POP Nouvelles – Automne 2013, volume 2, numéro 6

Table des matières


Message de la directrice scientifique

Le début d'une nouvelle année offre l'occasion de faire le bilan de l'année qui vient de passer. De nouveaux membres se sont joints à notre équipe, beaucoup d'efforts ont été consacrés aux initiatives phares des IRSC et à des possibilités à l'international.

Nous avons accueilli de nouveaux membres au CCI : le Dr Michael Brauer, professeur à l'École de la santé publique et des populations de l'Université de la C.-B., la Dre Maureen Markle-Reid, professeure agrégée à l'École des sciences infirmières de l'Université McMaster, et la Dre Barbara Riley, directrice générale du Propel Centre for Population Health Impact (centre pour l'avancement de la santé des populations Propel). Nous comptons sur leur apport à notre conseil. Malheureusement, cela signifie que nous avons dû faire des adieux. James Blanchard, Roy Cameron et Jeannie Shoveller ont terminé leur mandat au sein du CCI. Ils ont contribué de façon exceptionnelle aux travaux du conseil et ils nous manqueront. Toutefois, nous espérons qu'ils continueront de collaborer avec notre institut.

Nous avons accueilli de nouveaux employés à l'ISPP. Jessica Lepinski a été embauchée à titre d'adjointe administrative et Katherine Cole comme nouvelle associée des initiatives stratégiques.

Les initiatives phares des IRSC offrent des occasions de faire progresser de manière stratégique nos travaux. Nous continuons de codiriger les initiatives phares Soins de santé communautaires de première ligne (SSCPL) et Voies de l'équité en santé pour les Autochtones. Il y a eu des progrès importants dans ces deux programmes l'an dernier, à savoir : le financement d'équipes de SSCPL et l'organisation de leur première réunion du comité directeur technique mixte, le lancement des subventions de développement pour le Réseau de la SRAP sur les innovations en soins de santé de première ligne et intégrés, et le lancement de plusieurs volets de l'initiative Voies de l'équité (les Partenaires pour l'engagement et l'échange des connaissances (PEEC)), la déclaration d'intérêts pour les subventions d'équipe de recherche sur la mise en œuvre et les initiatives connexes, y compris le nouveau lancement des Chaires en santé publique appliquée avec l'Agence de santé publique du Canada et des partenaires, et l'appel de demandes sur la prévention et traitement du diabète de type 2 de l'Alliance mondiale pour les maladies chroniques. Nous avons aussi dirigé les travaux sur une initiative phare proposée, Environnements et santé, consistant en de nombreuses consultations, qui ont abouti à un forum national en mai, dont les conclusions ont servi à façonner l'orientation de cette initiative phare.

Les possibilités actuelles de financement stratégique de l'ISPP comprenaient celles qui ont été lancées de nouveau dans le cadre du concours sur l'Initiative de recherche interventionnelle en santé des populations et les Chaires en santé publique appliquée. Les stagiaires, les chercheurs en début de carrière et les chercheurs établis, ainsi que les utilisateurs de connaissances sont toujours encouragés à envisager un de nos nombreux programmes de financement offerts dans le cadre de notre Programme d'appui communautaire, notamment les bourses de voyage et les bourses de perfectionnement professionnel.

Notre équipe a participé à de nombreuses conférences nationales et internationales.

La 21e Conférence mondiale sur la promotion de la santé organisée par l'Union internationale de promotion de la santé et d'éducation pour la santé (UIPES – en anglais seuelement) a été l'un des faits saillants. Au nombre des participants, plus de 50 délégués canadiens, dont la présence était palpable aux nombreuses séances plénières, réunions en petits groupes et présentations de résumés. Notre institut a organisé, avec le groupe de travail mondial sur la recherche pour la promotion de la santé de l'UIPES, une réunion des organismes de financement de la recherche pour la promotion de la santé. Ce groupe, dont le travail est décrit dans un article d'Éric Breton publié dans POP Nouvelles, vise la promotion de la recherche en santé à l'échelle internationale et l'accroissement des investissements dans le domaine. Le bulletin publie aussi un article d'un groupe de candidats au doctorat de l'École de santé publique de l'Université de Montréal qui a organisé un congrès des plus stimulants sur les dilemmes éthiques de la recherche sur la promotion de la santé.

L'Association des écoles de santé publique de la région européenne (ASPHER) a organisé le Forum annuel des jeunes chercheurs de 2013 dans le cadre de la Conférence européenne sur la santé publique à Bruxelles, en Belgique, en collaboration avec notre institut. Le Forum des jeunes chercheurs offre aux chercheurs de deuxième et troisième cycles et de niveau postdoctoral une occasion unique de présenter leurs travaux à un auditoire trié sur le volet incluant des pairs et des membres clés du milieu européen de la santé publique.

Trois Canadiens au programme de cet événement ont connu beaucoup de succès. Il y avait trois prix pour chacune des présentations orales et des présentations par affiches, et Nicoleta Cutumisu, une des présentatrices canadiennes, a obtenu le 3e prix pour la présentation orale. Elle a présenté les travaux qu'elle a réalisés en tant qu'étudiante au doctorat à l'Université de l'Alberta concernant l'influence de l'environnement alimentaire sur l'embonpoint ou l'obésité.

