Une découverte scientifique permet de produire des isotopes médicaux clés sans réacteur nucléaire

Au début de 2009, le Canada, comme de nombreux autres pays, faisait face à une pénurie imminente de technétium 99m (Tc 99m), l'isotope médical le plus utilisé au monde – environ 76 000 fois par jour – pour aider à diagnostiquer le cancer, la dysfonction cardiaque et certaines autres maladies. Par le passé, cet élément était produit dans certains types spécialisés de réacteurs nucléaires, qui dans de nombreux cas devenaient vieux et moins fiables comme sources de Tc 99m.

Pour s'assurer que les Canadiens ne seraient pas touchés, le gouvernement du Canada a pris un certain nombre de mesures. Une initiative centrale a été un partenariat de six millions de dollars entre les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) pour trouver des solutions de rechange au Tc 99m produit en réacteur.

La plus importante subvention accordée dans le cadre de ce partenariat l'a été à une équipe dirigée par le Dr François Bénard, directeur scientifique du Centre d'excellence en imagerie fonctionnelle du cancer au BC Cancer Agency, pour examiner l'utilisation de cyclotrons comme source de Tc-99m. Les cyclotrons sont des appareils qui utilisent un champ magnétique pour accélérer fortement un faisceau de particules subatomiques. Il existe déjà environ une douzaine de ces appareils dans des hôpitaux et des cliniques au Canada, qui servent à produire d'autres isotopes à des fins de recherche médicale plus spécialisées. Le plus grand cyclotron se trouve à TRIUMF, le Laboratoire national canadien pour la recherche en physique nucléaire et en physique des particules. Récemment, le Dr Bénard et ses collègues à TRIUMF ont annoncé qu'ils avaient réussi à diriger un faisceau de protons (essentiellement des atomes d'hydrogène séparés de leurs électrons) sur un morceau de molybdène 100. Le morceau de métal, qui contient maintenant un mélange de Mo 100, de Mo 99 et de Tc 99m, est ensuite dissous dans une solution liquide pour que les éléments puissent être séparés.

Comme une douzaine ou plus de cyclotrons sont en service dans tout le Canada, cette technologie promet de rendre le Tc 99 accessible à presque tous les hôpitaux et cliniques, qui l'utiliseraient pour le diagnostic des patients.

Voir aussi :
Production de technétium 99m à partir de cyclotrons multiples