des dettes d'études plus importantes, la participation accrue des femmes à la population active, même des coûts d'habitation élevés, incitent de nombreux couples à retarder le jour où ils fonderont une famille. Lorsqu'ils sont prêts à le faire, ils peuvent être moins fertiles qu'ils l'ont déjà été, si bien que la grossesse peut devenir plus difficile.

Par contre, les TPA ne constituent pas une panacée, et si notre fertilité diminue avec l'âge, il en va de même pour la capacité des TPA de rendre la grossesse et la naissance possibles. Comme la Dre Judith Daniluk l'a constaté, de nombreuses personnes prennent des décisions au sujet de leur fertilité sans connaître la capacité véritable des TPA de les aider à surmonter les effets de l'âge sur la fertilité.

Des avancées dans la recherche aident déjà de nombreuses personnes à devenir parents. À mesure que nous en apprenons plus grâce à la recherche – celle qui est présentée ici entre autres – sur ce processus d'une complexité inouïe qu'est la fertilité, notre capacité d'aider les gens à réaliser ce rêve augmente. Néanmoins, la perfection n'est pas de ce monde. C'est pourquoi, comme le souligne la Dre Daniluk, il est important de savoir ce qui est possible et ce qui ne l'est pas.

Dr Michael Kramer
Directeur scientifique
Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des IRSC

Date de modification :