Améliorer le renforcement des capacités en recherche communautaire

Rapport présenté aux Instituts de recherche en santé du Canada dans le cadre de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida

Janvier 2011

Réalisé par Michelle Campbell

Résumé

  1. Introduction
  2. Priorités essentielles pour le renforcement des capacités
  3. Mécanismes de financement actuels pour la recherche communautaire
  4. Nouveaux mécanismes de financement possibles pour la recherche communautaire
  5. Options de financement futur de la recherche communautaire

Prochaines étapes


Principaux messages de la collectivité

  • Les répondants félicitent les IRSC pour l'excellence du soutien qu'ils ont offert à la recherche communautaire.
  • La plus grande lacune en fait de capacité est l'absence de ressources et d'infrastructure pour la recherche communautaire, en particulier le temps et l'argent nécessaires afin de prendre part aux phases d'élaboration de la recherche.
  • Dans le cadre du volet de recherche autochtone, une autre priorité essentielle est l'accroissement du groupe de chercheurs.
  • Bien que les répondants aient exposé, dans le cadre des volets de recherche autochtone et générale, des défis considérablement différents, dans l'ensemble, ils ont accordé la priorité à des solutions et à des moyens de soutien similaires.
  • On a abordé en grande partie, pour le renforcement des capacités en recherche communautaire, les compétences personnelles en matière de recherche dans le cadre de projets de petite envergure; la plupart de ces compétences sont perdues en raison du manque de pratique et du fort roulement du personnel.
  • Le renforcement des capacités aurait une plus grande incidence si les efforts étaient plus systémiques, c.-à-d. si les projets et les programmes étaient intégrés, axés sur les capacités organisationnelles plutôt qu'individuelles et entrepris dans le cadre de partenariats favorables à long terme entre la collectivité et le milieu universitaire.
  • Un grand nombre d'approches différentes s'avèrent nécessaires afin de renforcer plusieurs types de capacités pour plusieurs types de personnes selon de nombreuses circonstances : il n'y a pas de mécanisme unique qui constitue la réponse au renforcement des capacités.
  • Le Programme de recherche communautaire a des fonds limités, et on devrait rechercher toutes les possibilités d'ajouter une valeur supplémentaire aux activités actuelles dans le cadre du Programme et en dehors de celui-ci, plutôt que de créer de nouvelles structures.
  • Les étapes clés afin d'améliorer la capacité de recherche communautaire comprennent les suivantes :
    • l'établissement de partenariats avec les principaux partenaires financiers des organismes communautaires afin d'appuyer l'infrastructure de recherche;
    • l'adaptation du financement par subventions, afin de mieux appuyer le développement de l'infrastructure dans les organismes communautaires et de relever les défis uniques liés au financement tels que les déplacements dans les collectivités rurales et éloignées;
    • la création d'approches de formation qui intègrent les stagiaires dans des milieux favorables, et intègrent leur expertise et leurs travaux en cours dans le cadre de leur formation et de leur expérience dans le domaine de la recherche;
    • la restructuration et le renouvellement d'un mécanisme de facilitation plus généralement accessible axé sur les services d'intermédiaires et la formation; la création de structures d'encadrement pour l'octroi de subventions;
    • le moyen de soutien le plus demandé était une approche de l'examen du mérite axée sur le développement, qui permettrait d'assurer un encadrement concret pour l'octroi de subventions, d'accroître les nouvelles présentations et de réduire la frustration liée au refus des demandes qui sont fortement appuyées et prisées par la collectivité;
    • le financement échelonné au moyen de subventions permettrait d'établir l'infrastructure communautaire dès les premières phases, lorsque cela s'avère le plus nécessaire et le plus difficile à financer, tout en appuyant l'élaboration de programmes de recherche de plus grande envergure et plus durables, et l'utilisation des capacités actuelles;
    • la création de possibilités d'échange en personne concernant les pratiques exemplaires et les résultats en matière de recherche communautaire.

