Questions et réponses sur les réformes proposées des programmes ouverts et de l’évaluation par les pairs

Les IRSC reconnaissent l'importance de la recherche entreprise à l'initiative des chercheurs et son rôle dans le renforcement de l'entreprise de recherche en santé au Canada. Nous avons amorcé un processus visant à concevoir une nouvelle série de programmes ouverts et un nouveau système d'évaluation par les pairs qui permettront de garantir la viabilité à long terme de la contribution des IRSC à l'entreprise canadienne de recherche en santé, d'éliminer certains obstacles et de permettre aux chercheurs oeuvrant dans tous les thèmes de recherche d'améliorer la capacité des IRSC à s'acquitter de leur mandat.

Les consultations des IRSC auprès du milieu de la recherche en santé leur ont permis de constater que certains mécanismes qui sous-tendent les programmes existants posent problème, surtout les processus relatifs aux concours et à l'évaluation par les pairs ainsi que la structure des comités. Ces obstacles s'inscrivent dans la suite logique des observations formulées par le Comité d'examen international et des évaluations internes des IRSC.

Les chercheurs et les intervenants continuent à demander que les IRSC rationalisent et renforcent les programmes de financement, simplifient davantage leurs programmes et réduisent le besoin pour les chercheurs de consacrer une forte proportion de leur temps à la rédaction et à la présentation de demandes de subventions pour financer leurs programmes de recherche.

Par ailleurs, un nombre élevé de chercheurs s'inquiètent du fait que la structure actuelle des comités d'évaluation par les pairs et du système de pairs évaluateurs ne permet pas d'évaluer des projets de recherche dans la totalité des thèmes de recherche des IRSC, les domaines de recherche nouveaux ou en évolution rapide, ou la recherche entraînant un changement de paradigme. Le système d'évaluation par les pairs et les processus associés poussent à ses limites la capacité des IRSC à recruter un bassin de pairs évaluateurs à l'expertise suffisamment diversifiée pour garantir que les experts appropriés évaluent chacune des demandes de subvention reçues, peu importe le champ d'intérêt. Enfin, compte tenu de l'augmentation du volume de demandes et de la complexité de bon nombre de projets présentés, de plus en plus de pairs évaluateurs potentiels sont rebutés par la charge de travail et hésitent à proposer leurs services.

En ce moment, les IRSC financent approximativement 14 000 stagiaires et chercheurs qui sont chercheurs principaux désignés, chercheurs principaux ou cocandidats. Des quelque 9 000 chercheurs financés par l'entremise de la série actuelle de programmes ouverts, environ 3 000 sont des chercheurs principaux désignés uniques. Pour la conception des nouveaux programmes, le conseil scientifique a insisté sur l'importance de continuer à financer un nombre semblable de chercheurs principaux.

Dans la conception de la nouvelle série de programmes ouverts, les IRSC ont tenu compte de la littérature sur le financement de la recherche et l'évaluation par les pairs, ont étudié les programmes de financement de la recherche à l'échelle nationale et internationale, et ont réfléchi sérieusement aux nouveaux éléments conceptuels qui conviendraient le mieux aux chercheurs et aux intervenants du milieu de la recherche en santé et aux IRSC. Nous avons écouté attentivement nos intervenants, et d'après nos propres analyses et les données disponibles, nous avons déterminé un certain nombre de changements qui pourraient transformer la série actuelle de programmes ouverts et permettre aux IRSC de mieux remplir leur mandat dans toute son étendue.

Durant leur examen des données disponibles, les IRSC ont conclu qu'il n'existait pas de base solide à laquelle se fier dans ce domaine. La conception et la mise en oeuvre de la nouvelle série de programmes ouverts nous donnent l'occasion de contribuer à la base de données probantes pour la conception du programme de financement et de l'évaluation par les pairs. Un plan de recherche sera élaboré au cours des prochains mois.

L'annexe 1 du document de travail conceptuel présente une liste des documents qui ont été pris en considération lors de la conception de la nouvelle série de programmes.

