Rapport annuel des IRSC 2012-2013 : Innovation, stratégie, modernité

Investir dans une recherche de calibre mondial
Rester à la fine pointe du savoir

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) font d'importants investissements dans la recherche en santé au nom du Canada et des Canadiens, encourageant ainsi la poursuite de recherches novatrices, ambitieuses et fondamentales.

La recherche libre, inspirée par la curiosité, permet de mieux comprendre les mécanismes biologiques fondamentaux et de repenser le traitement et la prévention de la maladie. Ce type de recherche jette les bases de l'innovation qui, au bout du compte, favorisera l'amélioration des soins aux patients.

Le Programme ouvert de subventions de fonctionnement appuie la recherche libre

Le Programme ouvert de subventions de fonctionnement (POSF) appuie directement la recherche libre. Pierre d'assise de l'infrastructure de financement des IRSC, ce programme doté de plus de 50 % du budget constitue le principal investissement financier de l'organisme.

Pour maximiser le soutien à la création de connaissances de pointe, les IRSC s'engagent à maintenir la stabilité du POSF. Ils se sont fixé comme objectif d'accorder au moins 400 subventions par concours et ont réussi à maintenir ce niveau d'investissement pendant plusieurs années.

En 2012-2013, les IRSC ont rendu public un plan final pour la réforme du POSF et du processus d'évaluation par les pairs afin de maintenir l'efficacité du programme. Les IRSC s'assureront par leurs investissements que le Canada reste à l'avant-garde du savoir. L'an dernier, les IRSC ont utilisé des moyens novateurs pour faire en sorte que le milieu de la recherche et les utilisateurs des connaissances profitent au maximum des investissements de l'organisme.

L'optogénétique révélerait le rôle du cerveau dans la respiration

Financé par les IRSC, le Dr Gregory Funk, de l'Université de l'Alberta, utilise l'optogénétique, une nouvelle technologie née de la génétique et de l'optique, pour explorer l'activité du cerveau dans la fonction biologique humaine la plus essentielle : la respiration. En optogénétique, des gènes d'opsines photosensibles sont insérés dans les cellules, puis un laser permet littéralement « d'allumer ou d'éteindre » ces cellules pour voir les fonctions qu'elles remplissent. Le Dr Funk utilise cette technologie pour étudier des cellules du cerveau appelées névroglies (voir ci-contre).

Jusqu'à tout récemment, les chercheurs croyaient que les névroglies jouaient un rôle de soutien mineur auprès des neurones. Maintenant, les scientifiques pensent que les astrocytes, sous-ensemble des névroglies, jouent des rôles importants dans le traitement de l'information et sont essentiels à des fonctions cérébrales comme la régulation de la respiration. Les travaux du Dr Funk sont importants sur le plan clinique. Par exemple, les prématurés ont souvent des épisodes d'apnée et arrêtent momentanément de respirer parce que leur système nerveux n'est pas suffisamment développé. Ces épisodes peuvent entraîner l'hypoxie, soit une diminution potentiellement fatale de l'apport en oxygène aux organes et au cerveau. En utilisant l'optogénétique pour activer ou désactiver les astrocytes, le Dr Funk espère un jour trouver un meilleur moyen de prévenir le problème.

Un vaccin contre le VIH dérivé de molécules de sucre

Le Dr Ralph Pantophlet, de l'Université Simon-Fraser, a découvert qu'une souche de Rhizobium radiobacter, bactérie végétale inoffensive (voir ci-contre), possède en surface des molécules de sucre très semblables à celles qui se trouvent sur le VIH-1, la souche la plus commune du virus de l'immunodéficience humaine. Le Dr Pantophlet et ses collègues formulent l'hypothèse qu'il serait possible de produire des molécules de sucre de Rhizobium dont l'injection dans l'organisme déclencherait une réaction immunitaire favorisant la production d'anticorps pour lutter contre le VIH. Le virus serait donc repoussé avant de pouvoir s'installer.

Publiés dans Chemistry & Biology en 2012, les résultats des premiers tests effectués sur des modèles animaux s'avèrent prometteurs. Éminent chercheur et expert, le Dr Dennis Burton de l'Institut de recherche Scripps en Californie affirme que les découvertes du Dr Pantophlet liées à Rhizobium aident à montrer la voie à suivre dans la recherche d'un vaccin contre le VIH/sida. « Cette brillante recherche fournit de l'information très précieuse pour le domaine et pourrait marquer un jalon dans la recherche d'un vaccin. » Photo : Avec la permission du Dr Milos Kalab.

Des soins personnalisés après un accident vasculaire cérébral

Une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Sean Dukelow, de l'Université de Calgary, utilise la robotique de pointe pour offrir des traitements personnalisés et adaptés après un accident vasculaire cérébral (AVC). Habituellement, les médecins doivent se fier à leurs propres observations pour déterminer les capacités d'un patient après un AVC, une pratique subjective qui manque d'uniformité. Le Dr Dukelow exerce la médecine au centre médical Foothills et utilise un exosquelette robotique appelé KINARM (Kinesiologic Instrument for Normal and Altered Reaching Movements) mis au point par le Dr Stephen Scott à l'Université Queen's.

Le robot (voir ci-contre) peut évaluer précisément les patients afin de personnaliser la réadaptation en fonction de leurs déficits particuliers d'ordre visuel, cognitif, sensitif ou moteur. L'étude, financée par les IRSC et dont les résultats ont été publiés dans le Journal of NeuroEngineering and Rehabilitation en 2012, incite déjà les cliniciens à repenser les stratégies de réadaptation établies. Selon l'étude, menée sur 331 participants par le Dr Dukelow, il peut être contre-productif de tenter de restaurer la fonction motrice sans évaluer et corriger les déficits du « sens de l'espace », soit la capacité de localiser un objet avant d'essayer de l'atteindre.

Les césariennes privent-elles les bébés de bactéries utiles?

La Dre Anita Kozyrskyj, de l'Université de l'Alberta, tente de découvrir si les césariennes peuvent affecter la santé générale des enfants en modifiant les types de bactéries transmises par leur mère. Malgré leur mauvaise réputation, les bactéries jouent un rôle important dans plusieurs aspects de la santé humaine, de la digestion à la fonction immunitaire. Le corps humain héberge des milliards de microbes qui forment ce que les chercheurs appellent le microbiome. Certaines de ces bactéries utiles passeraient de la mère à l'enfant pendant l'expulsion.

La Dre Kozyrskyj a récemment publié, dans le Journal de l'Association médicale canadienne, une étude comparant l'ADN bactérien des matières fécales d'enfants nés par césarienne à celui d'enfants nés par accouchement vaginal. Elle et ses collègues ont découvert chez les enfants nés par césarienne des taux plus faibles de bactéries Escherichia-Shigella et Bacteroides, qui participent à la fonction immunitaire. Cette variation dans les bactéries intestinales pourrait accroître chez ces enfants les risques d'asthme et de maladies inflammatoires de l'intestin. Au fur et à mesure que les chercheurs en apprendront davantage sur les répercussions des méthodes d'accouchement sur le microbiome, les cliniciens et les femmes enceintes pourront prendre des décisions éclairées sur la pertinence de la césarienne. Cette recherche offre aussi de l'information utile sur les moyens de rééquilibrer le microbiome des bébés nés par césarienne.

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