Rencontre nationale du conseil des intervenants des IRSC sur la gestion sécuritaire des médicaments prescrits aux personnes âgées au Canada

Le 23 janvier 2015, la Dre Cara Tannenbaum, nouvelle directrice scientifique de l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC également titulaire de la Chaire pharmaceutique Michel-Saucier en santé et vieillissement à l'Université de Montréal, a convié un groupe d'experts triés sur le volet à discuter d'un problème de santé grandissant au Canada : l'utilisation inappropriée des médicaments chez les personnes âgées vivant dans la communauté. En effet, une personne âgée sur quatre prend au moins un médicament qui accroît le risque de préjudice, selon la Dre Tannenbaum. Tenue à l'Hôpital Women's College à Toronto, la rencontre nationale du conseil des intervenants des IRSC sur la gestion sécuritaire des médicaments prescrits aux personnes âgées au Canada (CIHR National Stakeholder Council Meeting on Safe Medication Management for Older Men and Women Across Canada) réunissait des responsables des politiques, des représentants d'organisations nationales, des médecins, des pharmaciens, des membres de groupes de défense des intérêts des patients, des économistes et des chercheurs universitaires ainsi que d'autres participants s'intéressant à la protection de la santé. 

Le conseil a eu le privilège d'accueillir le député d'Oakville, Terence Young, fondateur du groupe de défense des intérêts Drug Safety Canada en 2002. Le député Young s'est entretenu, au nom de la ministre fédérale de la Santé, de la Loi de Vanessa, qui vise à fournir aux Canadiens une meilleure protection contre les médicaments et dispositifs médicaux dangereux. Grâce à cette loi, les Canadiens auront accès à un registre public des essais cliniques réalisés au Canada. Le député Young a aussi parlé du Cadre réglementaire de transparence et d'ouverture du gouvernement et du plan d'action connexe, lancés au printemps 2014.

Objectifs de la rencontre

La réduction de l'exposition des patients à un excès de médicaments ou à des médicaments inappropriés (ou déprescription) est un processus complexe. Toutefois, en tirant profit d'une grande diversité d'expertise, le conseil a pu :

  • trouver des façons d'améliorer la qualité globale des soins pharmaceutiques offerts à notre population vieillissante et réduire les coûts des soins de santé liés aux médicaments;
  • se pencher sur les politiques nécessaires pour soutenir l'adoption de meilleures pratiques et assurer une meilleure qualité de vie aux femmes et aux hommes aux prises avec de multiples problèmes de santé chroniques;
  • avancer des méthodes de communication visant à accroître l'élaboration et la dissémination de protocoles de déprescription fondés sur des données probantes auprès des utilisateurs des connaissances.

Solutions pour une utilisation sécuritaire des médicaments

Durant la rencontre, on a exploré maintes avenues pour favoriser le changement et encourager la déprescription. Les discussions ont porté sur des sujets comme les politiques nationales de couverture et d'achat des médicaments, les données et l'habilitation des patients, ainsi que la sensibilisation des professionnels de la santé qui travaillent avec la population vieillissante. L'un des enjeux clés de la rencontre était la mise en œuvre de nouvelles pratiques nationales de prescription par les médecins. Les membres du conseil ont aussi fait ressortir la nécessité de faciliter l'accès à des solutions de rechange non pharmacologiques aux médicaments d'ordonnance. Il est fréquent que ces thérapies ne soient pas couvertes par les régimes d'assurance, ou qu'elles coûtent plus cher que les médicaments sur ordonnance. Enfin, le conseil a convenu de la nécessité de mettre sur pied une campagne de sensibilisation nationale pour conscientiser les gens au problème de la prescription de médicaments inappropriés.

Prochaine étape

La prochaine étape consiste à sensibiliser la population aux dangers potentiels de certains médicaments comme les somnifères, les antipsychotiques utilisés chez les personnes atteintes de démence et même certains médicaments pour le diabète. Les organisations médicales professionnelles et les chercheurs en santé collaboreront à la campagne canadienne Choisir avec soin pour aider les cliniciens à déprescrire en tout sécurité. Diverses provinces étudieront la mise en œuvre de politiques expérimentales ciblant différents régimes de remboursement et un accès facilité à des traitements comme la thérapie cognitivo-comportementale pour soigner l'insomnie. Le conseil se réunira de nouveau dans un an pour évaluer les progrès réalisés en vue d'une réduction de 50 % sur trois ans de la prescription de médicaments inappropriés aux personnes âgées.

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