Rapport annuel des IRSC 2012-2013 : Innovation, stratégie, modernité

S'attaquer aux priorités de la recherche sur la santé et le système de santé
Saisir des possibilités et combler des lacunes grâce à des initiatives stratégiques

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et leurs instituts effectuent des investissements fructueux en recherche. Le soutien ainsi accordé aide les chercheurs à établir des équipes multidisciplinaires et des réseaux de scientifiques axés sur la collaboration, et non la concurrence. Il en découle des résultats applicables dans un grand nombre de secteurs stratégiques : obésité, médecine régénératrice et nanomédecine, soins palliatifs, VIH/sida, mobilité et vieillissement, etc.

Concentrer les forces d'instituts et de partenaires des IRSC vers un but commun

Au cours du dernier exercice, les IRSC ont continué d'exploiter et de perfectionner ce modèle fructueux pour établir une série de nouvelles initiatives phares, à but unique, qui exploitent les forces de nombreux instituts et partenaires des IRSC. Généralement, ces initiatives attirent l'attention sur des domaines où il existe déjà une solide base de recherche ainsi qu'une possibilité de réaliser des progrès importants et de mettre au point de nouvelles interventions efficaces pour les patients.

L'épigénétique, qui étudie comment les facteurs environnementaux modifient l'expression des gènes, est l'un des secteurs de recherche prometteurs où des instituts et des partenaires des IRSC combinent leurs ressources. En 2012-2013, la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a annoncé un financement de 41 millions de dollars pour le Consortium canadien de recherche en épigénétique, environnement et santé.

Le gouvernement du Canada a aussi annoncé les décisions de financement pour l'initiative phare sur la médecine personnalisée. Dix-sept équipes de recherche ont reçu chacune une subvention d'au plus 10 millions de dollars provenant des IRSC, de Génome Canada, du secteur privé, d'organismes subventionnaires provinciaux et d'autres sources. Les subventions ont été accordées aux équipes ayant le plus grand potentiel de produire des résultats importants d'ici quatre ans.

Ces initiatives et les autres initiatives phares des IRSC cadrent avec la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) et elles y contribuent.

S'assurer que le patient reçoit le bon traitement au bon moment

La SRAP vise essentiellement un objectif, qui sert de point d'ancrage aux initiatives phares des IRSC, soit s'assurer que le patient reçoit le bon traitement au bon moment. Parallèlement, les initiatives phares contribueront à enrichir la recherche nécessaire pour atteindre cet objectif, qui englobe la définition de nouvelles stratégies pour la prévention, le diagnostic et le traitement, et l'évaluation de l'efficacité des traitements actuels sur les plans économique et clinique.

Que retenir des études sur la télésanté?

Avec une population vieillissante, le Canada peine à prendre soin des malades chroniques aux prises avec un système de santé déjà grevé. De nombreux fournisseurs de soins envisagent la télésanté à domicile – consultations par Internet, téléphone et vidéoconférence – pour maximiser les ressources limitées et améliorer les soins. Les décideurs doivent trier et analyser des milliers de publications décrivant la recherche actuelle sur l'implantation de la télésanté. Le manque d'uniformité des approches et des méthodes utilisées dans les études originales compliquent le processus.

Financée par les IRSC, une équipe de l'Université de la Colombie-Britannique dirigée par la Dre Sandra Jarvis-Selinger vient de consacrer deux ans à synthétiser cinq années de recherche sur la télésanté à domicile pour présenter l'information dans un format Web accessible et convivial. Depuis le début de 2013, le site Web interrogeable (en anglais seulement) fournit une source unique d'information concise et uniforme sur le rapport coût-efficacité, les résultats cliniques et l'expérience de patients et de fournisseurs de services de télésanté pour le diabète, les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies pulmonaires obstructives chroniques, l'asthme et les maladies du rein. Conçues pour être appliquées à l'ensemble du Canada, les données ont été compilées et diffusées avec la participation directe d'experts en télésanté, de professionnels de la santé et de représentants de patients de la Colombie-Britannique.

