Vecteur d'innovation en santé – Rapport annuel des Instituts de recherche en santé du Canada 2013-2014

Résultats concrets

Application à grande échelle des innovations prometteuses

L'une des priorités des IRSC consiste à utiliser la recherche en vue de mettre en œuvre, à grande échelle, les innovations qui se sont révélées efficaces à améliorer la santé ou la prestation de soins de santé. Au moyen d'investissements et de la création de partenariats, les IRSC appuient les efforts de recherche visant à stimuler la commercialisation de produits et services novateurs. Ils consacrent également de nouveaux fonds à la recherche qui étudie les facteurs menant à la mise en œuvre réussie de traitements, de nouveaux modèles de soins ou d'interventions cliniques.

En juin 2013, l'honorable Leona Aglukkaq, ancienne ministre de la Santé, a annoncé le financement de 11 équipes de recherche dans le cadre de l'initiative phare Soins de santé communautaires de première ligne. Les équipes de recherche exploreront les principaux enjeux concernant la manière de fournir à grande échelle les services de santé en dehors du milieu hospitalier.

L'utilisation de traitements et de modèles de soins innovateurs passe par la mise en place de politiques de soins de santé avant-gardistes. Les IRSC apportent une valeur ajoutée en investissant dans la recherche sur les politiques axée sur la mise en œuvre, ainsi qu'en créant des outils d'aide à la décision pour contribuer à orienter les choix en matière de politiques au sein des autorités sanitaires provinciales et territoriales. En mai 2013, la Fondation Michael-Smith pour la recherche en santé, en Colombie-Britannique, s'est jointe à 18 autres organismes canadiens – autorités sanitaires fédérales, provinciales et territoriales et autres intervenants dans le secteur des soins de santé – en tant que partenaire dans le portail du renouvellement des soins de santé fondé sur des données probantes. Ce portail, continuellement mis à jour, regroupe des documents portant sur le renouvellement des soins de santé au Canada et qui traitent de domaines prioritaires établis par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, notamment les soins de santé de première ligne, la sécurité des patients, les ressources humaines dans le secteur de la santé et les indicateurs de rendement (p. ex. la rapidité d'accès aux services).

Pour soutenir l'application efficace de la recherche en santé, nous devons également repenser les types de questions à traiter et la manière de concevoir et de mener les programmes de recherche. Ainsi, au cours du dernier exercice, les IRSC ont tenu des ateliers de « renforcement » innovateurs dans plusieurs domaines de recherche en vue de promouvoir les discussions entre chercheurs, partenaires et patients, avant même que la recherche ne commence. Ces discussions portaient sur l'utilisation des résultats de recherche, voire du processus même de recherche, et sur les utilisateurs potentiels. Une telle approche apporte de précieux éléments de réflexion quant à la manière de traduire les résultats de recherche en impact concret, le processus de recherche représentant lui-même l'une des clés du succès de la mise en œuvre.

Cette approche a été utilisée par le nouveau Réseau de recherche sur la santé mentale des adolescents de la SRAP, qui a réuni sept équipes de recherche prospective, des experts internationaux ayant déjà géré des réseaux semblables et les membres du groupe d'évaluation par les pairs, lequel comptait trois jeunes qui ont eu à composer avec le système de santé mentale.

Sortir du laboratoire les tests diagnostiques du paludisme

Le monde universitaire et l'industrie unissent leurs efforts pour concevoir un test diagnostique du paludisme rapide et efficace. La Dre Stephanie Yanow, de l'Université de l'Alberta et du Laboratoire de santé publique de l'Alberta, a créé un laboratoire sur puce en plastique permettant de diagnostiquer en milieu clinique des maladies infectieuses mortelles comme le paludisme, causé par des parasites de la famille des Plasmodium, dont le Plasmodium falciparum (voir ci-dessus). Ne mesurant que 30 mm sur 30 mm, la puce peut tester jusqu'à huit échantillons en même temps. Elle fait appel à la réaction de polymérisation en chaîne (PCR) à base d'hydrogel, technologie pouvant détecter l'ADN d'agents pathogènes présents dans les échantillons sanguins. Ce type d'outil diagnostique rapide et portatif pourrait s'avérer particulièrement utile dans les régions du monde où les maladies comme le paludisme sont répandues, et les ressources médicales, limitées. La Dre Yanow s'est associée à Aquila Diagnostic Systems inc., jeune entreprise d'Edmonton, pour offrir le dispositif sur le marché. La prochaine étape : en partenariat avec la Foundation for Innovative New Diagnostics, un projet pilote sera lancé dans une clinique de l'Ouganda pour évaluer le rendement du dispositif dans la pratique quotidienne.

