Rapport de la réunion du Groupe de travail des chercheurs sur les muscles squelettiques

Organisée par l'IALA le 29 novembre 2012 au Sheraton Gateway Hotel, à Toronto.

Contexte

Il existe au Canada plusieurs secteurs de recherche bien établis et reconnus sur les muscles squelettiques, mais le milieu est cloisonné. L'IALA a organisé un atelier de planification stratégique pour une politique de recherche musculaire au Canada en 2002. Les participants à l'atelier ont suggéré la formation d'un sous-comité de la recherche musculaire, mais cette idée n'a pas eu de suite et personne n'a assumé le rôle de champion de la recherche musculaire. En juin 2006, l'IALA a convié des représentants des milieux de la réadaptation musculaire et musculosquelettique à un atelier d'orientation intitulé « Les muscles : question de molécules et de mobilité ». À cet atelier, l'activité physique a été désignée comme prioritaire et importante pour la prévention/réadaptation et l'entraînement. Encore une fois, il a été question de créer une stratégie de recherche musculaire, mais les activités qui ont découlé de la réunion ont été modestes et limitées, comme le programme de subventions Catalyseur : réadaptation musculaire et musculosquelettique, financé par l'IALA en 2008. Au cours des cinq dernières années, l'impact des muscles squelettiques sur la santé générale est devenu plus évident (p. ex. myokines), faisant ressortir le besoin de poursuivre le développement de ce milieu de recherche.

La réunion sur la recherche musculaire de 2012 a accueilli 17 participants (sans compter le personnel de l'IALA et des IRSC), dont un échantillon représentatif de tous les chercheurs sur les muscles financés par les IRSC dans les quatre thèmes de recherche, ainsi que certains représentants de groupes de patients et d'organismes sans but lucratif. Le but de la réunion était de discuter de la poursuite du développement du milieu de la recherche musculaire et de son décloisonnement. Cela permettrait au milieu d'augmenter sa capacité de recherche en tirant profit des nombreuses possibilités de financement à venir (p. ex. initiatives phares des IRSC), qui résultent d'un travail de formation d'équipe et de maillage et des perspectives de multiples disciplines, thèmes et maladies.

Aperçu de la rencontre

Mot de bienvenue
Après s'être présenté au groupe, Phillip Gardiner, directeur scientifique par intérim de l'IALA, a effectué un survol de la réunion et a présenté Bill Mills, l'animateur de la réunion.

Présentations mutuelles
Pour briser la glace, Bill Mills a ouvert la séance par une activité dans laquelle les participants devaient trouver un partenaire qu'ils ne connaissaient pas. Seule une fraction des chercheurs sur les muscles assis autour de la table se connaissaient, ce qui montre combien ce milieu de recherche est cloisonné. Au cours de cette activité, les partenaires se sont interviewés mutuellement et ont dessiné un symbole qu'ils voulaient représentatif de l'avenir de la recherche en santé musculaire au Canada. Cet exercice a permis aux participants de faire connaissance et de faciliter leur participation aux discussions.

Survol de l'IALA, de la recherche musculaire et de son financement au Canada
La présentation de Phillip Gardiner a couvert des sujets comme les événements ayant mené à la réunion, les dépenses des IRSC et les taux de succès dans les secteurs de recherche relevant du mandat de l'IALA (dont la recherche musculaire), les tendances de la recherche musculaire, un sondage auprès des chercheurs de l'IALA (rétroaction des chercheurs sur les muscles) et les résultats du programme de subventions Catalyseur : réadaptation musculaire et musculosquelettique. Il a aussi été question des initiatives des NIH en recherche musculaire autre que biomédicale, et de ce que nous pouvons apprendre des Européens et de leurs initiatives/réunions. Cette information a préparé les participants à la séance en petits groupes.

Séance en petits groupes
Les participants ont été divisés en deux groupes installés dans des salles différentes. Le but de la séance en petits groupes était de discuter des lacunes et des possibilités de la recherche en santé musculaire au Canada. Voici les questions soumises :

  1. Quelles sont les lacunes/possibilités de la recherche sur les muscles squelettiques au Canada?
  2. Comment devrait-on aborder ces lacunes/possibilités?
  3. Quelles sont les trois principales mesures qui pourraient être prises par les IRSC/l'IALA pour améliorer l'état de la recherche sur les muscles squelettiques au Canada?

Conclusions de la rencontre – Symboles

Un des symboles montre que l'oxygène alimente le cerveau et lui permet de penser différemment. L'image représente un muscle, un consommateur (par la lettre C) et l'application des connaissances.

Un autre symbole illustre un pont soutenu par différents piliers (différents secteurs de recherche soutenant le même objectif). Le pont fait le lien entre les secteurs de recherche; les piliers ne sont pas identiques, car chaque secteur de recherche se distingue des autres de plusieurs façons.

Il y a aussi un symbole qui représente le milieu de la recherche musculaire retrouvant une nouvelle vigueur après un état d'atrophie.

