Lauréats du prix Âge+

Juillet 2014 – Lauréat du prix Âge+ : Cédric Annweiler
Université Western

La vitamine D et le cortex moteur primaire caudal : étude de spectroscopie par résonance magnétique

Le risque de chute chez les personnes âgées représente une importante préoccupation digne d'attention. Les suppléments de vitamine D se sont avérés efficaces pour prévenir les chutes chez les personnes âgées, mais leur mécanisme d'action demeure inexpliqué. La recherche de Cédric visait à clarifier si le taux de vitamine D dans le sang est lié à la santé du cerveau, en particulier dans les zones essentielles à la fonction motrice des membres inférieurs.

Utilisant la cohorte d'une étude du laboratoire Gait and Brain, Cédric et son équipe de recherche ont employé une technique d'imagerie métabolique appelée spectroscopie par résonance magnétique du proton pour mesurer la fonction neuronale dans le cortex moteur primaire caudal, l'intégrateur final du programme moteur cérébral. Une analyse sanguine a été effectuée au même moment pour déterminer le taux sérique de vitamine D.

Les résultats prouvent pour la première fois que la fonction neuronale dans le cerveau est sensible au taux de vitamine D chez les personnes âgées. Ces découvertes offrent un mécanisme puissant pour mieux comprendre le déclin de la mobilité chez les adultes âgés présentant une hypovitaminose D, et possiblement pour améliorer le contrôle général de la démarche, prévenir les chutes et maintenir la fonction à un âge avancé.

Le thème de l'étude, en santé et en physiologie, cadrait directement avec le plan de carrière de Cédric, qui veut combiner pratique médicale et recherche clinique dans le but d'améliorer la santé humaine. L'étude lui a en outre offert la possibilité d'établir des collaborations avec des scientifiques et des chercheurs universitaires de renom. Au terme de ses études postdoctorales, Cédric a été nommé professeur agrégé de médecine interne, de gériatrie et de biologie du vieillissement à la Faculté de médecine d'Angers, en France, et chef de la Division de gériatrie aiguë au Centre hospitalier universitaire d'Angers. Il est également professeur auxiliaire de recherche à l'Institut de recherche Robarts de l'Université Western, à London (Ontario).


Juillet 2014 – Lauréat du prix Âge+ : Alexandru Hanganu
Institut universitaire de gériatrie de Montréal

Une déficience cognitive légère est associée, avec le temps, à un taux plus rapide d'amincissement du cortex cérébral chez les patients atteints de la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson touche près de 10 % des personnes de plus de 80 ans, et jusqu'à 40 % de celles ci présentent des déficits cognitifs. Les résultats de notre étude peuvent servir à reconnaître les premiers changements dans le cerveau associés à la déficience cognitive et prévenir l'évolution de ce trouble.

Nous avons analysé l'IRM de deux groupes de patients parkinsoniens – certains présentant une légère déficience cognitive et certains dont la cognition était intacte – à deux moments distincts. Nous avons analysé les changements dans l'épaisseur du cortex cérébral et les volumes des structures sous corticales avec le temps, puis comparé ces données à celles d'un groupe témoin constitué de sujets en santé.

L'étude est la première à montrer quelles zones du cerveau sont en cause dans la déficience cognitive chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Ces zones rendront un jour possible l'emploi de stratégies de prise en charge nécessaires pour prévenir la déficience cognitive avant l'apparition de toute manifestation clinique.

Je suis neurologue, et je me suis concentré sur la maladie de Parkinson durant mes études doctorales et postdoctorales. Jusqu'ici, je me suis surtout intéressé dans ma carrière aux troubles du mouvement. Ma recherche postdoctorale porte sur les symptômes non moteurs chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, notamment la cognition et la dépression.

Notre recherche continue d'analyser les interrelations entre les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson et leur influence sur le cerveau. Des études futures porteront sur l'effet de la cognition, de la dépression et de l'anxiété sur le cerveau, et les méthodes permettant de préserver une bonne qualité de vie pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.


Juillet 2014 – Lauréat du prix Âge+ : Chun-Liang Hsu
Université de la Colombie Britannique

Des dérèglements des réseaux cérébraux chez les personnes âgées victimes de chute sont mis en corrélation avec le déclin cognitif subséquent : étude exploratoire prospective sur une période de 12 mois

Les chutes et la déficience cognitive sont deux « incontournables » de la vieillesse qui réduisent considérablement la qualité de vie des Canadiens âgés. Les deux sont souvent interreliées, mais les mécanismes neuraux sous jacents ne sont pas bien compris. La conception d'outils de dépistage sensibles et de stratégies de traitement pourrait bénéficier d'une compréhension des mécanismes neuraux sous jacents de la perte de mobilité.

Des personnes âgées vivant dans la communauté ayant ou non d'importants antécédents de chutes ont été recrutées aux fins de l'étude et ont été soumises à des mesures d'IRM fonctionnelle ainsi qu'à des évaluations cliniques. Nous avons comparé la connectivité fonctionnelle de nombreux réseaux cérébraux entre des personnes âgées victimes et non victimes de chute, et constaté au cours d'une période d'observation de 12 mois que d'importantes différences dans les interconnections des réseaux étaient associées à un déclin subséquent de la mobilité et de la cognition.

J'ai constaté que la signature neurale chez les personnes âgées victimes de chute était en corrélation avec un déclin accru de la fonction cognitive et de la mobilité pendant une période d'observation de 12 mois. Mes conclusions donnent donc à penser que de multiples chutes récentes pourraient être un biomarqueur de changements subcliniques dans la fonction cérébrale et d'un risque accru de déclin ultérieur chez les personnes âgées qui ne sont pas atteintes de démence et qui vivent dans la communauté. Résultat clinique potentiel à signaler de mon étude : les professionnels de la santé devraient envisager de tenir compte des antécédents de chutes lorsqu'ils évaluent le risque de démence. Reconnaître tôt les personnes à risque de démence ou de déclin cognitif permettrait une investigation et la mise en œuvre opportunes de stratégies de prévention afin de faciliter le maintien de l'autonomie fonctionnelle.

