Transcription de la vidéo - Vidéo avec l’équipe de la Clinique de la mémoire en régions rurales et éloignées - Voici les faits (Automne 2012, volume 1, numéro 3)

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Une aide toujours proche - La Clinique de la mémoire en régions rurales et éloignées

Saskatoon – Nipawin, 284 km, 3 h 16 min
Saskatoon – Birch Hills, 153 km, 2 h 10 min
Saskatoon – La Ronge, 383 km, 5 h
Saskatoon – Spiritwood, 177 km, 2 h 11 min
Saskatoon – Loon Lake, 310 km, 4 h 5 min

Dr Andrew Kirk : C'est plus difficile pour les habitants des régions rurales. Comme il s'agit d'une population souvent âgée et souffrant d'un déficit cognitif, on ne peut s'attendre à ce qu'ils arrivent frais et dispos à leur évaluation après un voyage de quatre heures en voiture. Tout ce que nous pouvons faire pour réduire ce temps de transport peut donc être utile.

Dre Margaret Crossley : Ce qu'il y a de plus spécial avec la Clinique de la mémoire en régions rurales et éloignées est son attention particulière aux patients et aux familles qui viennent de l'extérieur des centres urbains. La Clinique est conçue pour voir ces familles et pour étendre ses services à une clientèle qui n'y a généralement pas accès, et nous tentons de fournir une évaluation complète en une journée.

Le diagnostic précoce de l'Alzheimer et d'autres formes de démence est crucial.

Un traitement entamé tôt peut limiter les symptômes.

Les familles et les soignants ont besoin de soutien.

Mais la distance et la nécessité de voir plusieurs spécialistes compliquent l'obtention d'un diagnostic et d'un traitement pour les gens des régions rurales et éloignées.

Dre Margaret Crossley
Professeure agrégée, Département de psychologie
Université de la Saskatchewan

Il n'y a pas de test sanguin ni d'examen rapide et facile. De préférence, on fait appel à la contribution et à la perspective de plusieurs disciplines comme la neuroradiologie, la neurologie, la neuropsychologie, les sciences infirmières et le travail social. Étant donné que ces services sont généralement offerts en ville et que les familles des régions rurales et éloignées y ont difficilement accès, elles ne sont souvent même pas recommandées à ce genre de spécialistes.

Dr Andrew Kirk
Chef du Département de neurologie
Université de la Saskatchewan

Avant l'ouverture de cette clinique, les gens pouvaient parcourir des centaines de kilomètres pour voir un neurologue et refaire ce même trajet pour leur tomodensitogramme, puis une autre fois pour leur évaluation neuropsychologique. L'obtention d'un diagnostic pouvait s'avérer un long processus, sans compter le suivi à faire ensuite.

À la Clinique de la mémoire en régions rurales et éloignées, ce processus long et difficile est comprimé dans une seule journée.

Dr Andrew Kirk : Les patients se rendent à Saskatoon pour un rendez-vous d'une journée à une sorte de guichet unique où ils sont vus par un neurologue (moi-même), un neuropsychologue et un physiothérapeute. Ils sont soumis à des tests de neuroimagerie, et leurs analyses sanguines ont déjà été faites lors d'une consultation préclinique obtenue par télésanté. À la fin de la journée, nous sommes généralement en mesure de leur fournir un diagnostic basé sur nos observations de la journée et de leur soumettre un plan de suivi, de leur prescrire un traitement, s'il y a lieu, ou encore de les mettre en contact avec des ressources locales ou la Société Alzheimer, dans l'espoir d'améliorer leur qualité de vie.

Dre Megan O'Connell
Professeure adjointe, Département de psychologie
Université de la Saskatchewan

Dre Megan O’Connell : Ça leur permet de venir ici pour une journée seulement. C'est assurément une journée bien remplie, mais à la fin, les familles ont une idée de ce qui se passe ou une confirmation de leurs soupçons. Les patients peuvent recevoir ou non un diagnostic, et selon ce diagnostic peuvent repartir avec un plan de traitement ou un plan de soutien et de suivi.

Le modèle fait largement usage de la télésanté, d'abord pour la préévaluation avec les patients et leur famille.

Dre Megan O’Connell : Le plus important au sujet de ces évaluations précliniques est probablement qu'elles permettent aux patients de nous connaître un peu et de devenir un peu plus à l'aise avec nous. C'est assez angoissant – surtout si vous avez conscience que votre mémoire ou d'autres aspects de la fonction cognitive commencent à flancher – c'est assez angoissant de venir voir un spécialiste pour peut-être recevoir le diagnostic tant redouté.

La télésanté est aussi mise à profit pour le suivi des patients et la surveillance de leurs progrès.

Dre Margaret Crossley : Les patients viennent une fois, et nous les suivons ensuite de façon plutôt efficace par télésanté. Nous invitons les familles à un examen informatif annuel, et restons en contact avec elles. Nous suivons maintenant certaines familles depuis 4-5 ans, et nous savons que nous pouvons maintenir des liens formidables avec les familles et fournir un bon service par cette approche d'évaluation interdisciplinaire à guichet unique plutôt innovatrice. Nous souhaiterions seulement que ce modèle soit utilisé pour d'autres maladies chroniques, car il fonctionne vraiment bien.

Au fil de l'expérience, cet outil s'est révélé efficace pour fournir de l'aide à une population mal desservie.

Dr Andrew Kirk : Lorsque nous avons entrepris notre projet en 2003, personne n'explorait vraiment cette voie. Il s'agissait de la première clinique de la mémoire à guichet unique avec suivi par télésanté au monde, et nous ne savions vraiment pas si la télésanté allait marcher.

Il s'agit d'une méthode de suivi des patients tout à fait valable, et j'encourage certainement d'autres cliniciens à se prévaloir de la télésanté. Je pense que ce modèle est très transférable.