Promouvoir l’économie de la santé publique et des populations : bibliographie annotée

Instituts de recherche en santé du Canada
Institut de la santé publique et des populations
février 2013

Introduction et contexte

La présente bibliographie annotée a été assemblée dans le cadre de l’initiative Promouvoir l’économie de la santé publique et des populations, menée conjointement par les Centres de collaboration nationale en santé publique (CCNSP), l’Institut de la santé publique et des populations des Instituts de recherche en santé du Canada (ISPP des IRSC), l’Initiative sur la santé de la population canadienne de l’Institut canadien d’information sur la santé (ISPC de l’ICIS) et l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). L’ISPP des IRSC a dirigé et appuyé cette initiative en étroite collaboration avec ses partenaires. L’objectif de l’initiative était de faire appel à l’expertise des chercheurs et des professionnels œuvrant dans le domaine de l’économie de la santé publique et des populations, et de stimuler le dialogue sur les principaux thèmes de la recherche et du renforcement des capacités. Ces objectifs étaient appuyés par plusieurs activités, notamment l’assemblage d’une bibliographie annotée, la conduite d’une étude générale et la tenue d’un atelier sur invitation en janvier 2013 et un résumé de l’atelier.

La présente bibliographie annotée est une compilation d’articles pertinents publiés entre 1992 et 2012 qui vise à susciter des discussions entre les principaux intervenants sur le rôle des analyses économiques en santé publique et des populations. Elle a représenté un élément clé de l’atelier sur invitation de l’initiative, mais elle devrait aussi avoir une portée plus large. Il existe un important corpus d’articles sur l’économie de la santé publique et des populations, et un nombre encore plus grand de travaux sur l’économie de la santé en général. Ainsi, la liste d’articles présentée ici ne se veut pas exhaustive, mais vise plutôt à souligner les connaissances actuelles dans le domaine et liées aux objectifs de l’initiative.

La présente bibliographie annotée comporte quatre sections :

  1. Arguments en faveur des investissements en santé publique et des populations;
  2. Considérations théoriques et méthodologiques dans les analyses économiques en santé publique et des populations;
  3. Promotion du domaine de l’économie de la santé publique et des populations;
  4. Présentation d’exemples concrets d’analyses économiques en santé publique et des populations.

Remerciements

L’institut de la santé publique et des populations des ISRC souhaitent remercier les personnes suivantes pour leur généreuse contribution en temps et en expertise à l’assemblage de la bibliographie annotée.

Revue de la littérature et rédaction des annotations

  • Max Deschner, stagiaire d’été à l’ISPP des IRSC, candidat au B.A. avec double spécialisation, Sciences politiques et anthropologie, Université McGill
  • Rachel Maclean, stagiaire d’été à l’ISPP des IRSC, candidate à la M.H.P. (promotion de la santé), École de santé publique Dalla Lana, Université de Toronto

Révision de la bibliographie annotée

  • Andrea Hill, stagiaire à l’ISPP des IRSC, candidate au B.J. avec double spécialisation en journalisme et biologie, Université Carleton
  • Emma Cohen, agente en application des connaissances et en communications de l’ISPP des IRSC

Examen d’expert

  • Rodrigue Deuboué, candidat au doctorat, Institut de la santé publique, Université d’Ottawa, Institut des services et des politiques de la santé des IRSC

Supervision et examen d’expert

  • Erica Di Ruggiero, directrice associée de l’ISPP des IRSC
  • Sarah Viehbeck, associée principale de l’évaluation, ISPP des IRSC

Le contenu de la présente bibliographie peut être reproduit en tout ou en partie à des fins non commerciales et avec mention complète de la source, soit l’ISPP des IRSC.

Méthodologie

Une première liste de publications clés et de documents appartenant à la littérature grise a été soumise par les membres du personnel des organismes partenaires susmentionnés. De plus, on a demandé à des personnes possédant une expertise en économie de la santé publique et des populations de suggérer des articles qu’ils trouvaient les plus pertinents en fonction des objectifs établis pour l’initiative. Par ailleurs, un certain nombre d’articles pertinents ont été retenus à la suite d’un examen du document Annotated Bibliography of Economic Evaluations of Public Health Interventions Part 21 de l’Université de Calgary. La sélection des ouvrages pertinents a eu lieu exclusivement de mai à août 2012.

Critères d’inclusion

À la suite de l’examen en profondeur de tous les articles, les publications retenues ont été sélectionnées en fonction des critères suivants :

  • littérature grise et articles évalués par les pairs, publiés en anglais ou en français de 1999 à 2012;
  • sources traitant de l’économie de la santé publique et des populations d’un point de vue conceptuel (théorique ou méthodologique) ou empirique, avec une préférence pour celles qui :
    • traitent de la nature des données économiques requises dans le domaine de la santé publique et des populations;
    • mettent en évidence les méthodes économiques pertinentes et les théories qui sous-tendent le domaine de la santé publique et des populations;
    • offrent des exemples concrets d’analyses économiques en santé publique et des populations;
    • décrivent l’infrastructure nécessaire pour appuyer le domaine de l’économie de la santé publique et des populations;
    • approfondissent des questions qui n’ont pas encore été abordées convenablement;
    • portent sur les conséquences involontaires de la réalisation (ou non) d’analyses économiques en santé publique.

Critères d’exclusion

Les articles traitant de l’influence des facteurs économiques (statut socioéconomique) sur la santé, plutôt que de l’application d’outils ou de théories économiques pour promouvoir le domaine de la santé publique et des populations, n’ont pas été retenus. Les articles mettant l’accent sur l’économie de la santé au sens large ont également été exclus, sauf dans les cas où les auteurs ont décrit comment les principaux concepts présentés s’appliquaient au domaine de l’économie de la santé publique et des populations. Enfin, en raison de la quantité de documents disponibles, les études primaires (analyses économiques ou évaluations de populations précises et interventions en santé publique) qui traitaient de recherche sur l’économie en santé en milieux réels n’ont pas été retenues. Cependant, une liste d’exemples concrets d’analyses économiques en santé publique et des populations est présentée à la page 29. Ces exemples concrets ont été choisis selon les critères décrits ci-dessus.

Arguments en faveur des investissements en santé publique et des populations

Allin, S., E. Mossialos, M. McKee et W. Holland. « Section 3 : The organization, financing and decision-making processes in public health in eight countries [ PDF (515 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement) » , dans Making decisions on public health: a review of eight countries, Copenhague, Organisation mondiale de la santé (OMS), 2004.

Dans cette section d’un imposant document publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les auteurs effectuent un survol de l’organisation, du financement et des mécanismes de priorisation des stratégies de santé publique de l’Australie, du Danemark, du Canada, de la Finlande, de la France, de l’Allemagne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), des Pays-Bas et de la Suède, et citent des études publiées sur ces pays, surtout dans le domaine des analyses économiques. Ils concluent que de façon générale, l’évaluation et la surveillance économiques des politiques de santé publique sont sous-développées dans ces pays, mais que ce sont ces deux volets qui nécessitent le plus d’investissements et d’attention en santé publique. Il n’a pas été possible de déterminer si les limites des évaluations économiques résultent d’un manque de volonté politique ou du simple fait que ces nouvelles approches sont trop récentes. Les auteurs font également remarquer que dans tous les pays à l’étude, on reconnaissait la nécessité de mettre au point une méthodologie plus systématique pour déterminer les priorités et choisir parmi les interventions potentielles. Dans cette optique, l’Australie et les Pays-Bas ont déjà commencé à utiliser de plus en plus l’évaluation et les données économiques en matière d’efficacité des interventions. Les auteurs encouragent l’utilisation d’évaluations économiques et soulignent que cela permettra ultimement l’enrichissement des données permettant la mise en place de politiques responsables en santé publique. Ils affirment que les collaborations internationales sont essentielles à l’obtention de telles bases de données.

Brown, L., L. Thurecht et B. Nepal. The cost of inaction on the social determinants of health, CHA-NATSEM Second Report on Health Inequalities [ PDF (882 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement) , Canberra, Université de Canberra, National Centre for Social and Economic Modelling, 2012.

Dans leur deuxième rapport sur les inégalités en matière de santé, les auteurs remarquent que ces dernières sont en considérable augmentation chez les Australiens les plus défavorisés en raison de l’inaction du gouvernement en ce qui concerne les déterminants sociaux de la santé. Cette situation est présentée selon les éléments suivants : nombre de personnes touchées, bien-être général, capacité à travailler, revenu d’emploi, recours à des mesures de soutien de revenu du gouvernement et utilisation des services de santé. Les conclusions de ce rapport concordent avec celles de la commission Marmot, et les auteurs posent pour hypothèse que la diminution des inégalités en matière de santé est une question d’inclusion, d’équité et de justice sociale. L’inaction entraîne la perte d’importants avantages économiques et sociaux, comme la diminution des inégalités en matière de santé, l’augmentation de la satisfaction de vie, l’amélioration de la situation de l’emploi, l’augmentation du revenu annuel, la diminution du soutien au revenu et de l’aide sociale et les économies pour le système de santé. C’est pourquoi ce rapport met l’accent sur les avantages individuels et collectifs touchant l’économie et la santé que pourrait entraîner l’amélioration de l’équité en santé en Australie.

Suhrcke, M., R. Sauto Arce, M. McKee et L. Rocco. « Economic costs of ill health in the European Region [ PDF (7,945 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement) » , dans Figueras, J., et M. McKee, éd., Health Systems, Health, Wealth and Societal Well-being: Assessing the case for investing in health systems, Maidenhead, Open University Press, 2012, p. 61-100.

Dans ce chapitre de l’ouvrage cité, les auteurs étudient les conséquences économiques et les coûts de la mauvaise santé et les avantages économiques de la bonne santé dans le contexte de la Région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ils soutiennent que le concept de coût économique doit être défini de façon précise pour permettre la tenue de débats sérieux sur le sujet. Les auteurs définissent les coûts économiques de trois façons : 1) les coûts associés au bien-être, qui reflètent la valeur qu’accordent les personnes à l’amélioration de leur santé; 2) les coûts micro-économiques et macro-économiques, qui reflètent notamment l’emploi et la croissance économique d’un pays; 3) les coûts des soins de santé et leur lien avec la mauvaise santé. Les auteurs présentent ensuite différentes mesures des coûts de la mauvaise santé. Ils soulignent trois principales répercussions sur les politiques : 1) les coûts estimés de la mauvaise santé peuvent être considérés comme la limite supérieure des avantages économiques potentiels que peuvent entraîner les interventions; 2) la démonstration des effets négatifs de la mauvaise santé sur le bien-être social, la croissance économique et les dépenses en santé peut faciliter l’adhésion de responsables des politiques ne faisant pas partie du système de santé; 3) le seul moyen pour les responsables des politiques de mettre en évidence les avantages économiques réels découlant des interventions est de tenir compte des coûts liés au bien-être social dans les évaluations économiques.