Cancer du cerveau : La recherche permet de prolonger la vie

Diagnostiqué chez plus de 1 100 Canadiens chaque année, le glioblastome est le cancer du cerveau le plus fréquent et le plus agressif. Selon une étude internationale, la combinaison d'un produit chimiothérapeutique administré par voie orale, le témozolomide (TMZ ou TemodalMD), et de la radiothérapie après une intervention chirurgicale a plus que doublé le taux de survie après deux ans chez les jeunes patients. Depuis l'étude, dont l'équipe canadienne était dirigée par le Dr Gregory Cairncross de l'Université de Calgary, ce traitement combiné est devenu la norme pour soigner le glioblastome.

En 2012, le Dr Cairncross a publié une étude dans le Journal of Clinical Oncology selon laquelle une combinaison médicamenteuse appelée PCV (procarbazine, lomustine, vincristine – prédécesseur du TMZ) associée à la radiothérapie fait passer de 7 à 15 ans la période de survie pour les patients ayant un oligodendrogliome, cancer du cerveau moins agressif. S'appuyant sur les travaux du Dr Cairncross et d'autres scientifiques, des chercheurs de Toronto, les Drs Normand Laperriere de l'Hôpital Princess Margaret et James Perry du Centre des sciences de la santé Sunnybrook, dirigent une étude internationale pour savoir si le TMZ combiné à la radiothérapie a les mêmes effets positifs chez les patients âgés souffrant de glioblastome.

La recherche aide la Saskatchewan à transformer son système de soins

Avant d'entreprendre la restructuration du système de soins de la Saskatchewan en 2010, les décideurs voulaient savoir quelles mesures avaient été efficaces ou non dans les autres provinces, et pourquoi. Ils voulaient aussi des réponses dans les six mois pour pouvoir commencer le travail. Grâce au Programme de synthèse accélérée des connaissances des IRSC, le Dr Allan Best de l'Université de la Colombie-Britannique et ses collègues du groupe de recherche InSource de Vancouver ont effectué une « revue réaliste rapide » de 84 études sur les transformations importantes dans les soins de santé. Ils en ont condensé les résultats et ont dégagé des règles simples pour guider la province.

Travaillant étroitement avec les décideurs et les fournisseurs de soins, les chercheurs ont adapté ces règles aux réalités du système de soins et ont trouvé des moyens de les appliquer pour obtenir des résultats optimaux. Les dirigeants du ministère de la Santé ont été si impressionnés par les résultats qu'ils ont récemment invité le Dr Best et l'équipe InSource à les guider dans la mise en œuvre de leur nouvelle approche de « gestion allégée ». « Nous nous tournons vers la recherche pour être informés des points à considérer et des résultats, bons ou mauvais, obtenus par d'autres afin d'orienter notre démarche », affirme Kathleen Peterson, directrice de la planification du système de santé au ministère de la Santé de la Saskatchewan.

La stimulation cérébrale profonde pour soulager la dépression chronique

Environ 10 à 20 % des personnes souffrant de dépression chronique ne réagissent ni aux médicaments ni aux traitements prescrits pour ce trouble de l'humeur. Pour les aider, des chercheurs testent la stimulation cérébrale profonde (SCP), nouvelle technique consistant à implanter dans le cerveau des électrodes reliées à un stimulateur qui émet un faible courant électrique. Actuellement, plus de 100 000 patients sont traités par SCP, et la technique est efficace chez de nombreux patients ayant des troubles du mouvement comme la maladie de Parkinson.

Le Dr Andres Lozano, de l'Université de Toronto, a publié dans le Journal of Neurosurgery les résultats d'un essai ouvert non randomisé sur la SCP pour traiter la dépression majeure chez 21 patients répartis dans trois centres. Au cours de l'expérience, les chercheurs ont utilisé la SCP pour réduire l'activité neuronale dans une région spécifique du cerveau qui, selon des études précédentes, est liée à la tristesse. Les résultats montrent une réduction de 50 % sur une échelle d'évaluation de la dépression chez 29 % des patients. Pour une réduction de 40 %, ce qui est considéré comme significatif sur le plan clinique, le pourcentage de patients que la SCP a aidé passe alors à 62 %.

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