Transcription de la vidéo – L'influence du genre et du sexe sur la recherche en santé

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Dre Joy Johnson, directrice scientifique, Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC :

Le genre et le sexe font une différence dans la recherche en santé. Le genre et le sexe s'appliquent à tous et à toutes.

Le genre concerne l'identité sociale des hommes et des femmes : Quels rôles sont attribués aux femmes et aux hommes? Comment les hommes et les femmes devraient-ils se comporter? Quelles sont les normes sociales pour un homme, pour une femme?

Quant au sexe, il concerne la biologie, le corps physique, les particularités des hommes et des femmes; par exemple, les hormones, organes génitaux.

C'est pourquoi l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC a pour mission d'encourager l'excellence dans la recherche sur l'influence du genre et du sexe sur la santé des femmes et des hommes.

Il est souvent difficile d'inclure les concepts de sexe et de genre dans ces recherches. Nous avons donc sélectionné des exemples explicatifs qui pourront servir de principes directeurs.

Dr Randy Fransoo, Université du Manitoba :

Mon nom est Randy Fransoo et je suis avec ma mère, Angèle, qui est l'inspiration pour cette histoire.

Je suis chercheur au Centre manitobain des politiques en matière de santé à l'Université du Manitoba. Je croyais auparavant que le genre était la façon politiquement correcte de désigner le sexe mais j'ai appris à faire la distinction entre les deux notions et vous pouvez le faire aussi en lisant le recueil de cas.

Dans la recherche en santé, les résultats classés selon le sexe ou le genre permettent d'interpréter l'intégralité des données; autrement, des moyennes dissimulant des différences sous-jacentes peuvent être trompeuses. Il est donc impossible de le savoir sans vérifier.

Je commence mon chapitre en relatant une histoire bien personnelle, celle de mes parents dont l'expérience a influencé sur notre étude les différences entre les sexes dans les soins cardiaques.

Notre recherche montre qu'il est essentiel de tenir compte à la fois du sexe et de l'âge.

Nos résultats préliminaires sont à l'image de ceux d'études précédentes selon lesquelles plus de chirurgies cardiaques sont pratiquées sur des hommes que sur des femmes.

Mais voici le fait remarquable : en séparant les résultats selon le sexe et l'âge, on constate que les hommes maintenant ne reçoivent pas un traitement plus vigoureux que les femmes mais que les patients plus jeunes, hommes et femmes, sont l'objet de plus d'interventions que les plus âgés.

Comme les hommes qui subissent une crise cardiaque sont, en moyenne, plus jeunes que les femmes, les résultats d'ensemble laissent croire à une distorsion liée au sexe lorsqu'en réalité les hommes et les femmes de chaque groupe d'âge ont des chances égales de recevoir un traitement.

Dr Yves Tremblay, Université Laval :

Bonjour, mon nom est Yves Tremblay, je suis professeur titulaire au Département d'obstétrique et de gynécologie de l'Université Laval et, aussi, chercheur senior au Centre de recherche du CHUL.

Comme complément à mes activités scientifiques, je dirige le réseau en santé respiratoire du Fonds de recherche - Québec en santé.

Dans le chapitre, nous décrivons comment -- en prenant en compte une approche basée sur des analyses en fonction du sexe, comment l'introduction de poumons femelles, d'abord abordée comme un contrôle négatif, nous avons découvert que les androgènes avaient aussi une fonction physiologique sur le développement pulmonaire, et ça chez les deux sexes : fétus garçon et fétus fille.

Grâce à cette découverte, le rôle des androgènes durant le développement tardif est double et foncièrement distinct; c'est-à-dire qu'ils ont toujours leurs fonctions délétères parce qu'ils sont responsables principalement chez le mâle du retard de la maturation pulmonaire mais ils sont, en même temps, essentiels à certaines fonctions pulmonaires, et ça chez les deux : fétus mâle et fétus femelle.

En résumé, dans le chapitre, nous apportons la preuve et faisons la démonstration convaincante comment, dans le cas de la maturation pulmonaire, l'introduction de la réflexion selon le sexe a changé notre paradigme. La notion que les androgènes ont cette double fonction rend leur contrôle en regard de leurs effets délétères beaucoup plus complexe qu'initialement prévu.

Dans le chapitre, nous démontrons aussi comment cette réflexion, d'abord limitée aux questions de sexe, a poussé mon laboratoire à aller encore plus loin dans le paradigme de la grande prématurité et, ainsi, comment maintenant d'autres secteurs plus sociétaux alimentent et complémentent maintenant nos travaux et nos réflexions. Merci.

Dre Johanne Saint-Charles, Université du Québec à Montréal :

Notre chapitre est un travail collectif. Il s'appuie sur des recherches réalisées au sein d'équipes interdisciplinaires qui utilisent des approches écosystémiques de la santé.

Ces recherches cherchent à comprendre et à trouver des solutions à des problèmes de santé et d'environnement.

Mme Marie Eve Rioux-Pelletier, Université du Québec à Montréal :

Nous avons tenté de mieux comprendre le rôle du sexe et du genre dans la diffusion d'information et l'adoption de nouvelles pratiques favorables à la santé.

On s'est particulièrement intéressés aux relations d'échanges et de discussions au sein des communautés concernées par les problématiques.

Dr Pierre Mongeau, Université du Québec à Montréal :

Notre principale conclusion est qu'il existe des chemins de diffusion différents pour les hommes et pour les femmes.

Aussi, pour favoriser l'équité, nous en sommes arrivés à trois grandes leçons. La première, ça serait de tenir compte de la spécialisation des sujets de discussion entre les hommes et les femmes.

Ainsi par exemple, en Amazonie, nous avons constaté que l'alimentation est plutôt discutée par les femmes et la pêche et l'agriculture plutôt discutées par les hommes.

Mme Marie Eve Rioux-Pelletier :

Une autre leçon qui est présentée dans notre chapitre, c'est les types de différences entre les hommes et les femmes mais qui peuvent varier selon le contexte social.

Donc, il est important de ne pas avoir une vision trop stéréotypée de ce qui est féminin ou masculin.

Dre Johanne Saint-Charles :

Finalement, pour conclure cet aperçu de notre chapitre, comme on a vu qu'il y avait des chemins de diffusion différents pour les hommes et les femmes, il devient important de trouver les lieux de connexion entre les réseaux des hommes et des femmes afin d'assurer l'échange des savoirs et l'échange des pratiques en santé et en environnement. Bonne lecture.

Dre Joy Johnson :

Ce recueil de cas illustre l'importance de tenir compte du genre et du sexe dans la recherche en santé et des gains attribuables à cette pratique.

L'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC cherche à favoriser l'intégration systématique de facteurs liés au genre et au sexe dans tous les domaines de la recherche en santé.

Si nos plans de recherche ne tiennent pas compte du sexe et du genre, nous risquons de produire des données incomplètes ou inexactes. Nous risquons non seulement de porter préjudice mais aussi de rater des occasions précieuses d'améliorer la santé.

Ce recueil guidera tous ceux et celles qui songent à inclure les concepts de sexe et de genre dans leurs études.

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