33e réunion du conseil consultatif – Institut des maladies infectieuses et immunitaires
Procès-verbal
| Présents : | L. Barreto, E. Brown, R. Duncan, A. Fernandes, M. Grant, R. Hogg, A. Jevnikar, C. Kaposy, V. Loo, C. Power, B. Ward, G. Wu |
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| Personnel : | J. Bray, S. Desnoyers, J. Gunning, D. Hartell, M. Ouellette, M. Perrault, J. Raven |
| Absents : | P. Ernst, M. Karmali, J. Stankova |
| Invités : | From the Public Health Agency of Canada: R. Englehardt, C. Holden, H. Njoo, F. Plummer, M. Raizenne, S. Read, J. Spika, G. Tipples, L. Vardy |
Ordre du jour et procès-verbal
L'ordre du jour de la réunion est approuvé avec l'inclusion des modifications suivantes : la présentation du partenariat Canada–Royaume-Uni sur la résistance aux antibiotiques est remplacée par une présentation de l'Initiative sur le microbiome humain, et le début de la réunion passe de 9 h à 8 h 30, le 26 mai, pour allouer suffisamment de temps à la discussion au sujet de l'initiative sur la transplantation.
Motion : Adopter le procès-verbal de la réunion de janvier 2011 (G. Wu/A. Jevnikar).
Rapport du directeur scientifique
M. Ouellette fait un compte rendu de ses activités en tant que directeur scientifique durant les 4 derniers mois. Au début de février, il a participé à l'atelier sur la transplantation à Montréal, dirigé par l'IMII. Soixante personnes ont assisté à cette réunion fort utile, et un rapport portant sur les besoins de la communauté est en préparation. Le premier examen de l'IMII dans le cadre du processus d'examen international a également eu lieu en février, et l'Institut a obtenu une note positive dans l'ensemble. Le groupe d'experts a suggéré que le conseil consultatif de l'IMII augmente sa représentation internationale et qu'il développe un plus grand nombre de partenariats avec l'industrie. L'Institut a également tenu une réunion conjointe avec la Société canadienne du sang pour discuter d'une collaboration potentielle dans le cadre de l'initiative sur la transplantation puisque leur mandat comprend les cas d'organes pleins. À la réunion de la Société canadienne de transplantation, tenue à Mont-Tremblant en mars, la nouvelle initiative a été bien accueillie et le milieu a fourni de précieux commentaires à l'IMII. Le Canada dirigera le congrès du Consortium international sur le microbiome humain, qui aura lieu à Paris l'an prochain, et les coprésidents seront Marc Ouellette et Bhagirath Singh. De passage à Vancouver, Marc a aussi visité le Centre d'excellence sur le VIH/sida de la Colombie-Britannique à l'hôpital St-Paul et a assisté au congrès du Consortium sur l'immunomodulation du cancer, dirigé par l'IC. Au cours d'une mission scientifique en Chine, parrainée par l'Agence canadienne de développement international (ACDI), Marc et d'autres scientifiques canadiens ont visité des installations de recherche et de production dans le domaine des vaccins à Shenzhen et à Taizou. En avril, dans le cadre d'une réunion de la Société canadienne d'immunologie (SCI), certains membres du milieu ont exprimé leurs préoccupations concernant le taux de réussite des membres du CCI dans les initiatives stratégiques. Notre analyse démontre que les membres du CCI ne détiennent aucun avantage vis-à-vis des autres membres du milieu. Ces chiffres seront présentés au conseil de la SCI, à sa demande. Les principaux progrès réalisés par le Réseau dans le domaine de la vaccination antigrippale ont été présentés à la première réunion annuelle du Réseau de recherche sur l'influenza de l'ASPC et des IRSC. Les chercheurs du réseau ont aussi discuté de moyens potentiels de financer ce dernier après 2012, y compris d'élargir son mandat au-delà de la grippe pour englober l'immunisation en général. La réunion de la direction scientifique, notamment de dirigeants de plusieurs compagnies de recherche pharmaceutique du Canada, s'est aussi tenue en avril. Les dirigeants ont visité de nombreuses universités pour discuter de leurs priorités (y compris l'inflammation), mais certains membres du CCI craignent que la délégation canadienne ne puisse prendre de décisions sans l'approbation des bureaux américains ou européens de leurs sociétés