Dans mes recherches, je m'intéresse à la neuro-imagerie et à la déficience cognitive et perte de mobilité chez les personnes âgées. Ce projet constitue donc un point de départ pour mieux comprendre la base neurale qui sous tend la relation entre le déclin cognitif et la perte de mobilité chez les personnes âgées, ainsi que sa pertinence pour le vieillissement cognitif et le risque de démence.

J'en suis à ma troisième année de doctorat au Programme de sciences de la réadaptation de l'Université de la Colombie Britannique. Après ma formation, j'aimerais obtenir un poste de recherche postdoctorale dans une université ou un institut de recherche pour continuer de travailler à l'amélioration de la santé des Canadiens.


Juillet 2014 – Lauréate du prix Âge+ : Anam Islam
Université Western

Comparaison de deux méthodes pour repérer plus facilement des adultes âgés fragiles vivant dans la communauté

La fragilité est un état qui laisse les adultes âgés vulnérables à l'invalidité, au placement en établissement, aux chutes, aux fractures et au décès. Même s'il existe plusieurs modèles de dépistage de la fragilité, ils ne sont pas applicables en milieu clinique pour trouver les personnes âgées fragiles. Cette étude vise à valider une échelle de fragilité clinique (EFC), conçue pour une application facile dans les services de soins de première ligne.

Cette recherche a consisté en une analyse secondaire d'une base de données portant sur 104 adultes âgés vivant dans la communauté (âge ≥75) dont la fragilité a été mesurée selon le modèle largement accepté du phénotype de fragilité (PF). Deux cliniciens, qui ne connaissaient pas les scores selon le PF, ont appliqué indépendamment l'EFC en passant en revue les mesures de base. Les écarts entre les cliniciens dans les scores sur l'EFC ont été résolus par consensus.

L'EFC s'est révélée une mesure fiable et valide de la fragilité, offrant en plus l'avantage de la facilité d'application en milieu clinique par rapport à d'autres modèles. L'identification d'outils cliniquement sensibles pour reconnaître la fragilité pourrait permettre une détection plus précise des personnes âgées fragiles ainsi que des interventions plus précoces pour réduire le risque.

Cette étude s'inscrivait dans mon projet de thèse de maîtrise et m'a permis d'améliorer mes connaissances des méthodes de recherche clinique et des statistiques. J'ai également eu l'occasion de travailler avec des chercheurs et des cliniciens qui sont des chefs de file dans le domaine et qui m'encadrent actuellement dans ma transition d'étudiante à professionnelle de la recherche.

J'ai défendu ma thèse de maîtrise et je travaille comme coordonnatrice de la recherche au laboratoire Gait and Brain. Ma recherche porte sur la détermination et l'évaluation cliniques de la fragilité à l'aide de marqueurs de la démarche novateurs. Je suis impatiente de poursuivre une carrière en recherche clinique axée sur le thème de la fragilité.


Juillet 2014 – Lauréat du prix Âge+ : Scott Nugent
Université de Sherbrooke

Glucose dans le cerveau et métabolisme de l'acétoacétate : une comparaison entre les jeunes adultes et les adultes âgés

Il était important de faire cette recherche pour mieux comprendre les changements liés à l'âge dans l'utilisation de l'énergie cérébrale. Une meilleure compréhension pourrait nous aider à mettre au point des interventions précises contribuant à la prévention des déficits cognitifs pendant le vieillissement.

Nous avons comparé l'utilisation de l'énergie cérébrale entre des groupes d'adultes âgés de 18 à 35 ans et de plus de 65 ans. Notre recherche a montré que le vieillissement s'accompagnait d'un apport énergétique réduit de la principale source d'énergie utilisée par le cerveau (sucre glucose), mais non du carburant de réserve principal (cétones).

Ces résultats donnent à penser que le principal carburant de réserve utilisé par le cerveau, les cétones, pourrait faire partie d'une stratégie thérapeutique pour aider à compenser les déficits dans la disponibilité de glucose pour le cerveau au cours du vieillissement.

Le projet m'a procuré une expérience précieuse pour ma carrière, mon but étant de devenir un chercheur autonome en neurosciences.

Je poursuis actuellement des études postdoctorales à l'Université McGill sous la direction du Dr Rick Hoge.


Juillet 2014 – Lauréate du prix Âge+ : Linda Truong
Université Ryerson

Ami ou ennemi? Décoder les effets facilitateurs et perturbateurs de l'émotion sur la mémoire de travail chez les adultes jeunes et âgés

Nous entendons généralement parler de déclin de la mémoire chez les adultes âgés. Toutefois, il est aussi important d'étudier les capacités qui ne diminuent pas, et même s'améliorent, comme le traitement du contenu émotionnel. Ma recherche a montré que la conservation de la capacité de traitement émotionnel peut parfois réduire les pertes de mémoire chez les personnes âgées.

Des adultes jeunes et âgés devaient se rappeler certains mots cibles et ignorer d'autres mots susceptibles de les distraire. Ces mots étaient positifs (« joie »), négatifs (« cancer ») ou neutres (« pupitre »). Après une brève période, les sujets devaient répondre si un mot présenté était un mot cible, distrayant ou nouveau.

Les adultes âgés ont réussi aussi bien que les plus jeunes à cette épreuve de mémoire lorsque le mot avait une charge affective (positive ou négative). Par contre, les adultes âgés ont eu plus de difficulté à se souvenir des mots négatifs distrayants. Ces résultats illustrent des situations où le contenu émotionnel peut être utile à la mémoire, et d'autres où il ne l'est pas.

Mon objectif de carrière est d'améliorer la mémoire et les capacités d'attention des adultes âgés. Ce projet m'a montré comment la mémoire est meilleure lorsqu'on demande à ces personnes de se souvenir d'informations d'ordre affectif. J'ai l'intention d'appliquer ces conclusions pour aider à renforcer la mémoire des adultes âgés dans des situations concrètes où ils reçoivent des informations semblables.