McDaid, D., et M. Suhrcke. « The contribution of public health interventions: An economic perspective [ PDF (7,945 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement) » , dans Figueras, J., et M. McKee, éd., Health Systems, Health, Wealth and Societal Well-being: Assessing the case for investing in health systems, Maidenhead, Open University Press, 2012, p. 125-152.

Dans ce chapitre de l’ouvrage cité, McDaid et Suhrcke résument les arguments économiques pour investir dans la santé publique et les interventions de promotion de la santé. Les auteurs soutiennent que dans la Région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des interventions précoces entraînant des changements à l’intérieur et à l’extérieur du système de soins de santé pourraient atténuer une grande partie du fardeau lié à la maladie. Selon eux, l’argument économique en faveur des interventions préventives s’appuie sur trois critères : 1) la démonstration de l’efficacité; 2) les renseignements sur les coûts et les avantages associés; 3) la justification ou non de l’intervention par le potentiel de « déficiences du marché ». McDaid et Suhrcke soutiennent que l’évaluation économique est un outil précieux pour l’élaboration de politiques. Puisqu’elle tient compte de la rareté des ressources, elle est forcément éthique; elle vise à tirer le maximum d’un budget limité. Les auteurs notent trois défis actuels à surmonter pour les évaluations économiques dans ce domaine : 1) renforcer la base de données sur l’efficacité des interventions; 2) augmenter la base de données actuelle sur les évaluations économiques; 3) favoriser la mise en œuvre de stratégies fondées sur les données en santé des populations. Les auteurs réclament de plus grandes analyses économiques à l’extérieur des États-Unis visant à comprendre la mise en œuvre dans différents contextes sociopolitiques et une meilleure action intersectorielle pour sensibiliser les gens aux avantages, liés à la santé ou non, découlant des interventions préventives.

Agence de la santé publique du Canada. Investir en prévention – La perspective économique : Principales conclusions d’un examen des données récentes [ PDF (912 Ko) - lien externe ], Ottawa, 2009.

Ce rapport présente les conclusions d’un examen des données récentes sur les mesures économiques incitatives pour l’investissement en prévention et met l’accent sur les coûts économiques de la mauvaise santé pour le système de santé et la société en général. Il ne s’agit pas d’une revue systématique de la littérature, mais plutôt d’un rapport présentant un bilan des connaissances actuelles sur les avantages économiques de la prévention dans le but d’appuyer les responsables des politiques. On y souligne le potentiel économique de la santé préventive, illustre les tendances actuelles en recherche au moyen d’études de cas d’évaluations économiques, souligne les lacunes dans les connaissances sur l’évaluation économique et met en évidence les problèmes méthodologiques liés au recours aux évaluations dans la prise de décision. Les auteurs analysent des articles universitaires évalués par les pairs et de la littérature grise pour en extraire des renseignements actuels sur l’évaluation des interventions préventives en santé, les questions de recherche et les problèmes méthodologiques liés à l’utilisation des données. Les auteurs catégorisent les interventions préventives en santé à l’aide des « quatre aspects de la prévention » de Goldsmith et ses collaborateurs (2004). Ils font remarquer une transition vers des évaluations soulignant les avantages économiques généraux de la santé pour la société (au-delà des préoccupations liées aux systèmes de santé). Il faudrait déployer davantage d’efforts pour combler les lacunes dans les connaissances sur les interventions préventives ciblant les déterminants de la santé « en amont », ce qui pourrait améliorer le potentiel d’économies globales.

Considérations théoriques et méthodologiques dans les analyses économiques en santé publique et des populations

Au, F., S. Prahardhi et A. Shiell. « Reliability of two instruments for critical assessment of economic evaluation », Value in Health, vol. 11, no 3, 2008, p. 435-439.

Dans cette étude, les auteurs se penchent sur la fiabilité de deux instruments créés pour l’examen critique de l’évaluation économique : l’échelle Quality of Health Economic Studies (QHES) [qualité des études d’économie de la santé] et le Pediatric Quality Appraisal Questionnaire (PQAQ) [questionnaire d’évaluation de la qualité pour la population pédiatrique]. À l’aide de ces instruments, deux des auteurs ont évalué de façon indépendante un échantillon aléatoire de trente articles sur l’évaluation économique des interventions de promotion de la santé, et ce, à deux reprises (à 12 mois d’intervalle, afin de diminuer l’influence de la mémoire). À l’aide d’un coefficient de corrélation interclasses, ils ont évalué la fiabilité interévaluateurs de chaque instrument ainsi que la concordance entre les deux instruments. La théorie de la généralisabilité de Cronbach a également été utilisée pour mesurer les sources de variation des cotes de qualité des études. Les résultats ont révélé un excellent degré de fiabilité interévaluateurs et un degré de concordance d’acceptable à élevé entre les deux instruments. Quant à l’évaluation de la généralisabilité, les sources de variation les plus importantes dans les cotes assignées à chaque article étaient les différences systématiques de la qualité des articles, qui représentaient à elles seules 56 % de la variance. Les auteurs concluent que le choix d’instrument peut être guidé par d’autres critères, comme la simplicité, la rapidité d’utilisation et la facilité d’application (favorisant l’échelle QHES), ou encore la précision du repérage des problèmes d’une étude donnée, ce qui est utile lorsqu’une critique détaillée est nécessaire (favorisant le PQAQ).

Baltussen, R., R. Leidl et A. Ament. « Real world designs in economic evaluation: Bridging the gap between clinical research and policy-making », Pharmacoeconomics, vol. 16, no 5, 1999, p. 449-458.

Dans cet examen, les auteurs mettent en évidence les renseignements que devraient renfermer les évaluations économiques des recherches cliniques pour informer de façon efficace les responsables des politiques relativement à la prise de décisions sur les soins de santé. Ces derniers ont besoin de renseignements valides à l’interne et à l’externe sur le rapport coût-efficacité ainsi que des évaluations du budget global et des répercussions sur la santé d’une intervention en soins de santé. Ces évaluations nécessitent un type d’analyse globale qui n’est habituellement pas utilisé dans les approches actuelles axées sur les personnes. Les auteurs abordent le recours à trois principaux cadres conceptuels d’évaluation : les essais contrôlés randomisés (ECR), les études observationnelles et la modélisation. Les ECR sont le cadre idéal en raison de leur grande validité interne, mais il ne faut pas négliger de tenir compte de leur faible validité externe. Les auteurs suggèrent une approche en trois étapes permettant d’améliorer l’utilité pratique de l’évaluation économique : 1) vérification de la validité interne; 2) adaptation des résultats au contexte réel (validité externe); 3) évaluation du prix net et des résultats de l’intervention à l’échelle du système. L’ajout aux modèles d’un volet population et la modélisation des maladies et de la santé publique permettent d’améliorer l’évaluation économique d’une intervention.

Bonneux, L., et E. Birnie. « The discount rate in the economic evaluation of prevention: A thought experiment », Journal of Epidemiology & Community Health, vol. 55, no 2, 2001, p. 123-125.

Bonneux et Birnie effectuent une expérience de la pensée visant à calculer les économies qu’entraînerait l’élimination des maladies cardiovasculaires aux Pays-Bas. Ils tentent de démontrer que la dévaluation à un taux d’actualisation constant des avantages à long terme de la prévention pour la santé, que décrit le modèle normal d’évaluation économique, ne reflète pas les préférences de la société. En fait, ils postulent qu’à un taux d’actualisation de 6 %, on considérerait qu’un vaccin qui prévient de façon permanente les maladies cardiovasculaires n’en vaut pas la peine à un prix de plus de 1 100 euros. Comme elle suit un modèle exponentiel, la dévaluation à un taux d’actualisation constant réduit la valeur perçue des stratégies préventives entamées durant la jeunesse ou la vie adulte et visant la réduction des maladies dégénératives. Les auteurs notent que le problème ne provient pas de l’actualisation elle-même, mais plutôt du taux constant du modèle normal d’évaluation économique. Ils expliquent que les études empiriques sur les préférences temporelles ne fournissent aucune donnée probante sur ce taux d’actualisation constant. Ultimement, l’évaluation de la valeur des stratégies préventives est complexe, non objective et ne dépend pas directement des théories. Bonneux et Birnie soutiennent qu’afin d’orienter les décisions des personnes et des responsables des politiques en ce qui concerne la valeur de la prévention, l’évaluation économique doit s’appuyer sur de meilleures évaluations empiriques des préférences temporelles et des modèles d’actualisation en fonction du temps plus représentatifs.

Briss, P. A., S. Zaza, M. Pappaioanou, J. Fielding, L. Wright-De Agüero, B. I. Truman et collab. « Developing an Evidence-Based Guide to Community Preventive Services – Methods », American Journal of Preventive Medicine, vol. 18, no 1, 2000, p. 35-43.

Les auteurs présentent un survol des méthodes utilisées pour effectuer des revues systématiques et en faire des recommandations fondées sur les données probantes à intégrer au Guide to Community Preventive Services [guide sur les services de prévention communautaires]. Ce guide recommande certaines interventions préventives portant sur la modification des comportements à risque, la diminution de maladies ou de handicaps en particulier et la résolution de problèmes touchant les écosystèmes et l’environnement. Les auteurs soulignent que le guide prend notamment en considération l’efficacité, l’applicabilité des données sur l’efficacité (à d’autres populations et contextes), les résultats et les difficultés économiques quant à la mise en œuvre d’une intervention préventive. Ils abordent également des façons précises de recueillir des renseignements et d’en faire des recommandations. Les auteurs suggèrent que l’utilisation d’une approche fondée sur les données probantes pour trouver les interventions idéales pourrait diminuer les erreurs liées à la méthode de collecte de données, définir les lacunes dans les connaissances issues de la recherche et améliorer la capacité des utilisateurs à déterminer eux-mêmes la qualité d’une recommandation d’intervention. L’approche fondée sur les données a également pour avantage de mener à un meilleur consensus en ce qui concerne le développement et la mise en œuvre de programmes de santé communautaire.

Les méthodes d’examen d’évaluations économiques du guide sont décrites dans le document suivant :

Carande-Kulis, V. G., M. V. Maciosek, P. A. Briss, S. M. Teutsch, S. Zaza, B. I. Truman et collab. « Methods for Systematic Reviews of Economic Evaluations for the Guide to Community Preventive Services », American Journal of Preventive Medicine, vol. 18, no 1, 2000, p. 75-91.

Cet article présente un survol des méthodes utilisées dans le Guide to Community Preventive Services: Systematic Reviews and Evidence-Based Recommendations pour effectuer une revue systématique des évaluations économiques dans le domaine des interventions en promotion de la santé et en prévention des maladies. Ces études comprennent des analyses de coûts, de coût-efficacité, de coût-avantages et de coût-utilité. Les méthodes du guide ont été conçues de sorte qu’elles soient applicables aux études utilisant différentes méthodes d’évaluation. Les auteurs expliquent que ces méthodes peuvent être adaptées à diverses revues systématiques d’évaluations économiques, particulièrement en santé publique. Les méthodes font appel à des critères explicites pour choisir les études à intégrer aux revues, ainsi qu’une formule normale d’abstraction de données permettant de comparer les données de différentes interventions. Les auteurs soulignent que cette approche accroît l’utilité des données économiques recueillies pour l’établissement de politiques.

Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé. Lignes directrices de l’évaluation économique des technologies de la santé au Canada [ PDF (1,232 Ko) - lien externe ], 3e éd., Ottawa, 2006.

Ce guide vise à améliorer la crédibilité et la qualité de l’information économique normalisée pour les décideurs qui agissent à l’intérieur du système public de soins de santé canadien. Il propose des normes pour la conduite d’évaluations économiques et la consignation de données liées aux technologies, notamment celles qui font la promotion de la santé, préviennent et traitent les affections et améliorent les soins de longue durée. De plus, il présente des normes s’appliquant à un public plus large que celui des gens qui n’évaluent que les technologies pharmacologiques, ainsi que les progrès méthodologiques survenus dans le cadre de l’évaluation économique des technologies de la santé. On y retrouve un survol général de l’évaluation économique, qui comprend notamment les principes sous-jacents et les types d’évaluation ainsi que des discussions sur les sujets suivants : efficacité, modélisation, valorisation des résultats, variabilité et incertitude. Le guide comprend une section remarquable sur l’équité abordant les hypothèses et les implications des interventions, ainsi que les groupes touchés et les effets distributifs. Les annexes du guide renferment des renseignements sur la présentation des résultats de l’analyse, l’examen des données économiques existantes, la présentation standard des résultats et un glossaire.

Coast, J. « Is economic evaluation in touch with society’s health values? », BMJ : British Medical Journal, vol. 329, no 7476, 2004, p. 1233-1236.

L’auteur aborde l’évolution des méthodes d’évaluation économique et le détournement de l’utilisation d’approches axées sur le bien-être vers d’autres approches aux objectifs sociétaux. Il soutient que les approches actuelles d’évaluation économique non axées sur le bien-être, comme les analyses coût-efficacité, ne tiennent pas compte de tous les objectifs de la société en matière de santé et sont trop complexes pour être utilisées par les responsables des politiques. L’auteur aborde trois aspects discutables de l’approche non axée sur le bien-être que l’on oublie souvent de considérer : 1) la convergence entre les objectifs des décideurs et ceux de l’évaluation économique, soit de porter au maximum les résultats sur la santé; 2) la validité du regroupement de plusieurs résultats en un seul résultat simpliste comme l’année de vie ajustée en fonction de la qualité (AVAQ); 3) la convivialité et l’applicabilité de ces techniques complexes pour les décideurs. Après l’étude de ces postulats, l’auteur suggère que les évaluations économiques devraient être réservées à l’approche coût-conséquences, selon laquelle les différentes possibilités s’offrant aux décideurs sont mises en opposition dans un tableau présentant leurs conséquences et leurs coûts respectifs. Il soutient que l’approche coût-conséquences correspondrait mieux aux besoins des décideurs et permettrait d’éviter l’utilisation de suppositions inadéquates.

De Salazar, L., S. Jackson, A. Shiell et M. Rice. Guide to the Economic Evaluation of Health Promotion [ PDF (1,826 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement) , Washington, Organisation panaméricaine de la santé, 2008.

Ce guide présente un survol de l’évaluation économique des interventions en promotion de la santé. Les auteurs font remarquer que l’évaluation économique a généralement servi à mesurer les rapports coût-avantages et coût-efficacité des interventions préventives et cliniques. Ces analyses sont habituellement fondées sur l’« amélioration de la santé ». Cependant, la promotion de la santé ne porte pas que sur cet aspect : il s’agit d’un « concept positif qui met en valeur les ressources sociales et individuelles, ainsi que les capacités physiques ». Elle tient compte du bien-être social et comprend des activités visant à diminuer les inégalités et à protéger les droits de la personne en matière de santé ainsi qu’à promouvoir l’ensemble des déterminants sociaux de la santé. L’évaluation économique de la santé est donc plus compliquée lorsqu’elle touche la promotion de la santé. En plus de présenter le concept d’évaluation économique, ce guide explique son importance et décrit les étapes d’une évaluation économique, les problèmes qui peuvent survenir lors de l’évaluation d’interventions plus complexes et d’autres questions touchant l’utilisation de méthodes d’évaluation économiques. En raison des caractéristiques politiques, sociales et techniques des évaluations économiques en promotion de la santé, le guide insiste sur la nécessité d’assembler une équipe multidisciplinaire pour la conduite d’évaluations.

Donaldson, C., G. Currie et C. Mitton. « Cost effectiveness analysis in healthcare: contraindications », BMJ, vol. 325, no 7369, 2002, p. 891-894.

Les auteurs abordent avec scepticisme les fondements économiques du rapport coût-efficacité différentiel. Ils font remarquer que ce rapport est habituellement fondé sur des comparaisons entre les nouvelles interventions et les pratiques actuelles. Les auteurs expliquent que le rapport coût-efficacité différentiel n’est pas l’équivalent du rapport coût-efficacité, étant donné qu’il nécessite souvent davantage de ressources. Cette réalité soulève des questions sur la distribution élargie des ressources. Le rapport coût-efficacité est défini comme l’organisation des intrants dans le processus de production de la façon la plus efficace possible d’un point de vue technique et le choix de la combinaison permettant de réduire les coûts à un minimum. Les rapports coût-efficacité différentiels peuvent donc poser problème, étant donné qu’ils n’organisent pas toujours les intrants de la façon la plus efficiente. Les auteurs soutiennent que les évaluations économiques devraient tenir compte de différents types de questions d’efficacité et de leurs répercussions sur le coût d’option. Les études ne devraient pas adopter une optique normative lorsque des questions de distribution des ressources entrent en jeu. Pour conclure, Donaldson et ses collaborateurs reconnaissent la réussite générale du rapport coût-efficacité classique, mais soutiennent que des lignes directrices seraient nécessaires pour mieux rendre compte des concepts d’efficience. Bien que les auteurs ne mentionnent pas explicitement la santé publique ou des populations, cet article a été jugé pertinent, étant donné qu’il remet en question les bases conceptuelles (théoriques et méthodologiques) de l’utilisation des rapports coût-efficacité différentiels.

Hoch, J. S., A. H. Briggs et A. R. Willan. « Something old, something new, something borrowed, something blue: a framework for the marriage of health econometrics and cost-effectiveness analysis », Health Economics, vol. 11, no5, 2002, p. 415-430.

Dans cet article technique, les auteurs expliquent que les évaluations économiques dans les soins de santé sont fréquemment effectuées de façon prospective, en parallèle avec des essais cliniques, et omettent donc souvent d’intégrer des techniques économétriques. Par ailleurs, les auteurs estiment que l’analyse coût-efficacité, la principale approche des évaluations économiques, s’est traditionnellement concentrée sur l’estimation des rapports coût-efficacité différentiels dont découlent plusieurs problèmes statistiques et qui ne se prêtent donc pas à l’analyse de régression. Les auteurs suggèrent donc d’accroître le recours à la méthode normale axée sur les bénéfices nets, qui aborde le problème du rapport coût-efficacité d’un point de vue différent, dans le but de générer des statistiques sur le bénéfice net au moyen d’une approche de régression. S’appuyant sur les données empiriques d’une évaluation économique du Program in Assertive Community Treatment [programme de traitement communautaire dynamique] – un modèle de soins pour les personnes atteintes de maladies mentales graves et persistantes –, les auteurs démontrent comment un cadre régressif permet d’améliorer la méthode axée sur les bénéfices nets. Bien qu’elle ait ses limites, l’approche de type régressif axée sur les avantages nets permet aux économistes de la santé de cibler les sous-groupes importants, de rectifier une distribution aléatoire imparfaite et plus particulièrement d’exploiter les nombreuses techniques économétriques établies. Les auteurs concluent en suggérant que les prochains travaux économétriques pourraient porter sur l’adoption de méthodes de régression élaborées dans un cadre axé sur les avantages nets, comme le cadre de distance minimale ou la méthode des moments généralisée. L’article ne fait pas explicitement mention des analyses économiques des interventions en santé publique et des populations. Il a cependant été retenu, car il traite de questions méthodologiques applicables à ces domaines de l’évaluation économique.

Kelly, M. P., D. McDaid, A. Ludbrook et J. Powell. Economic appraisal of public health interventions [ PDF (141 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement) , Londres, NHS Health Development Agency, 2005.

Les auteurs plaident en faveur d’une application de routine et uniforme des mécanismes d’évaluation économique aux interventions de santé publique. Ils soutiennent que l’évaluation économique est sous-développée et intrinsèquement complexe, et présentent certains défis et solutions relativement à cette approche. Ils mentionnent que l’utilisation d’un cadre économique commun pour l’évaluation favoriserait une structure décisionnelle fiable et transparente. L’évaluation économique ne devrait pas être très différente des cadres économiques courants, mais demeurer assez flexible pour refléter les résultats multidimensionnels, complexes et propres à divers niveaux des politiques et des interventions en santé publique. L’analyse économique doit tenir compte des déterminants des inégalités en santé, des changements de comportement, des différences entre cause et effet, des variations biologiques et sociales au sein de la population et des changements inévitables dans les interventions durant leur mise en oeuvre. Tous ces éléments peuvent être pris en considération en intégrant les renseignements disponibles (notamment les hypothèses) à l’analyse et en les rendant explicites. Les auteurs présentent un survol de nombreuses méthodes d’évaluation différentes. Ils expliquent qu’à long terme, l’utilisation d’analyses coût-avantage (ACA) complètes à l’échelle de la société sera le meilleur moyen de rendre compte des vastes effets intersectoriels des interventions en santé publique. Cependant, étant donné la difficulté d’application des ACA, il est recommandé d’utiliser des analyses coût-conséquence pour analyser les résultats à divers niveaux des interventions en santé publique à l’échelle locale.

Lessard, C. « Complexity and reflexivity: Two important issues for economic evaluation in healthcare », Social Science and Medicine, vol. 64, no 8, 2007, p. 1754-1765.