Autres symboles dessinés : 1) un verre à moitié vide/plein – représentant les nombreuses possibilités et difficultés qui subsistent; 2) des gens tristes lorsqu'ils travaillent séparément, heureux lorsqu'ils travaillent ensemble; 3) des individus et des groupes qui s'unissent pour partager le même pactole; 4) une étoile dont les pointes représentent les différents intervenants de la recherche musculaire (des patients aux chercheurs), tous reliés malgré la distance qui les sépare; 5) deux chercheurs sur les muscles qui « se mettent au lit » pour « concevoir » de nouvelles façons de pratiquer la recherche et d'aborder les questions.

Conclusions de la rencontre – Séance en petits groupes

Après la séance en petits groupes, un représentant de chaque groupe est venu présenter les résultats de la discussion de son groupe à l'ensemble des participants.

Question 1 : Quelles sont les trois principales lacunes/possibilités de la recherche sur les muscles squelettiques au Canada?

Groupe 1

  1. Nous ne nous connaissons pas – maillage
  2. Manque de recherche sur les services de santé, les politiques de santé comme source d'impact et d'AC
  3. Plateformes

Groupe 2

  1. Absence de réseau
  2. Manque d'efforts consacrés aux approches transdisciplinaires et multidisciplinaires
  3. Mauvaise connaissance de l'importance des muscles dans d'autres maladies

Question 2 : Quelles seraient les trois principales façons d'aborder ces lacunes/possibilités?

Groupe 1

  1. Réseau – sondage pour déterminer les intérêts, le niveau de connaissance – intensification des communications – réunions régulières / Besoin d'un champion / Échanges d'idées entre laboratoires / Formation universitaire
  2. La stratégie de recherche musculosquelettique doit profiter des possibilités de financement (générées, existantes) pour combler le manque de recherche sur les services de santé, les politiques de santé comme source d'impact et d'AC / Créer des possibilités pour un réseau, incluant des patients/consommateurs
  3. Mise en banque de matériel biologique / Engager des groupes de patients

Groupe 2

  1. Créer une communauté – ateliers, symposiums, base de données / L'IALA pourrait faciliter les partenariats avec d'autres instituts concernés (vieillissement, cancer, etc.) / En permettant de savoir qui travaille dans des secteurs similaires, le réseau faciliterait des collaborations de plus grande envergure
  2. Attirer l'attention sur les muscles dans certaines comorbidités / L'IALA pourrait faciliter les partenariats avec d'autres instituts concernés (vieillissement, cancer, etc.) / Base de données de chercheurs
  3. Collaboration avec des réseaux de patients pour promouvoir la diffusion des connaissances / Besoin de « vendre » l'idée que les muscles jouent un rôle dans la santé générale / Partenariats avec des instituts concernés / Meilleure AC / Sensibilisation du public aux conséquences des maladies musculaires

Question 3 : Quelles sont les trois principales mesures qui pourraient être prises par les IRSC/l'IALA pour améliorer l'état de la recherche sur les muscles squelettiques au Canada?

Groupe 1

  1. Activités pour stimuler la création d'un réseau
    1. Subvention Catalyseur
    2. Atelier
    3. Conférence de consensus
    4. École d'été
  2. Créer des collaborations nationales et internationales, partenariats
  3. Possibilités de plateformes de financement

    Groupe 2

    1. Diriger la fondation d'un réseau
    2. Conférence fondatrice
    3. Sensibilisation
      1. Désigner un champion
      2. Partenariats
      3. Expertise en application des connaissances
      4. Orientation par les patients

    Conclusions de la rencontre – Sommaire et prochaines étapes

    Après avoir pris connaissance des rapports de discussion des deux groupes, Phillip Gardiner a dégagé les principaux points et a parlé des activités que pourrait entreprendre l'IALA pour faire avancer les choses.

    Voici le sommaire en quatre points :

    1. Le milieu de la recherche musculaire doit parvenir à un consensus; besoin de commencer en mobilisant et en développant une communauté avant de s'intéresser aux outils de financement particuliers.
    2. Il est nécessaire de trouver un champion pour le milieu de la recherche musculaire, par exemple quelqu'un souffrant de sarcopénie liée à l'âge. Étant donné que les muscles ne récoltent pas autant d'attention que d'autres maladies, on pourrait remédier à cette situation en se concentrant sur la sarcopénie liée au vieillissement et l'importance de l'exercice.
    3. Il est nécessaire d'engager les patients/consommateurs dans toute initiative future.
    4. Il pourrait exister des possibilités de partenariat avec d'autres instituts des IRSC.

    Sommaire des lacunes relevées par les petits groupes :

    1. Absence de réseau
    2. Manque de recherche sur les services de santé
    3. Manque de plateformes
    4. Connaissance insuffisante du rôle des muscles dans d'autres maladies

    Possibilités d'activités futures pour l'IALA :

    1. Ateliers de recherche de consensus
    2. Expertise en AC
    3. Partenariats

    Prochaines étapes :

    Réunion de plus grande envergure (mais pas trop grande) sur la recherche musculaire; des participants à la présente réunion formeront le groupe de travail chargé de planifier l'événement.

