Le sexe et le genre dans la recherche biomédicale

(2015-09-17) Depuis le début des années 2000, la communauté de recherche reconnaît de plus en plus que le sexe des cellules, des tissus, des animaux et des humains compte dans la recherche biomédicale et translationnelle. Chaque cellule est sexuée, et les différences sexuelles s'observent dès la conception et varient tout au long de la vie.

La prise en considération du sexe favorise la reproductibilité des conclusions de la recherche et accroît la rigueur scientifique en rendant les résultats plus généralisables aux hommes et aux femmes. Lorsque le sexe n'est pas pris en compte, des effets importants peuvent passer inaperçus.

Le fait de ne pas tenir compte du sexe dans la recherche biomédicale ou translationnelle a un coût en vies humaines. Par exemple, les cas de plusieurs médicaments auxquels Santé Canada a dû ajouter des avertissements ou retirer du marché en raison des effets mortels pour un ou l'autre des sexes.

Malgré l'importance des considérations relatives au sexe et au genre dans la recherche biomédicale, de nombreux chercheurs dans le domaine n'ont pas encore exploré le plein potentiel de découverte que cela amène.

Formation en ligne gratuit

En soutenant la but de la possibilité de financement, Subvention catalyseur : Le sexe comme variable dans la recherche biomédicale ou translationnelle, l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC (ISFH-IRSC) a élaboré un cours en ligne gratuit qui porte sur la manière dont le sexe peut être intégré dans la recherche biomédicale à chaque étape d'un projet de recherche.

Le saviez-vous?

  • L'hypersensibilité sous forme de douleur chronique est-elle modulée par les cellules microgliales chez la souris mâle et par les lymphocytes T chez la souris femelle?Footnote 1
    Pourriez-vous négliger une différence importante entre les sexes en excluant les animaux et les cellules femelles de votre recherche?
  • Le chromosome X comprend 1 669 gènes, tandis que le chromosome Y n'en renferme  que 426. Seulement 33 % des études d'association pangénomique incluent le chromosome X.Footnote 2
    Est-ce logique?
  • Le nombre d'organismes de financement dans le monde exigent la prise en compte  des considérations du sexe et du genre à toutes les étapes de la démarche de recherche.
    Votre recherche ira-t-elle dans ce sens?
  • De plus en plus de revues scientifiques changent leurs politiques rédactionnelles pour exiger que l'on fasse état du sexe/genre des cellules, des tissus et des participants animaux ou humains dans les recherches.
    Ne pas prendre en compte le sexe/genre pourrait-il rendre plus difficile la publication de vos recherches?
  • Les différences entre les sexes en pharmacocinétique amènent les organismes  de contrôle de l'innocuité des médicaments à recommander une réduction de la dose de certains médicaments pour les femmes.
    Votre recherche mesure-t-elle ces différences?

Suivez cette formation afin d'apprendre :

  • à établir une distinction entre le sexe et le genre et à définir cette notion dans la recherche biomédicale;
  • à cerner les différences du sexe et du genre dans le mécanisme, la maladie ou le traitement à l'étude;
  • à évaluer un protocole de recherche fondé sur l'intégration ou l'omission de la question du sexe ou du genre.

Footnotes

Footnote 1

R.E. Sorge et al., Different immune cells mediate mechanical pain hypersensitivity in male and female mice, Nature Neuroscience doi: 10.1038/nn.4053, 2015

1

Footnote 2

Wise, A.L., Gyi, L., & Manolio, T.A. (2013). eXclusion: Toward integrating the X chromosome in Genome-wide association analysis. American Society of Human Genetics, 92: 643-647

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