La recherche en vedette : Inflammation et maladies chroniques
La fonction de la NADPH oxydase dans la pathogenèse de la MII chez l'enfant et de l'AJI

Le Dr John Brumell est chercheur principal d'une des neuf équipes de recherche qui ont reçu une subvention dans le cadre de l'initiative phare Inflammation et maladies chroniques des IRSC en 2014. Des représentants de ces équipes ont participé à une réunion de réseautage inaugurale organisée par l'IALA et l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII) des IRSC, à Winnipeg, en février 2015. Un des objectifs de la réunion était de promouvoir la collaboration entre chercheurs explorant différents aspects de l'inflammation dans le contexte des maladies chroniques. À la réunion, le Dr Brumell a généreusement pris de son temps pour parler du projet de son équipe et faire part de ses idées sur le processus de collaboration entre chercheurs en santé. Il s'agit du premier d'une série d'entretiens avec des chercheurs spécialistes de l'inflammation. Ceci est la deuxième d'une série d'entretiens avec les chercheurs de l'inflammation.

Les maladies inflammatoires de l'intestin (MII) et l'arthrite juvénile idiopathique (AJI) comptent parmi les maladies inflammatoires les plus répandues chez l'enfant au Canada. Les enfants atteints de ces maladies en souffrent pendant toute leur vie. Tant les MII que l'AJI ont des origines complexes où intervient une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Des études ont révélé un lien entre la vulnérabilité d'une personne à ces maladies et la présence de gènes mutés ou altérés exprimant la NADPH oxydase. Le Dr Brumell et son équipe de chercheurs à l'Hôpital pour enfants de Toronto émettent l'hypothèse que ces variantes sous-tendent des explications communes de la cause des MII et de l'AJI. « Les objectifs généraux de l'étude, a déclaré le Dr Brumell, seront de comprendre le rôle que jouent ces gènes dans la maladie et de concevoir de meilleurs traitements pour les patients qui présentent une altération. »

Le Dr Brumell, spécialiste des sciences fondamentales, précise que son domaine de recherche concerne les interactions hôte-pathogène, ou, « en gros, comment les bactéries interagissent avec nos cellules ». « Nous étudions la façon dont les bactéries interagissent avec les cellules humaines depuis des années », a-t-il expliqué. « Or, après bien des études sur la génétique, nous nous sommes rendu compte que nous ne savions rien d'un bon nombre des gènes liés à ces maladies inflammatoires. » En étudiant ces voies dans le cadre de sa recherche fondamentale, l'équipe croit pouvoir déterminer de nouveaux candidats pour étudier les gènes des patients atteints de maladies inflammatoires.

Comme le souligne le Dr Brumell, le fait de travailler dans des équipes multidisciplinaires a permis de réunir des experts de divers domaines. « Nous avons des cliniciens, des chercheurs fondamentaux, des personnes qui étudient l'environnement, et tous ont un point de vue différent et une méthode de recherche différente, ce qui donne beaucoup de poids au projet. Nous pouvons faire en équipe ce que nous ne pourrions faire seuls. » Il a ajouté que le travail d'équipe permet aussi de mettre plus vite les nouvelles théories en application.

Par ailleurs, une importante leçon tirée du travail en équipe multidisciplinaire, selon le Dr Brumell, est l'importance de voir grand : « Nous avons vu de parfaits exemples, lors de cette réunion, de ce que le travail d'équipe peut accomplir. Les résultats vont vraiment au-delà de toute attente. Il faut voir grand dès le départ, établir des objectifs très audacieux et tout faire pour les atteindre ».

Une grande source d'inspiration, pour les chercheurs qui participaient à la réunion, a été la présentation du conférencier d'honneur, Sir Marc Feldmann, sur la réussite dans le domaine de la recherche. Un autre objectif de réseautage a été de demander à des collègues plus expérimentés ce qu'ils ont appris d'initiatives de ce genre. « Il est toujours plaisant de rencontrer les gens en personne », a-t-il dit. « Dans bien des cas, j'ai entendu parler d'eux, j'ai lu leurs articles, et j'ai maintenant l'occasion de leur serrer la main, de parler avec eux de science et de voir comment nos équipes peuvent collaborer. »

Selon le Dr Brumell, « Je dirais en général que l'inflammation est vraiment le principal enjeu de notre ère dans le domaine médical. Nous devons employer de nombreuses ressources pour l'étudier dans le contexte des sciences médicales. Or, l'initiative qui a été mise en branle est, à mon avis, un excellent pas dans cette direction. »

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