Profil de recherche – Animaux, parcs et santé publique

Dre Melanie Rock
Une équipe de recherche de l’Université de Calgary collabore avec des organismes locaux pour étudier les conséquences de l’aménagement d’aires pour chiens sans laisse sur la vie sociale et la santé.
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Quand votre chien veut aller se promener, vous n'avez d'autre choix que de le suivre. Voilà pourquoi les propriétaires de chiens ont tendance à faire plus d'activité physique que ceux qui n'ont pas de compagnon canin. Comme les animaux domestiques ont la cote, la population en entier pourrait ainsi voir diminuer ses risques de développer une maladie chronique comme le diabète et la dépression.
Pourquoi la promenade de chiens est-elle une pratique si répandue? Les règlements municipaux sur les animaux domestiques se sont multipliés. De même, les normes sociales en ce qui a trait aux soins des animaux domestiques ont grandement évolué : les gens veulent que leur animal soit en santé. Les occasions de promouvoir la santé humaine se font donc plus nombreuses.
En bref
Qui – La Dre Melanie Rock, Université de Calgary.
Question – Mises en place de façon inappropriée, les aires pour chiens sans laisse peuvent décourager les propriétaires de chiens et les personnes qui n'en possèdent pas d'utiliser les parcs publics.
Approche – La Dre Rock et son équipe mènent une étude sur quatre parcs de Calgary pour comprendre comment les règlements municipaux sur les animaux domestiques et l'aménagement d'aires pour chiens sans laisse peuvent se compléter avantageusement.
Impact – Leurs conclusions pourraient aider les responsables des politiques à mettre en place une meilleure réglementation municipale sur les animaux domestiques et de meilleures politiques relatives aux parcs.
Par exemple, la Ville de Calgary est en passe d'élargir et d'améliorer ses aires de parc où les animaux peuvent se promener sans laisse. La Dre Melanie Rock et une équipe de l'Université de Calgary entendent aider la ville à répondre aux besoins des propriétaires de chien tout en créant un environnement sain et convivial pour tous.
Forte de son expérience en travail social et en anthropologie, la Dre Rock a commencé sa carrière en recherche par l'étude de l'émergence du diabète en tant que problème urgent de santé publique. C'est alors qu'elle a remarqué une curieuse tendance : lorsqu'elle parlait de diabète à ses connaissances, la conversation déviait souvent sur le sujet des animaux domestiques.
« Lors de conversations informelles, les gens me parlaient fréquemment de leur animal diabétique, se rappelle la Dre Rock. Pour les gens des sciences sociales qualitatives comme moi, c'est le genre de dissonance qu'on nous a appris à prendre au sérieux. Nous nous demandons pourquoi le chat d'un tel est la première chose qui vient à l'esprit des gens quand nous leur parlons de diabète. »
Ces observations l'ont amenée à se demander si les animaux domestiques pouvaient contribuer, d'une façon ou d'une autre, à sensibiliser la population à la santé et à accroître la culture scientifique des gens. C'est ainsi que la Dre Rock s'est mise à étudier la façon dont les animaux domestiques influencent notre quotidien et leur incidence sur notre santé.
À la même époque, la Dre Rock a commencé à travailler avec le Dr Parabhdeep Lail, étudiant à la maîtrise nouvellement diplômé de l'école de médecine qui s'intéressait à l'impact de l'activité physique sur les maladies chroniques telles que le diabète de type 2. La Dre Rock a également commencé à collaborer avec le Dr Gavin McCormack, cosuperviseur du Dr Lail.
Ensemble, les chercheurs ont découvert que les propriétaires de chiens à Calgary étaient plus de trois fois plus susceptibles de faire des promenades d'agrément toute l'année durant dans leur quartier que les personnes qui ne possèdent pas de chien. Le Dr McCormack a mené une étude de suivi au terme de laquelle il a été établi que les citoyens de Calgary propriétaires d'un chien sont plus portés à promener leur animal s'ils habitent à proximité d'une aire de parc où il est permis de laisser les chiens circuler librement. Par un vaste examen d'études internationales sur le sujet, la Dre Rock et lui ont toutefois aussi établi que les aires pour chiens sans laisse découragent certains propriétaires de chiens de même que les personnes qui n'en possèdent pas d'utiliser les parcs.
Les chercheurs ont voulu creuser la question encore davantage et déterminer comment les règlements municipaux sur les animaux domestiques et l'aménagement d'aires pour chiens sans laisse peuvent influencer la santé des populations en milieu urbain. Ils se sont donc associés à la Ville de Calgary et à quelques organismes à but non lucratif pour mener une étude triennale portant sur quatre parcs.
Grâce au financement consenti par les Instituts de recherche en santé du Canada, la Dre Rock et son équipe en sont maintenant à recueillir des données qui leur permettront d'évaluer l'impact des règlements municipaux sur les animaux domestiques et de l'aménagement d'aires pour chiens sans laisse sur l'activité sociale, l'activité physique et l'exposition aux maladies infectieuses. Leurs résultats pourraient s'avérer d'une extrême utilité pour des gens comme Bill Bruce, directeur des services animaliers et des règlements de la Ville de Calgary, avec qui la Dre Rock a travaillé dans le cadre de l'étude.
« Souvent, les décisions stratégiques ne s'appuient sur aucune recherche scientifique, pourtant nécessaire pour en justifier le bien-fondé, indique M. Bruce. Évaluer les bienfaits pour la santé que comporte le fait de posséder un chien influence les décisions quant à l'importance d'aménager des installations adéquates pour ces animaux. »
La Dre Rock affirme que son projet vise ultimement à fournir aux décideurs des renseignements grâce auxquels ils pourront à la fois aider les gens à constater les bienfaits pour la santé de posséder un animal domestique, et répondre aux besoins de toute la communauté et à ses préoccupations en matière de sécurité.
« Loin de nous l'idée de prescrire un animal domestique ou l'aménagement d'aires pour chiens sans laisse, soutient la Dre Rock. Nous essayons plutôt de répondre aux besoins des nombreux propriétaires d'animaux domestiques de manière à en faire profiter toute la société. »
« Un Canadien sur deux possède un animal domestique. Cela a forcément un impact sur la santé et le bien-être, non seulement de ces propriétaires, mais aussi de tout le reste de la communauté. »
– Dre Melanie Rock, Université de Calgary
Does dog-ownership influence seasonal patterns of neighbourhood-based walking among adults? A longitudinal study (anglais seulement)