Résumé

1.Introduction

Le Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida constitue un volet de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le Programme de recherche communautaire investit 2,7 millions de dollars par année en subventions Catalyseur, de fonctionnement et de groupes de travail, en bourses de recherche à la maîtrise et au doctorat, et pour les facilitateurs de la recherche communautaire, dans le cadre d'un volet de recherche autochtone et d'un volet de recherche générale. Lors d'une évaluation qui a eu lieu en 2009, on a déterminé le besoin de raffermir davantage les efforts liés au renforcement des capacités dans le cadre du Programme.

Des consultations ont été amorcées à l'aide d'un sondage sur le Web et d'entrevues auprès des principaux répondants afin d'établir les besoins prioritaires et les approches privilégiées concernant le renforcement des capacités. Ce rapport présente la rétroaction de la collectivité et certaines options qui permettraient d'aborder les lacunes et les possibilités cernées par les répondants. Il vise à aider le comité directeur du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida et le comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida des IRSC à tracer une voie d'avenir pour le Programme.

2. Priorités essentielles pour le renforcement des capacités

Au chapitre des capacités, les lacunes prioritaires qui ont été cernées lors des consultations étaient les suivantes :

  1. le développement de l'infrastructure de la recherche communautaire nécessaire pour assurer une participation à part entière aux activités de recherche;
  2. la constitution d'un nouveau noyau de chercheurs dans le cadre du volet recherche autochtone.

Même lorsque le financement de la recherche est restreint, le milieu universitaire continue de fournir une gamme importante de ressources et une infrastructure appuyant la recherche qui sont inexistantes au sein des organismes communautaires. Alors qu'un universitaire qui veut rédiger une demande de subvention peut le faire immédiatement, pour un organisme communautaire, la rédaction d'une demande pourrait se rapprocher davantage de la dixième étape que de la première. Les conditions préalables peuvent comporter l'établissement des capacités et de l'infrastructure de recherche de base, ainsi que des politiques et priorités qui sont tenues pour acquises dans un milieu universitaire, et dont un organisme a besoin afin d'être en mesure de prendre part de façon significative à la planification de la recherche, sans parler de l'obtention, de la mise en oeuvre et de l'administration d'une subvention de recherche.

Le temps et les ressources affectées constituent les lacunes critiques en fait de capacité qui figurent en haut de la liste de la majorité des répondants, et il existe peu de mécanismes permettant d'aider à mettre en place l'infrastructure de recherche de base au sein des collectivités. Alors que la rédaction d'une demande de subvention fait partie des travaux d'un chercheur universitaire, les collectivités le font habituellement au détriment de leurs services au public. Le coût lié à la présentation d'une demande est ainsi beaucoup plus élevé pour les organismes communautaires que pour les candidats habituels à une bourse de recherche, tout comme lors d'un refus. Bien que les taux de réussite des IRSC s'élèvent rapidement pour les nouvelles présentations, il y a peu de groupes de recherche communautaire, en particulier dans le volet de recherche autochtone, qui déposent une nouvelle présentation.

En fin de compte, les répondants des volets de recherche générale et autochtone, les chercheurs, de même que les organismes communautaires donnent à entendre que ce dont ils ont le plus besoin est un soutien qui aiderait à établir les capacités et l'infrastructure de recherche organisationnelle nécessaires avant la rédaction d'une demande de subvention qui est acceptée, mais au lieu de cela, un soutien à la recherche est accordé habituellement seulement après l'octroi de la subvention. Un soutien externe pour la rédaction de demandes de subvention aide en fait un organisme à réussir à obtenir une subvention. Toutefois, cela aide peu à renforcer la capacité d'un organisme à mettre en oeuvre les travaux de recherche qui en découlent, et à gérer le groupe de recherche et la subvention.

De nombreux répondants sont préoccupés du fait que l'on renforce une grande part de la capacité individuelle, mais sans la soutenir, puisque les membres de la collectivité et le personnel n'ont pas la possibilité de mettre en pratique leurs compétences, et le personnel subit un taux de roulement élevé. Les répondants avancent que des approches plus systémiques, qui sont axées sur le développement organisationnel plutôt que sur le renforcement des compétences personnelles, s'avèrent nécessaires. Parmi les principales approches, mentionnons l'établissement de rôles, de ressources et de l'infrastructure qui sont en usage permanent (et non pas établis seulement dans le cadre d'un projet), dont la fonction consiste à intégrer l'organisation par l'intermédiaire des premières lignes, du conseil d'administration et de la direction, et qui sont ainsi moins vulnérables aux changements de postes individuels.