Santé publique 2014, la conférence annuelle de l'Association canadienne de santé publique, présentera un Forum conjoint des jeunes chercheurs Canada-Europe.

Surveillez la prochaine année qui sera toute aussi emballante!

Les chaires de recherche appliquée en santé publique : la voie vers des pratiques fondées sur des données probantes

Les cinq dernières années ont été bien remplies pour Lise Gauvin, chercheuse à l'Université de Montréal.

Elle a étudié les impacts sur la santé de programmes de vélos en libre-service à Montréal, a examiné comment des projets communautaires favorisent le transport actif, et s'est faite la championne de politiques et de programmes qui aident les gens à demeurer physiquement actifs.

La majeure partie de ce travail – consistant à mettre au point des pratiques fondées sur des données probantes qui visent à transformer les quartiers et à promouvoir des modes de vie plus sains – a été rendue possible grâce à la chaire de recherche appliquée en santé publique attribuée à la Dre Gauvin.

Dans le cadre de ce programme de chaires, des chercheurs reçoivent près d'un million de dollars sur cinq ans pour se livrer à des travaux de recherche interventionnelle innovateurs en santé publique, et nouer des liens solides avec des organismes de santé publique et des groupes œuvrant dans d'autres secteurs que la santé. La Dre Gauvin a parlé des possibilités qu'offre ce genre de programme lors d'un exposé à la conférence de l'Union internationale de promotion de la santé et d'éducation pour la santé (UIPES), en Thaïlande, l'été dernier.

Le Programme de chaires de recherche appliquée en santé publique est financé par l'ISPP des IRSC, l'Agence de la santé publique du Canada et d'autres partenaires.

L'ISPP des IRSC et ses partenaires ont procédé à un autre lancement du Programme de chaires de recherche appliquée en santé publique afin d'allouer près d'un million de dollars sur cinq ans à des chercheurs qualifiés pour élaborer des solutions innovatrices axées sur la santé des populations à des problèmes économiques, sociaux et environnementaux mondiaux.

Première rencontre annuelle des équipes d'innovation en soins de santé communautaires de première ligne (SSCPL)

Les équipes d'innovation en SSCPL constituent un programme modèle important de l'initiative phare des IRSC en SSCPL, codirigée par l'ISPP et l'Institut des services et des politiques de la santé (ISPS). L'investissement de 33 millions de dollars fait en avril 2013 par les IRSC et leurs partenaires a permis de financer 12 équipes de classe mondiale qui dirigeront des programmes de recherche intergouvernementaux hautement innovateurs au cours des cinq prochaines années afin d'améliorer la prestation de SSCPL de haute qualité au Canada et à l'étranger. La recherche des équipes porte sur deux aspects prioritaires des SSCPL, soit l'amélioration de la prévention et de la prise en charge des maladies chroniques, et la réduction des inégalités dans l'accès aux soins de santé et les résultats cliniques pour les populations vulnérables.

L'ISPS et l'ISPP ont été les hôtes de la première rencontre annuelle des équipes les 28 et 29 octobre à Toronto (Ontario). Étaient présents les chercheurs et les décideurs principaux de chaque équipe, de même que les partenaires financiers, afin de créer un forum d'échange de connaissances et de collaboration inter-équipe. Les équipes ont présenté leurs programmes de recherche intergouvernementaux, les impacts anticipés, et elles ont mentionné les principales possibilités d'apprentissage transversal et de collaboration dans la recherche, le renforcement des capacités, l'application des connaissances et l'évaluation.

Une séance, dirigée en partenariat avec l'Institut canadien d'information sur la santé, pour définir un ensemble commun de mesures contextuelles et de mesures de résultats à utiliser par chaque équipe, a permis de démontrer la possibilité d'optimiser l'apprentissage cumulatif des équipes et du programme dans son ensemble, et d'aider à faire en sorte que les modèles de prestation des SSCPL des équipes soient pertinents dans divers milieux et contextes.

Pour en savoir davantage sur les 12 équipes d'innovation en SSCPL, consultez le site Web de l'initiative phare sur les SSCPL

Réflexion sur les dilemmes éthiques en recherche sur la promotion de la santé

Par Catherine M. Jones, Martine Shareck, Marie-Claude Tremblay, Laura Pryor, Christelle Clary

Dans le cadre de la 21e Conférence mondiale sur la promotion de la santé, un groupe de candidats au doctorat de l'École de santé publique de l'Université de Montréal a organisé un congrès1 sur les dilemmes éthiques en recherche sur la promotion de la santé (PS). Le congrès avait pour objectifs 1) de sensibiliser les chercheurs en PS aux questions éthiques qui peuvent se présenter dans leurs travaux, ou qui peuvent en résulter, 2) de réfléchir aux implications de ces questions et 3) d'établir un dialogue entre les éthiciens et les chercheurs en PS.