respectives. B. Ward a assisté à des réunions avec ces compagnies par le passé, réunions au cours desquelles des chercheurs sont « jumelés » à des entreprises ayant des intérêts similaires pour discuter de la possibilité de mettre de l'avant de nouveaux composés dans la découverte clinique. La tenue d'essais cliniques est de plus en plus difficile au Canada, car ils sont très coûteux, et que la qualité des données provenant d'autres pays s'améliore rapidement. Des discussions au sujet des prochaines phases de l'Initiative canadienne pour un vaccin contre le VIH (ICVV) ont également eu lieu en avril. Les nouveaux fonds versés à l'ICVV serviront à la recherche fondamentale, mais l'accent sera mis sur les raisons expliquant pourquoi les vaccins ont échoué à ce jour. En mai, l'IMII a participé à l'atelier de médecine personnalisée, dirigé par l'IC. Il s'agit d'une initiative phare à laquelle l'IMII pourrait contribuer si nous disposons des fonds nécessaires lors de sa mise en œuvre. Durant la Conférence de consensus sur l'inflammation et les maladies chroniques, codirigée par l'IMII, 160 participants ont pris part à l'élaboration des prochaines étapes de l'initiative. Il est important que l'IMII participe à cette initiative puisque la majorité des sujets seront liés à l'immunité, à un certain degré.
Budget
D. Hartell présente le nouveau budget des initiatives stratégiques de l'Institut. En octobre 2011, l'Institut a offert 400 000 $ par année pour trois ans au concours de subventions Catalyseur pour la formation de réseaux. Les récipiendaires ont été choisis, mais ne seront avisés que le 30 juin. L'IMII investira la somme de 200 000 $ par année dans le concours de subventions Catalyseur pour la formation de réseaux du mois d'octobre 2011. L'Institut investira aussi 450 000 $ pour une période de trois ans dans les projets de recherche concertée sur la santé du CRSNG. Deux subventions de 75 000 $ seront versées chaque année, et les projets devront toucher l'un des domaines suivants : transplantation, résistance aux antibiotiques et solutions de rechange aux antimicrobiens, inflammation, microbiome et auto-immunité. Tous les fonds de l'IMII ont été alloués pour l'exercice 2011-2012. Il reste un million de dollars pour l'exercice 2012-2013 et trois millions de dollars pour l'exercice 2013-2014. Les fonds non attribués seront probablement répartis parmi les initiatives suivantes de l'IMII : l'initiative sur la transplantation, les initiatives phares sur l'inflammation, la médecine personnalisée et les soins de santé de première ligne, de même que l'initiative sur les menaces émergentes.
Affaires courantes
Forum des nouveaux chercheurs
S. Desnoyers fait le point sur la planification du Forum des nouveaux chercheurs. L'IMII a reçu 52 demandes parmi les candidats de la liste fournie par des directeurs de département universitaire. Ces demandes s'ajoutent aux 59 autres reçues à l'occasion d'un appel ouvert. Le comité organisateur est responsable de la sélection définitive des délégués, et cette sélection se fondera sur l'admissibilité, la date de la demande, le thème de recherche, l'emplacement géographique et le sexe du délégué. Il s'agit de la première fois où une sélection s'est avérée nécessaire, étant donné le taux de réponses plus élevé que prévu. La liste définitive sera disponible en juin. Pour les réunions subséquentes, l'IMII pourrait songer à inviter des organismes bénévoles dans le domaine de la santé et leur demander d'envoyer à la réunion leurs boursiers qui se sont le mieux classés. Le conseil ne recommande aucun changement au programme de la réunion. Les séances de rédaction de demandes de subvention seront présidées par les directeurs de divers comités d'évaluation par les pairs, et la conférencière de la séance sur le financement du portefeuille sera Louise Laperrière, de l'Université Laval, à qui se joindra Ian Graham, des IRSC. On y discutera des outils de financement disponibles à l'extérieur du programme de subventions de fonctionnement. L'objectif est d'atteindre le bon équilibre entre le nombre de conférenciers nécessaires pour traiter de la matière pertinente et le nombre maximal de places disponibles pour les chercheurs.