L’auteure fait état de la nature complexe, incertaine et diversifiée des soins de santé. Elle fait remarquer qu’avec l’augmentation du coût des soins de santé, les décideurs et les gestionnaires se tournent de plus en plus vers la recherche sur les services de santé, en particulier l’économie de la santé, pour trouver des solutions aux défis actuels. Elle souligne que les évaluations économiques sont un moyen de produire des données solides pouvant servir à optimiser l’allocation des ressources dans le but de maximiser la santé de la communauté. Par ailleurs, elle mentionne que la justification des évaluations économiques, qui porte sur l’équité et l’efficience, est de nature utilitariste et doit donc être effectuée en fonction de la population. Toutefois, l’auteure critique la nature positiviste et subjective des évaluations économiques. Elle incite les économistes à tenir compte de la complexité et de la réflexivité lorsqu’ils effectuent des évaluations et à adopter des approches plus imaginatives par rapport aux données et aux méthodologies qu’ils utilisent. La complexité favorise entre autres la reconnaissance de l’incertitude, des problèmes contextuels, des différents points de vue et de la transdisciplinarité. Elle aide à souligner les différentes valeurs qui sous-tendent les connaissances établies. La réflexivité améliore la qualité, la fiabilité, la validité et la pertinence de la recherche. Elle peut également révéler la présence d’hypothèses et de pratiques subjectives dans l’évaluation, ce qui mène ultimement à des recherches plus rigoureuses. Les développements méthodologiques présentés par Lessard, bien qu’ils visent directement l’évaluation économique des soins de santé, sont également applicables à l’évaluation économique dans la santé publique et des populations. La complexité et la réflexivité peuvent toutes deux améliorer la validité externe de la recherche dans ces domaines, ce qui peut améliorer les fondements et la responsabilité des politiques.

Lessard, C., et S. Birch. « Complex problems or simple solutions? Enhancing evidence-based economics to reflect reality [ lien externe ] (en anglais seulement) » , dans Shemilt, I., M. Mugford, L. Vale, K. Marsh et C. Donaldson, éd., Evidence-based decisions and economics: healthcare, social welfare, education and criminal justice, Oxford, Wiley-Blackwell, 2010, p. 162-172.

Dans ce chapitre, les auteurs soutiennent que l’approche traditionnelle à l’égard de l’économie de la santé, selon laquelle les résultats cliniques moyens dans un échantillon de population sont utilisés pour évaluer si une intervention « fonctionne », est trop contraignante et ignore les voies complexes par lesquelles la santé est obtenue. Afin de mieux tenir compte des contextes dans lesquels les décideurs travaillent, les auteurs suggèrent une réorientation pour s’éloigner du paradigme newtonien dominant et de la vision positiviste. Ils soulignent également le besoin d’intégrer la théorie de la complexité aux analyses économiques de la santé. Par ailleurs, les auteurs soulignent deux modèles économiques à grande échelle existants qui ont la capacité d’intégrer une telle complexité : le modèle de Grossman sur la demande de santé et le modèle d’Evans et Stoddart sur les déterminants de la santé. Les auteurs font valoir que le fait de reconnaître les systèmes adaptatifs complexes dans le cadre desquels la santé est obtenue aide à mieux comprendre comment et pourquoi les interventions fonctionnent ainsi que sous quelles conditions. Ultimement, il serait possible d’améliorer l’applicabilité des évaluations économiques en santé dans un contexte réel.

Oostenbrink, J., M. Al, M. Oppe et M. Rutten-Van Mölken. « Expected value of perfect information: An empirical example of reducing decision uncertainty by conducting additional research », Value in Health, vol. 11, no 7, 2008, p. 1070-1090.

Les auteurs présentent un aperçu de la façon dont l’analyse de la valeur de l’information peut éclairer les responsables des politiques sur la valeur espérée de la réalisation de recherches plus poussées pour appuyer une décision. La valeur de l’information est utile pour les évaluations économiques du secteur de la santé, étant donné qu’elle fournit des renseignements sur les répercussions associées au mauvais choix d’intervention. Elle tient compte de l’incertitude des renseignements disponibles en ce moment. La valeur espérée de l’information (partielle) parfaite (VEIPP) permet d’estimer la valeur de la dissipation de l’incertitude de façon simultanée par rapport à différents paramètres dans la prise de décision fondée sur les modèles. La VEIPP met en évidence les paramètres spécifiques pour lesquels les incertitudes contribuent le plus à l’incertitude décisionnelle globale. Elle est utile, étant donné qu’elle permet au responsable des politiques de décider quelle intervention choisir et de déterminer s’il faut faire plus de recherches sur la décision. Dans cette étude, les auteurs cherchent à déterminer la VEIPP avant et après la cueillette de plus de renseignements sur le paramètre ayant la valeur la plus élevée selon un modèle probabiliste de Markov. Le modèle de Markov a été utilisé pour comparer les coûts et les effets par année de vie ajustée en fonction de la qualité (AVAQ) sur cinq ans du traitement de personnes atteintes à différents degrés de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) à l’aide de trois différents bronchodilatateurs. Les auteurs ont calculé la valeur espérée de l’information parfaite (VEIP) par patient, puis l’ont multipliée par le nombre de patients admissibles aux traitements afin de déterminer la VEIP de la population. En conclusion, l’analyse de la valeur de l’information utilisée dans cette étude a permis de déterminer les paramètres pour lesquels il serait préférable de faire plus de recherches. Davantage de recherches sur le plus important paramètre d’étude ont permis de réduire la VEIP, et des recherches supplémentaires sur le deuxième paramètre le plus important permettraient de la réduire encore plus.

Shemilt, I., M. Mugford, M. Drummond, E. Eisenstein, J. Mallender, D. McDaid, L. Vale, D. Walker et le Campbell & Cochrane Economics Methods Group (CCEMG). « Economics methods in Cochrane systematic reviews of health promotion and public health related interventions », BMC Medical Research Methodology, vol. 6, no 55, 2006.

Les auteurs étudient des approches possibles pour l’application des méthodologies économiques à différentes revues systématiques Cochrane en santé publique et en promotion de la santé dans le but d’aider à améliorer l’orientation méthodologique des évaluateurs en matière d’économie. Les auteurs ont dépouillé la base de données des revues systématiques Cochrane afin d’y trouver des études ayant recours à l’évaluation économique; ils ont retenu 21 revues systématiques Cochrane et 7 protocoles d’examen portant sur la promotion de la santé et la santé publique. Ils ont ensuite extrait et résumé les données expliquant les aspects économiques des études, puis ils en ont fait une analyse qualitative. Aucun examen ni protocole ne comportait une évaluation économique officielle, mais 10 d’entre eux visaient à intégrer des études et des données économiques. Les auteurs concluent que la production de rapports sur les méthodologies qui sous-tendent les sections économiques manque souvent de spécificité et que les examens pourraient cibler des stratégies de recherches plus précises tenant compte de critères destinés aux études d’efficacité. Entre autres recommandations, les auteurs soutiennent qu’il faudrait élaborer une orientation fondée sur les données afin d’aider les évaluateurs à déterminer la nécessité d’intégrer des méthodes économiques dans une revue systématique, et la façon de procéder à cette intégration.

Shiell, A., et P. Hawe. « Test-retest reliability of willingness to pay », European Journal of Health Economics, vol. 7, no 3 2006, p. 173-178.

Malgré l’augmentation de l’utilisation de l’approche fondée sur la volonté de payer (VDP) dans l’évaluation économique des interventions en santé des populations, très peu d’études ont examiné la fiabilité des mesures de VDP. Dans cet article, les auteurs présentent les résultats d’une enquête conçue pour évaluer la fiabilité de test-retest des entrevues en personne comme moyen d’obtenir les valeurs de VDP d’un échantillon de la population générale. À trois reprises en cinq semaines, les auteurs ont demandé à un échantillon aléatoire de la population générale d’estimer la VDP pour une intervention hypothétique. La fiabilité de test-retest – définie dans le contexte de cette étude comme la capacité de l’approche fondée sur la VDP à classer des états ou des interventions en santé selon la stabilité de leur valeur dans le temps – a été évaluée grâce à la corrélation interclasses et à une analyse de généralisabilité. La fiabilité de test-retest de l’instrument de VDP était acceptable, mais non convaincante, et les auteurs ont observé une variation statistiquement significative entre la valeur moyenne de la première estimation et celle de la deuxième. La plus grande source de variation provenait des participants eux-mêmes, en raison de leur interaction avec le temps et avec leur état de santé; l’erreur aléatoire ou l’omission de variables ont également entraîné une importante variation. Les auteurs concluent que la technique de VDP pourrait vraisemblablement permettre de différencier de façon cohérente l’état de santé dans le temps. La volatilité observée au cours de l’étude découle probablement d’erreurs de prise des mesures, mais pourrait également être vue comme une preuve ébranlant l’affirmation que les participants ont des préférences stables et développées au moment où ils entreprennent les exercices d’estimation. L’approche par VDP semble peut-être fiable, mais elle n’est pas nécessairement valide.

Shiell, A., D. Sperber et C. Porat. « Do taboo trade-offs explain the difficulty in valuing health and social interventions? » The Journal of Socio-Economics, vol. 38, no 6, 2009, p. 935-939.

Les auteurs décrivent la volonté de payer (VDP) comme une technique économique souvent utilisée dans le cadre d’évaluations en économie de la santé, étant donné qu’il existe peu de limites à ce qu’elle peut mesurer. Les auteurs font remarquer que, si des améliorations ont été constatées dans la mesure et l’utilisation générale de lignes directrices sur l’utilisation de la VDP, les résultats comportent encore des incohérences et des anomalies, ce qui rend problématique la notion que toutes les valeurs peuvent être monnayées et que toutes les sources de valeur sont commensurables. Les auteurs ciblent deux types d’incommensurabilités : interdimensionnelle (difficulté d’associer une valeur pécuniaire à la santé) et constitutive (certains types de compromis considérés « tabous »). Les compromis allant à l’encontre des tabous ne résultent pas uniquement d’une logique conséquentialiste : la personne tient également compte des frontières normatives du soi et de ses valeurs de base. Afin d’évaluer les effets sur la VDP des compromis allant à l’encontre des tabous, les chercheurs ont demandé aux participants à l’étude d’attribuer une valeur à trois types de biens : un bien personnel disponible sur le marché, un bien personnel associé aux soins de santé et un bien quasi public. Les auteurs ont utilisé une approche de méthodes qualitatives et quantitatives combinées conjuguée à un exercice de réflexion à haute voix afin de faciliter l’interprétation des valeurs des répondants et les difficultés qu’ils ont éprouvées en répondant aux questions. Ultimement, les auteurs n’ont trouvé aucune preuve concluante que les compromis allant à l’encontre des tabous affectent la volonté d’une personne de participer à une telle activité d’évaluation.

Weatherly, H., M. Drummond, K. Claxton, R. Cookson, B. Ferguson, C. Godfrey et collab. « Methods for assessing the cost-effectiveness of public health interventions: Key challenges and recommendations », Health Policy, vol. 93, nos 2 et 3, 2009, p. 85-92.