En ce qui concerne la formation, des possibilités plus attrayantes et plus pertinentes pour les chercheurs autochtones s'avèrent nécessaires afin d'élargir le bassin de candidats, et d'appuyer les candidats des collectivités dans le cadre des deux volets.

Les répondants ont fortement appuyé un modèle de partenariat de recherche communautaire dans le cadre duquel la collectivité et le milieu universitaire assument conjointement le leadership, et contribuent selon leur expertise considérable et unique. Les groupes de recherche ont besoin d'aide afin de trouver des partenaires éventuels et d'établir et de maintenir des partenariats. Les collectivités rurales et éloignées sont particulièrement mises à l'épreuve, puisqu'elles ont très peu accès à l'expertise en matière de recherche et doivent faire face à des obstacles importants liés au coût afin de susciter la participation des chercheurs et d'autres collectivités.

Dans le milieu universitaire, il subsiste de grands obstacles à la participation aux activités de recherche communautaire, et les comités d'examen se doivent encore de mieux comprendre le mode de fonctionnement et d'évaluation de la recherche communautaire. Les organismes communautaires recherchent également les compétences et les ressources afin de les appuyer en tant qu'utilisateurs de la recherche.

3. Mécanismes de financement actuels pour la recherche communautaire

Subventions

Les trois programmes actuels de subventions à la recherche communautaire, soit les subventions pour RPD, les subventions Catalyseur et les subventions de fonctionnement, étaient généralement considérés comme utiles et structurés de façon adéquate. L'idée de « progression » allant des subventions de développement aux subventions plus substantielles est importante, mais ne se réalise pas dans la pratique. La prolifération de subventions moins importantes et l'absence de lien entre les subventions Catalyseur et les subventions de fonctionnement subséquentes étaient des sources de préoccupation particulières.

Les répondants ont indiqué que la recherche communautaire était une approche particulièrement longue et coûteuse, qu'entravent pourtant seulement les plafonds de financement. Les subventions doivent permettre d'appuyer l'infrastructure de recherche communautaire et de mieux faire face aux coûts de déplacement très considérables pour le travail au sein des collectivités rurales et éloignées. Les processus de demande et les curriculum vitæ continuent d'être un obstacle important à la participation communautaire.

Bourses

Les bourses sont considérées importantes, mais peut-être qu'elles n'obtiennent pas les résultats qu'elles devraient obtenir. La faible pression concernant les demandes de bourses pour le volet de recherche autochtone est un problème urgent et crucial. Alors que dans le volet de recherche autochtone, la plupart des bourses sont acceptées par des spécialistes plus âgés de la collectivité qui effectuent un retour aux études (contrairement aux étudiants universitaires plus jeunes), peu de répondants dans le cadre du volet de recherche générale les considèrent comme des outils possibles permettant aux collectivités d'établir leur capacité de recherche.

Les répondants ont constaté la nécessité d'intégrer les stagiaires dans des milieux de formation plus favorables, surtout lorsque les stagiaires proviennent de la collectivité, et de leur offrir des expériences dans le domaine de la recherche qui leur permettent de faire part et de tirer parti de leur expertise considérable en tant que dirigeants communautaires, outre le fait d'acquérir de l'expérience comme stagiaires de recherche. L'aide aux études à temps partiel et aux cheminements de carrière non universitaires ainsi que le soutien des projets de recherche intégrés aux activités professionnelles en cours des « stagiaires » constituaient des besoins importants.

Facilitateurs de la recherche communautaire

Le mécanisme des facilitateurs de la recherche communautaire (FRC) a suscité un débat important. La plupart des répondants ont convenu qu'un mécanisme qui facilite l'engagement communautaire s'avérait nécessaire, mais que le mécanisme actuel n'était pas bien structuré afin de produire ce que la plupart considéraient comme des résultats visés. En conséquence, la plupart des répondants ont suggéré de conserver, mais de restructurer en grande partie le mécanisme, ou de le remplacer par un autre mécanisme ayant un objectif similaire et de continuer à mettre l'accent essentiellement sur le soutien communautaire.