Microbiome
J. Bray résume les activités récentes de l'Initiative sur le microbiome. Au printemps, l'IMII a réuni les équipes financées lors d'un atelier à Vancouver. Les équipes semblaient enthousiastes d'assister à la réunion, mais hésitantes à l'idée d'adopter un réseau plus défini à moins que son financement et son infrastructure ne soient fournis par les IRSC. En ce qui a trait à l'organisation d'ateliers supplémentaires pour ces chercheurs, il existe plusieurs obstacles, notamment une réticence à partager les données et les renseignements entre équipes. Plusieurs équipes planifient déjà se réunir grâce à une subvention pour réunions, planification et dissémination des IRSC, ce qui signifie que des collaborations additionnelles sont possibles, et ce, même si aucun réseau canadien du microbiome n'est formé concrètement. Le Canada accuse peut-être un léger retard dans le milieu du microbiome, mais nous pouvons tirer parti du travail effectué dans d'autres pays. Un café scientifique sur le microbiome s'est tenu à Toronto, de concert avec l'INMD. Les participants étaient principalement des étudiants, en plus d'une poignée de participants du public. L'atelier de journalisme, qui portait aussi sur le microbiome, a connu un franc succès grâce au rôle joué par les médias et les chercheurs dans les présentations et les discussions. Les chercheurs ont fait un excellent travail de vulgarisation du sujet, et il est possible que d'autres collaborations se soient nouées entre les chercheurs participants. Certains événements sur la Colline du Parlement, comme le programme des Petits-déjeuners avec des têtes à Papineau, qui amène les députés et les scientifiques à discuter d'un sujet particulier, peuvent être utiles pour promouvoir l'Initiative sur le microbiome, pourvu que nous trouvions les bons conférenciers.
VIH/sida
J. Gunning souligne les activités récentes de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida. Un autre 1,2 million de dollars a été investi dans l'initiative grâce au financement de partenaires tels que l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), l'Institut de la santé des femmes et des hommes (ISFH), le Bureau de l'éthique des IRSC et la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI) de Santé Canada. L'ASPC a versé 800 000 $ aux subventions Catalyseur sur les comorbidités, le Bureau de l'éthique a contribué aux subventions pour réunions, planification et dissémination, et la DGSPNI a financé des subventions de voyage pour permettre des discussions entre Autochtones et chercheurs au sujet du VIH. Jusqu'en 2016, l'Initiative de recherche sur le VIH/sida obtiendra des fonds de l'ACDI pour financer l'Initiative canadienne pour un vaccin contre le VIH (ICVV), de nouveaux fonds de l'ASPC, le renouvellement du financement de l'ICVV, de même que le budget alloué annuellement à l'Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida. Il existe actuellement des fonds non attribués, mais un grand nombre d'instituts annoncent des possibilités de financement qui sont pertinentes au mandat de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida. Par conséquent, cette initiative fera partie de projets de recherche de qualité. Il y aura dorénavant une certaine flexibilité pour le volet biomédical et clinique, et le comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida des IRSC (CCRVS) a tenu des discussions sur la meilleure façon d'utiliser ces fonds.
On donne aussi une mise à jour sur le Programme de recherche communautaire (PRC) qui incite les gens du milieu à participer à chaque étape du processus de recherche. Il existe deux volets de financement pour le PRC : un volet général et un volet réservé aux Autochtones, pour un financement annuel disponible de 2,7 millions de dollars. Le PRC comporte trois phases : la première implique le transfert du programme aux IRSC, la deuxième est faite de la réponse à l'évaluation du PRC et la troisième comporte la consultation en matière d'outils de financement. Le comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida des IRSC (CCRVS) recommande un examen des outils de financement du PRC et, en particulier, du programme de facilitateurs du PRC. Le conseil et le milieu de la recherche éprouvent des sentiments mitigés sur la question de savoir s'il s'agit d'un bon investissement, puisque la qualité des facilitateurs tend à varier et que bien peu de travail est amorcé dans ce domaine. L'évaluation du programme doit être simplifiée.
