Profils de recherche - La médecine devient personnelle : la promesse des biomarqueurs

La science médicale permet maintenant de guérir des maladies qui semblaient auparavant incurables. Des antibiotiques aux traitements contre le cancer, la gamme de traitements qui sont maintenant disponibles pour améliorer et prolonger la vie étonnerait les premiers guérisseurs du monde. Et pourtant, la pratique de la médecine reste en grande partie imprécise.
Dans la plupart des cas, les médecins n'ont d'autre choix que de proposer des traitements qui présupposent que tout le monde est pareil. Les personnes atteintes de cancer reçoivent des traitements généraux sans qu'on sache si un médicament ou un régime particulier les aidera ou leur nuira. Les antécédents familiaux peuvent aider à prédire les résultats possibles, mais ils ne fournissent pas de réponses certaines.
La découverte de biomarqueurs, et la capacité de les exploiter, ouvre une nouvelle frontière dans les soins de santé, qui s'accompagne de la promesse d'une plus grande certitude et de la perspective d'une médecine personnalisée. Voilà pourquoi les IRSC investissent dans la recherche sur les biomarqueurs.
Les biomarqueurs – ou marqueurs biologiques – sont des substances, comme des gènes ou des protéines, que les scientifiques mesurent objectivement. Ils peuvent indiquer la présence d'une maladie ou d'une infection, un changement dans le fonctionnement d'un organe, le risque de progression d'une maladie ou la réponse à un médicament. Les biomarqueurs peuvent aussi indiquer la sensibilité d'une maladie à un traitement, ou l'exposition d'une personne à des toxines. D'un bout à l'autre du Canada, des chercheurs financés par les IRSC découvrent de nouveaux biomarqueurs et créent des applications innovatrices de ces outils révolutionnaires.
À Vancouver et à Toronto, les Drs Kirk Schultz et Paul Nathan mettent en évidence des biomarqueurs dans le sang et la salive qui aideront les parents d'enfants atteints du cancer à faire des choix de traitement qui minimiseront les risques de complications à long terme chez ces patients. Au Centre d'excellence PPIFO (Centre d'excellence pour la prévention de la propagation de l'insuffisance fonctionnelle des organes), à l'Université de la Colombie‑Britannique, le Dr Bruce McManus et son équipe évaluent des biomarqueurs sanguins grâce auxquels il est possible de prédire quels patients sont les plus susceptibles de rejeter un organe greffé. Les tests réduiront aussi le besoin de biopsies invasives chez les greffés. Et à Montréal, le Dr Gustavo Turecki et son équipe étudient les modes d'expression des gènes pour trouver des biomarqueurs qui permettront aux médecins de prédire quels patients répondront à des antidépresseurs particuliers.
Comme ces projets de recherche le démontrent, un traitement médical n'a pas à être le même pour tous. C'est pour cette raison que l'Institut du cancer, l'Institut de génétique et l'Institut des services et des politiques de la santé des IRSC dirigent ensemble la Stratégie en médecine personnalisée des IRSC. Cette initiative vise à développer les forces des chercheurs en santé canadiens dans l'identification de gènes et de biomarqueurs en cause dans la maladie. Elle favorisera aussi le passage des biomarqueurs dans la pratique clinique, et permettra de faire en sorte que les biomarqueurs efficaces sur le plan clinique trouvent rapidement des applications dans le système de soins de santé. La collaboration avec des réseaux existants au Canada, comme les Réseaux de centres d'excellence et divers réseaux qui se consacrent à la recherche de marqueurs de maladies, permettra d'atteindre ce but.
Les chercheurs canadiens font oeuvre de pionniers dans la découverte et l’utilisation de biomarqueurs qui pourraient finalement améliorer la façon dont la médecine est pratiquée et dont les médicaments sont prescrits. Leur travail aidera les praticiens de la santé à adapter les traitements, les stratégies de prévention et les produits pharmaceutiques au profil et à la constitution génétique de leurs patients. Le résultat final sera une meilleure santé pour les Canadiens.
Dre Morag Park
Directrice scientifique
Institut du cancer des IRSC
Dr Paul Lasko
Directeur scientifique
Institut de génétique des IRSC
Dre Robyn Tamblyn
Directrice scientifique
Institut des services et des politiques de la santé des IRSC