La recherche en vedette : Inflammation et maladies chroniques
Amélioration du processus de restitution dans l'arthrite et la maladie cardiaque chronique

Dre Jean Marshall est cochercheuse principale de l'une des neuf équipes de recherche ayant obtenu une subvention dans le cadre de l'initiative Inflammation et maladies chroniques des IRSC en 2014. Lors d'une réunion de réseautage tenue à Winnipeg, en février dernier, et coanimée par l'IALA et l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII) des IRSC, la Dre Marshall a bien voulu prendre du temps pour discuter du projet de son équipe et partager son point de vue sur le processus de collaboration entre les chercheurs en santé. Il s'agit de la troisième d'une série d'entrevues avec des chercheurs du domaine de l'inflammation.

La Dre Jean Marshall dirige le département de microbiologie et d'immunologie à l'Université Dalhousie et travaille également comme spécialiste des sciences fondamentales dans le domaine de l'immunologie. Elle est cochercheuse principale du programme Amélioration du processus de restitution dans l'arthrite et la maladie cardiaque chronique (programme REACH).

Ce programme est axé sur deux maladies chroniques : l'infarctus du myocarde (IM) (crise cardiaque), qui conduit à la fibrose cardiaque (épaississement anormal des valvules cardiaques), appelée inflammation post-IM, et la polyarthrite rhumatoïde, qui aboutit à la destruction des articulations. Ces maladies importantes résultent d'une mauvaise réaction du système immunitaire humain sous forme d'inflammation. Coûteuses pour le système de soins de santé et difficiles à traiter, ces maladies mènent à l'invalidité, parce que les articulations sont irréversiblement endommagées, ainsi qu'au décès par insuffisance cardiaque.

Selon la Dre Marshall, l'équipe du programme REACH s'efforce surtout de comprendre pourquoi l'état de certaines personnes s'améliore dans chacune de ces situations, alors que l'état d'autres personnes évolue jusqu'à un stade de maladie chronique beaucoup plus grave. Comme elle l'explique, l'équipe du programme REACH cherche « ce qui va bien » chez les patients dont la santé s'améliore afin d'aider à mettre au point de nouveaux traitements.

« L'inflammation est un processus naturel, explique la Dre Marshall. Nous avons besoin de l'inflammation pour guérir et pour lutter contre les infections. L'inflammation n'est pas toujours une mauvaise chose. Elle est nuisible seulement lorsqu'elle survient pour les mauvaises raisons ou dans le mauvais contexte. » Plutôt que de chercher à éliminer l'inflammation, poursuit-elle, les chercheurs doivent comprendre comment la contenir de façon appropriée, et dans un contexte adéquat.

L'équipe du programme REACH est une équipe multidisciplinaire et internationale composée principalement de cliniciens et de spécialistes en sciences fondamentales. Ces chercheurs possèdent également une certaine expérience en statistique et en analyse, laquelle permet une meilleure étude des vastes ensembles de données. Outre les chercheurs canadiens, deux chercheurs sont originaires de Helsinki, en Finlande, et un autre travaille à l'Université Stanford.

La Dre Marshall affirme que le caractère international de l'équipe est très bénéfique. Les chercheurs peuvent ainsi comparer ce qu'ils observent au Canada à d'autres populations et environnements cliniques, et ont accès à un plus vaste éventail d'outils de recherche. Les stagiaires sont également exposés à différents environnements de recherche et à d'autres façons de voir les choses. La Dre Marshall avance qu'une telle équipe permet d'avoir une approche plus réfléchie et axée sur les patients. « Par exemple, dit-elle, en tant que spécialiste des sciences fondamentales, je n'aurais jamais pensé à certains des aspects proposés par mes collègues cliniciens qui travaillent sur le même projet. » Elle ajoute que la chose la plus importante lorsqu'on travaille en équipe, c'est de s'assurer que la communication demeure ouverte entre tous les partenaires, intervenants et chercheurs.

Les travaux de l'équipe du programme REACH pourraient avoir de vastes répercussions : « Des millions de personnes souffrent de ces maladies; dans le cas de l'arthrite, on a affaire à une maladie qui touche les gens dans la fleur de l'âge, une maladie qui peut être énormément débilitante, associée à un taux élevé de morbidité », explique la Dre Marshall. Pour ce qui est des patients atteints de maladies du cœur, les survivants d'une crise cardiaque peuvent présenter une insuffisance cardiaque progressive qui empêche un retour à la vie normale. La découverte d'une solution qui pourrait retarder, ralentir ou prévenir le processus représenterait une avancée majeure.

Date de modification :