Les facilitateurs ont contribué de façon considérable à une gamme de projets, souvent en assumant les responsabilités de coordonnateur de la recherche ou de cochercheur non reconnu officiellement. Toutefois, les répondants ont avancé qu'il s'avérait nécessaire de ne plus fournir des ressources pour quelques projets seulement en vue d'aider à renforcer les capacités au sein de nombreux groupes de recherche. Ils ont suggéré un rôle fondamental clair et bien ciblé, essentiellement comme intermédiaires en reliant les groupes de recherche aux ressources et aux compétences plutôt qu'en étant les ressources et les compétences du groupe de recherche. Les répondants ont suggéré également de mettre davantage l'accent sur la facilitation de la formation à plus grande échelle et du développement organisationnel.

Un certain nombre de répondants ont avancé qu'il serait utile d'établir le rôle et les ressources des FRC de façon plus systématique et en tant que groupe. La formation, les outils et les possibilités continues d'échange en personne concernant les pratiques exemplaires seraient importants, tout comme l'accès au financement pour les déplacements et l'organisation d'ateliers. Les répondants ont suggéré un grand nombre de mécanismes qui permettraient d'assurer un cheminement de carrière plus fonctionnel et d'accroître également l'accès communautaire aux facilitateurs. La plupart des suggestions comportaient la nécessité d'établir des liens plus explicites entre les facilitateurs et les IRSC, grâce à un poste consultatif ou au financement à l'aide de bourses individuelles.

Les répondants ont constaté la nécessité d'un ensemble de mécanismes de facilitation ciblant différents aspects du renforcement des capacités, en reconnaissant la diversité des besoins et l'éventail d'expertise nécessaire afin de les appuyer. Au même titre que les services d'intermédiaires, l'autre lacune la plus importante qui a été cernée est l'encadrement pour l'octroi de subventions. Les répondants ont suggéré une vaste gamme d'approches pour que différents types de mentors soient généralement accessibles à la collectivité.

4. Nouveaux mécanismes de financement possibles pour la recherche communautaire

Initiatives stratégiques et réseaux

Aucune des deux nouvelles approches possibles qu'ont suggérées les IRSC, soit les réseaux et les initiatives stratégiques, n'a obtenu un grand soutien. Les répondants avaient de la difficulté à déterminer de quelle façon les deux approches permettraient de vraiment combler les lacunes importantes qu'ils avaient cernées en fait de capacité. Les répondants étaient également préoccupés quant à la réaffectation des fonds de programmes déjà utilisés au maximum afin d'en inaugurer de nouveaux, et ont suggéré que les IRSC s'appuient sur les réseaux actuels de recherche communautaire, notamment Universities Without Walls et le Centre d'action des IRSC sur le VIH/sida, plutôt que de les reproduire ou de les édulcorer. Les répondants avaient également des préoccupations importantes à propos de ceux qui seraient inévitablement exclus de ces vastes structures, et du transfert des fonds dans le milieu universitaire.

Fonds de développement

Un certain nombre de répondants, en particulier ceux abordant le volet de recherche autochtone, ont indiqué qu'une subvention plus réduite de démarrage s'avérait nécessaire afin d'appuyer l'élaboration de propositions de financement plus importantes. Cela servirait à financer, par exemple, le temps nécessaire à l'établissement de relations et à la rédaction de demandes de subvention pour établir une subvention Catalyseur.

Approche de l'examen du mérite axée sur le développement

Un grand nombre de répondants ont fortement recommandé la mise au point d'une approche plus itérative de l'examen du mérite, axée sur le développement, dans le cadre de laquelle les auteurs de demandes « presque acceptées » obtiendraient de la rétroaction et un soutien important en vue d'apporter les modifications nécessaires et d'élaborer une proposition pouvant être financée. Ils font remarquer que le processus d'examen actuel engendre un gaspillage important d'efforts et un mécontentement, et très peu de nouvelles présentations.