L'initiative sur les comorbidités a connu des progrès considérables depuis la dernière réunion du CCI, et sa cinquième phase est en cours : l'élaboration d'une importante possibilité de financement. La portée des possibilités de financement a été réduite à deux domaines : VIH et vieillissement; VIH, santé mentale et affections neurologiques. Les IRSC investiront environ 13 millions de dollars dans cette initiative au cours des sept prochaines années par le truchement de deux cycles de possibilités de financement et de multiples outils de financement. L'objectif est d'harmoniser l'initiative sur les comorbidités avec l'initiative phare du plan stratégique Soins de santé primaires communautaires (SSPC). Plus particulièrement, l'outil de subventions d'équipes sera lié à la SSPC en ce qui a trait aux populations vulnérables ainsi qu'à la prévention et à la prise en charge des maladies chroniques.
L'investissement sera plus important dans la recherche sur un vaccin contre le VIH au moyen du programme renouvelé de l'ICVV, soit 35 millions de dollars sur une période de cinq ans. Un conseil consultatif a été formé pour guider l'ICVV, et plusieurs membres sont des représentants de l'IMII. Après la réunion de ce conseil, on pourra procéder au lancement d'appels de demandes. De nombreuses activités sont à venir en 2011 pour l'ICVV, y compris la réunion du conseil consultatif, la réunion de l'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH en juin, le symposium du conseil consultatif de l'ICVV au cours de l'été et l'annonce de possibilités de financement à l'automne.
On a procédé à l'évaluation à mi-parcours de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida en vertu du plan stratégique 2008-2013, ce qui a occasionné l'élaboration de deux nouvelles orientations stratégiques : l'éradication (fonctionnelle ou réelle) du VIH/sida et le renouvellement du Réseau canadien pour les essais VIH (RCEV). On vise aussi les priorités suivantes : mettre l'accent sur les interventions permettant la prévention et les soins liés au VIH et renforcer les capacités dans le soutien aux scientifiques cliniciens.
Initiative sur la transplantation
J. Bray présente l'initiative sur la transplantation, dont l'élaboration est en cours à l'IMII. Le principal enjeu de santé derrière cette initiative est le fait que la transplantation demeure la méthode de traitement privilégiée dans les cas d'insuffisance organique terminale. Cette insuffisance est responsable de la mort de plus de 100 000 Canadiens chaque année. Toutefois, il y a une grave pénurie de dons d'organes, ce qui occasionne de longues listes d'attente et la mort de patients en attente d'un transplant. Le taux relativement faible de dons d'organes au Canada a une incidence considérable sur l'économie puisque les coûts annuels de traitement des Canadiens souffrant de la défaillance d'un organe sont de 40 milliards de dollars. On prévoit une hausse de 152 % des besoins de dons d'organes au cours des 20 prochaines années, ce qui entraînera une hausse considérable des coûts. La difficulté principale dans la lutte contre la défaillance d'organes est le faible taux de dons, mais il existe d'autres préoccupations telles que le rejet d'organes, la défaillance prématurée de l'organe, de même que les taux importants de morbidité et de mortalité liées aux médicaments immunodépresseurs. Le large éventail de difficultés dans ce domaine se traduit par un plus grand nombre de possibilités de recherche. Un groupe d'experts a été constitué, formé de Dana Devine (Société canadienne du sang), Amit Garg (London Health Sciences Centre), Marie-Josée Hébert (Hôpital Notre-Dame du CHUM), Anthony Jevnikar (London Health Sciences Centre), Kirk Schultz (BC Children's Hospital) et Lori West (Université de l'Alberta). En collaboration avec ce groupe de travail, le personnel de l'IMII a organisé un atelier au début de février 2011 afin de réunir le milieu élargi de la recherche sur la transplantation. Les objectifs de l'atelier étaient de déterminer les difficultés et possibilités de recherche actuelles, de proposer des recommandations sur la portée et l'axe d'une nouvelle initiative stratégique qui viserait à améliorer les résultats cliniques de la transplantation, et d'établir les occasions de tirer parti des ressources et des programmes existants. Les discussions se sont axées essentiellement sur les organes pleins; cependant, plusieurs discussions se sont tenues au sujet de la greffe de moelle osseuse, ce qui a permis de cerner plusieurs possibilités de collaboration entre les disciplines. Parmi les instituts participants des IRSC, citons : l'Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR), l'Institut des services et des politiques de la santé (ISPS) des IRSC, l'Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite (IALA), l'Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète (INMD), ainsi que le Bureau de l'éthique des IRSC. Les organismes externes suivants ont assisté à la réunion : la Société canadienne du sang (SCS), Québec-Transplant, Fibrose kystique Canada, la Fondation canadienne du rein et l'Association pulmonaire du Canada. Un résumé des discussions et des faits saillants de la réunion a été préparé et est en cours de traduction. En voici les recommandations principales : promouvoir la communication entre le milieu de la recherche sur les organes pleins et celuisur les cellules souches hématopoïétiques; créer des réseaux transformateurs sur le plan clinique; trouver des moyens de collaborer avec des organismes externes pour aborder les questions liées aux donneurs; améliorer l'application clinique des sciences existantes afin de rehausser la qualité et la sécurité des greffes, de prolonger les taux de survie à long terme et de réduire le besoin en médicaments immunodépresseurs; offrir un soutien à d'autres petits ateliers ciblés ou aux subventions de perfectionnement pour permettre au milieu de s'organiser en vue de futures possibilités de financement.