Les IRSC envisagent l'instauration de deux mécanismes de financement distincts, mais complémentaires :

  1. Un programme de recherche fondamentale et programmatique, qui appuiera à long terme des chercheurs établis ayant déjà fait leurs preuves, ainsi que de nouveaux chercheurs et des chercheurs en début de carrière ayant une excellente formation et ayant déjà démontré leur productivité, pour entreprendre des programmes de recherche en santé novateurs qui produiront un impact important et permettront l'application des connaissances. Un financement souple à long terme donnera également la possibilité aux meilleurs chercheurs de suivre des pistes inexplorées ou émergentes en recherche en santé sans devoir renouveler constamment leurs subventions.
  2. Un programme de planification de projets, qui appuiera les projets définis, assortis de jalons (dates de début, de milieu et de fin) et représentatifs des idées les plus originales, novatrices ou susceptibles de produire un impact important dans tous les domaines de la recherche sur la santé et le système de santé et de l'application des connaissances issues de cette recherche. Ce programme s'adresse tant aux chercheurs établis qu'aux nouveaux chercheurs et aux chercheurs en début de carrière prometteurs.

Il faut souligner qu'au fil des ans, bien que le Programme ouvert de subventions de fonctionnement ait été mis en place en tant que mécanisme axé sur les projets, les chercheurs l'ont utilisé pour établir des programmes de recherche en présentant des séries de demandes de subventions et de renouvellements pour des projets individuels.

Les mécanismes de financement programmatique et axé sur les projets ne doivent pas être considérés comme faisant partie d'un continuum. Ces deux volets sont basés sur deux approches différentes de financement de la recherche en santé : la première est axée sur des programmes qui visent à poursuivre des buts à long terme, alors que la seconde est axée sur des projets qui visent à répondre à des questions précises sur une période déterminée. Les IRSC croient que ces deux types de programmes de financement sont nécessaires pour répondre à leurs besoins et offriront aux candidats la possibilité de choisir le type de mécanisme le mieux adapté au type de recherche qu'ils mènent et à leur style de recherche personnel, peu importe le domaine ou le thème de recherche dans lequel ils s'inscrivent. L'objectif est de fusionner le plus de petits mécanismes de financement spécialisés possible, y compris le Programme ouvert de subventions de fonctionnement, dans ces deux programmes.

Non, le programme de recherche fondamentale a pour but de soutenir les personnes. Il appuiera à plus long terme des chercheurs ayant déjà fait leurs preuves. Le Canada dispose déjà d'un excellent bassin de chercheurs dont les multiples demandes de financement aux IRSC sont acceptées année après année. Nous souhaitons réduire la charge de travail associée à la préparation de demandes de subventions pour ces chercheurs et leur permettre d'augmenter le temps passé à faire de la recherche et à appliquer les résultats obtenus. Nous voulons leur donner la liberté d'action dont ils ont besoin. Nous voulons que les établissements qui les hébergent leur procurent les ressources et le temps réservé nécessaires à la poursuite de leurs recherches. Enfin, nous souhaitons qu'ils encadrent et forment la prochaine génération de chercheurs. Pour ce mécanisme de financement, les critères d'évaluation porteraient sur le calibre des candidats et la qualité de la vision pour le programme de recherche proposé. Pour certains chercheurs, il s'agira d'un changement important : nous leur demandons de concevoir leur travail dans une optique programmatique. Les évaluateurs accorderont moins d'importance à la méthodologie spécifique d'un projet donné, pour se concentrer sur l'approche générale d'une série d'activités de recherche, dont certaines ne seront pas encore définies au moment de la présentation de la demande.

Les IRSC comprennent que la recherche est de plus en plus souvent menée par des groupes de chercheurs, ce qui donne lieu à des préoccupations concernant l'admissibilité des demandes présentées par plusieurs chercheurs principaux. Nous prévoyons que les nouveaux programmes de financement seront suffisamment souples pour accommoder les chercheurs seuls ainsi que les groupes de chercheurs qui s'engagent à travailler ensemble dans le cadre d'un programme de recherche sur une longue période. Les IRSC appuient de telles activités et sont en train de déterminer le meilleur moyen d'évaluer ce type de demande dans le contexte du processus proposé pour les concours du programme de recherche fondamentale et programmatique.

