Table ronde sur invitation : Favoriser l'intégration des notions de genre et de sexe à la recherche en santé

Organisée conjointement par l'Institut de la santé des femmes et des hommes des Instituts de recherche en santé du Canada et l'Association européenne de rédacteurs d'ouvrages scientifiques

12 novembre 2013
Washington, DC

Survol

L'Institut de la santé des femmes et des hommes (ISFH) des IRSC et l'Association européenne de rédacteurs d'ouvrages scientifiques (EASE) ont organisé ensemble un forum international interactif au cours duquel les participants ont pu échanger de l'information et des pratiques exemplaires visant à favoriser l'intégration des notions de genre et de sexe à la recherche en santé.

Objectifs

Le forum avait trois objectifs :

  • Échanger de l'information sur les politiques, approches et pratiques actuelles qui favorisent l'intégration des notions de genre et de sexe à l'ensemble des domaines de recherche en santé
  • Échanger des pratiques exemplaires pour intégrer les notions de genre et de sexe à la filière de la recheche (préparation des demandes de subvention, évaluation par les pairs, publication, rédaction dans des revues spécialisées et communication scientifique)
  • Favoriser l'établissement de liens et explorer d'éventuelles collaborations

Thèmes clés et interventions proposées

Quelques grands thèmes sont ressortis des discussions au forum :

Intégrer les notions de genre et de sexe dans notre façon de faire des sciences

  • Dans nos discussions sur les dimensions genrées de la science et de la recherche, les participants ont noté que la question de savoir qui fait de la recherche scientifique (c. à d. la participation des femmes à la recherche et dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques) est souvent associée à la question de savoir comment se fait la recherche scientifique (c.-à-d. l'intégration des notions de genre et de sexe tout au long du processus de recherche). Les deux sujets sont importants pour l'innovation et la diversité de la recherche et, bien qu'ils soient liés, il vaut mieux, d'un point de vue stratégique, les aborder séparément.
  • Dans ce contexte, nos discussions ont porté principalement sur le genre et le sexe dans notre façon de faire de la recherche scientifique – en particulier, l'intégration des notions de genre et de sexe au continuum de la recherche en santé.
  • Pour réussir, il faudra que des mesures soient prises sur divers fronts par une gamme d'intervenants, y compris les bailleurs de fonds de la recherche, les responsables des politiques, les chercheurs, les cliniciens, les représentants de l'industrie, les rédacteurs et les éditeurs des revues spécialisées, les pairs évaluateurs, etc.
  • Plusieurs participants ont fait valoir les possibilités propres à l'engagement précoce et continu avec l'industrie – par exemple pour faciliter l'accès aux données privées qui pourraient contenir d'importantes constatations sur le plan du genre et du sexe.

Collaborer pour sensibiliser

  • La collaboration est déterminante – notamment la collaboration entre domaines et disciplines, et la collaboration entre organismes et pays. L'Europe fait preuve de leadership pour appuyer les collaborations internationales sur le genre et le sexe. À preuve, citons les initiatives Gendered Innovations, ERA-NET (le réseau de l'espace européen de la recherche de GENDER-NET) et GenderSTE de COST.
  • Il faut sensibiliser les intervenants au fait que le genre et le sexe ont une incidence sur la santé de tous les peuples, et qu'il s'agit là de sujets importants, non seulement pour la santé des filles et des femmes, mais aussi pour la santé des garçons et des hommes. Nous devons rejeter l'idée reçue selon laquelle la question du genre ne concerne que la femme.

