Rapport annuel des IRSC 2012-2013 : Innovation, stratégie, modernité

Profiter plus rapidement des avantages de la recherche pour la santé et l'économie
Améliorer les soins grâce à la contribution des patients et des partenaires et à la cogestion de la recherche

Bien qu'elles soient valables, les nouvelles connaissances générées par la recherche permettent rarement d'améliorer les résultats sur la santé sans effort considérable.

L'accélération des retombées de la recherche sur la santé et l'économie repose sur l'adoption de nouveaux modèles pour mobiliser les partenaires et gérer la recherche. La Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) répond à ces exigences.

La SRAP représente une coalition des gouvernements du Canada, des provinces et des territoires, et une convergence entre partenaires du secteur privé, d'organismes bénévoles en santé et d'organismes caritatifs.

Obtenir des patients eux-mêmes une rétroaction sur l'efficacité et les limites des traitements

La SRAP met l'accent sur le rôle direct et actif des utilisateurs de soins de santé dans le processus de recherche afin d'obtenir leur rétroaction sur l'efficacité et les limites des procédures et des traitements actuels. La SRAP facilite la collaboration avec divers partenaires et les incite à gérer conjointement le processus de recherche. Cette stratégie s'articule autour de buts précis et réalisables, plutôt que de questions de recherche ouvertes à long terme.

En 2012-2013, la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a annoncé le premier réseau de recherche de la SRAP, le réseau de recherche transformationnelle sur la santé mentale des jeunes (TRAM).

Améliorer notablement les soins aux jeunes de 11 à 25 ans

Les problèmes de santé mentale touchent davantage les jeunes que tout autre groupe d'âge. Or, les services actuels étant conçus pour les enfants plus jeunes et les adultes plus âgés, les jeunes sont laissés pour compte. L'objectif du TRAM est d'apporter des améliorations mesurables aux soins de santé mentale des jeunes de 11 à 25 ans.

Le TRAM découle d'un partenariat prometteur entre la Fondation Graham-Boeckh et les IRSC qui illustre une nouvelle façon de faire.

Le TRAM modifie considérablement les critères et les processus d'évaluation des demandes. Les candidats devront d'abord participer à un atelier de planification pour préciser les hypothèses des protocoles de recherche. De plus, pour être retenues, les propositions devront inclure la participation active des représentants de patients ou de familles, de responsables des politiques, de chercheurs, de fournisseurs de services et d'organismes communautaires.

Au moment d'entreprendre l'exercice 2013-2014, les IRSC ont bon espoir que les modèles utilisés pour gérer et appuyer la recherche continueront de s'améliorer et mèneront à des solutions stratégiques aux problèmes de santé.

Percée dans le traitement du syndrome de l'intestin court

Un chercheur financé par les IRSC, le Dr Daniel Drucker de l'Institut de recherche Samuel Lunenfeld de l'hôpital Mount Sinai, a mis au point un médicament qui a été approuvé par la Food and Drug Administration (É.-U.) pour traiter les patients souffrant du syndrome de l'intestin court. Le médicament, appelé téduglutide ou GattexMD, est commercialisé par NPS Pharmaceuticals et offre une option de traitement à long terme pour cet état débilitant, une première percée en près de 40 ans.

Le syndrome de l'intestin court est causé par l'ablation chirurgicale de la moitié ou plus de l'intestin grêle, habituellement en raison de la maladie de Crohn, d'un trauma, d'une colite ischémique ou d'un cancer. Par conséquent, les patients ne peuvent absorber suffisamment d'eau, de vitamines et de nutriments et doivent avoir recours à l'alimentation par voie intraveineuse pour remédier à ces lacunes. Le téduglutide favorise la régénérescence et la croissance normale de la muqueuse intestinale, diminue la perte d'énergie et augmente l'absorption des nutriments. Lors des études cliniques de suivi à long terme, un patient sur sept traités au téduglutide a pu discontinuer l'alimentation par voie intraveineuse. Le Dr Drucker est reconnu mondialement pour ses travaux sur les hormones intestinales et leur rôle dans le diabète, l'obésité et les maladies inflammatoires de l'intestin.

