Évaluation à mi-parcours du programme des centres de développement de la recherche sur la santé des populations et les services de santé en matière de VIH/sida, de juin 2009 à mai 2012

Rapport d'évaluation de la phase 3 (version définitive)
Résumé

Contexte et objectif

Le Plan stratégique 2008-2013 de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida des IRSC, élaboré par le comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida des IRSC (CCRVSI), fait état de lacunes systémiques au Canada en ce qui a trait à la capacité de recherche sur le VIH/sida dans les domaines des services et des politiques de santé, et de la santé des populations. Cette constatation a mené au lancement des centres de développement de la recherche sur la santé des populations et les services de santé en matière de VIH/sida. Après un concours organisé en 2009, deux centres ont reçu des fonds pour cinq ans (2009-2014), tous deux dans le cadre du volet général du concours. L'Initiative de recherche sur le VIH/sida et le CCRVSI décideront d'ici janvier 2013 si ce programme de financement devrait être poursuivi tel quel, subir une refonte ou prendre fin après l'échéance de 2014. L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires a donc décidé de mener une évaluation externe à mi-parcours du programme, laquelle porte sur ses trois premières années d'existence et servira à orienter la décision.

Méthodes d'évaluation

L'évaluation menée par phases reposait sur plusieurs sources de données, soit la synthèse d'information recueillie auprès d'intervenants externes, une auto-évaluation menée par les centres et une évaluation externe par des pairs. Le présent document s'inspire de résultats provenant de toutes les phases de l'évaluation et de six sources de données :

  • questionnaires remplis par des intervenants du programme et des participants répartis en deux groupes, soit les chercheurs, les collaborateurs participant à la recherche et les utilisateurs de la recherche (n = 109 personnes, 119 questionnaires [certains répondants étaient associés aux deux centres]), et les étudiants, les stagiaires et d'autres types d'apprenants (n = 27 personnes, 30 questionnaires) (taux de réponse global de 54 %);
  • entrevues avec des répondants clés menées auprès d'intervenants du programme (24 personnes, 21 entrevues au total; taux de réponse de 86 %);
  • études de cas portant sur quatre initiatives représentatives du programme des centres, consistant en un examen de la documentation et en 18 entrevues (dont certaines avec des répondants clés du groupe précédent);
  • analyse secondaire des données administratives des IRSC sur les demandes et les candidats dans le cadre des concours de subventions de recherche sur le VIH/sida dans les domaines de la santé des populations et des services et des politiques de santé (de 2004 à 2012);
  • données extraites des rapports d'étape rédigés pour l'évaluation par les pairs à mi-parcours des centres ayant reçu des fonds;
  • rapports des comités d'évaluation par les pairs sur chacun des centres ayant reçu des fonds.

Constatations et conclusions principales

Dans l'ensemble, les résultats de l'évaluation semblent suggérer que le programme est sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs et qu'il contribue favorablement au développement de la capacité de recherche sur le VIH/sida au Canada dans les domaines de la santé des populations et des services et des politiques de santé.

  • La mise en œuvre du programme des centres connaît un succès et a permis de créer et de mettre en place des processus et des mécanismes pour appuyer le développement des connaissances issues de la recherche sur le VIH/sida dans les domaines des services et des politiques de santé, et de la santé des populations, en plus de nouer une collaboration avec un vaste éventail d'intervenants. Il est déjà possible d'observer les premiers résultats de ces processus, sous la forme de protocoles de recherche ayant obtenu du financement des IRSC et des centres. Des réussites majeures ont été notées, et quelques grandes déceptions ont tout de même mené à des possibilités d'amélioration et d'apprentissage. Des données suggèrent d'ailleurs que les membres des centres améliorent leurs chances de recevoir une subvention de recherche des IRSC.
  • Le développement de la capacité est rendu possible par la formation et le mentorat, de même que par des stratégies visant à promouvoir la participation à la recherche dans les milieux touchés.
  • Le programme applique un modèle pleinement intégré d'EAC, en plus de créer et de mettre en place un certain nombre de mécanismes et d'outils innovateurs d'EAC.
  • De façon générale, le programme semble favoriser l'amélioration de la cohésion et de la coordination des grands objectifs de recherche sur le VIH/sida dans ces domaines, tout en assurant l'existence d'une capacité de recherche suffisante pour atteindre ces objectifs.

Les centres financés dans le cadre du programme sont déjà en voie de relever les défis universels rattachés à l'exécution de programmes de recherche ambitieux et bien ciblés, au maintien de la motivation des participants et à la planification de leur pérennité. Cela dit, l'évaluation a mis en évidence des aspects particulièrement problématiques, déjà connus des centres et des IRSC, qu'il faudra aborder au cours de la période de financement restante.