Les auteurs définissent dans cet article les défis méthodologiques associés à l’évaluation économique des interventions en santé publique et émettent quelques suggestions visant à les surmonter. Ils analysent cinq revues touchant l’économie de la santé publique et y cernent quatre défis méthodologiques de principe : 1) l’attribution d’effets (mesurer les effets des interventions à l’aide d’approches autres que les essais contrôlés randomisés et tenir compte des effets à long terme); 2) la mesure et l’estimation des résultats; 3) la détermination des conséquences et des coûts intersectoriels; 4) l’intégration de questions d’équité. Les auteurs ont passé en revue des études empiriques afin de déterminer comment ces défis avaient été abordés jusqu’à présent et ont tenu un atelier d’experts afin de discuter d’approches futures. Après la sélection initiale, il a été déterminé que 154 études portant sur divers sujets comme l’alcool, l’obésité et l’activité physique respectaient les critères d’inclusion. Toutefois, la plupart des études n’abordaient pas suffisamment les quatre défis méthodologiques cernés. L’atelier d’experts a compensé cette lacune touchant les façons de surmonter ces défis en repérant de nombreuses possibilités pour aller de l’avant. Les auteurs mentionnent que, de manière générale, les suggestions des experts n’ont pas été mises en pratique. Il existe donc un besoin criant d’effectuer des études pilotes et des études méthodologiques supplémentaires.

Promotion de la recherche dans le domaine de l’économie de la santé publique et des populations

Ammerman, A. S., M. A. Farrelly, D. N. Cavallo, S. B. Ickes et T. J. Hoerger. « Health economics in public health », American Journal of Preventive Medicine, vol. 36, no 3, 2009, p. 273-275.

Les auteurs présentent les résultats d’une étude comportant : 1) une évaluation de l’utilisation de l’économie de la santé par les chercheurs et les praticiens en santé publique; 2) un inventaire des obstacles à l’utilisation de l’économie de la santé; 3) la collecte de recommandations sur les façons de surmonter ces obstacles. Le terme économie de la santé décrit la branche de l’économie portant sur l’offre, la prestation et l’utilisation des services de soins de santé. Notons que plus de la moitié des 294 répondants ont répondu que leur utilisation de l’économie de la santé dans le cadre de leur travail était très limitée ou absente. Les obstacles à l’utilisation des ressources économiques les plus souvent mentionnés étaient le manque d’expérience en économie de la santé, les contraintes financières, le manque de temps, le manque de compréhension technique et une certaine hésitation à l’égard de la théorie économique ainsi que l’absence d’outils d’évaluation économique élémentaire et de données sur les variables économiques. Les auteurs soulignent le grand nombre de répondants ayant déclaré souhaiter intégrer l’économie de la santé à leur travail et suggèrent donc que l’accent soit davantage mis sur la multiplication des occasions de collaboration entre les économistes et les professionnels de la santé publique.

Cookson, R., M. Drummond et H. Weatherly. « Explicit incorporation of equity considerations into economic evaluation of public health interventions », Health Economics, Policy and Law, vol. 4, no 2, 2009, p. 231-245.

Les auteurs font valoir qu’à ce jour, les évaluations en santé publique se sont surtout concentrées sur des objectifs d’efficience – soit la maximisation de l’amélioration de la santé –, sans toutefois intégrer des objectifs d’équité, malgré l’importance de cette valeur dans les politiques sur les interventions en santé publique. Trois types de préoccupations liées à l’équité peuvent justifier l’allocation de ressources limitées en santé publique : 1) la diminution d’un type donné d’inégalité en santé; 2) le désir d’accorder la priorité à l’amélioration de la santé d’un certain groupe; 3) le respect de certaines règles ou procédures éthiques. Dans le but de faciliter l’intégration des préoccupations liées à l’équité à l’évaluation économique en santé publique, les auteurs décrivent quatre approches principales : 1) l’examen de l’information contextuelle sur l’équité; 2) l’évaluation des répercussions des inégalités en matière de santé; 3) l’analyse du coût d’option de l’équité; 4) la pondération de l’équité des résultats pour la santé. Les auteurs croient que les trois premières approches pourraient être appliquées facilement, pour un faible coût supplémentaire, tandis que la quatrième nécessite des recherches méthodologiques plus poussées.

Le document suivant est une réponse à l’ouvrage de Cookson, Drummond et Weatherly (2009) :

Shiell, A. « Still waiting for the great leap forward », Health Economics, Policy and Law, vol. 4, no 2, 2009, p. 255-260.

L’auteur présente son point de vue sur la meilleure façon d’intégrer l’équité aux évaluations économiques en santé. Cookson, Drummond et Weatherly font valoir que les travaux futurs devraient viser la réévaluation des répercussions sur l’équité des interventions : 1) dont on sait qu’elles sont rentables, mais susceptibles d’augmenter les inégalités en santé; et 2) dont on croit qu’elles pourraient accroître l’équité, mais qui ne sont pas rentables. Toutefois, Shiell considère qu’il s’agit là d’une mauvaise utilisation de ressources limitées, étant donné que la plupart des données économiques sur la santé publique portent sur des interventions cliniques ou sur des interventions visant les choix de mode de vie. Il soutient que le plus nécessaire serait une augmentation de la qualité et de la quantité des données primaires sur la rentabilité des interventions visant les déterminants sociaux de la santé.

Eddama, O., et J. Coast. « A systematic review of the use of economic evaluation in local decision making », Health Policy, vol. 86, nos 2 et 3, 2008, p. 129-141.

À la lumière d’une revue systématique de la littérature, les auteurs suggèrent que l’évaluation économique est peu utilisée dans la prise de décision locale. Cette dernière se définit à petite et à moyenne échelle. À moyenne échelle, on parle de prise de décision locale lorsque des groupes ou des intervenants d’organismes de soins de santé prennent des décisions générales sur la prestation de soins visant certains groupes de patients ou certaines maladies. À petite échelle, on parle de prise de décision locale lorsque les décisions touchant le patient sont prises directement par le fournisseur de soins de santé. Le recours à l’évaluation économique par les décideurs locaux est limité par trois types de facteurs : institutionnels et politiques, culturels et méthodologiques. Malgré les données suggérant de nombreux obstacles à l’utilisation de l’évaluation économique, les auteurs ont constaté une augmentation de cette utilisation au fil du temps, surtout au Royaume-Uni, en Australie et au Canada. Cette augmentation est cependant moins marquée aux États-Unis. Les auteurs concluent qu’on en connaît trop peu sur l’utilisation exacte de l’évaluation économique dans la prise de décision locale et qu’il faudrait effectuer davantage de travaux qualitatifs pour enrichir et expliquer les résultats de leur revue systématique.

Evers, S., L. Salvador-Carulla, V. Halsteinli, D. McDaid et Le Groupe du Mheen. « Implementing mental health economic evaluation evidence: Building a bridge between theory and practice », Journal of Mental Health, vol. 16, no 2, 2007, p. 223-241.

Les auteurs indiquent que, bien que l’on remarque un intérêt croissant pour le recours à l’évaluation économique dans la prise de décisions stratégiques sur les politiques en matière de santé mentale, la capacité d’utiliser ces évaluations demeure sous-développée. Ils décrivent certains des défis rencontrés lors de la conduite d’évaluations économiques ainsi que la façon dont ces évaluations sont utilisées pour appuyer la prise de décision liée aux politiques en matière de santé mentale en Europe. À partir des résultats d’un questionnaire et d’une revue de la littérature, les auteurs ont conclu que, même si les évaluations économiques sont de plus en plus utilisées, leur qualité demeure très variable. Les évaluations économiques sont habituellement centrées sur les médicaments, et peu d’évaluations portent sur des secteurs autres que la santé et les services sociaux. Par ailleurs, les évaluations coût-efficacité sont plus courantes que les analyses coût-utilité ou coût-avantages. Les auteurs concluent qu’il y a encore beaucoup de place pour les progrès méthodologiques et pratiques en évaluation économique, surtout en ce qui concerne la mesure des résultats et les évaluations économiques des interventions complexes non liées au système de santé.

Godfrey, C. « Economic evaluation of health promotion [ PDF (2,435 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement) » , dans Rootman, I., M. Goodstadt, B. Hyndman, D. V. McQueen, L. Potvin, J. Springett et E. Ziglio, éd., Evaluation in health promotion: principles and perspectives, Copenhague, WHO Regional Publications, 2001, p. 149-170.

L’auteure propose une initiation à l’évaluation économique de la promotion de la santé et explique que l’évaluation suppose de trouver, de mesurer et d’estimer les intrants (coûts) et les résultats (avantages) de différentes interventions. Elle explique qu’il faut utiliser l’évaluation économique en conjonction avec un ensemble d’outils analytiques variés, et que les chercheurs doivent être conscients de la différence entre les évaluations économiques partielles et complètes. Elle fait également remarquer que l’un des principaux défis pour les économistes de la santé et les professionnels de la promotion de la santé est de combler l’écart entre la demande et l’offre de renseignements sur le rapport coût-efficacité des interventions. Il est essentiel de mettre au point des structures d’évaluation rigoureuses et pratiques pour déterminer l’efficacité, puis d’y ajouter les évaluations économiques. L’auteure suggère que les responsables des politiques soient formés pour être capables d’effectuer des évaluations économiques et résume les problèmes pouvant survenir lorsqu’une étude mal conçue oriente le processus décisionnel.

Goldsmith, L. J., B. Hutchison et J. Hurley. L’évaluation économique appliquée aux quatre volets de la prévention : une perspective canadienne [ lien externe ], Hamilton, Université McMaster, Centre for Health Economics and Policy Analysis, 2005.

Les auteurs présentent des arguments économiques en faveur de mesures préventives par rapport à des mesures curatives en appuyant leur propos par des exemples provenant de cinq interventions précises dans le contexte canadien. Ils reconnaissent que la prévention et la guérison ne sont pas opposées en soi, mais que souvent, la première tend à manquer de défenseurs, étant donné qu’elle n’a pas de bénéficiaire immédiat et qu’elle est généralement caractérisée par un coût initial élevé et des avantages différés. Une revue de la littérature a permis de répertorier 290 interventions préventives recommandées et 23 interventions ayant potentiellement un grand impact sur la santé de la population. En tout, 672 évaluations économiques ont été répertoriées pour les 154 interventions préventives restantes. Ces évaluations ont été classées selon plusieurs facteurs, dont le type d’intervention. Les auteurs ont ensuite résumé les évaluations des cinq interventions et, dans le cadre de la compilation et de l’analyse des résultats de chaque intervention, ils ont répondu à trois questions : 1) L’intervention apporte-t-elle un bénéfice net d’un point de vue sociétal? 2) L’intervention permet-elle des économies pour ceux qui la financent? 3) Sinon, l’intervention est-elle néanmoins un investissement utile en matière de santé? Malgré la diversité méthodologique et contextuelle, les auteurs ont remarqué une certaine cohérence dans les évaluations. Toutes les interventions analysées ont produit un bénéfice sociétal net. En conclusion, les auteurs font remarquer que de nombreuses données d’évaluation ont été obtenues sur bon nombre d’interventions préventives, mais qu’elles n’ont pas encore été analysées. Cependant, il n’existe pas de données économiques pour plusieurs interventions préventives recommandées. Les auteurs recommandent la tenue d’un plus grand nombre de revues systématiques des données d’efficacité et des données d’évaluation économique, de même que des évaluations économiques des interventions de prévention individuelles pour lesquelles il manque des données.