Je termine ma dernière année d'un doctorat en psychologie. Lorsque je posséderai mon diplôme, j'espère obtenir une bourse postdoctorale pour travailler à l'amélioration des capacités chez les adultes âgés et à la promotion d'un vieillissement actif et heureux en procurant aux adultes âgés des occasions de connaître la recherche.


Janvier 2014 – Lauréate du prix Âge+ : Udunna Anazodo
Université Western

Étude de l'évolution du volume de matière grise dans certaines régions du cerveau chez les patients en cardiologie avant et après leur réadaptation cardiovasculaire

La maladie cardiovasculaire est la maladie chronique la plus courante chez les personnes âgées et compte parmi ses facteurs de risque l'hypertension, le diabète et un taux élevé de cholestérol sanguin. Ces facteurs de risque sont associés à une détérioration de la structure et de la fonction cérébrales. On connaît toutefois très peu l'effet direct de la maladie cardiovasculaire sur la santé d'un cerveau vieillissant.

Afin d'étudier les effets de la maladie cardiovasculaire sur la structure du cerveau, des comparaisons ont été faites entre le volume cérébral (matière grise) de groupes de patients en cardiologie et de témoins en santé du même âge. L'on a également comparé le volume du cerveau de ces patients avant et après six mois d'exercice pour déterminer si l'exercice – une intervention reconnue en réadaptation cardiaque – aurait aussi des effets de réadaptation neurologique.

Le volume des régions du cerveau responsables de la fonction cognitive et de la mémoire telles que les cortex préfrontal, pariétal et temporal était moindre chez les patients en cardiologie que chez les témoins. Dans certaines des régions affectées de leur cerveau, une augmentation de volume a été observée après six mois d'exercice.

De nouvelles techniques de neuroimagerie ont aussi été utilisées pour examiner les répercussions précliniques subtiles de la maladie cardiovasculaire sur un cerveau humain vieillissant. Cette étude a permis à Udunna d'utiliser ses habiletés cliniques tout en acquérant des compétences méthodologiques de recherche pratique qui l'outilleront pour faire d'elle une spécialiste chevronnée de la neuroimagerie.

Udunna complète la dernière année de son programme de doctorat et prévoit défendre sa thèse à l'automne de 2014. Elle est en quête d'une bourse de recherche postdoctorale pour continuer à étudier le cerveau vieillissant en santé à l'aide de nouvelles techniques d'imagerie in vivo.


Janvier 2014 – Gagnante du prix Âge+ : AmanPreet Badhwar
Université McGill

Altération structurelle en corrélation avec la mémoire chez les souris présentant la maladie d'Alzheimer

La maladie d'Alzheimer et les démences connexes sont les causes les plus courantes d'invalidité chez les personnes de plus de 65 ans, touchant plus de 500 000 Canadiens. Un des facteurs évolutifs de détérioration cognitive associée à la maladie d'Alzheimer pourrait être une diminution de la capacité d'adaptation structurelle du cerveau à l'évolution des besoins, processus appelé plasticité neuroanatomique.

AmanPreet, assistée des membres de son équipe de recherche, a comparé des souris présentant une dégénérescence semblable à la maladie d'Alzheimer (souris MA) à des souris normales soumises à des tâches de mémorisation et d'apprentissage. Elle a ensuite mesuré les changements de la taille des structures cérébrales à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Elle a aussi évalué les effets d'un médicament proposé pour le traitement de la maladie d'Alzheimer, la pioglitazone, sur la fonction cérébrovasculaire, la mémoire et la plasticité neuroanatomique.

Le volume de l'hippocampe, structure du cerveau importante dans la mémoire, a augmenté chez les souris normales après leur entraînement. Par contre, les souris MA n'ont pas obtenu des résultats aussi favorables sur le plan de la mémoire que les souris normales, et elles ont présenté des augmentations moins importantes du volume de l'hippocampe. La pioglitazone a grandement amélioré la fonction cérébrovasculaire, a légèrement amélioré la mémoire, mais n'a pas amélioré la plasticité neuroanatomique. Ensemble, ces observations laissent penser qu'une réduction de la plasticité neuroanatomique et une altération de la fonction des vaisseaux sanguins dans le cerveau contribuent au déclin cognitif associé à la maladie d'Alzheimer.

Actuellement, AmanPreet est boursière postdoctorale au Centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Son projet combine des méthodes d'IRM quantitatives de pointe, la tomographie par émission de positons et la génétique afin de caractériser l'étendue et la nature des anomalies métaboliques et vasculaires chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Son objectif est de devenir professeure et de réaliser des recherches translationnelles alliant la recherche fondamentale et les sciences appliquées afin d'améliorer la vie des patients atteints de démence.


Janvier 2014 – Gagnante du prix Âge+ : Sijia Cao
Université de la Colombie-Britannique

Lien entre les cytokines systémique et le polymorphisme Y402H du facteur H du complément chez les patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l'âge non exsudative

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est une cause importante de cécité et touche environ 1 million de personnes âgées au Canada. Selon les résultats de cette étude, une simple analyse de sang permettrait de cibler les patients atteints de DMLA dont l'état risque d'évoluer plus rapidement afin de prévoir des stratégies de surveillance étroite et des mesures préventives appropriées.

Dans le cadre de cette recherche, l'examen des patients a été combiné à des épreuves de laboratoire. Sijia a procédé à une évaluation de protéines particulières présentes dans le sang de patients atteints de DMLA qui permettra, en association avec le génotypage, de déterminer quels patients atteints de DMLA sont les plus à risque de subir une perte de vision.

Les données laissent penser qu'un groupe de protéines liées à l'inflammation pourraient servir de marqueurs puissants de DMLA et permettrait d'identifier les personnes âgées chez qui la maladie détectée au stade précoce est plus susceptible d'évoluer. Les résultats semblent également indiquer que les patients atteints de DMLA pourraient évaluer leur propre risque et ainsi obtenir plus rapidement des soins médicaux adaptés à leurs besoins.