Il existe un lien possible entre l'initiative sur la transplantation et plusieurs initiatives phares du plan stratégique, plus particulièrement l'initiative Inflammation et maladies chroniques et la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP). Une fois le réseau de la SRAP lancé, Jean Rouleau, directeur scientifique de l'Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR), voit d'un très bon œil l'idée de l'annexer à l'initiative sur la transplantation. L'ISCR est prête à investir la somme annuelle de 300 000 $, et nous espérons que la Société canadienne du sang (SCS) voudra emboîter le pas. L'autre option qui s'offre à nous est de lancer une initiative de niveau 2 sur la transplantation, ce qui l'empêcherait de se « perdre » dans la portée élargie d'un autre sujet. Comme l'IMII affecte 1,5 million de dollars par année à la transplantation, des partenariats avec l'ISCR et la SCS nous permettraient de lancer une initiative de niveau 2 de bonne taille. L'initiative Inflammation et maladies chroniques et l'initiative sur la transplantation pourraient être liées dans divers projets visant à comprendre les mécanismes sous-jacents à l'inflammation d'un transplant et à la défaillance prématurée de l'organe; à déterminer de nouveaux marqueurs communs de l'activation immunitaire et de l'inflammation; à établir de nouveaux traitements et cibles thérapeutiques potentiels; et à mettre au point des stratégies inédites d'imagerie pour surveiller de près et mesurer la progression de l'inflammation et des lésions aux organes. Un réseau sur la transplantation, appuyé par l'IMII, l'ISCR et la SCS, pourrait inclure des banques de biomarqueurs et de tissus, des bases de données ou des registres cliniques et de recherche qui adhèrent aux essais cliniques de la SCS et de la Société canadienne de transplantation (SCT), de même qu'un programme solide de formation et de mentorat. Cette approche comporte l'avantage supplémentaire de permettre un lancement conforme à l'échéancier de l'IMII puisque ni la SRAP ni l'initiative Inflammation et maladies chroniques ne seront prêtes à être financées avant l'exercice financier 2013-2014, au plus tôt, et que l'IMII a réservé des fonds à ce projet pour 'l'exercice 2012-2013. Une initiative de niveau 2 offrirait également à l'IMII une flexibilité considérable en ce qui a trait aux outils de financement utilisés. Si nous souhaitions financer des équipes (l'outil traditionnel utilisé pour des initiatives comme celle-là), nous pourrions soutenir trois équipes à raison de 500 000 $ par année ou cinq équipes à raison de 300 000 $ par année. L'IMII tenterait ensuite de réunir les équipes dans le cadre d'un événement de réseautage, une fois le financement attribué. Une autre approche possible serait de créer un programme sur la transplantation. Les programmes doivent comporter de multiples volets finançables, et chacun d'entre eux est passé en revue pour en évaluer le mérite scientifique et la valeur qu'il ajoute au programme. L'approche du programme réussit généralement à inciter les équipes à offrir un bon rendement puisque le succès du programme en entier dépend de celui de chaque équipe. Cette approche nécessiterait probablement un atelier sur la préparation des demandes à l'intention des personnes intéressées.