Autres modèles de formation

De nombreux répondants ont constaté la nécessité de faire la transition en fin de compte à des programmes de formation plus importants, tels que les équipes en voie de formation (EVF) et les initiatives stratégiques pour la formation en recherche dans le domaine de la santé (ISFRS) qui intègrent les stagiaires dans des milieux plus pertinents et plus favorables. Toutefois, il n'est pas encore opportun de le faire. Le Programme de recherche communautaire ne dispose pas des fonds nécessaires pour appuyer de telles structures importantes et, pour l'instant, il serait préférable de s'appuyer sur les initiatives actuelles telles que Universities Without Walls, et d'essayer d'en élargir la portée à l'échelle nationale.

Échange de connaissances et leçons à retenir

De nombreux répondants ont souligné qu'il devrait y avoir davantage de possibilités d'échange en personne et de faire connaître les leçons à retenir et les résultats de recherche. Des objectifs importants consisteraient à établir de meilleurs liens avec les partenaires et à mettre en application davantage de recherches ainsi qu'à appuyer l'élaboration de méthodes et de pratiques pour la recherche communautaire.

5. Options de financement futur de la recherche communautaire

Les IRSC devront probablement rechercher une gamme d'approches afin d'accroître le renforcement des capacités pour la recherche communautaire sur le VIH/sida. À long terme, les IRSC peuvent en fin de compte choisir de poursuivre certains aspects parmi l'ensemble des options suggérées plus bas. Les options sont exposées plus en détail à la section 5. Les étapes suivantes plus immédiates pour le Programme de recherche communautaire sont résumées à la section 6.

Définition des rôles et participation de partenaires : Les IRSC assumeraient un rôle important en ce qui concerne la coordination et l'appui d'une initiative concertée, notamment au sein de Santé Canada et d'Affaires indiennes et du Nord Canada, qui appuient la recherche et les objectifs organisationnels plus généraux au sein des collectivités, afin de combler conjointement les lacunes liées à l'infrastructure.

Soutien pour l'octroi de subventions : Le Programme de recherche communautaire pourrait raffermir l'importance et le rôle du renforcement des capacités grâce à l'octroi de subventions. Il pourrait adapter les exigences budgétaires afin de mieux prendre en charge l'infrastructure communautaire et le coût élevé du travail dans les collectivités rurales et éloignées et accroître les plafonds des subventions Catalyseur.

Formation concernant l'examen du mérite : Le Programme pourrait adapter ses critères d'examen concernant les demandes de recherche communautaire afin d'aborder de manière plus explicite ses défis uniques, et accroître la formation et la discussion préliminaire parmi les membres du groupe d'étude.

Facilitation et encadrement : Le Programme de recherche communautaire pourrait restructurer le mécanisme de facilitation afin de mettre l'accent sur la négociation de partenariats entre la collectivité et le milieu universitaire et d'aider une vaste gamme de groupes de recherche à avoir accès aux ressources nécessaires, plutôt que d'essayer de fournir les ressources de base à un petit nombre de groupes de recherche. Les facilitateurs pourraient recevoir une formation systématique, des outils et des possibilités d'échange, ainsi qu'un financement en tant que membres du personnel des IRSC ou dans le cadre du Programme de bourses. Des mécanismes complémentaires pourraient combler le besoin d'encadrement pour l'octroi de subventions.

Approche de l'examen du mérite axée sur le développement : Une option recevant l'appui général consistait à mettre au point une approche plus itérative de l'examen du mérite, axée sur le développement, dans le cadre de laquelle les auteurs de demandes « presque acceptées » recevant un appui solide pourraient bénéficier d'une aide en vue de combler les principales lacunes de leurs demandes.

Système de subventions de développement : À l'aide d'une approche progressive pour l'octroi de financement, on pourrait aborder la nécessité d'un financement de démarrage, notamment dans le cadre du volet de recherche autochtone, et ce, en renforçant la capacité organisationnelle et en offrant une progression plus explicite, allant des subventions plus réduites aux programmes de recherche plus importants.