Ce projet de recherche fait partie de la thèse de doctorat que Sijia prépare à l'Université de la Colombie-Britannique. Cette expérience lui permettra de planifier sa carrière de clinicienne-chercheuse et de chercheuse dans le domaine de l'ophtalmologie, et de se spécialiser en science translationnelle.

Sijia étudie au doctorat à l'Université de la Colombie-Britannique. Aujourd'hui, ses recherches portent sur les mécanismes fondamentaux de la pathogenèse de la DMLA. Cette formation devrait l'aider à atteindre ses objectifs de carrière en recherche de pointe afin de rendre accessibles de nouveaux traitements pour les maladies oculaires.


Janvier 2014 – Lauréate du prix Âge+ : Rosalie Wang
Institut de réadaptation de Toronto et Université de Toronto

Fauteuils roulants anticollision pour personnes âgées : perspectives de l'utilisateur, du fournisseur de soins et du prescripteur

Pour les personnes âgées, il est important de s'attaquer à l'importante préoccupation que représente la perte de mobilité attribuable à des problèmes de santé chroniques complexes. La mobilité est un facteur primordial de la santé et de la qualité de vie. Rosalie effectue des recherches auprès des aînés et de leurs fournisseurs de soins afin de concevoir de nouvelles technologies pour les fauteuils roulants électriques pour faciliter la mobilité et la participation des aînés.

Rosalie a tenu des entrevues en profondeur auprès des utilisateurs âgés d'un fauteuil roulant électrique, de leurs fournisseurs de soins et des prescripteurs (thérapeutes) de fauteuils électriques afin d'étudier leurs perceptions et leurs besoins en matière de technologies anticollision. Aucune analyse thématique de ce type d'innovation n'avait encore été faite auprès de ces trois groupes.

Les conclusions favorisent le recours aux technologies anticollision pour les utilisateurs âgés de fauteuils électriques. Ces technologies pourraient bénéficier aux utilisateurs actuels et à ceux ayant une déficience visuelle (pas seulement ceux qui ont une déficience physique, sensorielle ou cognitive et qui n'ont pas accès à un fauteuil roulant électrique). Les résultats servent à guider la mise au point de technologies pratiques et acceptables et soulignent la nécessité et l'importance de faire participer à leur conception les personnes âgées souvent marginalisées.

Ce projet était mené par CanWheel, une équipe pancanadienne de recherche sur le vieillissement et la mobilité financée par les IRSC. Rosalie s'estime privilégiée de collaborer avec d'extraordinaires mentors du milieu des sciences sociales, de la réadaptation et du génie, et d'apprendre d'eux. Bénéficier d'un tel groupe de soutien lui a permis d'accroître ses compétences en recherche et d'améliorer sa capacité de travailler dans le cadre de vastes collaborations multicentriques.

Rosalie a récemment accepté un poste de professeure adjointe au Département d'ergologie et d'ergothérapie de l'Université de Toronto. Elle est enthousiaste à l'idée de participer à la formation de la prochaine génération d'ergothérapeutes et continue à faire des recherches pour favoriser la santé et le bien-être des aînés au moyen d'interventions novatrices.


Octobre 2013 – Lauréat du prix Âge+ : Christian-Alexandre Castellano
Université de Sherbrooke

La fonction thyroïde et la cognition chez les personnes âgées euthyroïdiennes : étude cas témoins enchâssée dans l'étude longitudinale québécoise NuAge.

Améliorer l'espérance de vie en bonne santé des adultes vieillissants représente une importante préoccupation de notre société. Les données révèlent que le déficit en hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie) entraîne des problèmes intellectuels. Toutefois, une fonction thyroïde normale sous optimale ne semble pas accroître le risque de déclin cognitif au cours du vieillissement.

La recherche est basée sur une deuxième analyse des données archivistiques et des échantillons de plasma d'une étude antérieure. Trente et un adultes âgés en santé ont été appariés à trente et une personnes dont la mémoire avait diminué sur une période de trois ans, et une comparaison rétrospective d'analyses sanguines de la fonction thyroïde et du risque relatif de problèmes intellectuels a été effectuée.

Comme il n'y a pas de lien apparent entre l'état fonctionnel normal de la thyroïde et le risque de déclin cognitif avec l'âge, l'administration d'hormones thyroïdiennes comme stratégie préventive pour aider à compenser les problèmes de mémoire liés à l'âge n'est pas recommandée.

Le thème de l'étude – santé et physiologie – cadre parfaitement avec le plan de carrière de Christian Alexandre, soit étudier les maladies humaines avec pour objectif d'améliorer la santé. La recherche lui fournit aussi la possibilité d'établir une collaboration avec des scientifiques et des chercheurs universitaires bien établis.

Christian Alexandre vient de terminer son stage postdoctoral et a commencé à travailler comme adjoint de recherche au laboratoire de Stephen Cunnane, à l'Université de Sherbrooke. Il espère être nommé professeur à une université ou à un institut de recherche de renom dans un avenir rapproché.


Octobre 2013 – Lauréat du prix Âge+ : Caroline Ménard
Université McGill

La suppression du gène de la prodynorphine prévient le déclin cognitif, réduit l'anxiété et protège de la perte de fonction des récepteurs métabotropiques du glutamate du groupe 1 qui accompagnent le vieillissement.

Malgré l'allongement général de la vie des populations humaines, la qualité de vie varie grandement chez les personnes âgées. Certaines personnes sont actives et font partie d'un réseau social solide, tandis que d'autres souffrent de solitude et de maladies débilitantes. Une meilleure compréhension des processus conduisant aux différences individuelles pourrait aider à trouver de nouvelles cibles pharmacologiques et à mettre au point des traitements pour favoriser le vieillissement en santé des populations vulnérables.