Un pas vers le traitement du cancer à l'aide d'un virus

Un virus bénin, qui se manifeste naturellement et ne cause aucune maladie majeure chez l'humain, lutte efficacement contre les cellules cancéreuses (voir ci-contre). En 1998, le Dr Patrick Lee de l'Université Dalhousie a découvert que le réovirus tuait les cellules cancéreuses chez les souris. Depuis, il poursuit ses travaux pour mieux comprendre comment le virus infecte une cellule cancéreuse. Le réovirus se reproduit dans une cellule cancéreuse pour créer des milliers de particules qui finissent par rompre la cellule. Les particules du virus ainsi relâchées cherchent les cellules cancéreuses avoisinantes pour répéter le processus sans toucher aux cellules normales. Les travaux actuels du Dr Lee (son article le plus récent sur le réovirus a été publié au début de 2013 dans Molecular Therapy) montrent que le virus stimule aussi le système immunitaire de l'organisme pour attaquer les tumeurs.

Le Dr Matt Coffey était, avec le Dr Lee, coauteur de l'article original publié en 1998. Il dirige maintenant l'exploitation de la firme Oncolytics Biotech inc. de Calgary, qui tente d'amener le réovirus en milieu clinique au moyen d'un traitement appelé ReolysinMD. L'entreprise procède à l'essai clinique de phase III dans 14 pays, la dernière étape avant d'obtenir l'autorisation de commercialiser un nouveau médicament. Reolysin est administré par voie intraveineuse en combinaison avec la chimiothérapie pour s'attaquer aux tumeurs de la tête et du cou. Avec la permission d'Oncolytics Biotech inc. et de BioDigital.

Un logiciel d'enquête aide à analyser les lacunes dans les soins

D'abord un outil d'enquête portatif, un logiciel aide maintenant à transformer des quantités de données non intégrées en information utile pour éclairer la prise de décisions. Le travail a commencé en 2005 lorsque la Dre Anne Snowdon a demandé au Dr Robert Kent de l'école des sciences informatiques de l'Université de Windsor de créer un logiciel pour compiler, sur BlackBerry, les données d'un sondage sur les sièges pour enfant, destinées à Transports Canada. Un hôpital local a chargé l'équipe de mettre au point un outil de suivi pour recueillir les données afin de trouver rapidement des moyens de prévenir les chutes chez les patients âgés.

En 2010, la Dre Snowdon a dirigé une initiative en partenariat avec le Réseau local d'intégration des services de santé d'Érié St-Clair – un des 14 réseaux en Ontario – pour examiner l'utilisation des services de santé de première ligne dans la région. Le logiciel mis au point permet de télécharger et d'analyser des données anonymisées à partir des dossiers administratifs des hôpitaux, de l'Assurance-santé de l'Ontario, des services médicaux d'urgence et de Télésanté Ontario pour cerner les lacunes dans les soins. La Dre Snowdon, maintenant présidente du Centre international pour l'innovation en santé à la Richard Ivey School of Business de l'Université Western, et ses collègues ont déposé une demande de brevet et discutent de l'utilisation de ce logiciel avec plusieurs ministères provinciaux de la Santé.

Un vaccin pourrait-il prévenir la maladie d'Alzheimer?

Des chercheurs de l'Université Laval et du Centre hospitalier universitaire de Québec travaillent à la mise au point d'un vaccin qui pourrait aider à prévenir, voire traiter la maladie d'Alzheimer. La maladie est caractérisée par l'accumulation de molécules bêta-amyloïdes toxiques dans le cerveau. Les cellules immunitaires étant incapables d'éliminer ces molécules, elles s'agglutinent pour former des plaques (voir ci-contre).

Le Dr Serge Rivest et son équipe étudient la possibilité d'utiliser le lipide A monophosphoryle (MPL) pour activer les cellules immunitaires du cerveau et éliminer les molécules bêta-amyloïdes. Dans une étude récente, ils ont pu éliminer une quantité importante de molécules bêta-amyloïdes et améliorer la fonction cognitive de souris atteintes d'Alzheimer. Les résultats de cette étude sont publiés dans Proceedings of the National Academy of Sciences. La reproduction de ces résultats chez l'humain représenterait une percée majeure dans la lutte contre l'Alzheimer. Les chercheurs travaillent avec GlaxoSmithKline, la compagnie pharmaceutique qui a mis au point et testé la molécule MPL comme adjuvant de vaccin.

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