Généralités – Stratégie de recherche axée sur le patient
Le Canada possède déjà des bases solides dans la poursuite de l'excellence en recherche axée sur le patient, notamment : sa communauté de recherche biomédicale; ses chercheurs cliniques dispersés dans tout le pays et dans toutes les disciplines; ses chercheurs de réputation internationale dans les domaines de la recherche clinique et des services de santé; et sa position de leader mondial en examens systématiques. De vastes bases de données administratives et cliniques nationales et provinciales permettent aux chercheurs d'évaluer les tendances actuelles dans le domaine des soins de santé, de faire d'importantes corrélations entre des interventions et des résultats, et d'observer les variations dans les pratiques. Le Canada possède aussi une riche expérience dans la création de réseaux de recherche clinique multidisciplinaires.Malgré ces atouts indéniables, le continuum de la recherche à la pratique traverse un double passage à vide au Canada, souvent appelé les deux « vallées de la Mort » du paysage de la santé.
- Le premier vide représente la diminution de la capacité d'application des résultats de la recherche biomédicale fondamentale sous forme d'avantages pour le patient, et de la capacité de commercialiser les découvertes en santé. Cela influe négativement sur la recherche et les connaissances cliniques du Canada et sur sa compétitivité internationale.
- Le deuxième vide consiste en la capacité limitée de synthétiser, de diffuser et d'intégrer les résultats de la recherche de façon plus systématique aux pratiques cliniques et au processus décisionnel en santé. Le Canada doit combler ces vides s'il veut que la science contribue à l'amélioration des résultats en santé et que son système de santé demeure viable.
Ces vides dans le continuum recherche-pratique s'expliquent par un certain nombre de facteurs, notamment :
- Manque de chercheurs cliniques, de spécialistes en méthodologie comme des biostatisticiens, et de spécialistes en épidémiologie clinique, en économie de la santé et dans d'autres domaines importants;
- Difficulté de coordonner de vastes études multicentriques en raison de la multitude d'évaluations éthiques imposées par les différents établissements et de l'absence de modèle d'entente;
- Sous-financement de la recherche axée sur le patient en comparaison de nombreux autres pays;
- Structure fédérale décentralisée qui complique la coordination de la recherche;
- Lacunes dans la formulation et la diffusion des recommandations et dans leur mise en pratique, malgré leur valeur reconnue;
- Participation limitée des patients dans la recherche axée sur le patient