Si l'IMII prévoit lancer l'initiative à l'automne 2011, il faut prendre une décision bientôt. Peu importe l'approche choisie, la participation de cliniciens et de spécialistes des sciences fondamentales est capitale. À l'heure actuelle, le milieu canadien le mieux établi en matière de transplantation est le groupe sur la greffe de moelle osseuse, même s'il connaît des difficultés à obtenir un financement soutenu. La SCS et la Société canadienne de transplantation forment les deux plus grands groupes à travailler avec des organes pleins, mais certaines activités (comme le Registre de la SCS) viennent tout juste de commencer. Puisque le milieu est plutôt fractionné dans son ensemble, le réseau ou le programme pourrait les aider à décider quels essais cliniques en valent la peine, et recommander des patients pour ces essais. L'objectif ultime est d'établir un réseau semblable au Réseau canadien pour les essais VIH (RCE). Le résultat serait différent d'une subvention en réseau, mais la création d'un réseau unique, établi dans une université ou un établissement de recherche, nous donnerait la possibilité d'obtenir des fonds de la part de l'organisme lui-même. Le modèle de programme est plus cohésif et détaillé, en plus d'être davantage normatif. Ainsi, les IRSC pourront s'assurer que l'on répond à toutes les questions importantes.
Initiative Inflammation et maladies chroniques
S. Desnoyers présente une mise à jour de l'initiative Inflammation et maladies chroniques. Une conférence de consensus a eu lieu à Toronto du 17 au 18 mai. Cette rencontre réunissait environ 150 participants, dont des représentants d'Alberta Innovates – Health Solutions, d'AllerGen (RCE), de l'Alliance canadienne des patients en dermatologie, de l'Association canadienne de gastroentérologie, de l'Association canadienne de recherches dentaires, de l'Association dentaire canadienne, de l'Association canadienne du diabète, de l'Association pulmonaire du Canada/Société canadienne de thoracologie, de Dystrophie musculaire Canada, de Fibrose kystique Canada, de la Fondation canadienne de dermatologie, de la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l'intestin, de la Fondation canadienne du cancer du sein, de la Fondation canadienne du rein, de la Fondation Michael Smith pour la recherche en santé, de l'Health, Lung and Blood Institute des National Institutes of Health, de Lupus Canada, de partenariats des IRSC, du Réseau canadien de l'arthrite (RCE), du SalWe (Finlande), de la Société de l'arthrite et de Tekes (Agence finlandaise de financement pour la technologie et l'innovation). La conférence comportait quatre séances principales : comprendre les mécanismes sous-jacents à l'inflammation tissulaire dans les maladies chroniques; déterminer et valider les marqueurs, objectifs thérapeutiques et stratégies d'imagerie; élaborer des stratégies d'application et faire des recommandations. Les participants à la conférence ont fait de nombreux commentaires au comité directeur, y compris le besoin pour une initiative à long terme qui : réunit les gens et les thèmes, met en application un paradigme de la prévention de même qu'une stratégie de diagnostic et d'intervention, comprend une liste de plateformes et de cohortes existantes, met en valeur les partenariats multisectoriels et brise les cloisonnements liés aux maladies et aux domaines.
Les prochaines étapes du côté de l'initiative sont les suivantes : préparer le rapport de l'atelier; réviser le plan d'activités pour approbation par les IRSC; procéder au lancement des possibilités de financement de subventions pour réunions, planification et dissémination ou Catalyseur; déterminer les domaines de chevauchement et de collaboration entre l'initiative Inflammation et maladies chroniques et le projet d'initiative sur la transplantation. Un financement d'un million de dollars est disponible pour l'exercice financier 2011‑2012, de 1,25 million de dollars pour 2012-2013 et de 3,05 millions de dollars pour 2013-2014 et 2014‑2015. Il existe plusieurs scénarios de lancement possibles, selon les outils et approches de financement jugés les plus appropriés. Scénario no 1 : subvention Catalyseur (lancement en août 2011), suivie d'une subvention d'équipe (lancement en avril 2012). Scénario no 2 : subvention pour réunions, planification et dissémination (subvention pour planification) (lancement en août 2011), suivie d'une subvention d'équipe (lancement en avril 2012). Scénario no 3 : subvention d'équipe uniquement (lancement en septembre 2011). Le milieu a indiqué ne pas être intéressé par les subventions Catalyseur (ou d'autres mécanismes de financement à court terme). Il faudra en tenir compte au moment de choisir l'approche.
