Printemps 2013
Volume 1, numéro 4
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Un analgésique reformulé réduit sensiblement les cicatrices
Le Dr Benjamin Alman, chef de la chirurgie orthopédique à l’Hôpital pour enfants de Toronto, a étudié des années durant la bêta-caténine, protéine qui joue un rôle déterminant dans la guérison ou la dégénérescence de la peau et des os. Sa recherche en vue de trouver un médicament capable de réguler la bêta-caténine l’a conduit à un analgésique (antidouleur) appelé néfopam qui est sur le marché européen depuis les années 1960. Le Dr Alman a modifié la formule du médicament administré par voie orale afin d’en faire une crème pour la peau pouvant réduire de façon notable les cicatrices. Avec un marché potentiel estimé à quatre milliards de dollars aux États-Unis seulement, la crème pourrait être utilisée pour n’importe quel type de réparation de lésions, de chirurgie ou de remplacement articulaire. Des essais cliniques sont prévus pour 2013 à Toronto, et le Dr Alman estime que la mise en marché de la crème pourrait être approuvée d’ici à trois ans. La plus grande part du produit de sa vente sera réinvestie dans la recherche à l’Hôpital pour enfants.
Un chercheur de l’Université de la Colombie Britannique contourne le dilemme de l’anévrisme de l’aorte
À mesure que l’organisme vieillit, la paroi du principal vaisseau sanguin, l’aorte, peut graduellement s’affaiblir et se distendre. Lorsque les parties affaiblies se distendent trop en un point donné, la santé se trouve menacée : les anévrismes de l’aorte abdominale sont la 13e cause de décès en Amérique du Nord. Les programmes de dépistage peuvent indiquer précisément la présence d’un anévrisme, mais l’intervention chirurgicale qui permet de le réparer est si risquée qu’on la pratique seulement lorsqu’une rupture semble imminente. Un chercheur financé par les IRSC, le Dr David Granville, de l’Université de la Colombie Britannique, a mis en évidence une enzyme du système immunitaire, appelée granzyme B, qui dégrade les protéines qui gardent normalement l’aorte structurellement saine. Ses études sur des souris ont montré que l’inhibition de la granzyme B pouvait prévenir l’affaiblissement de la paroi de l’aorte et la formation d’un dangereux anévrisme. Le Dr Granville, cofondateur de la société de biotechnologie viDA Therapeutics de Vancouver, cherche des façons de mettre au point un médicament qui pourrait désactiver la granzyme B pour empêcher son accumulation le long de l’aorte et prévenir les lésions qu’elle peut causer.
La forme orale d’un médicament pourrait sauver des milliers de vies et faire réaliser des économies
La leishmaniose est une infection parasitaire qui tue environ 50 000 personnes par année dans les pays en développement. Le traitement classique de cette maladie est l’administration par voie intraveineuse d’amphotéricine B, un médicament généralement utilisé pour traiter les infections fongiques et transmises par le sang. Malheureusement, étant donné que seuls des travailleurs de la santé formés peuvent appliquer le traitement par perfusion intraveineuse, une fraction seulement des patients atteints de leishmaniose reçoit de l’amphotéricine B. Les Drs Kishor et Ellen Wasan, de l’Université de la Colombie-Britannique, ont co-inventé une formule orale d’amphotéricine B et sont en voie d’obtenir une accréditation BPL (bonnes pratiques de laboratoire) de la Food and Drug Administration des États-Unis en vue de procéder aux essais cliniques préliminaires. Ils ont formé un partenariat avec la société iCo, de Vancouver, pour commercialiser la formule orale et reçu 1,1 million de dollars du Conseil national de recherches du Canada pour mettre au point un traitement novateur à l’intention des personnes porteuses du VIH. En conformité avec la stratégie d’accès mondial de l’Université de la Colombie-Britannique, la société mettra le médicament à la disposition des populations défavorisées au prix coûtant.