TAIMA TB : Quand la sensibilisation porte fruit

Dr Gonzalo Alvarez à droite

8 juin 2015

La tuberculose peut sembler appartenir à une époque révolue pour les Canadiens.

Pourtant, en 2012, 1 686 nouveaux cas de la maladie étaient recensés un peu partout au pays. De ce nombre, 79 provenaient du Nunavut, ce qui représente un taux de 234,4 sur 100 000 personnes sur ce territoire.

« Ma recherche est axée sur la conception d'interventions de santé publique innovatrices visant à prévenir la tuberculose et à briser le cycle de transmission de la maladie parmi les Inuits du Nunavut »,  explique le Dr Gonzalo Alvarez, professeur agrégé de médecine à l'Université d'Ottawa.

Les Inuits affichent le taux de tuberculose le plus élevé de tous les Autochtones du Canada, et représentent 85 % de la population totale du Nunavut. Ils doivent composer avec des logements surpeuplés et disposent d'un accès limité à des services médicaux et à des aliments nutritifs.

Les cas évolutifs de tuberculose se caractérisent par un essoufflement, de la toux, de la fièvre et des sueurs nocturnes – et leur issue peut être fatale. La tuberculose latente, qui peut devenir évolutive, est indétectable au début. Avec l'aide du financement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Dr Alvarez a dirigé, entre 2011 et 2013, une étude intitulée TAIMA TB (halte à la tuberculose, en inuktitut) visant à sensibiliser le public à cette maladie.

Après avoir reçu de l'information de base sur la maladie, des membres de la communauté connaissant la culture et la langue autochtones (appelés « champions de la tuberculose ») ont collaboré avec des infirmières en santé publique et ont frappé aux portes de 614 foyers. Ils ont invité les résidants à visionner une vidéo éducative sur la tuberculose et à subir un test de dépistage. Plus de 400 personnes ont répondu à l'appel. En 2013, huit nouveaux cas évolutifs de tuberculose et 42 nouveaux cas latents de la maladie avaient été détectés. Selon le Dr Alvarez, la conception et le succès de TAIMA TB sont attribuables à un comité directeur formé de chercheurs, de responsables de politiques et de travailleurs de première ligne établis au Nunavut et à Ottawa.

« Nos conclusions ont fait ressortir l'importance de continuer à sensibiliser le public à la tuberculose dans les communautés lourdement touchées par la maladie », indique le Dr Alvarez. « Ce genre de campagne de porte à porte dans les communautés autochtones hautement vulnérables à la tuberculose pourrait contribuer à réduire la stigmatisation associée à la maladie, et inciter les gens à subir un test de dépistage. »

Pour l'avenir, le Dr Alvarez vise des objectifs de recherche autres que la sensibilisation du public. Avec d'autres fonds des IRSC, à titre de consultant en pneumologie et en tuberculose du Nunavut, il entend vérifier si des changements au mode de vie (comme la prévention du tabagisme ou du diabète) et de meilleurs diagnostics peuvent contribuer à freiner définitivement la transmission de la maladie chez les Autochtones.

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