Comprendre la maladie de Lyme en temps réel

Étudier le comportement dans la circulation sanguine des bactéries transmises par les tiques

4 août 2015

Le Canada est aux prises avec une nouvelle menace pour la santé : une tique qui s'invite à nos voyages en camping et se cache dans nos jardins.

Les tiques aux pattes noires qui sont porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi (B. burgdorferi), à l'origine de la maladie de Lyme, élargissent leur territoire et exposent de plus en plus de gens à la maladie. En fait, les chercheurs en santé publique estiment que d'ici 2020, 80 % de la population de l'Est canadien habiteront dans une zone touchée, comparativement à 18 % en 2010.

De nombreuses questions demeurent sans réponse au sujet de B. burgdorferi et de ses mécanismes pathogènes. C'est pourquoi la Dre Tara Moriarty de l'Université de Toronto étudie comment cette bactérie se diffuse – se répand – dans l'organisme.

« Dans de nombreuses infections bactériennes, les effets les plus graves surviennent au moment où la bactérie s'infiltre dans la circulation sanguine et se répand à d'autres régions du corps », explique la Dre Moriarty.

Pour concevoir des traitements efficaces contre la maladie de Lyme et d'autres types d'infection, il serait important de comprendre le mécanisme de diffusion de la bactérie, mais jusqu'à tout récemment, il nous était impossible de le faire en grande partie parce que nous pouvions difficilement observer le comportement de la bactérie dans la circulation sanguine.

En travaillant ensemble à l'Université de Calgary, la Dre Moriarty et sa collègue, la Dre Ursula Norman, ont mis au point une technique d'observation de la bactérie en action. Cette technique, appelée « microscopie intravitale », permet de saisir en vidéo les bactéries pathogènes alors qu'elles sont transportées dans le courant sanguin.

« Nous travaillons généralement avec Borrelia sous leur forme fluorescente afin que nous puissions les voir à l'œuvre dans la circulation sanguine ou lorsqu'elles en sortent, ou étudier leur comportement dans la peau, le foie, les articulations ou ailleurs », précise la Dre Moriarty.

Dans sa recherche en partie financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, la Dre Moriarty s'est servie de cette technique novatrice pour découvrir comment les bactéries se fixent aux cellules qui tapissent l'intérieur des vaisseaux sanguins pour ensuite ralentir, s'infiltrer dans les tissus et répandre l'infection dans l'organisme. D'autres chercheurs avaient déjà étudié ce mécanisme dans le sang immobile, mais la Dre Moriarty et son équipe ont montré que B. burgdorferi fait appel à des mécanismes complètement différents lorsqu'elle se trouve dans le sang fluide.

En tentant de répondre à ces questions fondamentales au sujet de B. burgdorferi, l'équipe de la chercheuse contribue à élargir les connaissances sur les processus pathogènes des bactéries et le traitement des infections.

« Souvent, les progrès importants qui influent sur les soins de santé et le traitement des maladies sont issus d'explorations scientifiques, fait remarquer la Dre Moriarty. Même si elles semblent de prime abord sans importance, les idées conçues et mises à l'essai pourraient un jour jouer un rôle clé dans le traitement d'une maladie. »

La Dre Moriarty et son équipe s'emploient à former des collaborations avec des cliniciens et des autorités de santé publique en vue de déterminer ensemble quelles souches de B. burgdorferi se rencontrent au pays, ainsi que la façon dont elles se répandent et causent la maladie, dans l'espoir d'y mettre un frein.

Pour plus de détails sur la maladie de Lyme, visitez le site Web de Santé Canada.

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