D'après la modélisation actuelle, il serait impossible pour les titulaires principaux d'une subvention de recherche fondamentale et programmatique (c.-à-d. les chercheurs principaux désignés et les autres chercheurs principaux ayant fait l'objet d'une évaluation par les pairs dans le cadre du concours) de présenter une demande de subvention dans le cadre du programme de planification de projets.

L'augmentation de la durée et de la valeur des subventions accordées par l'entremise du programme de recherche fondamentale et programmatique vise à réduire le fardeau des candidats et à donner plus de latitude aux chercheurs. Les candidats retenus n'auraient plus besoin de rédiger plusieurs propositions de recherche pour financer leurs programmes de recherche ni de présenter des demandes de financement aussi fréquemment qu'ils le font actuellement.

Afin d'alléger encore plus le fardeau qui pèse sur les candidats, les demandes seront plus courtes et davantage axées sur les renseignements pertinents nécessaires à la prise de décisions. Les IRSC songent à mettre en oeuvre des processus de concours en plusieurs étapes pour les deux mécanismes de financement. L'objectif serait de permettre aux évaluateurs de se concentrer sur des critères différents selon les étapes du processus. Ils se serviraient d'une évaluation structurée permettant de réduire les écarts dans l'application des critères d'évaluation et d'accroître la transparence du processus d'évaluation. Les concours en plusieurs étapes et l'évaluation structurée contribueraient à alléger la charge de travail imposée aux candidats et aux évaluateurs en réduisant le nombre de candidats qui passent à l'étape de la demande détaillée et le temps consacré à l'évaluation des demandes à chaque étape.

Dans le contexte de la conception proposée, les IRSC définissent un nouveau chercheur ou un chercheur en début de carrière comme un candidat n'ayant jamais présenté de demande aux IRSC ou qui a terminé son dernier programme d'études cinq ans ou moins avant la date originale du concours.

Tant le mécanisme de financement axé sur les projets que le mécanisme de financement programmatique sont conçus pour incorporer des aspects visant à soutenir les nouveaux chercheurs et les chercheurs en début de carrière.

Le programme de planification de projets des IRSC pourrait porter principalement, lors de la première étape de l'évaluation, sur la qualité de l'idée, sans s'appesantir sur l'expérience du candidat. Cette façon de faire permettrait d'éliminer une certaine partialité ou de lever certains obstacles (réels ou perçus) pour les nouveaux chercheurs et les chercheurs en début de carrière.

Dans le cas du programme de recherche fondamentale et programmatique, les IRSC envisagent un volet spécifique visant à soutenir les nouveaux chercheurs et les chercheurs en début de carrière ayant une excellente formation et ayant déjà démontré leur productivité pour s'assurer que ceux-ci auront la possibilité de concevoir des programmes de recherche et d'application des connaissances prometteurs.

Les établissements jouent un rôle essentiel dans le soutien de la recherche en santé et, à l'instar des IRSC, ont intérêt à contribuer au succès de la recherche. Dernièrement, les chercheurs et les intervenants du milieu de la recherche ont exprimé le besoin de recevoir un meilleur soutien de la part des établissements pour les activités de recherche. Les préoccupations au sujet des charges d'enseignement et du temps réservé à la recherche varient au sein d'un même établissement, d'un établissement à l'autre et selon les thèmes de recherche.

