Profil de recherche – Soulager la douleur

Élucider les mystères de la douleur génitale et pelvienne chez l'homme

[ Retour à l'article principal ]


Dr Seth Davis

En bref

Qui – Dr Seth Davis, boursier postdoctoral, Université de Montréal.

Question – Entre 5 % et 15 % des hommes adultes éprouvent une douleur génitale chronique à un moment donné dans leur vie, et les causes de cette douleur sont mal comprises.

Approche – À l’aide de questionnaires et d’examens médicaux, le Dr Davis et ses collègues classent les différents genres de douleur génitale chez les hommes.

Impact – Les conclusions des chercheurs pourront aider à déterminer les sources physiques et psychosociales de la douleur génitale et permettre de meilleurs traitements.

Le sexe n’est pas toujours une partie de plaisir.

La douleur au cours des rapports sexuels, aussi connue sous le nom de dyspareunie, est généralement considérée comme un problème de santé féminin. Or, les hommes aussi peuvent en souffrir, et les causes sous-jacentes peuvent être diverses.

Une équipe de chercheurs de Montréal tente actuellement d’élucider les nombreux mystères de la dyspareunie chez l’homme.

Entre 5 % et 15 % des hommes ressentent une douleur génitale chronique à un moment donné, selon le Dr Seth Davis, boursier postdoctoral à l’Université de Montréal. C’est un trouble qui n’a pas été étudié à fond.

« On a toujours pensé que c’était un problème de prostate, peut-être dû à une infection ou à une inflammation », dit-il. La plupart des hommes sont traités avec des antibiotiques, souvent en vain.

« Mais, quand nous y regardons de plus près, nous constatons que la plupart des hommes qui ressentent de la douleur n’ont pas de problème de prostate », dit-il.

Le Dr Davis et ses collègues essaient de mieux définir les causes sous-jacentes de la douleur, de savoir pourquoi cette douleur devient parfois chronique, pourquoi certains hommes ressentent une douleur à court terme seulement, comment la douleur diffère d’un patient à l’autre, et quelles sortes de traitements seraient efficaces.

Selon les premières constatations, le trouble se manifesterait sous plusieurs formes. Par exemple, des hommes peuvent ressentir « une sorte de douleur sourde et diffuse qui est toujours présente, dit le Dr Davis. D’autres hommes peuvent ressentir une douleur aiguë, comme une brûlure, survenant après l’éjaculation seulement, mais pouvant durer un ou deux jours. Sinon, ils ne ressentent pas vraiment de douleur. »

La douleur peut être localisée dans la région pelvienne chez certains, mais d’autres la ressentent au niveau de la vessie. Chez d’autres encore, elle peut être testiculaire, périnéale ou même pénienne.

« Nous essayons de classifier différents types de douleur pour aider à trouver des indices de ce qui pourrait en être la cause », dit-il.

Les chercheurs ont étudié le cas de 183 hommes qui présentaient une douleur génitale et pelvienne. Les patients recrutés pour l’étude avaient tous éprouvé cette douleur pendant une période de six mois ou plus. Ils avaient en moyenne 41 ans et la cause de la douleur était inconnue.

Les hommes ont rempli des questionnaires détaillés sur la douleur, son siège et son intensité, leur fonction sexuelle, leur qualité de vie et d’autres facteurs. Un urologue (médecin spécialiste du système reproductif masculin) leur a fait subir un examen physique pour déceler toutes infections ou autres maladies. Leur seuil de douleur ou leur sensibilité à la douleur physique a également été mesuré.

« Nous avons constaté que ces hommes avaient des seuils de douleur peu élevés, non seulement dans la région génitale et pelvienne, mais également au niveau des paumes, des triceps et des cuisses. Cela donne à penser qu’il se passerait quelque chose davantage au niveau du système nerveux central », dit-il.

Les prochaines étapes consistent à trouver les causes sous-jacentes. Peut-être que, dans certains cas, la douleur est un indicateur d’autres problèmes médicaux comme l’inflammation de la vessie, la dysfonction des muscles du plancher pelvien, la fibromyalgie ou autres troubles.

Entre-temps, les chercheurs essaient d’aider les gens à prendre en charge la douleur. Ils commencent aussi à s’intéresser aux problèmes psychosociaux liés à la douleur, cherchant à savoir si la thérapie cognitivo-comportementale peut être d’un certain secours aux patients.

Les problèmes psychosociaux peuvent influer fortement sur la capacité d’adaptation à la douleur chronique, et c’est là un important aspect à considérer dans le soin des patients, selon le Dr Davis.

« Quand nous y regardons de plus près, nous constatons que la plupart des hommes qui ressentent de la douleur n’ont pas de problème de prostate. »
– Dr Seth Davis, Université de Montréal.