Rapport annuel des Instituts de recherche en santé du Canada 2011-2012 : La mesure du succès

Investir dans une recherche de calibre mondial
Doter les chercheurs des moyens pour réussir

Le CEI a indiqué aux IRSC un certain nombre d'améliorations possibles pour mieux soutenir les chercheurs dans leur travail. En 2011-2012, les IRSC ont entrepris certaines démarches pour donner suite à ces recommandations1.

Subventions de plus grande valeur et à plus long terme, et comités d'évaluation par les pairs moins nombreux

Les IRSC ont publié un document de travail conceptuel qui expose un plan ambitieux pour remanier le Programme ouvert de subventions de fonctionnement et le système d'évaluation par les pairs. Les changements qui y sont proposés font suite aux nombreux commentaires de la communauté de recherche et des intéressés à ce sujet, et cherchent à répondre aux préoccupations cruciales de la communauté : Que faire pour réduire la complexité des programmes de financement des IRSC? Comment mieux adapter les programmes des IRSC à la recherche dans tous les aspects du mandat de l'organisme, y compris dans les nouveaux secteurs? Comment rehausser la confiance dans les résultats du système d'évaluation par les pairs et réduire le fardeau des évaluateurs? Les changements offrent des possibilités de créativité et d'innovation accrues et permettent aux chercheurs de consacrer moins de temps à la préparation de demandes de subvention et plus de temps à la réalisation de la recherche.

Améliorer le cheminement de carrière des jeunes chercheurs

Les IRSC ont également posé des gestes concrets pour mieux appuyer les jeunes chercheurs. Au cours du dernier exercice financier, le gouvernement du Canada a annoncé la deuxième cohorte de 70 boursiers postdoctoraux Banting qui, avec les 70 de l'année précédente, représentent les plus brillants jeunes esprits du Canada et de l'étranger. Les titulaires d'une bourse postdoctorale Banting bénéficient pendant deux ans d'une aide financière qui leur permet d'explorer des approches novatrices de la découverte scientifique et de son application. Administré par les IRSC, le programme se veut un tremplin pour les jeunes chercheurs qui lancent leur carrière et permet au Canada d'attirer et de retenir des chercheurs postdoctoraux de premier niveau.

Mener une opération pancanadienne d'harmonisation des ensembles de données pour permettre les couplages à l'échelle nationale

Les grands ensembles de données, qu'ils proviennent de vastes études de cohorte à l'échelle de la population ou du séquençage du génome entier, ne sont utiles que s'ils peuvent être regroupés, couplés et optimisés pour l'échange de données; les chercheurs souhaitent obtenir les données les plus exactes qui soient pour une analyse efficace. Les IRSC ne sont pas sans savoir que le manque actuel d'harmonisation des données entrave les progrès dans une vaste gamme de domaines de recherche en santé. Au cours du dernier exercice, l'organisme a été l'hôte du premier sommet national sur les données, qui a permis de réunir les intervenants de la communauté de la recherche et d'esquisser un plan de travail pour s'attaquer à la question de l'harmonisation des données.

Un plan audacieux
pour la recherche en
santé au Canada

Un modèle fort différent pour les programmes ouverts et de profonds changements au système d'évaluation par les pairs : voilà le plan audacieux que présentent les IRSC dans leur document de travail conceptuel publié en février 2012. Par ce document, les IRSC cherchent à obtenir des commentaires sur les améliorations envisagées pour faire suite aux préoccupations exprimées. Ils proposent la réorganisation des programmes ouverts en deux volets distincts : le volet programme, pour fournir une aide de plus longue durée aux chercheurs, afin qu'ils entreprennent des recherches novatrices au potentiel d'impact élevé; et le volet projet, pour financer des propositions créatives aux étapes clairement définies. Le document propose aussi des améliorations au système d'évaluation par les pairs, comme la création d'un collège des évaluateurs, et l'utilisation de la technologie pour procéder aux évaluations dans un « cadre virtuel ».

Comment mettre les
résultats en commun
avec autant de données?

Les IRSC comprennent qu'il faut mieux harmoniser les données de recherche pour les rendre plus accessibles aux chercheurs du pays et de l'étranger. Ainsi, des spécialistes des TI travaillant à l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ELCV), financée par les IRSC, ont conçu trois logiciels libres : Mastodon, Sabretooth et Beartooth. Ces applications permettront de gérer les interactions avec 50 000 hommes et femmes de 45 à 85 ans, dont les données sur la santé seront recueillies aux trois ans pendant au moins vingt ans, tout en protégeant leur confidentialité. Les services Web normalisés s'intègrent directement aux systèmes libres existants d'OBiBa, projet international de développement de logiciels qui favorise l'harmonisation des données et la collaboration entre les biobanques et les chercheurs.

Un exemple triomphant
de créativité et d'innovation :
la production d'isotopes

Une équipe de chercheurs a trouvé un moyen de produire du technétium 99m, isotope médical clé, à partir de cyclotrons. Chaque année dans le monde, des dizaines de millions d'actes médicaux sont pratiqués au moyen du technétium 99m pour déceler la maladie dans le cœur et les os, et ailleurs dans l'organisme. Deux réacteurs nucléaires vieillissants, dont un à Chalk River (Ontario), assurent la plus grande partie de l'approvisionnement mondial, mais les deux ont subi des pannes majeures au cours des dernières années. Les hôpitaux et les cliniques dotés de cyclotrons – il y en a plus d'une dizaine au Canada – pourront ainsi produire l'isotope. L'équipe financée par les IRSC avait à sa tête des chercheurs de Triumf, laboratoire national de physique nucléaire et particulaire à Vancouver, et comprenait des scientifiques de la BC Cancer Agency, du Lawson Health Research Institute à London (Ontario) et du Centre for Probe Development and Commercialization à l'Université McMaster. Sur la photo ci-dessus, le chercheur Mark Preddy, de Triumf, assemble un générateur automatisé qui sert à purifier le technétium. (Photo : Avec la permission de Triumf)

Les boursiers Banting :
les leaders de la recherche de
demain à l'œuvre ici et maintenant

En plus d'attirer certains des plus brillants chercheurs, le Programme de bourses postdoctorales Banting aide les meilleurs boursiers postdoctoraux du Canada à entreprendre des projets de recherche créatifs, dans leur pays ou ailleurs dans le monde. En 2011, les IRSC ont accordé 24 bourses, dont 10 à des Canadiens pour mener des recherches dans d'autres pays. Par exemple, la Dre Catherine Lebel étudie à l'Université de la Californie, à Los Angeles, le développement cérébral chez les enfants qui ont contracté le VIH au cours de la période périnatale. Sur la photo ci-dessus, un des participants à son étude subit un examen d'IRM. Ce programme, qui récompense les nouveaux leaders dans leur domaine et crée une capacité de recherche de classe mondiale, est administré par les IRSC, en partenariat avec le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). (Photo : Avec la permission de la Dre Catherine Lebel)


  1. Les sous-titres en caractères gras correspondent à des recommandations du Rapport du comité d'examen international pour 2005-2010, publié en juin 2011.
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