Le professeur Nahum Sonenberg lauréat du prix Wolf de médecine 2014

Pionnier dans le domaine de la synthèse protéique, le professeur Nahum Sonenberg a récemment reçu un des prix Wolf de médecine de cette année. Ce prix prestigieux décerné par la Fondation Wolf, en Israël, reconnaît annuellement l'excellence en arts et en sciences depuis 1978. La cérémonie de remise de prix aura lieu à la Knesset le 1er juin 2014.

« Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) félicitent chaleureusement le professeur Sonenberg pour sa réalisation, a mentionné le Dr Alain Beaudet, président des IRSC. Cette reconnaissance témoigne de la valeur exceptionnelle de la recherche fondamentale et de ses applications potentielles. » 

Fiers d'investir dans sa recherche depuis de nombreuses années, les IRSC ont reconnu la contribution exceptionnelle du professeur Sonenberg aux sciences de la santé en lui décernant leur prix le plus prestigieux, celui du Chercheur de l'année en santé du Canada dans la recherche biomédicale et clinique, en 2009.

En découvrant le gène eIF4E, facteur essentiel à la traduction de l'information génétique, le professeur Sonenberg a aidé à créer des possibilités de réguler la synthèse protéique chez les mammifères. « Lorsqu'on ne peut réguler la quantité de protéines dans la cellule, on se retrouve avec un déséquilibre qui entraîne des maladies ou la mort », a-t-il déclaré.

Au cours des 35 dernières années à l'Université McGill, le professeur Sonenberg a continué d'explorer les implications de sa découverte initiale. Sa recherche, par exemple, a contribué à expliquer les propriétés anticancéreuses de la rapamycine, médicament créé à l'origine comme antifongique et immunosuppresseur pour les receveurs d'organe. « Sans les connaissances que nous avons acquises sur la synthèse protéique, nous n'aurions pas découvert le fonctionnement exact de ce médicament », a-t-il affirmé.

Son équipe a également montré que la prévention de la phosphorylation d'eIF4E, processus consistant à activer ou à désactiver les enzymes protéiques pour changer leur fonction, réduit la croissance tumorale. En partenariat avec une compagnie pharmaceutique, le professeur Sonenberg tente maintenant de créer de nouveaux médicaments en se fondant sur cette observation.

Même si le laboratoire du professeur Sonenberg se spécialise dans la recherche sur le cancer, ses découvertes ont permis d'en savoir plus sur l'autisme et la mémoire. De plus, son équipe et lui explorent actuellement les mécanismes biologiques à l'origine de la douleur. « Innover en sachant pertinemment qu'on ne peut pas atteindre la perfection est très intimidant, a-t-il reconnu. Le risque est grand. Il faut donc trouver les bons collaborateurs. Nous travaillons sur toutes ces maladies sans les comprendre aussi bien que les experts, mais nous pouvons tout de même apporter notre contribution. Voilà ce qui rend les sciences aussi intéressantes. »

Même si son travail a mené à de nouvelles approches thérapeutiques, c'est toujours la recherche fondamentale qui le passionne. « Lorsque je me réveille, je me demande : "Qu'est-ce qui fait que le foie est plus gros que la rate?" C'est le genre de questions très simples qu'un enfant pourrait se poser. Si nous étudions et apprenons la base, nous pouvons répondre à ces questions. »

Le professeur Dr Sonenberg, titulaire d'une chaire James McGill, travaille au département de biochimie et au Centre de recherche sur le cancer Goodman de l'Université McGill, où il enseigne depuis 1979. Il possède une maîtrise en microbiologie et immunologie de l'Université de Tel-Aviv, et un doctorat de l'Institut Weizmann des sciences de Rehovot, en Israël. Parmi ses nombreuses récompenses, il a reçu le prix international de la Fondation Gairdner en 2008 et a été nommé à l'Ordre du Canada en 2010.

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