Affaires nouvelles
Présentations des intervenants du milieu
Trois membres du milieu de la recherche de Winnipeg présentent leurs activités financées par les IRSC au CCI.
Keith Fowke – Résumé des activités de recherche sur le VIH dans la région de Winnipeg.
Xi Yang – Appréciation et préoccupations : une présentation au conseil consultatif de l'IMII des IRSC.
Kevin Coombs – Le criblage global permet d'identifier des gènes hôtes qui protègent contre le virus de la grippe.
Réunion mixte avec l'ASPC
L'IMII tient une réunion mixte avec des représentants du Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses (CPCMI) de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) pour discuter de domaines d'intérêts communs et de domaines potentiels de collaboration et d'initiatives à venir. Parmi les collaborations passées et en cours entre les IRSC et l'ASPC, citons l'Initiative de recherche sur le VIH/sida, l'Initiative de recherche sur l'hépatite C et l'Initiative de recherche stratégique sur la capacité d'intervention en cas de pandémie. Même si l'ASPC n'est pas un partenaire dans le récent partenariat Canada–Royaume‑Uni sur la résistance aux antibiotiques, le sujet est d'une importance primordiale pour les deux organismes. R. Englehardt, de l'ASPC, donne un aperçu des orientations stratégiques courantes du CPCMI, alors que M. Ouellette résume les priorités pour l'IMII des IRSC. Les deux organismes étudient alors les domaines potentiels pour de futures collaborations.
Concept d'excellence
M. Ouellette dirige une discussion sur le concept de l'excellence en compagnie de membres du CCI. La discussion est liée au plan stratégique des IRSC, de même qu'à la réforme du système d'évaluation par les pairs et de la série de programmes ouverts. L'objectif final est de concevoir une série de programmes de base visant à : atteindre l'excellence dans les quatre thèmes; mener des recherches novatrices et réussir des percées en recherche; améliorer la viabilité de la recherche à long terme; attirer de nouveaux chercheurs talentueux. À l'échelle mondiale, le financement de la recherche se divise actuellement en deux catégories : le financement programmatique, qui appuie un vaste programme de recherche durant un certain nombre d'années, et le financement de projet, qui soutient un projet défini et décrit de manière précise dans une demande de subvention. À l'heure actuelle, 30 % des fonds investis par les IRSC sont versés dans des programmes stratégiques et 70 %, dans des concours ouverts. La réforme sera axée sur le meilleur moyen de distribuer le financement pour les concours ouverts.
Plusieurs scénarios sont proposés; toutefois, aucune décision n'est prise. Un mécanisme de financement programmatique permettrait d'axer la demande et l'évaluation sur un dossier d'« excellence ». Cette approche stipule qu'il faudra définir quelles preuves du dossier d'un chercheur sont préférées par les IRSC pour prédire la réussite à venir, puisque cette étape sera essentielle pour obtenir un mécanisme qui appuie l'excellence dans tous les domaines de la recherche en santé. L'autre option, un mécanisme de financement fondé sur le projet, comprendrait un processus de demande et d'évaluation axé sur la qualité d'une idée et sur son potentiel d'incidence si elle est mise en œuvre tel qu'il est indiqué dans la demande. Ce mécanisme présente des difficultés pour d'autres raisons puisque les IRSC devront concevoir un programme qui met en application des critères appropriés pour juger la qualité des projets, les critères d'évaluation étant basés sur le type d'idée. Les IRSC demandent l'opinion des membres du CCI à propos de deux questions essentielles : quels sont les critères et les preuves actuels permettant de définir l'excellence d'un chercheur dans chacun des quatre domaines, et quels sont les critères et les preuves actuels pour déterminer la qualité d'une idée?