Golaszewski, T. « Shining lights: Studies that have most influenced the understanding of health promotion’s financial impact », American Journal of Health Promotion, vol. 15, no 5, 2001, p. 332-340.

L’auteur a effectué une revue de la littérature dans le but de mettre en évidence les études qui appuient la valeur économique de la promotion de la santé. Ses conclusions appuient de façon modérée la valeur financière de la promotion de la santé. Il a demandé à un comité d’experts de dresser la liste des 5 à 10 articles de recherche les plus influents offrant des données appuyant ou minant les arguments économiques en faveur des programmes de promotion de la santé. Les articles dataient de 1980 à 2000, et 12 articles parmi une sélection initiale de 23 études ont été retenus en fonction du classement du comité. Les critères d’inclusion et d’exclusion des études étaient les suivants : 1) examiner la relation entre les risques pour la santé ou les programmes de promotion de la santé et les résultats financiers; 2) offrir des données financières solides et convaincantes justifiant la valeur accordée à la promotion de la santé; 3) utiliser une méthodologie de haute qualité; 4) répondre à une question importante ou reproduire d’importantes analyses avec une meilleure méthodologie; 5) traiter d’initiatives américaines publiées depuis 1980. Des données ont été extraites des études en fonction des caractéristiques démographiques, de la structure, des tests statistiques, des limites et des résultats. L’auteur est arrivé à plusieurs conclusions : 1) les données indiquent une corrélation entre les facteurs de risque modifiables pour la santé et les coûts des soins de santé; 2) les programmes de promotion de la santé peuvent être rentables, surtout en ce qui concerne les coûts des soins de santé et la réduction de l’absentéisme; 3) la plupart des recherches économiques semblent être menées par le secteur privé. L’auteur souligne quelques problèmes méthodologiques dans ce domaine de recherche (p. ex. incapacité de répartir complètement au hasard les sujets dans des groupes témoin et expérimental). Il conclut qu’il faudrait un meilleur financement gouvernemental et philanthropique pour encourager la recherche de qualité sur la valeur financière de la promotion de la santé.

Grosse, S. D., S. M. Teutsch et A. C. Haddix. « Lessons from cost-effectiveness research for United States public health policy », Annual Review of Public Health, vol. 28, 2007, p. 365-391.

Les auteurs traitent de l’évaluation économique et de son utilité en santé publique, notamment dans les études de cas à l’échelle de la population et les stratégies de santé publique pour la promotion des services cliniques de prévention. Pour ce faire, ils abordent l’analyse coût-efficacité (ACE) et les méthodes associées, l’utilisation à faire des résultats issus de cette analyse et la façon dont les évaluations économiques orientent la prise de décision en matière de politiques. Les décideurs doivent tenir compte des ressources limitées à leur disposition lorsqu’ils évaluent quelles interventions de santé publique mettre en œuvre. Des données financières peuvent faciliter les délibérations, mais ces dernières sont subjectives par leur nature et dépendent de nombreux intervenants. Les auteurs notent que les évaluations économiques jouent un rôle important dans la prise de décision, tout comme les données sur l’efficacité et les renseignements contextuels. Ils concluent que les résultats de l’ACE sont une « aide à la décision, et non une règle de décision » et qu’il faudrait tenter de normaliser et de rendre plus transparentes les méthodes et les hypothèses de l’ACE.

Harris J. R., P. B. Holman et V. G. Carande-Kulis. « Financial impact of health promotion: We need to know much more, but we know enough to act », American Journal of Health Promotion, vol. 15, no 5, 2001p. 378-382.

Dans ce commentaire, les auteurs présentent un survol des travaux actuels des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis sur l’évaluation des répercussions financières des programmes de prévention et de promotion de la santé. Ils expliquent que bien qu’on reconnaisse l’efficacité d’un grand nombre de ces programmes, leurs répercussions financières ne sont pas toujours évidentes. Les auteurs mentionnent plusieurs interventions réussies présentées dans le Guide to Clinical Preventive Services [guide sur les services de prévention cliniques] et le Guide to Community Preventive Services [guide sur les services de prévention communautaires] afin d’illustrer les avantages financiers découlant des investissements en prévention et en promotion de la santé (surtout dans les domaines de la lutte contre le tabagisme et de la vaccination). Ils décrivent les efforts déployés en vue d’améliorer la mise en œuvre des interventions, ainsi que la base de connaissances servant à déterminer l’impact financier des interventions efficaces (évaluations économiques comprenant une analyse coût-efficacité ou coût-avantages). Les auteurs ciblent cinq besoins relatifs à la recherche en matière de répercussions financières : 1) nombre plus élevé d’évaluations économiques des interventions bien réalisées et de mises en œuvre bien évaluées des programmes de promotion de la santé et de leur impact financier; 2) définitions et mesures communes; 3) analyses répondant aux préoccupations des entreprises (pourraient améliorer la crédibilité et la pertinence des analyses, étant donné que les entreprises s’intéressent probablement moins à la « perspective sociétale »); 4) cadre commun pour l’utilisation de la recherche tenant compte des répercussions financières; 5) expérience de tous les intervenants mise en commun dans le but d’améliorer la pertinence pour la prise de décision. Les auteurs concluent que, bien que nous ayons besoin d’en apprendre davantage sur les répercussions financières de la promotion de la santé, nous en savons déjà assez pour agir dès maintenant. Ils soulignent que le Guide to Community Preventive Services comprend une liste de mesures fondées sur des données qui pourrait aider les acheteurs de soins de santé, les gestionnaires et les entreprises citoyennes à améliorer la prestation d’interventions efficaces. Les auteurs offrent plusieurs conseils précis à ces intervenants.

Lessard, C., A.-P. Contandriopoulos et M.-D. Beaulieu. « The role (or not) of economic evaluation at the micro level: can Bourdieu’s theory provide a way forward for clinical decision making? », Social Science and Medicine, vol. 70, no 12, 2010, p. 1948-1956.

Les auteurs s’appuient sur une revue de la littérature pour présenter l’état actuel des connaissances sur l’évaluation économique, la médecine factuelle et le rôle des médecins de famille dans les soins de santé. Ils suggèrent que même si l’intérêt pour l’évaluation économique et son utilisation dans le processus décisionnel en santé ont augmenté à grande échelle (politique), son application demeure limitée à moyenne (administratif) et à petite échelle (clinique). Étant donné la rareté des études empiriques sur l’utilisation des évaluations économiques dans la prise de décision dans les soins de santé à petite échelle et le fait que la réalité sociale de la prise de décisions cliniques est souvent négligée dans les études existantes, les auteurs proposent d’utiliser la théorie sociologique de Bourdieu comme cadre de recherche. Ils mentionnent qu’il est nécessaire d’améliorer la compréhension du rôle de l’évaluation économique dans la prise de décision d’un point de vue disciplinaire différent de l’économie de la santé. La théorie de Bourdieu pourrait aider à mieux comprendre : 1) les processus sociaux qui influencent les schémas de perception, de pensée et d’action des médecins de famille sur le rôle de l’évaluation économique dans la prise de décisions cliniques; 2) les relations sociales plus générales qui influencent la disposition des médecins de famille à contribuer à l’allocation efficiente des ressources; 3) la possible influence de l’évaluation économique sur la prise de décisions cliniques au quotidien; 4) l’élaboration d’un cadre conceptuel complet pour comprendre le rôle de l’évaluation économique dans le processus décisionnel des médecins de famille; 5) les fondements théoriques et pratiques de l’application des connaissances. Ultimement, les auteurs formulent l’hypothèse que l’approche de recherche proposée pourrait entraîner une augmentation de l’utilisation de l’évaluation économique dans la prise de décisions cliniques ainsi que l’élaboration de stratégies efficaces d’application ciblée des connaissances pour le secteur des soins de première ligne. Cet article a été retenu même si les auteurs se concentrent sur la prise de décisions cliniques, car le cadre de recherche proposé pourrait s’appliquer à la population et aux professionnels de la santé publique et des populations.

Lorgelly, P. K., K. D. Lawson, E. A. L. Fenwick et A. H. Briggs. « Outcome measurement in economic evaluations of public health interventions: a role for the capability approach? », International Journal of Environmental Research and Public Health, vol. 7, no 5, 2010, p. 2274-2289.

Les auteurs discutent des limites associées aux évaluations économiques qui ne tiennent compte que de la santé pour mesurer les résultats des interventions de santé publique. Il s’agit d’importantes limites, étant donné qu’une grande proportion des interventions visent l’amélioration de la qualité de vie d’une personne au-delà de sa santé. Les auteurs suggèrent que l’utilisation de l’approche par les capacités pour mesurer les résultats de l’évaluation économique pourrait conférer d’importants avantages. Cette approche, qui mesure le bien-être d’une personne selon sa capacité plutôt que selon son fonctionnement, pourrait faciliter l’adoption d’une nouvelle mesure globale de résultats. Les auteurs font valoir qu’afin d’opérationnaliser cette approche pour l’utiliser dans les évaluations économiques, il est essentiel que soit mis en place un index assignant un nombre aux capacités d’une personne et que des travaux de recherche futurs visent la résolution des défis conceptuels liés à l’adoption de l’approche par capacités.

Madden, L., L. King et A. Shiell. « How do government health departments in Australia access health economics advice to inform decisions for health? A survey », Australian and New Zealand Journal of Health Policy, vol. 6, no 6, 2009.

Bien que dans plusieurs cas, des évaluations économiques aient servi à appuyer l’élaboration de politiques de santé publique en Australie, les auteurs font valoir que les données économiques sur la santé ne sont pas toujours adaptées aux besoins des décideurs gouvernementaux. Les auteurs ont interrogé un échantillon raisonné d’économistes de la santé et d’autres domaines provenant de tous les ministères de la santé d’Australie et de certains ministères de Nouvelle-Galles-du-Sud afin d’évaluer la diversité des mécanismes utilisés pour accéder aux données économiques. Tous les ministères sauf un ont déclaré d’avoir faire appel à l’expertise en économie de la santé au cours des processus décisionnels, et la plupart d’entre eux utilisaient une combinaison de mécanismes internes (formation du personnel en économie de la santé, postes d’économiste de la santé et unités d’économie de la santé) et externes (consultation de services et centres de recherche en collaboration) pour obtenir des données économiques. Chaque mécanisme mentionné par les répondants a été lié au type de fonctions économiques en santé dont les gouvernements ont besoin pour orienter les processus décisionnels aux fins d’élaboration des politiques et de planification. D’après ces résultats, les auteurs ont conclu que même si les données économiques sont utilisées pour orienter les processus décisionnels, le manque d’uniformité des approches laisse croire que l’économie de la santé est un domaine de spécialité à développer.

Milstein, B., J. Homer, P. Briss, D. Burton et T. Pechacek. « Why behavioral and environmental interventions are needed to improve health at lower cost », Health Affairs, vol. 30, no 5, 2011, 823-832.