Pour faire en sorte que les chercheurs parviennent à mettre en oeuvre leurs programmes de recherche, le nouveau programme de recherche fondamentale et programmatique des IRSC exigerait des candidats qu'ils obtiennent de leur établissement un soutien significatif. Il peut s'agir d'offrir le temps, l'infrastructure ou les ressources nécessaires, d'offrir de l'appui à l'application des connaissances, ou encore d'offrir de la formation, un appui salarial ou un soutien au développement de carrière aux chercheurs pour la durée de la subvention de recherche fondamentale et programmatique. Les IRSC savent que les ressources dont disposent les établissements sont en très forte demande et que ces types de soutien peuvent engendrer des coûts considérables. Les IRSC auront besoin de l'aide de chaque établissement pour déterminer un niveau de soutien suffisant pour les programmes de recherche fondamentale et programmatique et de planification de projets, et trouver des moyens d'intégrer ce soutien aux mécanismes de financement des IRSC.

Selon la définition de l'application des connaissances (AC) intégrée des IRSC, les intervenants ou les utilisateurs potentiels des connaissances issues de la recherche prennent part à l'ensemble du processus de recherche. Les chercheurs et les utilisateurs travaillent ensemble pour façonner le processus de recherche, c'est-à-dire qu'ils collaborent pour établir les questions de recherche, déterminent la méthodologie, participent à la collecte des données et au développement des outils, interprètent les conclusions et contribuent à diffuser les résultats de la recherche. Cette approche, que certains appellent également recherche concertée, recherche axée sur l'action et coproduction de connaissances, devrait mener à des conclusions au niveau de la recherche qui sont plus susceptibles d'être pertinentes pour les utilisateurs et d'être utilisées par ceux-ci.

Dans le cadre de la nouvelle conception de la série de programmes ouverts, les programmes de recherche fondamentale et programmatique et de planification de projets encourageraient les chercheurs à utiliser une approche d'AC intégrée lorsque c'est logique de le faire et quand cela peut accroître l'impact de la recherche.

Les deux programmes permettront sans aucun doute de soutenir la formation et le mentorat des stagiaires prometteurs, comme le permet aujourd'hui le programme ouvert de subventions. Cependant, les demandes présentées dans le cadre du programme de recherche fondamentale et programmatique devront être accompagnées d'un plan complet de formation et de mentorat qui sera examiné lors de l'évaluation par les pairs.

Pour leur part, les programmes de formation directe des IRSC (programme de bourse d'études supérieures du Canada Frederick Banting et Charles Best – bourses à la maîtrise et au doctorat; programme de bourses d'études doctorales à l'étranger; programme de bourses d'études supérieures du Canada Vanier; programme de bourses de recherche des IRSC; et programme de bourses postdoctorales Banting) ne changent pas. Ils continueront de faire partie de la stratégie de financement de la recherche ouverte des IRSC pour appuyer l'arrivée de nouveaux chercheurs dans le domaine de la recherche en santé.

Les commentaires du milieu de la recherche laissent croire que les structures actuelles des comités favorisent les approches éprouvées. Dans un milieu où seule une petite proportion des demandes est financée, il y a peu de motivation à accepter les projets de domaines de recherche plus risqués et non éprouvés. Ces facteurs donnent lieu à un système d'évaluation par les pairs conventionnel.

Dans la conception envisagée pour la nouvelle série de programmes ouverts, les IRSC intégreront des caractéristiques aux mécanismes de financement programmatique et axé sur les projets pour combler ces lacunes. Le programme de planification de projets tentera d'éliminer la partialité relative à l'expérience de l'étape 1 du processus d'évaluation.

Un des avantages du programme de recherche fondamentale et programmatique est l'obtention de financement suffisant, stable et à long terme. Cela permettrait aux chercheurs de poursuivre des idées novatrices à risque élevé sans la pression constante du renouvellement des subventions.

On envisage d'instaurer une évaluation des progrès réalisés à mi-parcours. Au besoin, des modifications budgétaires pourraient être envisagées dans le cadre de cette évaluation. Les subventions de recherche fondamentale et programmatique visent à défrayer les coûts directs de la recherche et ne comportent pas de volet d'appui salarial.