Le conseil est d'avis que les comités d'évaluation pour les chercheurs en milieu de carrière mettent trop l'accent sur le projet et qu'ils pourraient bénéficier d'une approche programmatique. Un fonds distinct serait attribué aux nouveaux chercheurs afin de s'assurer qu'ils rivalisent avec leurs pairs. Si l'approche programmatique et l'approche par projet sont, en dernier lieu, toutes deux utilisées, il faudra s'assurer que les chercheurs n'obtiennent pas des fonds des deux façons. Ce que l'on craint par rapport à l'approche programmatique est qu'elle pourrait sembler perpétuer la prédominance d'un petit nombre de scientifiques chevronnés qui forment des « seconds » pour qu'ils suivent leur démarche scientifique. Le dossier des chercheurs doit être pris en considération puisqu'il a une signification. Par exemple, un chercheur qui propose une nouvelle idée, mais dont le travail n'a pas encore été publié dans une revue reconnue, risque d'avoir moins de succès qu'un chercheur dont le travail a été publié. Le CRSNG a récemment laissé tomber son approche de financement à vie après avoir découvert qu'il n'y avait pas optimisation des ressources. Le concept même de l'excellence variera d'un domaine à l'autre, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'il existe un besoin pour des critères d'évaluation distincts. Il est possible de tout simplement élargir les critères pour inclure d'autres facteurs comme un document d'orientation et un exposé de principe, la relation avec le milieu, l'incidence générale de la recherche et la création de nouveaux programmes. Le public est moins préoccupé par le mécanisme de financement que par ses résultats. Un programme de recherche solide devrait comprendre un élément de formation, et l'on devrait reconnaître l'importance de former du personnel hautement qualifié dans l'ensemble et non pas seulement les individus voulant faire carrière dans le milieu universitaire. Ainsi, les chercheurs seraient plus flexibles et prêts à travailler sur des projets plus risqués plutôt que d'être liés à la réussite d'un seul projet. Les chercheurs qui s'intéressent à des domaines de recherche émergents pourraient obtenir moins de succès dans le modèle programmatique, et il faut en tenir compte. Par-dessus tout, il faut veiller à ne pas créer un système qui semble favoriser un « peloton de tête » ou qui donne l'impression que ceux qui réussissent le mieux réorganisent le système à leur avantage. Il faut aussi s'assurer que tout système modifié n'occasionne pas de favoritisme régional. Pour assurer le bon fonctionnement du système, il faut clairement délimiter ses paramètres d'excellence. Ceci permettra également d'uniformiser les ententes des comités d'évaluation par les pairs, ce qui réduira la fluctuation dans les classements liés aux subventions.
Dans l'ensemble, ce programme ouvre de bonnes perspectives, car il souligne un engagement à créer des critères d'évaluation stables pour les projets d'excellence. Il pourrait aussi réduire la redondance dans les projets financés et faire gagner du temps aux chercheurs et aux évaluateurs.
On discute aussi de la possibilité de récompenser les services rendus au sein d'un groupe chargé d'évaluer les demandes de subvention. Sans être trop élevée, la récompense doit être assez tangible pour amener les gens à se disputer le privilège de siéger à des comités plutôt que d'accepter de le faire par remords de conscience. Une option proposée est de récompenser cette activité et d'autres « services pour la collectivité » par une mention sur le CV commun. La récompense ne doit pas être assez importante pour dissuader les gens à agir à titre d'évaluateurs pour des organismes bénévoles dans le domaine de la santé.
Prochaines réunions du CCI
Le comité discute du nombre de réunions que l'IMII doit tenir chaque année. Le comité se réunit actuellement trois fois par année alors que les autres instituts ne tiennent que deux réunions annuelles. À l'heure actuelle, l'ordre du jour de nos réunions est très rempli, et nous manquons souvent de temps pour effectuer tout ce qui doit être fait. Si l'IMII décide de ne tenir que deux réunions annuelles, il faudra peut-être allonger la durée de chaque réunion. En tenant compte des réformes à venir du programme, les IRSC pourraient demander fréquemment l'opinion des membres du CCI. Pour l'heure, l'IMII continuera de se réunir trois fois et réévaluera cette approche au besoin.
Membres sortants du CCI
La réunion de Winnipeg souligne la fin du mandat de plusieurs membres du CCI, notamment Michael Grant (2007-2011), Vivian Loo (2008-2011), Luis Barreto (2004-2011) et le président, Christopher Power (2006‑2011). M. Ouellette remercie tous les membres sortants d'avoir partagé leur temps et leur savoir-faire avec les IRSC et l'IMII.
La séance est levée à 12 h 25.