Profil de recherche – Contrôle de la circulation
Dre Mikiko Terashima
Des chercheurs de l'Université Dalhousie étudient les trajets des ambulances pour améliorer l'ensemble des services d'urgence de la Nouvelle-Écosse.
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Dans le cadre d'un nouveau projet, des chercheurs suivront, à l'aide de systèmes de positionnement global (GPS), les déplacements de toutes les ambulances de la Nouvelle-Écosse. L'objectif? Trouver ce qui arrive globalement aux services ambulanciers lorsque les urgences débordent dans les hôpitaux. Les chercheurs espèrent pouvoir utiliser les résultats pour améliorer les services d'urgence dans l'ensemble de la province.
Selon la Dre Mikiko Terashima, boursière postdoctorale au Département de santé communautaire et d'épidémiologie de l'Université Dalhousie, les débordements des urgences influent sur les services ambulanciers de plusieurs façons, surtout dans les centres urbains comme Halifax.
En bref
Qui – Dre Mikiko Terashima, boursière postdoctorale, Département de santé communautaire et d'épidémiologie de l'Université Dalhousie.
Question – Les engorgements des urgences peuvent entraîner des retards dans le débarquement des patients des ambulances. Cela peut aussi causer un manque d'ambulances sur les routes.
Approche – La Dre Terashima étudiera les données GPS des ambulances de la Nouvelle Écosse pour mieux comprendre la relation entre les retards dans le débarquement des patients et l'accès aux ambulances.
Impact – Les résultats de l'étude pourraient améliorer le rapport coût efficacité ainsi que l'efficience des services ambulanciers de la Nouvelle Écosse.
Par exemple, lorsque les urgences sont particulièrement occupées et bondées, dit la Dre Terashima, transférer les patients de l'ambulance à un lit peut prendre plus de temps qu'à la normale. Si aucun lit n'est disponible, le patient doit rester plus longtemps dans l'ambulance, et les ambulanciers ne peuvent être libérés pour répondre à un autre appel.
Ce retard dans les délais de débarquement force les ambulances à rester stationnées devant les urgences pendant bien plus longtemps que les 20 à 30 minutes normalement nécessaires – elles y resteront parfois des heures.
À tout moment, environ 100 ambulances sont en fonction pour répondre aux urgences dans l'ensemble de la province. Mais si certaines doivent attendre aux hôpitaux, moins de véhicules sont disponibles pour répondre aux appels. Des ambulances de la périphérie de la région d'Halifax peuvent alors être appelées en renfort, comme l'explique la Dre Terashima, mais cela crée un effet domino, qui finit par causer un manque d'ambulances dans les zones plus rurales.
« Le problème de la lenteur des débarquements ne touche pas que les villes, il peut aussi empêcher d'autres régions d'avoir un accès adéquat aux ambulances », dit la Dre Terashima.
Mais avant qu'il puisse être réglé, le problème doit être mieux compris. À l'heure actuelle, nous ne savons pas exactement quelles régions de la province risquent le plus de perdre leur accès aux services ambulanciers lorsque les retards dans les débarquements sont les plus fréquents. Et il faut aussi chercher à savoir s'il y a des périodes en particulier où les manques sont plus problématiques, et s'il est possible de les prévoir.
Pour étudier le problème, les chercheurs utiliseront les appareils GPS dont toutes les ambulances de la Nouvelle-Écosse sont munies.
« La Nouvelle-Écosse est unique, car tous les services ambulanciers de la province sont gérés par une même entreprise, et tous les véhicules sont dotés d'un GPS. Nous pourrons suivre toutes les ambulances en service, toute la journée », dit la Dre Terashima.
Avec le soutien des Instituts de recherche en santé du Canada, la Dre Terashima et ses collègues commenceront à recueillir les données des appareils GPS à l'automne 2012, et continueront de le faire pendant un an. Les chercheurs seront en mesure de voir où se trouvent les ambulances, à quels moments. Les données aideront à savoir s'il existe des variations saisonnières ou mensuelles dans la disponibilité des ambulances dans différentes régions, et aussi ce qui arrive à la disponibilité en milieu rural lorsque des ambulances sont appelées à combler un manque dans les villes. Les données donneront aussi une meilleure idée du temps qu'il faut réellement pour transférer les patients aux hôpitaux.
« Les données de l'étude seront utilisées pour déterminer le rapport coût-efficacité et l'efficience des services ambulanciers de la Nouvelle-Écosse, ainsi que pour répondre à des questions portant sur l'accès et les inégalités dans la population, et sur les différences possibles entre les régions urbaines et rurales », dit la Dre Terashima.
« La Nouvelle-Écosse est unique, car tous les services ambulanciers de la province sont gérés par une même entreprise, et tous les véhicules sont dotés d'un GPS. »
– Dre Mikiko Terashima, Université Dalhousie