Cette activité est née de l'idée que les chercheurs en PS sont moralement responsables de remettre en question leur travail en raison du caractère normatif et ancré dans les valeurs de la recherche en promotion de la santé. En abordant l'éthique dans une perspective large, le congrès a fourni aux panélistes un espace pour poser un regard critique sur les questions éthiques que suscitent leurs recherches sur l'obésité, les environnements et l'évaluation des interventions de PS. Diverses questions ont été soulevées, dont les implications ont ensuite fait l'objet de discussions. On a notamment souligné l'effet potentiellement stigmatisant des typologies construites par les chercheurs en PS afin de classer des populations, des environnements et des comportements. Les panélistes ont aussi remis en question les implications d'une éthique normative appliquée à l'évaluation des interventions en PS. La discussion avec l'auditoire a fait ressortir les dangers de l'emploi des étiquettes utilisées en recherche pour établir des priorités en matière de programmes, de répartition des ressources et d'élaboration de politiques publiques. Une exploration plus approfondie de ces implications serait facilitée par des discussions interdisciplinaires visant à identifier des ressources, des stratégies et des solutions. Le symposium a fait une modeste contribution au domaine émergent de l'éthique de la santé publique et des populations, en illustrant comment les pratiques réflexives des chercheurs peuvent contribuer à cerner les questions éthiques produites et rencontrées par la recherche sur la PS.

Lien entre le poids et l'environnement alimentaire du quartier chez les enfants de 4 à 5 ans à Edmonton, Canada

Par Nicoleta Cutumisu, Jodie A. Stearns, Normand Boule et John C. Spence

L'environnement bâti qui favorise la sédentarité et la consommation d'aliments malsains risque de contribuer à un taux élevé d'obésité infantile à l'échelle mondiale. Pourtant, le lien entre le statut pondéral des enfants et leur exposition à un environnement alimentaire malsain n'est pas parfaitement compris. Notre étude porte sur ce lien chez des enfants âgés de 4 ou de 5 ans, recrutés entre 2005 et 2007 à Edmonton, en Alberta. Nous avons constaté qu'une exposition à des sources d'aliments malsains était associée à une probabilité accrue de surcharge pondérale ou d'obésité chez les enfants, suggérant ainsi que des interventions et des programmes de santé publique devraient être axés sur l'amélioration de l'accès aux aliments sains. Par cette étude, nous avons reçu le troisième prix de la meilleure recherche au Forum des jeunes chercheurs, organisé par l'Association des écoles de santé publique de la région européenne (ASPHER) en collaboration avec l'Institut de la santé publique et des populations des Instituts de recherche en santé du Canada (ISPP des IRSC), dans le cadre de la 6e Conférence européenne sur la santé publique (Bruxelles, du 13 au 16 novembre 2013). Le Forum des jeunes chercheurs a constitué pour les étudiants canadiens participants l'occasion tout indiquée d'échanger des idées novatrices relatives aux questions de recherche en santé publique, d'intérêt pour les contextes canadien et européen. Le Forum a en outre permis aux participants de souligner le rôle des jeunes chercheurs pour définir de nouvelles orientations visant l'avancement de la recherche en santé publique.

Activité satellite sur la recherche en promotion de la santé

Par Éric Breton

Le groupe de travail mondial de l'UIPES sur la recherche en promotion de la santé vise à stimuler le développement de la recherche en promotion de la santé et la création de réseaux universitaires. Au niveau mondial, le groupe joue un rôle de chef de file dans le développement des capacités de recherche nationales en promotion de la santé, en tirant profit du vaste réseau de l'UIPES.

En appui à cet objectif, l'équipe dirigée par le professeur Éric Breton, titulaire d'une chaire de recherche en promotion de la santé de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES), situé à l'École des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes, en France, a organisé une activité en marge de la 21e Conférence mondiale sur la promotion de la santé de l'UIPES.

L'activité d'une journée, sous le thème « Renforcement de la recherche en promotion de la santé », a réuni plus d'une trentaine de chercheurs et d'étudiants pour une réflexion sur les questions épistémologiques et méthodologiques et une discussion sur leurs expériences par rapport aux obstacles à la recherche et aux possibilités de recherche. L'activité se voulait un premier pas vers la création d'un réseau de recherche international en promotion de la santé axé sur des thèmes innovateurs liés à la santé des populations.

Louise Potvin (Canada), Bengt Lindstrøm (Norvège), Antony Morgan (Angleterre), Didier Jourdan (France), Evelyne de Leeuw (Australie), David McQueen (É.-U.) et Stephan Van Den Broucke (Belgique) ont été invités à partager leurs réflexions sur un certain nombre de sujets comme la nature des données probantes, les fondements épistémologiques de la recherche en PS, les liens entre la recherche et l'élaboration des politiques et l'utilisation de la théorie sociale. Une déclaration basée sur un résumé des discussions est en préparation et sera disponible en ligne.

Footnotes

Footnote 1

Les panélistes du congrès ont reçu des bourses de voyage et de dissémination de l'IRSPUM, de l'Université de Montréal, du GRIP, de 4P et des IRSC.

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