Exemples de recherche de l'IALA : Dr Sarvesh Logsetty

Dr Sarvesh LogsettyLe Réseau sur l'amélioration du traitement des brûlures (RATB)

Profil du réseau

Les objectifs du RATB consistent à améliorer les résultats cliniques des grands brûlés par la promotion de la recherche, à inclure ces personnes dans la conception des activités de recherche et d'échange de connaissances avec l'équipe multidisciplinaire et à optimiser l'utilisation des ressources en vue d'accélérer l'application des pratiques cliniques exemplaires. Les directeurs des six principaux centres régionaux des grands brûlés pour adultes et des quatre principaux centres pour enfants du Canada ont collaboré à la mise sur pied de ce réseau.

Profil du chercheur principal

Directeur de l'Unité des soins aux grands brûlés du Centre des sciences de la santé de Winnipeg, le Dr Logsetty est aussi professeur agrégé de chirurgie à l'Université du Manitoba, et directeur de la recherche en résidence pour la section de chirurgie plastique. Malgré son emploi du temps chargé, ce chercheur abondamment publié et membre de nombreuses organisations médicales et scientifiques a eu l'amabilité de s'arrêter aux locaux de l'IALA pour parler du nouveau RATB. Faites connaissance avec le Dr Logsetty en regardant cette vidéo.

Pourquoi les brûlures?  

Le Dr Logsetty a d'abord choisi la chirurgie pour « le contact humain direct avec les patients » et la capacité de voir les résultats immédiats des interventions médicales. C'est pour aller plus loin dans cette voie qu'il s'est spécialisé dans les brûlures. « On peut voir comment les gens se débrouillent avec le temps et comment ils réintègrent la société et surmontent leurs difficultés », explique-t-il. « Les patients nous font voir toute la résilience de la nature humaine tandis qu'ils se remettent à faire les choses qu'ils aiment et retournent dans la société dont ils font partie et apprécient la valeur. »

Attiré par le défi que représente la multidisciplinarité du traitement des brûlures, et par la satisfaction de voir les patients améliorer et reconstruire leur vie, le Dr Logsetty s'est rendu compte, sur le plan pratique, qu'il était « impossible de soigner les grands brûlés sans l'aide du personnel infirmier pour changer les pansements et s'assurer que les patients demeurent en isolement et à l'abri des infections. De même, les thérapeutes aident les gens à reprendre leurs activités, à prendre en charge leurs cicatrices et à maintenir leurs fonctions. Quant aux nutritionnistes et aux diététistes, ils s'assurent que les plaies guérissent bien et continuent dans cette voie à l'aide des nutriments de base. Enfin, les psychologues, les psychiatres, les travailleurs sociaux et même les préposés à l'entretien sont eux aussi essentiels, car si l'environnement des patients n'est pas contrôlé, ces derniers risquent de contracter des infections qui vont grandement assombrir leur pronostic, encore plus que beaucoup d'aspects de la médecine. »

« L'autre aspect des brûlures qui m'a intéressé est le potentiel de développement énorme et encore inconnu de ce domaine, et la possibilité de comprendre des choses […]. Des patients conservent des cicatrices sur certaines parties de leur corps, mais ne gardent aucune trace de brûlure ou de greffe sur d'autres parties. Nous ne comprenons pas les raisons de ces différences chez un même patient, et encore moins d'un patient à l'autre. La compréhension de ce phénomène pourrait s'avérer une source de progrès énormes dans la guérison des plaies et les soins aux patients. »

Ce sont ces possibilités de progrès qui ont poussé le Dr Logsetty à mettre sur pied un réseau sur le traitement des brûlures. Ayant visité la plupart des grands centres de traitement des brûlures en Amérique du Nord à titre de boursier de l'American Burn Association, le Dr Logsetty a constaté que certaines des unités de soins aux grands brûlés du Canada figurent parmi les meilleures au monde, tant au niveau des soins cliniques que de la recherche fondamentale, « mais qu'elles sont toutes débordées ».

« Bien que nous communiquions régulièrement et que nous soyons tous coopératifs, il n'y a pas de collaboration véritable sans réunions régulières ni possibilité de partage de ressources », explique-t-il. « La capacité de réunir des gens régulièrement pour faire le point sur ce qui se passe dans les laboratoires, sur le travail de collaboration, nous permet de devenir plus efficaces avec moins de ressources, et peut-être d'explorer de nouvelles idées issues de la mise en commun de deux processus de réflexion différents. »

Bien que les résultats cliniques obtenus partout au Canada figurent « parmi les meilleurs, nous ne travaillons pas de manière uniforme », selon le Dr Logsetty. « Nous utilisons des fluides, des techniques chirurgicales, des pansements légèrement différents. Cela ne veut pas dire que nous devrions tous faire la même chose, mais le fait que nous faisions les choses différemment pour atteindre le même objectif offre peut-être une possibilité d'examiner quelles sont les meilleures façons de faire. » 

La participation des grands brûlés constitue le dernier élément de la construction du réseau. « Les grands brûlés se font entendre, ils participent à nos conférences nationales et contribuent avec enthousiasme aux efforts visant à améliorer les soins », affirme le Dr Logsetty. « Au bout du compte, il est inutile de parler de créer des techniques qui n'améliorent pas la qualité de vie des grands brûlés. »

La première réunion officielle du réseau (en anglais seulement) a eu lieu à la fin de mai, dans le cadre du premier symposium canadien sur les brûlures. « Le travail est bien entamé. Nous avons déjà entrepris des enquêtes pancanadiennes pour tenter de comprendre comment divers aspects du traitement des brûlures sont pris en charge », indique le Dr Logsetty.

Pourquoi Winnipeg?

Non seulement parce que c'est la ville où travaille le Dr Logsetty, le chercheur principal, mais aussi parce que « tous les directeurs des principaux centres de grands brûlés du Canada, à titre de participants au réseau, ont convenu que Winnipeg en serait le siège. Cela témoigne de l'excellente qualité de l'infrastructure à notre disposition et de la réputation d'excellence dont nous jouissons partout au Canada ».

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