Profil de recherche – Recherche jusque sur la voie cyclable

Dre Lise Gauvin
Des chercheurs montréalais étudient l’impact d’un programme de vélos en libre-service sur l’activité physique et la sécurité.
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Parfois, les sujets d'étude se présentent tout naturellement; il suffit d'être à l'affût de l'inattendu.
La Dre Lise Gauvin, de l'Université de Montréal, peut en témoigner. Daniel Fuller, un étudiant de troisième cycle avec lequel elle travaillait, avait entendu parler d'un programme de partage de vélos lancé en ville afin de réduire la dépendance à l'automobile et de promouvoir la santé. Il a proposé d'étudier l'incidence de ce programme sur le transport actif.
« J'ai demandé à Lise si cette question méritait qu'on s'y attarde. Deux semaines plus tard, nous présentions une demande de financement », raconte M. Fuller.
En bref
Qui – La Dre Lise Gauvin, Université de Montréal.
Question – De plus en plus de grandes villes tentent de promouvoir le transport actif au moyen de programmes de vélos en libre-service.
Approche – Au lancement du programme BIXI à Montréal en 2009, la Dre Gauvin et son équipe ont saisi l'occasion de mener des sondages approfondis sur l'impact du programme.
Impact – Les conclusions de l'étude permettront aux responsables des politiques d'assurer une mise en place sécuritaire et efficace de ce type de programme.
En 2009, la Ville de Montréal a lancé le programme BIXI, système de vélos en libre-service permettant aux citoyens de louer des vélos à diverses stations réparties dans la ville.
La Dre Gauvin et son équipe ont alors entrepris de répondre à plusieurs questions concernant le programme, notamment sur le profil des usagers et la fréquence d'utilisation. Cette expérience naturelle n'était toutefois pas sans présenter certaines difficultés.
« L'intervention [le lancement du programme] était hors de notre contrôle et de notre portée, explique la Dre Gauvin. Il a fallu nous ajuster aux changements extérieurs apportés au système. »
Les chercheurs ont effectué des sondages téléphoniques auprès de la population après le lancement du programme, de même que des sondages sur place auprès des usagers. L'étude a démontré qu'une fraction importante des usagers du système n'habitait pas à proximité d'une station BIXI, une observation qui a étonné l'équipe de la Dre Gauvin.
« C'est, en quelque sorte, une bonne nouvelle, explique-t-elle. Cela signifie que les gens utilisent plus d'un moyen de transport. Au lieu de prendre leur voiture, ils peuvent décider de se déplacer à vélo une fois qu'ils sont en ville. »
La Direction de santé publique de Montréal s'est avérée un précieux partenaire dans le cadre des recherches; elle aidera d'ailleurs l'équipe à transmettre ses conclusions aux partenaires communautaires concernés. La Dre Gauvin collabore également avec des collègues du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM).
La Dre Gauvin estime que la communication des résultats aux bons partenaires est la clé de la réussite du programme, puisque ces conclusions peuvent contribuer à la modification de politiques. En analysant et en publiant ses données, l'équipe de recherche rejoint par le fait même ces partenaires.
« Nous tâchons de veiller à ce que les gens de notre ville, des communautés et des organismes de promotion du transport actif disposent de ces renseignements une fois qu'ils sont publiés dans des ouvrages scientifiques », poursuit la Dre Gauvin.
Depuis la mise en place du programme à Montréal, des stations de vélos ont vu le jour dans d'autres villes, comme Toronto, Ottawa, Boston et Washington (D.C.). Devant pareil engouement, la Dre Gauvin insiste sur le fait qu'avant d'adopter un programme de partage de vélos, les municipalités doivent s'assurer d'avoir les politiques et l'infrastructure nécessaires pour que les automobilistes, les cyclistes et les piétons puissent partager la route en toute sécurité.
« Nous ne voulons pas seulement promouvoir le transport actif, mais aussi le transport sécuritaire », conclut la Dre Gauvin.
« Au final, nous espérons que nos résultats amèneront les gens à penser à la place des vélos dans nos villes. »
– Daniel Fuller, candidat au doctorat, Université de Montréal