Formation : En l'absence de fonds supplémentaires pour appuyer la mise en place de milieux de formation plus importants et plus favorables à l'aide des ISFRS et des EVF, les IRSC pourraient rechercher des possibilités d'établir des liens entre les stagiaires et les initiatives de recherche plus importantes grâce à des approches permettant de relier les fonds de recherche aux bourses de formation et de relier les allocations de formation aux subventions à la recherche plus importantes dans le cadre du Programme de recherche communautaire et en dehors de celui-ci. Les IRSC pourraient également trouver des moyens d'adapter les bourses de recherche communautaire pour qu'elles soient plus intéressantes pour les candidats plus âgés et plus expérimentés, et davantage en mesure de tirer profit de leur expertise et de leurs travaux actuels et de les intégrer.

Promotion de la science : Les IRSC pourraient offrir une occasion d'échanger en personne tous les ans sur les pratiques exemplaires et les résultats ainsi que déterminer les possibilités actuelles de se joindre aux autres réseaux et événements afin d'offrir régulièrement la possibilité d'accroître l'application de la recherche et d'élaborer des méthodes de recherche communautaire.

Prochaines étapes

Les options présentées à la section 5 décrivent une gamme de changements possibles dans le cadre du Programme de recherche communautaire, notamment l'amélioration des mécanismes de financement actuels et l'élaboration de nouvelles approches afin d'appuyer le renforcement des capacités. Afin de déterminer les priorités parmi ces options, les principales questions concernant le Programme de recherche communautaire sont alors les suivantes : quelle est la possibilité de réaliser ce changement, et quelle sera son incidence probable?

Chaque option a ainsi été examinée en ce qui concerne le degré d'efficacité selon lequel elle abordera les deux principaux obstacles en fait de capacité cernés par les répondants, à savoir : 1) établir une infrastructure de recherche communautaire durable (notamment avant la réalisation du projet) et 2) élargir le noyau de chercheurs dans le cadre du volet de recherche autochtone.

Les répondants déclarent que la recherche communautaire au Canada s'est développée et renforcée considérablement au cours des dix dernières années. La capacité du milieu universitaire dans le volet de recherche générale s'est particulièrement développée avec le soutien des IRSC. En revanche, la capacité de recherche communautaire, notamment au sein des organismes communautaires autochtones, reste plus limitée. Les répondants avancent que les IRSC ont utilisé à bon escient les outils disponibles pour la recherche communautaire. Il est peut-être ainsi inévitable que les principales lacunes en fait de capacité qui subsistent soient celles qui sont le moins susceptibles d'être abordées dans le cadre des limites des approches et mécanismes actuels des IRSC, axés traditionnellement sur le milieu universitaire.

En conséquence, ces options qui ont été mises en oeuvre d'emblée à court terme nécessitent des changements dont l'incidence sera essentiellement de faciliter la recherche pour ceux déjà actifs dans le secteur de la recherche communautaire, en réalisant davantage de recherches, et ce, de manière plus efficace. Les options à moyen terme sont plus difficiles à mettre en oeuvre, mais ont une portée plus grande au sein des collectivités, et pas seulement dans le milieu universitaire, et sont plus susceptibles de permettre le renforcement des capacités au sein des collectivités. Les options à long terme sont les plus difficiles en ce qui concerne les modes traditionnels de soutien et d'évaluation de la recherche des IRSC, mais offrent également les plus grandes possibilités d'utiliser les nouveaux mécanismes afin d'atteindre les nouveaux objectifs des IRSC en matière d'application des connaissances.

Activités à court terme afin d'appuyer la recherche communautaire

Ces activités correspondent aux améliorations que les IRSC ont déjà apportées aux mécanismes de financement actuels pour la recherche communautaire et s'appuient sur elles, et devraient être relativement faciles à mettre en oeuvre. Elles comportent certains coûts supplémentaires, mais les répondants indiquent qu'il y aurait un soutien communautaire concernant les compromis nécessaires. Les principaux résultats liés aux changements à court terme consisteront à aider ceux déjà actifs dans le secteur de la recherche communautaire financée par les IRSC à réaliser davantage de recherches, et ce, de manière plus efficace.