Les auteurs utilisent HealthBound, un modèle de simulation de politiques du système de soins de santé des États-Unis conçu par le CDC, pour estimer les répercussions relatives et combinées sur la santé et l’économie de l’élargissement de la couverture de l’assurance maladie, de l’amélioration de la prestation des soins préventifs et chroniques ainsi que de la promotion de saines habitudes et d’environnements sécuritaires. Les auteurs ont comparé chaque intervention simulée au scénario du statu quo de 2003 après 10 et 25 ans à l’aide de deux mesures sommaires, soit les décès évités et le coût des soins de santé ou des interventions. Les données de 2003 ont servi de données de base pour toutes les estimations de cette étude (dernière année pour laquelle les données importantes étaient disponibles). Au cours des 10 premières années, chacune des trois interventions était susceptible de prévenir des décès évitables en comparaison avec le scénario du statu quo. Les interventions de soins permettaient de sauver le nombre de vies le plus élevé, suivies de la prévention et de l’élargissement de la couverture. Par ailleurs, la prévention avait le coût total le plus bas, suivie de l’amélioration des soins et de l’élargissement de la couverture. Après 25 ans, les interventions visant à améliorer les habitudes et les conditions environnementales se sont révélées les plus efficaces et les moins coûteuses, suivies de l’amélioration des soins préventifs et chroniques et de l’élargissement de la couverture. Par ailleurs, les auteurs font remarquer que même si, séparément, ces interventions ont le potentiel de sauver des vies et de diminuer les coûts, elles risquent d’être les plus efficaces si elles sont mises en œuvre de façon combinée. À la lumière des résultats de cette étude, les auteurs font valoir que, malgré le fait que les répercussions des interventions visant les habitudes et l’environnement s’accroissent de façon plus graduelle, il ne faut pas laisser de côté les interventions protectrices en amont, car elles peuvent sauver des vies et diminuer la demande pour les soins de santé dont la capacité est limitée.

Rush, B., A. Shiell et P. Hawe. « A census of economic evaluations in health promotion », Health Education Research, vol. 19, no 6, 2004, p. 707-719.

Les auteurs présentent les résultats d’une revue systématique de 412 articles pertinents tirés de revues évaluées par les pairs et de littérature grise publiés de 1990 à 2001, portant sur l’efficience économique des interventions de promotion de la santé. Ils remarquent une augmentation constante du nombre d’études portant sur un aspect donné du rapport coût-efficacité des interventions en santé des populations au cours des 10 dernières années, bien que la documentation demeure rare comparativement à la multitude d’évaluations économiques des services de santé en général. Les articles pertinents ont été classés selon quatre critères : le type d’intervention de promotion de la santé, le facteur de risque visé par l’intervention, le contexte de l’intervention et la population la plus touchée par l’intervention. La majorité des articles portaient sur des domaines précis de la pratique de la promotion de la santé, soit les interventions cliniques et les programmes comportementaux. Il existait très peu de données économiques sur les interventions visant les déterminants sociaux et économiques de la santé; par conséquent, les auteurs suggèrent qu’il faudrait améliorer l’application de méthodes économiques pour aborder des interventions de promotion de la santé plus complexes. Enfin, les auteurs insistent sur le besoin d’accroître l’applicabilité et l’accessibilité des données économiques pour les décideurs.

Shiell, A. « In search of social value », International Journal of Public Health, vol. 52, no 6, 2007, p. 333-334.

L’auteur met en évidence les défis rattachés à l’évaluation du rapport coût-efficacité des interventions sociales à l’aide de l’exemple de l’autobus scolaire pédestre. Un autobus scolaire pédestre est un groupe d’enfants qui marchent avec deux adultes responsables pour se rendre à l’école. La difficulté d’évaluer cette intervention découle du fait que les avantages des interventions sociales dépassent habituellement la santé et interagissent souvent les uns avec les autres. Ces avantages sont nombreux et se multiplient grâce à un effet de rétroaction. Shiell fait référence à une étude ayant conclu que l’autobus scolaire pédestre n’était pas une intervention rentable. Il explique que cette étude n’a pas tenu compte de tous les effets de l’intervention, laissant de côté les avantages touchant des aspects autres que la santé, notamment l’acquisition d’aptitudes d’administration et de gestion par les parents organisant l’autobus et les discussions des participants sur les façons de rendre leur quartier plus sain et sécuritaire. L’étude a donc laissé de côté la valeur sociale de l’intervention. L’auteur fait valoir que d’un point de vue méthodologique, d’importantes lacunes subsistent dans la façon dont les évaluations économiques abordent les interventions sociales. Bien que les approches actuelles garantissent que tous les coûts et les avantages sont inclus dans l’étude, ceux-ci ne sont pas toujours mesurés et évalués. Il remarque que cette lacune peut être acceptable dans le cas d’évaluations économiques des soins de santé, mais qu’elle ne l’est pas dans le cas des interventions sociales dont les effets dépassent la santé.

Shiell, A., et K. McIntosh. « Some economics of health promotion: what we know, don’t know, and need to know before deciding how much to spend on promoting the public’s health [ PDF (280 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement) » , Harvard Health Policy Review, vol. 7, 2006, p. 21-31.

Les auteurs examinent des données économiques sur la promotion de la santé et recensent ce qui est connu et inconnu, et ce qui devra être connu pour justifier les investissements en prévention. Ils expliquent que la promotion de la santé n’est pas toujours au premier plan de l’élaboration des politiques, car les données économiques ne sont pas toutes en faveur de ce principe. Le problème de l’identité de ceux qui financent les interventions et de ceux qui en bénéficient demeure litigieux. Par ailleurs, il existe de nombreux obstacles à la mise en œuvre des politiques. Les auteurs proposent une initiation à l’évaluation économique, dans le cadre de laquelle ils décrivent l’analyse coût-avantages et l’utilisation des mesures d’année de vie ajustées en fonction de la qualité (AVAQ) pour comparer différents programmes. Ils donnent plusieurs exemples d’activités de promotion de la santé qui favorisent la santé tout en permettant d’économiser des ressources (certains programmes de vaccination et d’échange d’aiguilles et de seringues). Ils montrent que la prévention n’est pas nécessairement moins chère ou plus efficace que le traitement, et qu’il faut plutôt évaluer le mérite des interventions préventives une à la fois. Selon les auteurs, une lacune importante des données économiques sur la promotion de la santé est l’attention accordée aux programmes cliniques et de thérapie comportementale, qui sont les plus faciles à évaluer. Ils appellent à un plus grand nombre d’évaluations des déterminants de la santé « en amont », qui produisent des données probantes sur les activités de promotion de la santé visant des facteurs de risque sociaux, économiques ou environnementaux. La compréhension de ces éléments pourrait améliorer la santé des populations et diminuer les inégalités socioéconomiques en santé. Les auteurs encouragent également la production de données sur la meilleure façon de mettre en œuvre des politiques publiques « saines », ce qui nécessite une meilleure compréhension de l’économie politique de la santé publique et des valeurs des intervenants en ce qui a trait à l’allocation des ressources.

Shiell, A., P. Hawe et L. Gold. « Complex interventions or complex systems? Implications for health economic evaluation », BMJ : British Medical Journal, vol. 336, no 7656, 2008, p. 1281-1283.

Les auteurs font valoir l’importance de différencier les interventions complexes à plusieurs composantes des systèmes complexes dans lesquels les interventions sont mises en œuvre (soins de santé de première ligne, hôpitaux, écoles). Ils ajoutent que ces distinctions doivent être appliquées correctement dans les évaluations économiques. Une intervention complexe comprend plusieurs composantes qui font effet à la fois de façon indépendante et interdépendante. Un système complexe s’adapte aux changements dans l’environnement local, est composé d’autres systèmes complexes et adopte un comportement non linéaire. Les interventions complexes peuvent être difficiles à évaluer d’un point de vue économique, mais il est possible d’y arriver en y consacrant suffisamment de temps, d’énergie et de ressources, étant donné que l’évaluation ne nécessite aucune nouvelle méthode économique. Toutefois, l’évaluation économique des interventions visant à modifier des systèmes complexes présente un défi beaucoup plus grand en raison des propriétés émergentes qui caractérisent ces systèmes dans leur ensemble. Les résultats ne peuvent pas être mesurés en faisant la somme des changements individuels. L’évaluation de ces interventions nécessite donc une nouvelle approche méthodologique sensible aux interactions entre les variables à différents niveaux et tenant compte des non-linéarités, des effets multiplicateurs et des changements dans les valeurs individuelles découlant des interventions.

Smith, R. « The Relationship between reliability and size of willingness-to-pay values: a qualitative insight », Health Economics, vol. 16, 2007, p. 211-216 (publié en ligne le 23 août 2006 sur Wiley InterScience).

Dans une étude quantitative antérieure (2004), l’auteur avait conclu que la fiabilité des valeurs de volonté de payer (VDP) était une fonction croissante de l’importance de la VDP exprimée. La fiabilité avait été démontrée au moyen d’une étude test-retest, dans laquelle les valeurs obtenues à un moment précis sont comparées à celles obtenues plus tard. Dans le présent article, l’auteur décrit les résultats d’une étude qualitative entreprise en parallèle avec l’étude quantitative de 2004. L’étude qualitative semble indiquer que pour des valeurs de VDP plus élevées, les répondants réfléchissent plus profondément aux valeurs qu’ils choisissent, ce qui entraîne une hausse de la fiabilité des valeurs de VDP. L’auteur explique que la fiabilité dans le temps est une composante importante de la validité et reflète la stabilité, la constance, ou la cohérence des valeurs au fil du temps. Il fait valoir qu’à de faibles valeurs, la VDP pourrait résulter d’une perception de « compte carte blanche », pour laquelle les dépenses sont plus instables. Dans la composante qualitative de l’étude, les répondants devaient suivre un protocole verbal ou une procédure de « réflexion à haute voix » : ils verbalisaient leur réflexion tout en répondant aux questions. L’entrevue était suivie d’une discussion ouverte sur ce que le répondant jugeait important d’aborder. L’auteur indique que les résultats de l’étude pourraient signifier que les valeurs de VDP sont plus fiables lorsqu’elles représentent une importante proportion du revenu du répondant. Cette étude est utile, car elle contribue à l’examen des facteurs (au moyen d’une enquête qualitative) pouvant être à la base des données quantitatives.

Le document suivant est une réponse à l’ouvrage de Smith (2006) :

Shiell, A., et K. McIntosh. « Subject variation more than values clarification explains the reliability of WTP estimates », Health Economics, vol. 17, 2008, p. 287-292.