Dans la conception de la nouvelle série de programmes ouverts, les IRSC visent à incorporer des éléments conceptuels permettant de réduire le temps passé par les évaluateurs à évaluer une demande, à en discuter et à formuler des commentaires. Pour ce faire, les IRSC envisagent l'instauration de certains éléments :

  1. Un processus de concours en plusieurs étapes qui comprend un processus de présélection en 2 étapes avant l'évaluation en personne. Les demandes à l'étape 1 seront courtes et conçue de façon à être évaluée dans un court laps de temps. La charge de travail des évaluateurs sera activement gérée en limitant le nombre de candidats invités à participer à l'étape 2.
  2. Des critères d'évaluation structurés qui fourniraient aux pairs évaluateurs des critères d'évaluation clairement définis et les renseignements pertinents sur la demande pour en évaluer le succès. Cette façon de faire contribuerait à réduire le temps passé par les évaluateurs à analyser un dossier de demande, en plus de leur permettre de formuler des commentaires aux candidats sans structure imposée.
  3. La tenue d'évaluations et de conversations de présélection dans un espace virtuel (discussions par Internet) contribuerait à alléger le fardeau des évaluateurs en les obligeant à se déplacer à Ottawa moins régulièrement, ce qui leur donnerait plus de temps libre pour mener leurs recherches ou participer à d'autres activités. Ce modèle faciliterait la tenue d'évaluations par des experts internationaux en permettant l'accès abordable à des chefs de file mondiaux de la recherche.

Dans le cadre d'un processus de concours en plusieurs étapes, il est important de faire attention au nombre de réunions en personne du comité qui sera requis ainsi qu'au calendrier des rencontres. Actuellement, les comités passent beaucoup de temps à discuter de demandes dont l'acceptation ou le refus fait déjà consensus. Cependant, une « zone grise » demeure, où l'on retrouve les demandes au sujet desquelles les évaluateurs sont en désaccord pour diverses raisons. Nous proposons de mettre à profit les atouts de l'évaluation structurée et des technologies disponibles pour encourager la reconnaissance rapide des demandes exceptionnelles et l'élimination des demandes non concurrentielles. L'objectif est de réserver les discussions en personne pour les demandes faisant partie de la « zone grise » et de recourir à un plus petit nombre de comités davantage multidisciplinaires, à l'expertise plus vaste.

Chaque élément conceptuel pourrait répondre aux problèmes soulevés par les candidats et les pairs évaluateurs.

L'échéancier précis des concours lancés dans le cadre du programme de recherche fondamentale et programmatique fait toujours l'objet de discussions. Actuellement, on croit qu'il y aurait un concours de subventions de recherche fondamentale et programmatique par année et un ou deux concours de subventions de projets par année.

Les IRSC ont l'intention de recourir plus judicieusement aux comités en personne, en les réservant pour faire la synthèse des résultats des évaluations effectuées à distance et déterminer la recommandation finale de financement. Les comités en personne se pencheraient principalement sur l'évaluation des demandes devant faire l'objet de discussions plus poussées, surtout pour le classement des demandes près du seuil de financement (zone grise). Actuellement, les comités passent beaucoup de temps à discuter de demandes dont l'acceptation ou le refus fait déjà consensus. Cependant, une « zone grise » demeure, où l'on retrouve les demandes au sujet desquelles les évaluateurs sont en désaccord pour diverses raisons. Nous proposons de mettre à profit les atouts de l'évaluation structurée et des technologies disponibles pour encourager la reconnaissance rapide des demandes exceptionnelles et l'élimination des demandes non concurrentielles. L'objectif est de réserver les discussions en personne pour les demandes faisant partie de la « zone grise » et de recourir à un plus petit nombre de comités davantage multidisciplinaires, à l'expertise plus vaste.