Améliorer les programmes de subventions

  • Restructurer les lignes directrices du Programme afin d'optimiser la cohérence, l'uniformité, l'intégration et le soutien mutuel parmi les mécanismes de financement; définir les usages autorisés et les critères d'évaluation de manière plus explicite.
  • Adapter les directives concernant le budget dans la mesure du possible afin de mieux appuyer les besoins uniques en matière de recherche communautaire.
  • Collaborer avec les autres groupes d'étude afin d'améliorer leur capacité d'examiner les subventions de fonctionnement plus importantes pour la recherche communautaire.

Améliorer les critères et processus concernant l'examen du mérite

  • Élargir les critères d'examen pour les différents types de demande de subvention de recherche communautaire, et la formation pour les évaluateurs des critères de mérite.
  • Appuyer les groupes d'étude afin de fournir de la rétroaction plus détaillée et plus constructive.

Promouvoir et accroître les bourses de formation

  • Promouvoir les bourses de recherche pour le volet de recherche autochtone parmi les étudiants de premier cycle et les membres de la collectivité; désigner les éventuels mentors afin de les aider à faire la transition et à se préparer aux études de deuxième cycle.
  • Permettre aux candidats des groupes d'utilisateurs d'entreprendre des études à temps partiel, s'ils reçoivent l'appui de leur organisme communautaire pour établir la capacité d'application des connaissances.
  • Offrir aux récipiendaires une allocation de recherche proportionnelle aux coûts et aux besoins de la recherche communautaire.
  • Favoriser l'établissement de liens plus solides entre les bourses de formation et les subventions à la recherche.

Mettre sur pied des forums pour l'échange des pratiques exemplaires et des résultats

  • Organiser une assemblée annuelle pour les groupes de recherche communautaire subventionnés et les stagiaires.
  • Mettre sur pied des événements et des forums de recherche communautaire sur le VIH/sida en lien avec d'autres réunions et réseaux.

Activités à moyen terme

Les options à moyen terme sont plus difficiles à mettre en oeuvre, puisqu'elles exigent un délai d'exécution beaucoup plus long et l'établissement de nouveaux partenariats et/ou programmes, ainsi que l'adaptation des mécanismes actuels de financement important pour le Programme de recherche communautaire en de nouveaux mécanismes. Ces approches peuvent, toutefois, s'appuyer sur les outils de financement actuels des IRSC (utilisés en dehors du Programme de recherche communautaire) afin d'atteindre leurs objectifs. Les options à moyen terme ont une plus grande possibilité d'atteindre les collectivités, et pas seulement le milieu universitaire, et sont plus susceptibles de permettre le renforcement de nouvelles capacités au sein des collectivités, notamment d'améliorer l'accès au soutien dans le cadre du volet de recherche autochtone.

Il y a de nombreuses façons possibles de structurer le soutien en vue d'atteindre les objectifs de chacune de ces options. Selon l'avis des répondants, il est probable que les IRSC poursuivent une série d'approches concernant le soutien communautaire et la formation. L'approche la plus efficace pour le Programme de recherche communautaire consisterait à déterminer les objectifs à long terme concernant le soutien à la recherche communautaire avant d'aborder les activités à moyen terme, afin de choisir les structures et mécanismes à moyen terme qui appuient le mieux des mécanismes de soutien à plus long terme et fournissent des assises pour leur mise en oeuvre.

S'associer à d'autres partenaires financiers afin de développer l'infrastructure de recherche

Collaborer avec les principaux partenaires financiers des organismes communautaires autochtones et sur le VIH/sida afin de déterminer les intérêts communs et les approches en matière d'investissement dans l'infrastructure qui appuient les fonctions de recherche et les fonctions auxiliaires.

Restructurer et établir des mécanismes de soutien communautaire

Déterminer les structures privilégiées, correspondant à la planification à long terme, afin de fournir un soutien dans les quatre principaux secteurs établis par les répondants : les services d'intermédiaires, l'encadrement par des experts pour l'octroi de subventions, la formation et le développement organisationnel.