Une étude récente a permis d'établir un lien entre l'expression du gène de la prodynorphine (Pdyn) et la fonction de la mémoire chez les humains âgés. Les dynorphines, une classe de molécules codées par ce gène, ont été associées au contrôle émotionnel et à la réaction au stress. Une souris transgénique chez laquelle l'expression de Pdyn avait été bloquée a été utilisée pour étudier le rôle de ce gène sur la cognition et les comportements liés au stress dans le vieillissement. Les souris ont été soumises à de multiples épreuves de labyrinthe et tâches, après quoi une comparaison de leur cerveau a servi à établir en quoi il contribuait à garder la mémoire intacte en dépit du vieillissement.

Caroline et son équipe de recherche ont mis en évidence un important gène, appelé prodynorphine (Pdyn), et ont proposé de nouveaux mécanismes et de nouvelles cibles pour la mise au point de médicaments pouvant empêcher la survenue de déficits cognitifs et comportementaux au cours du vieillissement normal et du vieillissement pathologique. En fait, la forte expression de Pdyn pourrait être en cause dans la pathogenèse de la maladie d'Alzheimer, de l'épilepsie, du stress post traumatique, de la toxicomanie et de la dépression.

Lorsque Caroline s'est jointe à l'équipe du Dr Rémi Quirion, elle voulait apprendre à réaliser des expériences comportementales avec des rongeurs, et elle a acquis une expertise dans l'étude du vieillissement. Elle a eu la chance de travailler sur divers modèles animaux du vieillissement et de la maladie d'Alzheimer. Caroline a aimé entraîner des souris et des rats dans des labyrinthes et les voir s'améliorer chaque jour (comme les humains!). Ce projet a également été une occasion de rencontrer de formidables collaborateurs, experts dans leur domaine, et de travailler avec eux.

Caroline est actuellement boursière postdoctorale au centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, où elle étudie l'effet de l'obésité sur la mémoire et la réaction au stress avec l'âge. Elle a l'intention d'aller aux États Unis pour terminer sa formation et essayer, dans quelques années, d'obtenir un poste de professeur.


Octobre 2013 – Lauréat du prix Âge+ : Md Moniruzzaman (Monir)
Université McMaster

Utilisation des modes de transport et distance des déplacements des aînés à Montréal

La marche est un mode de transport peu coûteux qui peut aider à suivre les recommandations en matière d'activité physique sans exiger davantage de temps si elle est intégrée au quotidien. On a donc accordé une attention particulière à la marche lors de l'étude de l'utilisation des divers modes de transport et des distances parcourues par les personnes âgées dans leurs déplacements.

En général, les habitudes de déplacement, c'est à dire la marche surtout dans la recherche de Monir, sont analysées au moyen d'une base de données établie à partir de carnets de déplacements. L'enquête sur les déplacements des ménages de Montréal est une base de données du genre, qui a été utilisée comme base de données secondaire pour créer les modèles comportementaux dans la recherche.

La densité de la population et de l'emploi, ainsi que des facteurs relatifs à l'urbanisme (densité construite, densité des rues), accroît la probabilité de la marche. Il a également été constaté que les aînés de tous âges sont plus susceptibles de marcher et de parcourir des distances relativement grandes lorsqu'ils habitent le centre de l'île de Montréal.

La recherche avait pour but d'étudier les habitudes de marche des aînés. Quand Monir l'a entreprise, il s'est rendu compte qu'un centre de vie actif était très important pour vieillir en santé. Les conclusions de l'étude allaient l'aider à diriger un centre de vie actif en y ajoutant de nouvelles perspectives.

Monir en est à sa dernière année de son programme de doctorat à l'Université McMaster. Il a l'intention ensuite d'entreprendre de nouvelles recherches, soit en tant qu'universitaire, soit dans un institut de recherche, sur la mobilité des aînés, et d'élaborer un plan futur qui contribuerait au vieillissement en santé.


Octobre 2013 – Lauréat du prix Âge+ : Lauren Ashley Watson
Université Western Ontario

La perte de la protéine ATRX induit la dysfonction des télomères, des anomalies endocriniennes et une réduction de l'espérance de vie

On saisit mal les phénomènes moléculaires qui contribuent au vieillissement. Il était donc particulièrement important de mener cette recherche afin de mieux comprendre les phénomènes en question, dans l'espoir de mettre au point un jour des traitements contre les conséquences débilitantes du vieillissement.

Se fondant sur une recension de la littérature et des résultats antérieurs, Lauren a échafaudé une hypothèse pour vérifier si la perte d'une protéine nécessaire au développement normal du cerveau pouvait entraîner des symptômes semblables à ceux du vieillissement. Elle a conçu des expériences pour vérifier cette hypothèse, a procédé à un examen critique des données, et s'est assurée qu'il existait de multiples sources de preuves avant de tirer des conclusions.

La recherche de Lauren a permis d'établir que les taux d'hormones voulus en cours de développement dépendent de l'intégrité de l'ADN des cellules de l'hypophyse. Cette découverte est importante puisque de bons taux d'hormones sont nécessaires pour prévenir des symptômes semblables à ceux du vieillissement, et parce qu'elle offre la possibilité de cibler des symptômes propres au vieillissement par l'hormonothérapie.

Ce projet de recherche a représenté une excellente occasion d'acquérir des compétences dans la conception d'expériences, la pensée critique, et de nombreuses techniques expérimentales. Comme chercheuse et chef de file de demain dans le domaine de pointe de l'épigénétique, Lauren veut combler le fossé entre les milieux scientifiques et les milieux non scientifiques en rendant les problèmes de recherche compréhensibles pour démontrer l'importance des sciences fondamentales.

Lauren en est à la cinquième année de son programme de doctorat, et elle espère se servir de cette expérience de formation unique pour mener une carrière chevauchant les domaines de la génétique moléculaire, de la neurobiologie et de l'épigénétique. Son but est de diriger un jour un laboratoire de neurogénétique moléculaire où elle serait à la tête d'un programme de recherche visant à comprendre l'étiologie moléculaire de la maladie neurologique.


