IRSC@15.ans – Rapport annuel 2014-2015 des Instituts de recherche en santé du Canada

Message du président

Le Dr Alain Beaudet, Président des Instituts de recherche en santé du Canada

Médecin, professeur et neuroscientifique, le Dr Alain Beaudet a été nommé à la tête des IRSC en 2008, après avoir dirigé le Fonds de recherche du Québec – Santé.

Dans cette entrevue, le Dr Beaudet partage sa vision au sujet de cet organisme chargé d'investir dans la recherche en santé au Canada, de ses réalisations, de son impact sur la santé des Canadiens et de son avenir.

Quelles ont été les plus grandes réalisations des IRSC ou, si vous préférez, quelles ont été les étapes les plus importantes qu'ils ont franchies en 2014-2015?

Nous avons franchi deux grandes étapes cette année.

Après des années de préparation et de travail, nous avons lancé le premier concours de subventions du volet Fondation. Ce premier concours pilote a constitué un énorme défi pour les IRSC et a bouleversé la rédaction des propositions de recherche par les chercheurs, l'évaluation de ces propositions par les évaluateurs et l'administration de l'octroi de subventions par les IRSC. Parallèlement, nous avons tenu le dernier concours de notre programme ouvert traditionnel. C'était un peu comme changer le moteur d'un avion en plein vol!

La seconde étape a trait à la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP). Avec le déploiement des unités de soutien, les provinces et les territoires constatent qu'ils sont maintenant en mesure de façonner le programme de recherche et d'accéder aux résultats de la recherche. Les unités de soutien permettront aux provinces et aux territoires de faire face aux grandes priorités qui se dressent devant eux. Il s'agit d'une étape importante pour les IRSC dans la mesure où nous avons enfin des preuves tangibles que nous nous acquittons d'un élément essentiel de notre mandat : nous assurer que la recherche que nous appuyons améliore la santé des Canadiens et les soins de santé au pays.

Les IRSC célèbrent leur 15e anniversaire en 2015. Quelle a été leur plus grande réalisation au cours des 15 dernières années?

Une des raisons pour lesquelles les IRSC ont été créés était d'assurer une plus grande cohérence dans le financement de la recherche en santé, c'est-à-dire financer tous les aspects de la recherche en santé sous la même bannière, de la biologie moléculaire aux déterminants de la santé, et tout ce qui se situe entre les deux. Je pense que les IRSC, au cours de ces 15 années, ont finalement réalisé ce vaste mandat – ce rêve – d'avoir une seule organisation en mesure de financer la recherche dans tous les domaines de la santé.

Nous assistons à un virage vers une collaboration accrue et un plus grand nombre de partenariats dans la recherche en santé. Pourquoi?

La recherche change. Plus personne ne fait sa propre recherche en vase clos. Nous avons découvert que l'innovation fleurit lorsque nous mettons en contact des gens de diverses disciplines. Si l'on réunit un mathématicien, un physicien et un biologiste dans une même pièce, il en résultera de grandes choses.

La recherche devient aussi de plus en plus axée sur les problèmes plutôt que sur une discipline. Nous parlions auparavant de recherche en physiologie ou en anatomie, ou en biochimie. Aujourd'hui, la recherche porte sur la prévention des maladies pulmonaires ou le traitement des maladies cardiaques chroniques. D'entrée de jeu, les chercheurs pensent désormais à l'impact de leur recherche.

Il importe d'encourager les partenariats à tous les niveaux, y compris les partenariats internationaux. Lorsque nous exploitons les talents de deux pays au lieu d'un seul, nous disposons d'un plus grand nombre de cerveaux au départ, ce qui est toujours préférable! Travailler avec un autre pays peut donner accès à de nouvelles idées et à une approche culturelle différente, ce qui stimule la créativité et l'innovation.

Quant à l'avenir, quel changement aimeriez-vous voir dans le financement de la recherche en santé?

Nous devons permettre la liberté pour rendre possible la créativité, et c'est justement ce que notre nouvelle façon de financer la recherche libre accomplit. Nous devons accroître cette liberté et prendre plus de risques. Par le passé, je pense que nous avons été très prudents comme investisseur. Nous investissons dans les valeurs sûres, mais non dans les petites sociétés qui osent… et qui pourraient échouer. Par contre, si ces sociétés n'échouent pas, si elles réussissent, le rendement sur l'investissement sera exceptionnel.

Alain Beaudet, M.D., Ph.D.
Président des IRSC

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