Voici les faits

Printemps 2014
Volume 2, numéro 2

Photo: Le Dr Paul Nathan de l'Université de Toronto montre que les survivants adultes d'un cancer infantile ne reçoivent pas des services adéquats de dépistage et de suivi tenant compte des effets tardifs des traitements reçus dans leur enfance.

Voici les découvreurs

Réduire les conséquences de la survie

Le Dr Paul Nathan montre que de nombreux adultes qui ont eu un cancer dans leur enfance ne reçoivent pas les soins médicaux qu'il leur faudrait.

Le découvreur : Le Dr Paul Nathan est un oncologue pédiatre dont la recherche porte sur les survivants adultes d'un cancer infantile. Près de 80 % des enfants traités pour le cancer deviennent des survivants à long terme – un triomphe indéniable de la médecine moderne. Toutefois, la chimiothérapie et la radiothérapie entraîneront pour environ les deux tiers de ces enfants des problèmes de santé à l'âge adulte, problèmes variant de malaises bénins, comme de la fatigue, à des atteintes graves comme de nouveaux cancers, une insuffisance cardiaque, l'infertilité, etc.

« La survie à un cancer infantile n'est souvent pas sans conséquence, car de nombreux traitements ont des effets secondaires à long terme », explique le Dr Nathan.

La question : Les traitements médicaux du cancer chez les enfants entraînent souvent des résultats à long terme variés et imprévisibles. Certains seront en santé une fois adultes, tandis que d'autres éprouveront des problèmes de santé de toutes sortes, attribuables aux traitements reçus dans leur enfance. Le Dr Nathan et son équipe cherchent des réponses à plusieurs questions importantes : comment devrait-on assurer le suivi des survivants adultes d'un cancer infantile pour réduire au minimum le risque d'effets tardifs des traitements reçus? Comment les médecins peuvent-ils prédire avec plus de précision quels enfants risquent le plus de subir les effets négatifs à long terme des traitements contre le cancer? Et, une fois ces enfants identifiés, comment peut-on modifier leurs traitements pour en réduire les risques?

Les faits : L'équipe du Dr Nathan a mené des études auprès d'adultes partout en Amérique du Nord qui ont eu un cancer dans leur enfance et a découvert que la plupart ne reçoivent pas les soins, les tests ou le suivi nécessaires compte tenu des risques à long terme. En fait, seul le tiers des adultes reçoit des soins adaptés aux antécédents de cancer. Le Dr Nathan a aussi découvert que même si les médecins traitants veulent fournir les soins appropriés, ils sont nombreux à estimer ne pas posséder les connaissances ou les compétences requises pour traiter cette population particulière sans le recours aux spécialistes.

La recherche du Dr Nathan a également montré que certains survivants courent un risque nettement accru de cancer colorectal une fois qu'ils ont atteint la trentaine ou la quarantaine, si bien qu'ils devraient subir des tests de dépistage plus tôt que le reste de la population.

L'équipe du Dr Nathan vient de lancer une étude sur les dommages que le traitement du cancer peut avoir sur le cœur en développement et cherche à trouver des marqueurs génétiques de vulnérabilité à l'insuffisance cardiaque suivant la chimiothérapie.

« Nous trouvons des façons de prédire avec plus de justesse quelles sont les personnes les plus à risque pour ensuite modifier les traitements. Nous essayons aussi de trouver des moyens de nous assurer que les enfants recevront les meilleurs soins de santé possible une fois adultes », affirme le Dr Nathan.

L'impact potentiel : Cette recherche aidera à trouver des traitements personnalisés pour les enfants atteints de cancer et à réduire leur risque de problèmes de santé consécutifs au traitement lorsqu'ils seront adultes. Les conclusions du Dr Nathan aideront aussi les médecins traitants à comprendre le rôle important qu'ils peuvent jouer dans le suivi des problèmes de santé à long terme des survivants adultes d'un cancer infantile.

Médecine personnalisée dans le traitement du cancer

Le risque d'avoir le cancer n'est pas le même pour tous. Les personnes atteintes d'un cancer ne réagissent pas toutes de la même façon au traitement. Les cancers ne se comportent pas tous de la même façon. Les chercheurs tentent de comprendre comment l'interaction complexe entre la génétique et l'environnement détermine la susceptibilité au cancer et comment ces connaissances peuvent servir à améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement de la maladie.

Dans le cadre de leur initiative phare sur la médecine personnalisée, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) investissent dans la recherche qui aidera à mettre au point et à appliquer une approche mieux ciblée de promotion et de rétablissement de la santé. Le numéro du printemps 2014 de Voici les faits présente plus d'information sur la recherche en médecine personnalisée.

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