Innovation méthodologique

  • Dans les domaines où l'intégration des considérations de genre et de sexe est inexistante ou presque, il faut opérer des changements dans la pratique – par exemple, encourager la stratification des données selon le sexe ou le genre. Dans d'autres domaines, il est déterminant que nous allions plus loin encore pour examiner en profondeur et avec soin les liens complexes entre le genre, le sexe et la santé.
  • Les participants conviennent que diverses formes d'innovation méthodologique bénéficieront à la recherche sur le genre, le sexe et la santé :
    • Recours généralisé à des méthodes de recherche qui se sont révélées utiles pour générer des données significatives sur le genre et le sexe
    • Faire appel à la créativité pour explorer et adopter des méthodes issues d'un domaine ou d'une discipline autre – par exemple, dans les situations où une méthode qui existe déjà dans un domaine peut servir à la recherche sur le genre et le sexe dans un autre domaine, ou lorsqu'une méthode qui existe déjà peut être appliquée dans un nouveau contexte de recherche sur le genre et le sexe

Politiques de recherche

  • Les politiques de recherche peuvent être un moteur important de l'intégration – par exemple, l'exigence des IRSC selon laquelle tous les candidats à du financement doivent répondre à des questions sur le genre et le sexe. Les politiques doivent être conçues pour favoriser l'action et la reddition de comptes. Dans la mesure du possible, les critères de l'évaluation par les pairs doivent renvoyer spécifiquement à l'intégration significative et appropirée des notions de genre et de sexe. Les revues spécialisées doivent exiger des auteurs potentiels qu'ils tiennent compte des notions de genre et de sexe dans leurs écrits.
  • Les revues spécialisées doivent exiger des auteurs potentiels qu'ils tiennent compte des notions de genre et de sexe dans leurs manuscrits. Le comité des politiques sur le genre de l'Association européenne de rédacteurs d'ouvrages scientifiques (EASE) prépare une norme commune qui pourra être utilisée par les revues scientifiques et médicales pour élaborer leurs politiques sur le sexe et le genre et combler les lacunes dans les communications scientifiques, en ce qui concerne tant les rapports sur les différences liées au sexe et au genre, le cas échéant, que la participation biaisée des hommes et des femmes dans les publications scientifiques.
  • Les participants s'entendent pour dire que, malgré certaines difficultés, le contexte se prête particulièrement bien à l'intégration des notions de genre et de sexe et à l'innovation dans le domaine de la recherche et des politiques.

Développement de la capacité

  • Le développement de la capacité est une priorité. Il faut donner de la formation sur l'intégration des notions de genre et de sexe.

Participants

Janine Austin Clayton, directrice, Office of Research on Women's Health, National Institutes of Health

Hans Borchgrevink, conseiller spécial, Directeur général et personnel international, Conseil de recherche de la Norvège

Gina Brown, coordonnatrice, Microbicides and Women and Girls Research, Office of AIDS Research, National Institutes of Health

Simone Buitendijk, vice-rectrice, Université de Leiden; professeure titulaire de la chaire de recherche en santé des femmes et de la famille, Centre médical de l'Université Leiden

Renee Carter, coordonnatrice du programme de santé des femmes, US Food and Drug Administration

Geert J. De Vries, président, Organization for the Study of Sex Differences, et professeur, Institut des neurosciences, Université d'État de la Géorgie

Gillian Einstein, professeure agrégée, Département de psychologie, École de santé publique Dalla Lana, Université de Toronto; présidente, conseil consultatif de l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC

Abigail Forson, directrice adjointe, Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC

Florence Haseltine, membre du conseil, American Women in Science et Older Women's League; fondatrice, Society for Women's Health Research

Shirin Heidari, présidente, Comité des politiques sur le genre, EASE

Joy Johnson, directrice scientifique, Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC

Saralyn Mark, conseillère médicale en chef au programme de santé des femmes, NASA

Donna Mergler, professeure émérite, Centre de recherche interdisciplinaire sur la biologie, la santé, la société et l'environnement, Université du Québec à Montréal

Kathryn O'Callaghan, programme de santé des femmes, US Food and Drug Administration

Anne Pépin, directrice, Mission pour la place des femmes au Centre national de la recherche scientifique, France

Susan Phillips, professeure, École de médecine, Université Queen's

Londa Schiebinger, professeure d'histoire de la science John L. Hinds, Université Stanford, et directrice du projet Gendered Innovations

Zena Sharman, directrice adjointe, Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC

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