Étendre les programmes communautaires pour réduire le risque cardiovasculaire

Le Dr Janusz Kaczorowski, de l'Université de Montréal, travaille à l'instauration de programmes visant à améliorer la prise en charge des maladies cardiovasculaires, non seulement chez les individus, mais aussi à l'échelle des communautés entières. Dans ses travaux précédents, le Dr Kaczorowski a démontré que la collaboration intégrative entre les ressources et organismes communautaires et les médecins de famille et pharmaciens peut réduire de façon considérable le fardeau des maladies cardiovasculaires pesant sur la communauté. Une étude, le Programme de sensibilisation à la santé cardiovasculaire (PSSC), a fait appel à des bénévoles formés pour procéder à l'évaluation des risques de maladie cardiaque chez des personnes vivant dans des communautés ontariennes choisies au hasard. Le programme de sensibilisation a permis une réduction annuelle de 9 % du nombre d'hospitalisations pour cause de crise cardiaque, d'insuffisance cardiaque globale et d'accident vasculaire cérébral dans les collectivités qui avaient bénéficié du PSSC. La prochaine étape pour le Dr Kaczorowski consiste à déterminer comment le PSSC peut être porté à grande échelle et rendu accessible à tous les Canadiens pour améliorer sensiblement la prévention et la prise en charge des maladies du cœur au sein de la communauté et de la population. Ses collègues et lui amorcent un programme de recherche de cinq ans (le C-ChAMP ), financé par les IRSC, qui vise à peaufiner cette approche et à établir les conditions nécessaires à la réussite du programme à grande échelle.

Mettre au point un traitement simple et sécuritaire contre les fibromes utérins

À l'Université Dalhousie, le Dr Daniel Boyd a créé un matériau novateur pour améliorer le traitement des fibromes utérins, des tumeurs bénignes touchant environ 70 % des femmes préménopausées et représentant l'une des principales raisons d'hystérectomie (ablation de l'utérus). Un nouveau traitement, l'embolisation, s'avère très prometteur. Il s'agit d'une intervention peu effractive durant laquelle on injecte de minuscules particules dans les vaisseaux sanguins alimentant les fibromes, ce qui oblitère les vaisseaux et provoque la régression tumorale. Les radiographies ne parviennent pas toutefois à détecter les particules habituellement utilisées, ce qui complique la tâche des médecins, car ils doivent veiller à ce que les particules implantées soient réparties correctement dans le tissu cible. Le Dr Boyd a créé l'OccluRad (voir ci-dessus), nouveau matériau constitué de minuscules perles biocompatibles entièrement radio opaques, ce qui permet aux médecins de connaître leur répartition spatiale dans le tissu cible. Sa recherche a montré que les perles peuvent être utilisées efficacement et en toute sécurité pour les embolisations. En collaboration avec le Dr Bob Abraham, le Dr Boyd a fondé l'entreprise ABK Biomedical inc. pour commercialiser l'OccluRad. Le produit pourrait être lancé sur le marché dès l'automne 2014. Avec la permission de CTV ATLANTIC.

S'associer aux pharmaciens pour détecter l'arthrose

Un nouveau programme de dépistage précoce de l'arthrose a été inauguré partout au Canada dans les pharmacies Pharmaprix et Shoppers Drug Mart. Fruit d'un partenariat entre Arthrite-recherche Canada (ARC), Arthritis Consumer Experts (ACE) et Shoppers Drug Mart, ce programme sera administré par les pharmaciens. L'arthrose est souvent diagnostiquée trop tard, les lésions aux articulations étant déjà irréversibles. Le dépistage précoce permet toutefois aux personnes atteintes d'adopter des mesures pour réduire ou prévenir l'invalidité qui s'ensuit. L'un des outils de dépistage, un questionnaire fondé sur une recherche dans sa phase initiale, appuyée par les IRSC et réalisée par la Dre Jolanda Cibere, de l'Université de la Colombie-Britannique, ne demande que quelques minutes. Dans le cadre d'un projet pilote financé par les IRSC et mené par le Dr Carlo Marra, professeur de pharmacie à l'Université de la Colombie-Britannique et chercheur à ARC, les patients dont le test se révélait positif étaient adressés à un spécialiste pour une évaluation médicale approfondie. Les pharmaciens avaient vu juste dans plus de 93 % des cas, ce qui confirme la grande efficacité du programme. En plus d'aider au diagnostic, le programme de dépistage promet également d'alléger le fardeau de l'arthrose sur le système canadien de soins de santé.

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