  • Un mécanisme de facilitation devrait comporter et mettre l'accent de façon explicite sur ce qui suit : un service d'intermédiaires et/ou la formation, le financement de facilitateurs tels que les membres du personnel des IRSC ou les récipiendaires de bourses de recherche, l'intégration à d'autres programmes et groupes de recherche subventionnés, la formation, les ressources et les réunions ordinaires afin d'échanger sur les pratiques exemplaires, et le financement pour l'organisation d'ateliers.
  • Un mécanisme d'encadrement pour l'octroi de subventions pourrait comporter des mentors individuels appuyés par l'un ou plus d'un membre du personnel en tant que conseillers, des mentors bénéficiant de bourses et/ou de congés sabbatiques et des bénévoles à la retraite; il pourrait également comporter le financement d'un service d'encadrement externe et/ou des ateliers et d'autres événements.

Formation

  • Déterminer les possibilités d'élargir la portée et la formation offerte à l'aide de Universities Without Walls et des centres Environnement réseau pour la recherche sur la santé des Autochtones (ERRSA) financés par les Instituts de la santé des Autochtones (ISA) ainsi que d'autres initiatives stratégiques de formation et des groupes de recherche subventionnés.
  • Établir des structures qui permettent de relier les bourses et les subventions à la recherche communautaire de façon à améliorer le travail du stagiaire et du chercheur.
  • Lorsque le financement du Programme de recherche communautaire le permet, appuyer les EVF et/ou les ISFRS destinés à attirer des professionnels établis, à leur fournir un soutien et à tirer parti de leur expertise, surtout dans les collectivités autochtones.

Activités à long terme

Les options à long terme abordent les besoins les plus pressants indiqués par les répondants, mais présentent les difficultés de mise en oeuvre les plus importantes pour le Programme de recherche communautaire, puisqu'elles exigent que les IRSC adoptent de nouvelles approches des programmes et de l'examen par les pairs, et que leur coût est essentiellement un coût lié au temps du personnel. Toutefois, l'ensemble des IRSC éprouve de plus en plus les difficultés liées à la participation des groupes d'utilisateurs en tant que partenaires de recherche à part entière et égale, et ces difficultés ne sont pas propres à la recherche communautaire. Le Programme de recherche communautaire comporte donc un défi important, mais également une possibilité considérable consistant à élaborer de nouvelles approches pour la réalisation de la moitié du mandat des IRSC relatif à l'application des connaissances qui pose encore des difficultés.

Approche de l'examen du mérite axée sur le développement

Les répondants ont suggéré la nécessité de collaborer avec les IRSC en tant qu'entité afin de déterminer une approche acceptable pour la mise à l'essai d'un processus d'examen du mérite itératif et axé sur le développement, comme changement le plus utile qui pourrait être apporté au Programme de recherche communautaire actuel. Un processus d'examen du mérite axé sur le développement permettrait d'accroître le nombre de nouvelles présentations, de réduire la frustration de la collectivité et d'aider à établir des groupes et des propositions de recherche plus solides.

Programme de subventions de développement

Collaborer avec les IRSC en tant qu'entité afin de déterminer une approche acceptable pour la mise à l'essai d'un mécanisme de financement échelonné au moyen de subventions dans le cadre du Programme de recherche communautaire. Le programme de subventions de développement pourrait s'appuyer sur les outils de subvention actuels, mais nécessiterait des changements importants concernant le processus de demande et d'examen afin d'être plus constructif, itératif et souple, et plus adapté aux besoins et au choix du moment pour la présentation des demandes ainsi qu'au volume des demandes présentées. Une approche axée sur le développement pour l'octroi de subventions permettrait de réduire les enjeux et les risques pour les candidats et les partenaires financiers en débutant par de petites initiatives et des fonds limités qui sont faciles à obtenir et en accroissant le financement et les exigences au fur et à mesure que le groupe de recherche met en place son infrastructure et ses capacités, acquiert de l'expérience et établit ses antécédents. Cette approche offrirait une voie importante afin d'appuyer le développement de l'infrastructure et des ressources pour la recherche communautaire lorsque cela s'avère le plus nécessaire, alors que le groupe entame la planification et le développement de la recherche.

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