Les auteurs contredisent l’étude de 2006 de Smith sur les mesures de volonté de payer (VDP). L’étude de Smith suggérait que la fiabilité de test-retest augmentait avec la VDP parce que les gens prenaient davantage de temps pour réfléchir à l’évaluation de biens plus chers ou de grande valeur. Les auteurs font valoir que l’étude de Smith n’interprète pas correctement ce que la fiabilité mesure en réalité. Ils ont découvert que 75 % de l’augmentation de la fiabilité provient de la variation accrue entre les sujets (diversité des points de vue des répondants sur la valeur de la bonne santé). Ils proposent un survol de la définition de la fiabilité et de sa mesure à l’aide d’un coefficient de corrélation intraclasse (CCI). Par ailleurs, ils soulignent que le concept de fiabilité ne correspond pas à « la stabilité, l’uniformité ou la cohérence », comme le prétend l’étude de Smith, étant donné qu’elle demeure élevée lorsque les répondants donnent des réponses identiques et lorsque les réponses changent de façon systématique au fil du temps. La relation entre la fiabilité et la VDP est influencée à la fois par la variation entre les sujets et par l’erreur de mesure. Les auteurs font valoir qu’il est important de mieux comprendre le concept de fiabilité avant de pouvoir interpréter les résultats de mesures répétées de la VDP et de bien faire la distinction entre l’erreur de mesure et les changements systématiques lors de l’interprétation de la valeur assignée aux biens par une même personne et d’une personne à l’autre.

Van Velden, M. E., J. L. Severens et A. Novak. « Economic evaluations of healthcare programmes and decision making: the influence of economic evaluations on different healthcare decision-making levels », Pharmacoeconomics, vol. 23, no 11, 2005, p. 1075-1082.

Les auteurs effectuent une revue de la littérature dans le but de déterminer dans quelle mesure les évaluations économiques influencent le processus décisionnel en matière de soins de santé à grande (niveau national ou régional), à moyenne (niveau administratif) et à petite échelle (niveau du fournisseur). Trente-six études empiriques sur l’influence de l’évaluation économique à ces niveaux ont été retenues pour cette revue. Le dépouillement de la littérature a été effectué en 2004 à l’aide de la banque de données MEDLINE. Des 2 400 articles de la sélection initiale, 28 études empiriques ont été retenues et 8 autres ont été choisies parmi les listes de références. Les articles ont été triés dans six catégories selon leurs arguments sous-jacents : programme de soins de santé ou fabricant; coûts ou aspects économiques; patient ou maladie; aspect politique ou énoncé de politiques; administration ou utilisateur; aspect juridique ou réglementaire. Les auteurs ont constaté que les évaluations économiques avaient une influence limitée sur la prise de décision à grande et à petite échelle. Par ailleurs, les facteurs politiques et réglementaires sont d’importants déterminants de la prise de décision à grande échelle. Les auteurs concluent que les évaluations économiques exercent la plus grande influence à moyenne échelle, et que cette influence est plus prononcée dans le cas des organismes de soins de santé. Ils font remarquer que les évaluations économiques sont des facteurs importants du processus décisionnel, mais qu’elles ne peuvent être considérées comme l’élément le plus déterminant à aucun des trois niveaux de prise de décision en soins de santé. Bien que cet article ne mentionne pas directement l’évaluation économique relativement à la santé publique ou des populations, ses résultats peuvent s’appliquer à ces domaines. Les auteurs considèrent que les chercheurs devraient se concentrer sur l’un des trois niveaux de prise de décision lorsqu’ils entreprennent des évaluations économiques, et que les décideurs des soins de santé devraient mieux comprendre les évaluations économiques afin de les utiliser davantage et de façon plus efficace. Cet article a été retenu, car les recommandations des auteurs semblaient s’appliquer aux chercheurs, aux praticiens et aux décideurs de la santé publique et des populations.

Wagstaff, A., et A. J. Culyer. « Four decades of health economics through a bibliometric lens », Journal of Health Economics, vol. 31, 2012, p. 406-439.

Les auteurs effectuent un bilan du domaine de l’économie de la santé depuis les 40 dernières années à l’aide de « métadonnées » bibliométriques d’EconLit, de renseignements de citations tirés de Google Scholar et de leur propre classification par sujet. Ils abordent la croissance de ce domaine ainsi que l’évolution des sujets d’intérêt et des priorités géographiques. De plus, ils comparent les auteurs, les pays, les établissements et les revues en fonction du volume de publications dans le domaine de l’économie de la santé et de l’influence des articles, déterminée par différents indices basés sur la fréquence de citation. Les auteurs ont constaté que parmi les 50 articles les plus cités des années 2000, les sujets suivants étaient les plus populaires : « determinants of health and ill-health » [les déterminants de la bonne et de la mauvaise santé] et « health statistics and econometrics » [les statistiques en santé et l’économétrie] (neuf articles chacun). Au contraire, les sujets « medical insurance » [l’assurance médicale] et « supply of health services » [la prestation de services de santé] sont moins populaires dans les années 2000 qu’ils ne l’ont déjà été (respectivement trois et deux articles). Six articles portent sur le sujet « public health » [la santé publique]. Quant aux sujets « health and its value » [la santé et sa valeur] et « economic evaluation » [l’évaluation économique] ne présentaient aucune tendance associée à la popularité. Parmi la liste des 300 articles les plus cités en économie de la santé au cours des quarante dernières années, « la santé publique » et « les déterminants de la santé et la maladie » (qui comprend une perspective de santé des populations) sont des sujets qui ont respectivement fait l’objet de 28 et 42 publications. Les auteurs soulignent l’expansion majeure de l’économie de la santé dans les pays en développement, mais considèrent que l’Asie Centrale, l’Afrique et le Moyen-Orient font encore l’objet de trop peu de recherches. Ils ont choisi la banque de données EconLit pour déterminer les articles pertinents en raison de sa vaste étendue et de son schéma de classification JEL. En conclusion, les auteurs constatent que certains dilemmes éthiques de l’économie de la santé n’ont toujours pas été abordés, notamment les questions « morales » touchant les décisions d’investissement en soins de santé et l’opposition aux fondements utilitaires de l’économie.

Williams, I., S. McIver, D. Moore et S. Bryan. « The use of economic evaluations in NHS decision making: a review and empirical investigation », Health Technology Assessment, vol. 12, no 7, 2008, p. iii, ix-x, 1-175.

Les auteurs rendent compte de l’utilisation des données de recherche touchant l’évaluation économique dans le processus décisionnel en matière de soins de santé. Ils décrivent de quelle manière et dans quelle mesure les renseignements économiques sur la santé sont utilisés dans la prise de décisions liées aux politiques au Royaume-Uni, ainsi que la nature des facteurs associés à l’utilisation ou à la non-utilisation de ces données de recherche. Les auteurs ont fait appel à des banques de données électroniques (jusqu’à 2004) pour entreprendre une revue systématique de la littérature sur l’utilisation de l’évaluation économique dans le processus décisionnel et sur les obstacles à cette utilisation. Ils ont ensuite effectué cinq études de cas à l’aide de méthodes qualitatives comme l’analyse documentaire, l’observation d’entretiens et les entrevues semi-structurées. Les auteurs ont constaté que très peu de revues systématiques ont été publiées dans ce domaine et que certaines études antérieures dans les soins de santé portant sur l’utilisation de l’évaluation économique dans le processus décisionnel utilisaient des approches méthodologiques problématiques. Ils croient que davantage de recherches qualitatives devraient être effectuées sur les différents niveaux de la prise de décisions en matière de politiques.

Présentation d’exemples concrets d’analyses économiques en santé publique et des populations2

Anderson, D. R., S. A. Serxner et D. B. Gold. « Conceptual framework, critical questions, and practical challenges in conducting research on the financial impact of worksite health promotion », American Journal of Health Promotion, vol. 15, no 50, 2001, p. 281-288.

Baker, M. « Innis Lecture: Universal early childhood interventions: What is the evidence base? », Canadian Journal of Economics, vol. 44, no 4, 2011, p. 1069-1105.

Australian Government Department of Health and Ageing. « Returns on investment in public health », Canberra, Department of Health and Ageing, 2003.

Chokshi, D. A., et T. A. Farley. « The cost-effectiveness of environmental approaches to disease prevention », The New England Journal of Medicine, vol. 367, no 4, 2012, p. 295-297.

Emery, J. C. H., et J. A. Matheson. « Should income transfers be targeted or universal? Insights from public pension influences on elderly mortality in Canada, 1921–1966 », Canadian Journal of Economics, vol. 44, no 5, 2012, p. 247-269.

Gold, L., A. Shiell, P. Hawe, T. Riley, B. Rankin et P. Smithers. « The costs of a community-based intervention to promote maternal health », Health Education Research, vol. 22, no 5, 2007, p. 648-657.

Grosse, S. D., T. D. Matte, J. Schwartz et R. J. Jackson. « Economic gains resulting from the reduction in children’s exposure to lead in the United States », Environmental Health Perspectives, vol. 110, no 6, 2002, p. 563-569.

Grosse, S. D., N. J. Waitzman, P. S. Romano et J. Mulinare. « Reevaluating the benefits of folic acid fortification in the United States: Economic analysis, regulation, and public health », American Journal of Public Health, vol. 95, no 11, 2005, p. 1917-1922.

Martin, A., A. Jones, M. Mugford, I. Shemilt, R. Hancock et R. Wittenber. « Methods used to identify and measure resource use in economic evaluations: a systematic review of questionnaires for older people », Health Economics, vol. 21, no 8, 2012, p. 1017-1022.

Mujica Mota, R., P. K. Lorgelly, M. Mugford, T. Toroyan, A. Oakley, G. Laing et I. Roberts. « Out-of-home day care for families living in a disadvantaged area of London: Economic evaluation alongside a RCT », Child: Care, Health & Development, vol. 32, no 3, 2006, p. 287-302.

Newall, A. T., J. Mark et P. Beutels. « Economic evaluations of childhood influenza vaccination: A critical review », Pharmacoeconomics, vol. 20, no 8, 2012, p. 647-660.

Ozminkowski, R. J., et R. Z. Goetzel. « Getting closer to the truth: Overcoming research challenges when estimating the financial impact of worksite health promotion programs », American Journal of Health Promotion, vol. 15, no 5, 2001, p. 289-295.

Pelletier, K. R. « A review and analysis of the clinical- and cost-effectiveness studies of comprehensive health promotion and disease management at the worksite », American Journal of Health Promotion, vol. 16, no 2, 2001, p. 107-116.

Sperber, D., A, Shiell et K. Fyie. « Cost effectiveness of a law banning cellular-phone use by drivers », Health Economics, vol. 19, no 10, 2010, p. 1212-1225.


Veuillez noter que ce classement devrait être interprété librement, étant donné que plusieurs articles correspondent à plus d’une catégorie.

  1. Rush, B., et A. Shiell. Annotated Bibliography of Economic Evaluations of Public Health Interventions (1990 - 2001) [ PDF (1,316 Ko) - lien externe ] (en anglais seulement), Centre for Health and Policy Studies, Université de Calgary, 2002.
  2. Veuillez consulter les critères d’inclusion des exemples concrets dans la section « Méthodologie ».