Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida des IRSC : Histoire de réussite

Projet : Éventail des services offerts dans le domaine du VIH/sida au Nunavik
Chercheur principal : Paul Brassard
Financement : Programme de recherche communautaire : subvention Catalyseur
Durée : Avril 2010 – mars 2012

La prévalence du VIH/sida est en hausse au Nunavik, et les membres des collectivités inuites et autochtones sont surreprésentés dans les statistiques sur le VIH/sida au Canada. Pour s'attaquer à ce problème, il est important de déterminer quels sont les services actuellement offerts dans le domaine du VIH/sida et de comprendre les besoins, les difficultés et les défis associés à la prestation de services dans ces collectivités.

L'équipe de recherche dirigée par le Dr Brassard a réalisé des entrevues sur des questions entourant les maladies transmissibles sexuellement (p. ex. confidentialité, éducation, formation, stigmatisation) avec 15 membres des collectivités de Kuujjuaq et de Puvirnituk. Des fournisseurs de services comme des sages-femmes, des infirmières, des médecins, des administrateurs et des travailleurs sociaux ont aussi été interrogés. Les chercheurs ont ensuite évalué l'information recueillie en rapport avec des aspects du VIH/sida comme la sensibilisation, l'identification et l'aiguillage des groupes à risque, le dépistage, le travail de laboratoire, la prise en charge, les dossiers, la surveillance et les politiques.

Les conclusions et les recommandations de l'étude ont été résumées dans un rapport qui a été transmis au bureau de santé du Nunavik. On s'attend à ce que les recommandations influencent les intervenants dans la prestation des services dans le domaine du VIH/sida au Nunavik et dans d'autres collectivités inuites et autochtones.

Projet : Évaluation de Pouvoir partager/Pouvoirs partagés, un programme par et pour les femmes vivant avec le VIH sur la lourde question du dévoilement
Chercheuse principale : Joanne Otis
Financement : Programme de recherche communautaire : subvention de fonctionnement
Durée : Avril 2008 – mars 2011

Cette recherche communautaire dirigée par la Dre Otis visait à évaluer l'efficacité d'un programme d'intervention appelé Pouvoir partager/Pouvoirs partagés, mis sur pied pour conférer aux Montréalaises vivant avec le VIH un certain degré d'autonomisation ou d'auto-appropriation (empowerment) à l'égard du dévoilement de leur état sérologique.

Le programme a été offert par 13 intervenantes et sept bénévoles (femmes vivant avec le VIH) en 2009-2010. Son évaluation à la grandeur du Québec a été réalisée avec la participation de femmes vivant avec le VIH, d'organismes communautaires, d'organismes de santé et de services sociaux et de chercheurs, et comportait des questionnaires à remplir soi-même, des séances d'évaluation en plénière, des analyses de rapports d'intervenantes et des groupes d'évaluation.

Les résultats de la recherche ont révélé que le programme avait accru la capacité des participantes à dévoiler leur état sérologique et avait renforcé leur impression d'avoir du pouvoir sur leur vie. Des leçons ont aussi été apprises sur la meilleure façon d'offrir ce genre de programme à l'extérieur des grands centres urbains et dans différents contextes socioculturels.

Projet : Le projet en santé sexuelle de Saddle Lake
Chercheuse principale : Dionne Gesink
Financement : Programme de recherche communautaire : subvention Catalyseur
Date : d'avril 2011 à mars 2013

Les facteurs socioculturels jouent un rôle important dans la transmission du VIH, mais ils sont mal compris des communautés des Premières Nations. Des chercheurs de la nation crie de Saddle Lake et de l'Université de Toronto travaillent ensemble à définir ces facteurs à l'aide d'une approche originale en ligne selon la tradition et la culture cries, des méthodes qualitatives, et des principes de recherche communautaire.

Les cérémonies, les enseignements, ainsi que les formes de savoir et de communication cris ont été combinés dans des entrevues approfondies et semi-structurées auprès d'informateurs clés, d'aînés et de membres de la communauté pour définir les facteurs socioculturels qui ont une incidence sur la santé sexuelle et le VIH dans la communauté.

Ce processus de recherche et cette approche ont commencé à rétablir la confiance de la communauté dans les avantages de la recherche, créé un espace sécuritaire pour parler d'un sujet délicat, ouvert le dialogue communautaire sur la santé sexuelle et le VIH. Les connaissances acquises grâce à ce projet ont formé la base d'une subvention de fonctionnement du PRC des IRSC sur le VIH intitulée « Restoring Health in Our Community » [Rétablir la santé dans notre communauté]. Cette prochaine subvention appuiera l'élaboration et la mise à l'essai d'une intervention sur le VIH dirigée par la communauté et englobant les traditions et les valeurs cries.

Projet : Intervention à petite échelle visant à réduire les pratiques sexuelles favorisant la transmission du VIH chez les hommes porteurs du VIH ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes
Chercheur principal : Trevor Hart
Financement : Programme de recherche communautaire : subvention de fonctionnement
Durée : Avril 2009 – mars 2011

Le Dr Hart et son équipe de chercheurs universitaires et communautaires ont examiné l'efficacité d'une intervention appelée Gay Poz Sex visant à réduire les pratiques sexuelles favorisant la transmission du VIH chez les HRSH porteurs du virus. Sept groupes de six à huit HRSH porteurs du VIH ont participé à sept séances de Gay Poz Sex animées par des hommes gais, porteurs du VIH et formés au moyen d'une technique de counseling appelée « entrevue motivationnelle ». Pour éviter d'exposer les participants à des risques juridiques, tous ont été identifiés par des pseudonymes et ont été encouragés à ne pas dévoiler le nom ni les coordonnées de leurs partenaires sexuels.

Pour mesurer l'efficacité des séances, les participants ont été évalués au moyen d'entrevues et de questionnaires d'auto-évaluation au début de l'intervention (données de référence), à la fin de l'intervention, et trois mois après. La proportion d'hommes ayant des relations anales non protégées avec des partenaires séronégatifs ou d'état sérologique inconnu est passée de 56 % (données de référence) à 35 % après trois mois.

Les résultats de cette étude démontrent que les séances Gay Poz Sex peuvent être administrées dans de petits organismes de services aux porteurs du VIH. De plus, la réduction prometteuse des relations anales non protégées offre un point de départ pour des essais contrôlés randomisés.

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