Initiative sur les séquelles des traitements contre le cancer infantile - Fiche de renseignements

Communiqué

Contexte : le problème de santé

Selon les statistiques canadiennes de 2011 sur le cancer, 6 550 enfants de 0 à 19 ans ont reçu un diagnostic de cancer entre 2003 et 2007, ce qui représente seulement un pour cent du total des diagnostics de cancer au Canada. Même si les chiffres sont petits comparativement à ceux du cancer chez les adultes, 82 % de ces enfants survivent maintenant à leur maladie, et on estime que plus de 30 000 Canadiens sont actuellement des survivants du cancer infantile.

Même si le cancer infantile est une maladie relativement rare et que les résultats se sont améliorés énormément au cours des dernières années, un fort pourcentage des patients atteints d’un cancer infantile subissent des séquelles multiples, graves et, parfois, mortelles, à la suite de leurs traitements contre le cancer. La liste des effets indésirables à long terme, ou « séquelles tardives » est longue et comprend des lésions du système nerveux central, des systèmes sensoriels et des organes importants comme le cœur, les reins et les poumons. En outre, le risque de récidive est élevé chez les survivants du cancer infantile. On estime que plus de 60 % des survivants souffrent d’au moins une maladie chronique et que près de 30 % sont atteints de maladies graves ou potentiellement mortelles. Malheureusement, l’incidence et la gravité de ces maladies chroniques semblent augmenter au fil du temps.

Fréquemment, les séquelles à l’âge adulte sont diagnostiquées et traitées par des médecins qui, parfois, ne sont pas au courant des traitements contre le cancer subis par ces patients auparavant. Pour prévenir et atténuer les séquelles, il faut établir un dialogue entre les oncologues pédiatres et les cliniciens d'autres disciplines, comme la cardiologie, la neurologie, l'endocrinologie et l'oncologie (pour les récidives du cancer), chargés de traiter des survivants qui souffrent de séquelles, parfois plusieurs dizaines d’années après le traitement initial.

Séquelles des traitements contre le cancer infantile – Nouvelles équipes de recherche

Pour répondre à ces besoins en médecine, le gouvernement du Canada, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada, a investi 12 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir quatre nouvelles équipes de recherche en partenariat avec le Conseil C17, la Société canadienne du cancer, la Société de recherche sur le cancer , le Garron Family Cancer Centre à l’Hôpital pour enfants de Toronto, l’Institut ontarien de recherche sur le cancer et le Pediatric Oncology Group of Ontario.

Les quatre équipes retenues sont :

Chercheur principal désigné Cochercheurs principaux Titre et description du projet Financement

Shinya Ito
Hôpital pour enfants de Toronto

Sharon Guger
Johann H Hitzler
Deborah L O’Connor
Russell J Schachar
Brenda Spiegler
Rosanna Weksberg

Neurocognitivité-phénome, génome, épigénome et nutriome chez les survivants de la leucémie infantile : N-PhenoGENICS

L’équipe du Dr Ito étudiera les impacts du traitement de la leucémie infantile sur les fonctions cérébrales, en particulier le trouble déficitaire de l’attention, qui peut durer longtemps et avoir des répercussions sur le rendement scolaire de l’enfant et ses activités sociales. L’équipe étudiera les facteurs qui rendent certains enfants prédisposés à ces effets et explorera des stratégies d’atténuation. De récents rapports laissent entendre que la mutation d’un gène en cause dans le métabolisme d’une vitamine, en l’occurrence l’acide folique, en serait responsable. L’étude vise à établir s’il est possible que ce gène et d’autres gènes connexes soient associés aux lésions. Si elle réussit à mettre au jour les gènes responsables, l’équipe cherchera à trouver une stratégie pour éviter cet effet secondaire.

1,9 M$

Paul Nathan
Hôpital pour enfants de Toronto

Paul F. Kantor
Peter P. Liu
Luc Mertens
Seema Mital

Nouveaux moyens de prédiction, de diagnostic et de traitement des séquelles cardiaques du cancer infantile.

L’équipe du Dr Nathan étudiera la cardiotoxicité et évaluera l’importance des différences génétiques entre les individus qui font que certains sont plus à risque de développer une maladie cardiaque du fait de leur exposition à des agents chimiothérapeutiques. L’équipe réunit divers groupes de recherche intégrée pour mettre à l’essai de nouvelles méthodes d’imagerie et de biomarquage dans le but ultime de détecter plus tôt la maladie cardiaque avant que des symptômes cliniques ne se manifestent ou qu’elle soit détectable à l’aide de l’imagerie courante. Les enfants vulnérables peuvent alors être ciblés, en modifiant leurs traitements contre le cancer ou en utilisant des médicaments qui protègent le cœur contre les effets nuisibles de la chimiothérapie.

2,8 M$

Kirk Schultz
Institut de recherche sur l’enfant et la famille, Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique et Université de la Colombie-Britannqique

Sylvain Baruchel
Mary L. McBride
Lesley G. Mitchell
Shahrad G. Rassekh
Ross T. Tsuyuki
Michele Zappitelli

Appliquer des biomarqueurs aux effets à long terme dans le traitement du cancer chez les enfants et les adolescents (Équipe ABLE)

L’équipe du Dr Shultz évaluera des biomarqueurs pour détecter les enfants à risque de développer des séquelles à la suite de leurs traitements efficaces contre le cancer et pour prédire les complications qu’ils pourraient développer à long terme. Repérer les enfants à risque élevé mènera à des traitements préventifs et rapides pour minimiser ou éliminer ces séquelles. Les études chercheront à évaluer les biomarqueurs associés à la perte auditive, à l’insuffisance rénale, aux problèmes de coagulation et à une forme particulière de rejet de tissu appelée la maladie du greffon contre l’hôte chronique après la greffe de cellules hématopoïétiques utilisée pour traiter le cancer. Les études portent sur 8 centres pédiatriques dans l’ensemble du Canada.

4,3 M$

Daniel Sinnett
Centre hospitalier universitaire Saite-Justine

Nathalie B. Alos
Gregor U. Andelfinger,
Maja Krajinovic
Caroline Laverdière
Emile Levy
Philippe Robaey

Déterminants génomiques des effets courants à long terme des traitements chez les survivants de la leucémie lymphoblastique aiguë de l’enfant

L’équipe du Dr Sinnett se penchera sur la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA), le cancer le plus fréquent chez l’enfant. Environ 80 % des cas peuvent être guéris avec les protocoles de traitement actuels. Plus des deux tiers des survivants éprouvent des problèmes de santé chroniques ou tardifs, dont les manifestations cliniques surviennent souvent des dizaines d’années après le traitement. L’équipe du Dr Sinnett se penchera sur la prévention et la réduction des toxicités liées au traitement dans un sous-ensemble des effets à long terme les plus courants observés chez les survivants de la LLA de l’enfant, notamment les effets neurocognitifs, le syndrome métabolique, la cardiotoxicité et la morbidité osseuse.

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