Mai 2013 – Lauréat du prix Âge+ : Alexander Crizzle
Université McMaster

Pratiques autorégulatrices des conducteurs atteints de la maladie de Parkinson : fiabilité des rapports soumis par les patients

Nombre de personnes âgées trouvent très important de pouvoir conduire leur voiture pour maintenir leur autonomie. Toutefois, des affections liées à l'âge, comme la maladie de Parkinson, peuvent diminuer la capacité de conduite prudente. Comme les symptômes de cette maladie peuvent nuire à la conduite automobile, le but de l'étude était de déterminer si les personnes atteintes de la maladie de Parkinson limitaient ou évitaient certaines situations de conduite (p. ex. conduite de nuit ou sous la pluie) comparativement à des conducteurs âgés en santé.

Les participants ont été soumis à un test cognitif et ont répondu à des questions au sujet de leurs habitudes de conduite normales. Des dispositifs électroniques ont ensuite été installés dans leur véhicule pour évaluer leurs habitudes de conduite réelles (avec GPS dans un cas) sur une période de deux semaines. Les participants se sont ensuite prêtés à une entrevue.

L'étude a montré que les comportements déclarés par les conducteurs ne correspondent pas exactement à ce que révèlent des mesures plus objectives (obtenues grâce à des dispositifs à bord des véhicules). Les conducteurs atteints de la maladie de Parkinson peuvent avoir plus de problèmes de mémoire et être moins conscients de leur comportement au volant. Ces conclusions montrent que les cliniciens ou les chercheurs doivent prendre avec un grain de sel les déclarations des patients au sujet de leur conduite.

La plus grande part de la recherche d'Alexander à ce jour a porté sur des questions de sécurité routière chez les personnes âgées. L'étude dont il est question ici a permis d'utiliser la technologie pour évaluer le comportement au volant des conducteurs âgés. Le chercheur est maintenant en mesure d'utiliser le suivi par GPS pour la recherche sur la conduite automobile et d'autres projets liés à la mobilité. Alexander détient une bourse de recherche postdoctorale Michael G. DeGroote à l'École des sciences de la réadaptation de l'Université McMaster. Il souhaite plus tard obtenir un poste au sein du corps professoral afin de poursuivre ses intérêts en recherche au cours de la prochaine année.


Mai 2013 – Lauréate du prix Âge+ : Janet Pritchard
Université McMaster

Minéralisation osseuse élevée et moins hétérogène chez les adultes atteints de diabète de type 2 et d'arthrose que chez les témoins atteints uniquement d'arthrose

Les adultes atteints de diabète de type 2 ont presque deux fois plus de chances de se fracturer un os que les adultes non diabétiques. Cette constatation est inquiétante, car les fractures ostéoporotiques réduisent la qualité de vie et augmentent le risque de décès. Le but de la recherche dont il est question ici est de comprendre comment le diabète affecte la santé des os.

Aux fins de l'étude, des fragments d'os ont été prélevés chez des patients qui subissaient une arthroplastie totale de la hanche et chez qui le diabète de type 2 pouvait ou non avoir été diagnostiqué. Un microscope à fort grossissement a été utilisé pour mesurer le taux de calcium dans les échantillons.

La recherche donne à penser qu'une raison explique la fragilité des os chez les adultes âgés atteints de diabète de type 2. Les conclusions pourront servir à appuyer d'autres recherches sur des traitements de l'ostéoporose chez un groupe de personnes atteintes de diabète de type 2. Si les fractures sont prévenues, l'autonomie et la qualité de vie pourront être préservées.

Cette recherche a fait de Janet une meilleure chercheuse médicale. Elle est parvenue à maîtriser un procédé scientifique de base et à l'appliquer à un problème clinique de taille. Janet aspire à devenir une chercheuse autonome capable d'utiliser différentes techniques pour comprendre les répercussions de la maladie chronique sur l'organisme humain.

Janet est boursière postdoctorale au Département de médecine de l'Université McMaster. Elle a la chance de travailler avec divers médecins, dont des gériatres et des chirurgiens orthopédistes, à des projets qui visent à réduire les fractures et à mieux comprendre le processus du vieillissement. Elle espère trouver de nouvelles possibilités de poursuivre ses recherches dans le domaine du vieillissement.


Mai 2013 – Lauréate du prix Âge+ : Émilie Raymond
Université McGill

Sur les traces des programmes évalués qui ciblent la participation sociale des personnes âgées : proposition de typologie

La participation sociale est un but important de la politique sur le vieillissement. De nombreux programmes sociaux visent actuellement à accroître la participation sociale des personnes âgées. Toutefois, l'information au sujet des pratiques pertinentes, inclusives et efficientes dans le domaine demeure insuffisante. Notre examen de 32 programmes sociaux offre une typologie de cinq approches possibles pour favoriser la participation des personnes âgées.

Nous avons entrepris une revue de la littérature en fouillant plus de 20 bases de données dans les domaines de la santé et des sciences sociales. Nous avons retenu seulement les programmes sociaux évalués parce que nous souhaitions recueillir des données tant sur la nature que sur les résultats des programmes. Notre revue a porté sur la période de 1970 à 2011, et 32 programmes ont été analysés.

Les résultats de notre recherche offrent une orientation utile aux praticiens, aux chercheurs et aux responsables des politiques. Ils renseignent les praticiens sur les conditions favorables à la participation sociale des personnes âgées et leur offrent des exemples inspirants de programmes efficaces. Pour les chercheurs, nos résultats représentent la première tentative pour recueillir, comparer et synthétiser les données disponibles sur un sujet crucial en gérontologie. Aux responsables des politiques, notre article fournit des indices quant aux meilleures pratiques pour encourager la participation des personnes âgées, et ce, dans un cadre convivial.

Le projet de recherche dont il est question ici a permis à Émilie d'explorer un domaine innovateur et de se faire connaître comme nouvelle chercheuse en gérontologie. Ses résultats ont été utilisés dans divers cadres, notamment pour créer un atelier de formation à l'intention des praticiens sociaux, lequel s'est révélé un important moyen de jeter un pont entre la gérontologie et le travail social, domaine d'étude d'Émilie. Son article l'a également aidée à consolider sa formation en recherche.

