Cartographier le paysage cellulaire

Comprendre l'influence de l'épigénétique sur le cancer

1 juin 2015

Tandis que le cancer est depuis longtemps considéré comme une maladie génétique, les chercheurs découvrent que l'épigénétique – les mécanismes biologiques qui activent et désactivent les gènes – joue également un rôle. Le génome humain – l'ADN complet contenu dans une cellule – demeure essentiellement immuable, et il est le même dans tout le corps. En revanche, l'épigénome – les composés chimiques qui modifient le génome ou y laissent leur empreinte – évolue au cours de la vie et peut varier d'une cellule à l'autre. « Pour comprendre les influences épigénétiques sur la maladie, nous devons d'abord saisir comment fonctionne un épigénome dit normal », souligne le Dr Martin Hirst du Centre de recherche sur le cancer de la Colombie-Britannique. « Et bien qu'il soit possible de définir une cellule par son épigénome, il existe des centaines de types de cellules différents, ce qui signifie que nous avons beaucoup de travail à faire pour brosser un tableau complet. »

Recherche

En tant que membres du Consortium international de l'épigénome humain (IHEC), le Centre de recherche sur le cancer de la Colombie-Britannique et l'Université de la Colombie-Britannique collaborent avec plusieurs autres partenaires en vue de créer une « carte de référence » des types de cellules humaines. Puisque l'épigénome évolue avec le vieillissement des cellules et en réponse aux influences environnementales, les chercheurs travaillent à produire plusieurs cartes de référence pour chaque type de cellule. Ils visent à constituer une base de données en libre accès contenant 1 000 épigénomes de référence conformes aux normes établies par l'IHEC. Avec l'aide de cliniciens qui lui fournissent des tissus humains de haute qualité, le Centre génère des cartes de cellules normales et malignes liées notamment à des cancers du cerveau, du côlon et du sein. Jusqu'à présent, avec le financement des IRSC, le Centre a dressé le profil de 38 types de cellules, ce qui le place sur la voie d'atteindre son objectif de 100. « Même aujourd'hui, le projet fournit des références cruciales sur des cellules saines que nous pouvons comparer à des cellules malades », explique le Dr Hirst. « Par exemple, nous utilisons les données que nous avons produites pour comprendre le paysage épigénétique des types de cellules mammaires normales en appui à nos efforts de compréhension du cancer du sein. »

Sources

Gascard, P. et coll. « Epigenetic and transcriptional determinants of the human breast » [en cours d'évaluation].

Kundaje, A. et coll. « Integrative analysis of 111 reference human epigenomes » [sous presse].

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