  • Il sera probablement nécessaire de renforcer la capacité des centres en recherche sur les services et les politiques de santé, priorité de l'Initiative de recherche sur le VIH/sida des IRSC.
  • On devra également veiller à faire participer des communautés de chercheurs et de praticiens de tout le Canada, en accordant une attention particulière aux milieux francophones et au Québec.
  • Le respect de la priorité accordée aux Autochtones par le programme s'est manifesté par des efforts importants déployés par les centres et les milieux de la recherche en santé et de la recherche sur le VIH/sida dans les communautés autochtones; toutefois, il est encore possible d'en faire plus, et les ressources de ces milieux demeurent limitées.
  • Maintenant que les deux centres ont réussi leur évaluation par les pairs à mi-parcours et qu'ils ont présenté des réussites précoces incontestables, on pourrait craindre qu'ils ne consacrent plus leurs efforts qu'à consolider leurs forces, particulièrement en menant à bien leurs initiatives de recherche, de formation et de collaboration, dans le but de mousser leur candidature pour les prochains concours de subventions.

L'avenir du programme : après 2014

En ce qui a trait aux orientations du programme après 2014, les conclusions suivantes s'imposent :

  • Le programme des centres, fidèle en tous points aux orientations globales des IRSC, récompense l'excellence. Les chercheurs et les intervenants associés aux deux centres ayant reçu des fonds apportaient déjà une contribution majeure à ce domaine de recherche, et ils ont poursuivi sur la même voie. De plus, la structure du programme semble appuyer cette évolution de manière très efficace.
  • Il est difficile de définir la valeur exacte de l'apport des fonds accordés par le programme dans les domaines de la recherche sur les services et les politiques de santé, et la santé des populations. Si le programme est renouvelé, il devrait idéalement viser un apport supérieur à ce qui serait survenu en son absence.
  • S'il est renouvelé, le programme pourrait appliquer les leçons tirées jusqu'à maintenant en encourageant les mesures suivantes :
    • accorder une plus grande importance à la théorie dans l'élaboration et la mise à l'essai d'interventions, dans le but d'améliorer les programmes, les services et les pratiques associés au VIH/sida, de même que de contribuer aux bases théoriques de l'étude des services et des politiques de santé, et de la santé des populations, par l'intermédiaire de l'étude du VIH/sida;
    • élaborer des stratégies plus innovatrices, voire expérimentales, visant à obtenir la collaboration des décideurs en matière de politiques, de programmes et de pratiques;
    • concevoir des structures et des modèles de gouvernance ouverts aux ressources potentielles de tout le pays;
    • poursuivre l'élaboration et la mise à l'essai réfléchies de stratégies d'EAC innovatrices et intégrées, processus qui exigerait leur évaluation formelle;
    • veiller à ce que des programmes de formation touchent un nombre accru d'apprenants, provenant de disciplines et de régions variées;
    • offrir un soutien adéquat qui permet une utilisation maximale de la capacité de recherche dans le domaine du VIH/sida dans les communautés autochtones;
    • cibler le développement de la capacité dans le but d'aider un plus grand nombre de jeunes chercheurs prometteurs à obtenir un poste de chercheur-boursier indépendant, particulièrement en recherche sur le VIH/sida dans les communautés autochtones.
  • Parallèlement, les IRSC peuvent contribuer à l'atteinte des objectifs du programme de deux façons principales :
    • renforcer de façon générale la capacité de recherche sur le VIH/sida dans les communautés autochtones en lui consacrant du financement exclusif qui permettra aux organisations associées au VIH/sida dans les communautés autochtones de consacrer le temps et les ressources nécessaires à une participation optimale au programme des centres et aux autres possibilités de recherche;
    • déterminer avec l'Agence de la santé publique du Canada la meilleure manière de combiner les efforts du Programme de recherche sur le VIH/sida et les activités de l'ASPC, afin qu'ils se complètent et s'appuient mutuellement.

Présenté à :

Instituts de recherche en santé du Canada
160, rue Elgin, bureau 97
Ottawa (Ontario) K1A 0W9

Présenté par :

Natalie Kishchuk Évaluation et recherche inc.
4360, rue Saint-Ambroise
Montréal (Québec) H4C 2C7
514-935-3943
nkishchuk@sympatico.ca

Pour plus de renseignements ou pour commander une version PDF du rapport complet, veuillez écrire à l'adresse suivante : HIVAIDS-VIHSIDA@irsc-cihr.gc.ca.

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