Émilie est aujourd'hui professeure adjointe à l'Université Laval.


Janvier 2013 – Lauréat du prix Âge+ : Mohammad Auais
Université Western

Extended Exercise Program Post Hip Fracture Improves Patients' Physical Functioning: A Systematic Review and Meta-analysis

Les conclusions d'une étude longitudinale menée antérieurement par Mohammad Auais laissaient entendre que l'état fonctionnel et la qualité de vie liée à la santé des patients ayant subi une fracture de la hanche se détériorent suite à l'arrêt des services de réadaptation, c'est-à-dire lorsque les patients réintègrent la collectivité. Cette étude propose une piste de solution pour aider les patients ayant subi une fracture de la hanche à retrouver le niveau fonctionnel qu'ils avaient avant la fracture. Il a été découvert que, pour les personnes âgées ayant subi une fracture de la hanche et qui ont réintégré la collectivité, les exercices peuvent non seulement prévenir le déclin fonctionnel, mais aussi améliorer leurs capacités fonctionnelles et leur qualité de vie. Ainsi, la reprise de la vie normale au sein de la collectivité serait facilitée pour les patients âgés ayant subi une fracture de la hanche.

L'objectif de l'étude était de passer en revue toutes les recherches à ce sujet qui avaient été publiées dans le monde et d'estimer dans quelle mesure un programme d'exercices de réadaptation pourrait améliorer le fonctionnement physique (marche et équilibre, par exemple) des patients ayant subi une fracture de la hanche. Ce type de programme est offert plus longtemps dans la collectivité que les programmes de réadaptation ordinaires dont bénéficient généralement les patients ayant subi une fracture de la hanche. Suite à une revue des travaux effectués dans ce domaine, seuls les essais contrôlés randomisés de haute qualité ont été retenus. Les résultats de toutes les études admissibles ont été combinés statistiquement, c'est-à-dire par méta-analyse, pour répondre à la question posée par la recherche.

Cette revue est la première à révéler qu'une importante amélioration fonctionnelle est possible plus tard que ce que l'on pensait généralement chez les patients âgés ayant subi une fracture de la hanche. Cette amélioration semble indiquer que, contrairement aux idées reçues, il n'existe pas vraiment de « plateau » de récupération, et que cette croyance pourrait découler d'une réadaptation insuffisante. Si d'autres études corroborent ces conclusions, les pratiques et lignes directrices existantes pour les patients ayant subi une fracture de la hanche seraient susceptibles d'être modifiées.

Mohammad est persuadé que les études futures devraient porter sur la rentabilité, c'est-à-dire la valeur, des programmes étendus. Il croit que même des gains modestes au niveau de la mobilité et de l'équilibre peuvent se traduire par des économies substantielles si une deuxième fracture de la hanche est évitée ou même que l'admission à des soins de longue durée est reportée. Il a hâte que le programme d'exercices indiqué soit intégré à un programme de soins de santé multidisciplinaire complet qui englobe toutes les étapes de la récupération des patients ayant subi une fracture de la hanche. Mohammad espère aussi contribuer, grâce à ses recherches futures, non seulement à la découverte d'interventions innovatrices fondées sur des preuves qui pourraient être proposées par le système de soins de santé pour améliorer la qualité de vie des patients âgés, mais aussi à leur mise en œuvre.

Mohammad Auais est boursier postdoctoral au Centre international Ivey pour l'innovation en santé de l'Université Western. Il poursuit une carrière universitaire. Son objectif ultime est de combler l'écart entre les pratiques réelles et les soins optimaux, ce qui entraînerait une amélioration des services de santé et du sort des patients.


Janvier 2013 – Lauréate du prix Âge+ : Josie-Anne Bertrand
Université du Québec à Montréal

Color discrimination deficits in Parkinson's disease are related to cognitive impairment and white-matter alterations.

La démence est l'un des principaux problèmes liés à la maladie de Parkinson, car elle touche 80 % des patients qui souffrent de cette maladie. Il est important de comprendre la nature des déficits afin d'empêcher la démence de se développer à la longue. Cette étude porte sur un symptôme reconnu comme un facteur de risque de démence et établit un lien entre ce symptôme et des anomalies sous-jacentes du cerveau.

Les patients vus au laboratoire de recherche ont fait l'objet d'une évaluation neurologique et neuropsychologique dans le but d'évaluer leurs fonctions cérébrales, notamment leur capacité à différencier les couleurs. Après avoir pris des photos de leur cerveau à l'aide d'un tomodensitomètre, l'équipe de recherche a comparé l'intégrité des structures du cerveau à la capacité de différencier les couleurs.

Pour la première fois, cette étude a montré que les problèmes de différenciation des couleurs associés à la maladie de Parkinson étaient liés à des anomalies du cerveau plutôt qu'à des troubles de la vue. Une telle découverte semble indiquer que les anomalies visuelles sont causées par la neurodégénérescence et que les patients pourraient présenter un risque accru de souffrir de démence.

Josie-Anne espère faire carrière dans la recherche sur la maladie de Parkinson afin d'améliorer la qualité de vie des patients. Son objectif est de tenter de prévenir le développement de cette maladie. Ce projet s'inscrit donc dans le cadre de ses activités de recherche et permet de poser de nouvelles questions.

Josie-Anne Bertrand est titulaire d'une bourse postdoctorale qui lui permet d'apprendre à gérer bon nombre de projets de recherche différents et à superviser des étudiants. Son prochain objectif est de décrocher un poste de professeur dans une université et d'obtenir des subventions qui lui permettront de financer ses projets de recherche sur la maladie de Parkinson.


