Accès à distance aux soins de santé

L'équipe RaDAR (Rural Dementia Action Research) de la clinique de la mémoire en régions rurales et éloignées. Avec la permission de Debra Marshall.

Clinique centralisée pour les patients des régions rurales atteints de démence

20 octobre 2015

Une clinique centralisée de la mémoire à Saskatoon, qui utilise la télésanté pour offrir des diagnostics rapides aux patients atteints de démence dans les régions rurales et éloignées, attire l'attention nationale et internationale.

Soutenue par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), la clinique de la mémoire en régions rurales et éloignées est un projet pilote de l'Université de la Saskatchewan. Depuis sa mise sur pied en 2004, elle est devenue le projet phare de l'équipe RaDAR (Rural Dementia Action Research), qui comprend des chercheurs du Canada et du Royaume-Uni.

« Nous montrons qu'un processus centralisé et simplifié de diagnostic, appuyé par l'utilisation innovatrice des télécommunications et des technologies de l'information, peut être utile pour améliorer les services de soins de santé, » a mentionné la clinicienne-chercheuse de l'Université de la Saskatchewan, la Dre Debra Morgan, fondatrice et directrice de la clinique.

« Le diagnostic rapide s'est révélé un élément clé pour atténuer le stress, orienter le traitement, et permettre aux patients et aux familles de planifier l'avenir. »

Plusieurs individus aux prises avec la démence vivent dans les régions rurales et éloignées de la province, loin d'un grand centre où se trouvent des spécialistes de la démence. Malheureusement, il n'y a pas de test simple pour la démence – un diagnostic typique nécessite souvent de voir un médecin de famille, les patients étant par la suite adressés à de nombreux spécialistes avant de subir plusieurs tests.

« Les gens passaient plus d'un an à attendre des rendez-vous et à faire des allers‑retours », affirme la Dre Debra Morgan, qui justifie ainsi la mise sur pied de la clinique de la mémoire. « C'est très difficile pour les familles dont un membre éprouve des symptômes de démence, et ça retarde le traitement précoce, qui s'avère crucial. »

La clinique de la mémoire offre les services d'une équipe interdisciplinaire formée d'un neurologue, d'un neuropsychologue, d'un physiothérapeute, d'une diététicienne et d'un coordonnateur en soins infirmiers – en un seul endroit.

La clinique met l'accent sur le diagnostic et la prise en charge des cas probables de démence, atypiques et complexes, cas pour lesquels l'évaluation d'une équipe interdisciplinaire peut avoir d'énormes avantages.

« Les patients peuvent y passer tous leurs tests, y compris un tomodensitogramme du cerveau », explique la Dre Morgan en parlant de la clinique qui est maintenant financée par le ministère de la Santé de la Saskatchewan. « Notre objectif est d'arriver à établir un diagnostic et un plan de traitement et de gestion de leur problème avant la fin de la journée. »

À ce jour, plus de 500 patients et leur famille de toutes les régions sanitaires de la Saskatchewan ont été vus à la clinique de la mémoire.

L'utilisation de la vidéoconférence en télésanté pour les rendez-vous de suivi avec les patients et les aidants naturels a permis aux patients de la clinique d'économiser en moyenne 470 kilomètres par voyage aller-retour par rapport aux déplacements à Saskatoon pour les rendez-vous.

La clinique de la mémoire tient deux vidéoconférences en télésanté pour les groupes de soutien aux conjoints aidants des personnes qui ont reçu un diagnostic de démence atypique, comme la dégénérescence lobaire fronto-temporale (DLFT).

« Sans la vidéoconférence en télésanté, les aidants naturels qui demeurent dans les régions rurales et éloignées n'auraient pas accès à ce soutien dont ils ont grand besoin, » a rappelé la Dre Megan O'Connell qui dirige les groupes de soutien avec ses étudiants de l'Université de la Saskatchewan et le personnel de la Société Alzheimer de la Saskatchewan. « La demande des conjoints de personnes souffrant de DLFT est si grande qu'il nous faut mettre sur pied un troisième groupe. »

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