Les récents progrès dans le domaine des technologies et des médias sociaux offrent la possibilité d'utiliser la technologie pour apporter des améliorations au processus d'évaluation par les pairs, notamment pour faciliter l'évaluation des demandes. Les IRSC cherchent à réunir les évaluateurs dans un espace virtuel muni de mécanismes qui facilitent les discussions sur Internet ( « évaluation par les pairs virtuelle » ), semblable au système que met actuellement en place le Center for Scientific Review des National Institutes of Health. Dans l'ensemble, les évaluations seraient individuelles. Cependant, on donnerait aux évaluateurs la possibilité de discuter, d'échanger et de justifier leur point de vue pour orienter le contenu de leur évaluation individuelle finale des demandes. Avec cette technologie, les IRSC pourraient avoir un accès accru à l'expertise nécessaire, notamment à des experts internationaux, et mettre en parallèle de multiples points de vue qui serviraient à orienter les décisions issues de l'évaluation par les pairs.

Dans le cadre d'un processus de concours en plusieurs étapes, il est important de faire attention au nombre de réunions en personne du comité qui sera requis ainsi qu'au calendrier des rencontres. Actuellement, les comités passent beaucoup de temps à discuter de demandes dont l'acceptation ou le refus fait déjà consensus. Cependant, une « zone grise » demeure, où l'on retrouve les demandes au sujet desquelles les évaluateurs sont en désaccord pour diverses raisons. Nous proposons de mettre à profit les atouts de l'évaluation structurée et des technologies disponibles pour encourager la reconnaissance rapide des demandes exceptionnelles et l'élimination des demandes non concurrentielles. L'objectif est de réserver les discussions en personne pour les demandes faisant partie de la « zone grise » et de recourir à un plus petit nombre de comités davantage multidisciplinaires, à l'expertise plus vaste.

Le plan de transition des IRSC pour introduire progressivement la nouvelle série de programmes ouverts en est encore à ses débuts. Il est difficile de planifier une stratégie de transition définitive avant d'avoir terminé la conception du nouveau système. Toutefois, nous avons à coeur de planifier une transition entraînant des perturbations minimales pour les chercheurs.

Nous travaillons à la modélisation de divers scénarios de transition relatifs à la mise en place des programmes de recherche fondamentale et programmatique et de planification de projets, à l'élimination graduelle de concours de programmes existants et à la prise en charge des titulaires de subventions actuels. Les IRSC s'engagent également à élaborer un système solide de surveillance et d'évaluation pour garantir l'amélioration continue de la qualité du nouveau système, qui fera partie intégrante du plan de transition.

Oui, dans le cadre de leur plan de transition, les IRSC procéderont à l'introduction des changements de manière dirigée. Cela sera important non seulement pour assurer aux chercheurs une transition en douceur, mais aussi pour mettre à l'essai certains des changements plus complexes. Les essais serviront à évaluer, à prouver et/ou à valider des aspects particuliers de la conception proposée avant la mise en oeuvre complète. Cette approche dirigée tient compte des commentaires exprimés par le milieu jusqu'à maintenant et fera partie intégrante du plan de recherche des IRSC visant à constituer une base de données scientifiques. Le plan de transition et le plan de recherche sont en cours d'élaboration.

En juin, nous vous transmettrons un résumé des commentaires reçus au moyen du processus de consultation, ainsi que la façon dont nous comptons utiliser votre rétroaction pour éclairer la conception. Aucune décision ferme ne sera annoncée avant l'automne prochain. Les chercheurs et les évaluateurs auront au moins un an entre l'annonce des modifications et le lancement du premier concours, pour se préparer. Cela signifie que les premiers chercheurs qui obtiendront du financement grâce au nouveau système seront annoncés au plus tôt en 2014-2015.

En tant qu'un des principaux bailleurs de fonds fédéraux de la recherche en santé au pays, les IRSC doivent prendre des mesures appropriées pour garantir la viabilité à long terme de leur contribution à l'entreprise de recherche en santé.

Les IRSC sont conscients que les changements proposés pourraient avoir des répercussions sur d'autres groupes ou organismes de financement de la recherche en santé et discutent actuellement avec leurs partenaires des conséquences de ces changements et des mesures à prendre pour éviter autant que possible d'ébranler le système de financement de la recherche en santé.