Janvier 2013 – Lauréat du prix Âge+ : Cyril Bories
Université Laval

Differential Balance of Prefrontal Synaptic Activity in Successful versus Unsuccessful Cognitive Aging

La modification des fonctions cognitives a des répercussions sur la vie de bon nombre de personnes âgées. Ces problèmes sont particulièrement invalidants et nécessitent des soins spéciaux qui entraînent des coûts énormes pour les sociétés modernes. Il est donc d'un grand intérêt de chercher les fondements neurobiologiques de ce déclin afin d'améliorer le traitement des patients et les soins qui leur sont donnés.

Pour étudier les connexions fonctionnelles et la dynamique des circuits neuraux vieillis, l'équipe de recherche a utilisé une combinaison d'évaluations électrophysiologiques, morphologiques et comportementales de pointe chez les rongeurs. Cette étude comportait des enregistrements patch clamp in vitro, des paradigmes exploratoires et fondés sur la mémoire, ainsi qu'une analyse morphométrique approfondie de cellules isolées.

Les résultats obtenus en interprétant les fondements neurobiologiques du déclin cognitif lié à l'âge contribueront au traitement de ce déclin grâce au perfectionnement de l'intervention pharmacologique. Conformément aux observations de l'équipe, plusieurs études ont déjà révélé que les interventions pharmacologiques améliorent rapidement le rendement cognitif chez les rongeurs.

Ce projet de recherche a permis à M. Bories de diversifier son expérience de travail et ses connaissances de base en neuroscience. En plus d'acquérir de l'expérience en laboratoire, il a amélioré ses compétences en analyse de données et de statistiques. Ce projet a aussi facilité et amélioré les occasions de collaboration avec d'autres groupes internationaux.

Les interactions avec les médecins, les pairs et de vastes auditoires afin de favoriser les échanges scientifiques et les projets de collaboration sont l'un des aspects les plus intéressants du travail des chercheurs. Afin de faciliter ces interactions, Cyril Bories, en plus de faire des recherches sur les troubles cérébraux, entreprendra un MBA spécialisé pour acquérir de nouvelles compétences en gestion pharmaceutique et de systèmes de santé.


Janvier 2013 – Lauréate du prix Âge+ : Andrée-Ann Cyr
Université de Toronto

Updating misconceptions: Effects of age and confidence

La plupart des Canadiens ne souffriront pas de démence en vieillissant et voudront préserver leurs facultés d'apprentissage en étudiant ou en travaillant. Cette étude laisse entendre que notre capacité à rectifier les idées fausses liées aux connaissances générales demeure relativement intacte malgré la perte de mémoire liée au vieillissement. Voilà une bonne nouvelle pour ceux qui ne veulent pas cesser d'apprendre!

Comme Andrée-Ann voulait imiter l'apprentissage au quotidien, elle a demandé aux participants de répondre à des questions de connaissances générales selon une méthode de rappel libre ou de choix multiples, et a évalué le degré de confiance des participants en leurs réponses. Une fois la rétroaction donnée, les participants ont répondu à nouveau aux questions et l'équipe de recherche a étudié si la faculté de rectifier les idées fausses était fonction de la confiance qui avait été manifestée par les participants à l'origine.

Les résultats de l'étude démontrent que la façon qu'ont les adultes jeunes et âgés de rectifier leurs erreurs, qui sont plutôt inévitables en période d'apprentissage, est très semblable. Cependant, l'étude a souligné la nécessité de remédier aux expériences « sur le bout de la langue » plus fréquentes chez les adultes âgés : les aînés connaissent beaucoup de faits, mais ne sont pas toujours capables de se les remémorer sans aide.

L'objectif de recherche à long terme d'Andrée-Ann est de combler l'écart entre les conclusions des recherches fondamentales en vieillissement cognitif et la pratique éducative et clinique. Cette étude illustre ses intérêts, car elle a été alimentée par la recherche cognitive sur la correction des erreurs. Ces connaissances ont ensuite été utilisées pour étudier les différences liées à l'âge dans la rectification d'idées fausses au quotidien.

Andrée-Ann Cyr est étudiante au doctorat en psychologie à l'Université de Toronto sous la supervision de Nicole Anderson. Elle prévoit défendre sa thèse à l'automne 2013 et a hâte de poursuivre ses activités de recherche dans le cadre d'une bourse postdoctorale.


Janvier 2013 – Lauréat du prix Âge+ : Nicolas Martin
Université de Montréal

Topography of age-related changes in sleep spindles

Nous savons que les habitudes de sommeil changent beaucoup en vieillissant. Ces changements peuvent être causés par le vieillissement du cerveau qui modifie la dynamique neurale qui sous-tend le sommeil. Cette étude visait à expliquer de quelle façon le fuseau du sommeil, un phénomène neural clé qui reflète les fonctions de sommeil et de mémoire, se transforme lors du vieillissement normal du cerveau.

Au total, 114 participants en santé âgés de 20 à 73 ans se sont présentés au laboratoire de recherche pour une nuit de sommeil habituelle. En mettant des électrodes sur la tête des participants, l'équipe de recherche a pu mesurer l'activité neurale de leur cerveau et comparer la quantité et la qualité des fuseaux du sommeil chez les participants jeunes, d'âge moyen et âgés.

Cette étude a permis à l'équipe de déterminer les aspects du fuseau du sommeil qui changent en vieillissant et les endroits du cerveau où ces changements sont les plus apparents. Ces connaissances orienteront les efforts de l'équipe en vue de comprendre et de prévenir les problèmes de sommeil et de mémoire chez la population âgée.

Le projet a permis à M. Martin d'acquérir de très précieuses connaissances sur le fonctionnement du cerveau et les effets du vieillissement sur le cerveau. Cette expérience lui permettra, à titre de futur psychologue et expert du sommeil, de trouver de meilleures façons d'optimiser la qualité du sommeil des Canadiens de tous les âges.

Une fois qu'il aura terminé son stage en milieu clinique et sa thèse de recherche, Nicolas entend poursuivre ses travaux dans les domaines de la psychologie et du sommeil, en combinant la portée individuelle de la pratique clinique et les objectifs plus vastes de la recherche scientifique.

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