    Conclusions de la rencontre – Résultats du sondage

    Plusieurs jours après la réunion, un sondage électronique a été envoyé aux participants pour obtenir leur rétroaction sur la réunion. Quatorze participants sur 17 ont répondu au sondage. Parmi eux, 85,7 % et 14,3 % se sont dits entièrement d'accord et d'accord (respectivement) avec l'énoncé selon lequel la réunion sur la recherche musculaire s'est avérée une expérience utile, et 68,2,% et 30,8 % se sont dits entièrement d'accord et d'accord (respectivement) avec l'énoncé selon lequel la réunion a permis un véritable maillage avec d'autres chercheurs.

    Réponse à la question : Qu'est-ce qui est principalement ressorti de cette réunion pour vous?

    • Concordance entre les groupes.
    • Tout le monde était respectueux des autres et de leurs intérêts.
    • Bonne représentation du milieu de la recherche musculaire.
    • Nombre de « nouvelles » personnes rencontrées partageant mon intérêt pour la recherche et la santé musculaire.
    • Besoin d'un forum sur la recherche musculaire.
    • Besoin de renforcer la collaboration et de créer un réseau de recherche musculaire.
    • L'importance du rôle des muscles dans des maladies chroniques et dans la santé générale.
    • Le développement d'une communauté de recherche musculaire.
    • On s'est généralement entendu sur un certain nombre de points.
    • J'ignorais l'existence d'un milieu de recherche sur les muscles!
    • Le manque de coordination du travail de recherche (réseau) dans ce domaine.
    • L'importance des muscles comme agents anti-inflammatoires et l'importance de la réponse au dosage dans la prescription d'exercices et d'activités physiques.
    • J'ai pu savoir qui travaille en recherche musculaire partout au Canada. J'ai pu nouer des liens avec des chercheurs qui partagent plusieurs de mes intérêts de recherche.
    • Organisation formidable, climat de coopération, calibre des participants, degré de détail des discussions, excellents résultats, perspectives et orientations claires pour l'avenir.

    Réponses à la question : Dans quelle mesure êtes-vous d'accord avec les énoncés suivants?

    Entièrement d'accord D'accord Opinion neutre En désaccord Entièrement en désaccord Je ne sais pas/S.O. Réponses
    Bill Mills était un facilitateur agréable 64,3 % 28,6 % 7,1 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 14
    Les présentations mutuelles ont été utiles 64,3 % 14,3 % 21,4 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 14
    La présentation de Phil Gardiner sur les tendances en recherche musculaire a été informative 50,0 % 42,9 % 7,1 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 14
    La représentation du milieu de la recherche musculaire était équilibrée dans le petit groupe auquel vous avez participé 71,4 % 28,6 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 14
    Les questions soumises aux petits groupes étaient pertinentes 57,1 % 42,9 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 14
    Vous avez pu partager vos réflexions dans le petit groupe 85,7 % 7,1 % 0,0 % 7,1 % 0,0 % 0,0 % 14
    Tous les membres de votre petit groupe ont disposé environ du même temps pour s'exprimer 42,9 % 42,9 % 7,1 % 7,1 % 0,0 % 0,0 % 14
    Le président de votre petit groupe a agi de manière équitable et impartiale 78.6% 14.3% 0,0 % 7,1 % 0,0 % 0,0 % 14
    Le rapport des discussions de votre petit groupe a bien résumé les principaux points soulevés 71,4 % 28,6 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 14
    Les prochaines étapes constituent une bonne synthèse des principaux points des rapports 64,3 % 28,6 % 7,1 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 14
    Vous trouvez que la réunion a été utile 85,7 % 14,3 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 0,0 % 14

    Liste des participants

    • Vickie E. Baracos (Université de l'Alberta)

    • Robert Boushel (Université de Copenhagen)

    • Lucie Brosseau (Université d'Ottawa)

    • Judith M. L. Day (National ME/FM Action Network)

    • Richard Debigaré (Université Laval)

    • François Desmeules (Université de Montréal)

    • Debbie Feldman (Université de Montréal)

    • Guillaume Grenier (Université de Sherbrooke)

    • Ken Hastings (Université McGill)

    • David A. Hood (Université York)

    • Sabah N. A. Hussain (Université McGill)

    • Rashmi Kothary (Université d'Ottawa)

    • Brian R. MacIntosh (Université de Calgary)

    • Anna Pileggi (AboutFace)

    • Dilson E. Rassier (Université McGill)

    • Fabio Rossi (Université de la Colombie-Britannique)

    • Marla Spiegel (Dystrophie musculaire Canada)

    • William John Mills (animateur)

    • Phillip Gardiner (directeur scientifique – IALA)

    • Emily Neff (IALA)

    • Elizabeth Robson (IALA)

    • Marc Milot (IALA)

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