Dormez-vous?

Six conseils pratiques pour aider les personnes âgées à mieux dormir

4 novembre 2015

Si vous ne dormez plus comme un bébé, vous n'êtes pas seul. Notre cerveau change à mesure que nous vieillissons, ce qui influe sur notre façon de dormir. Bien que plusieurs de ces changements soient normaux, des chercheurs pensent qu'en aidant les personnes âgées à mieux dormir, nous pourrions un jour contribuer au rajeunissement de certaines fonctions cérébrales, comme la concentration et la mémoire.

« Nos habitudes de sommeil changent à mesure que nous avançons en âge », explique la Dre Julie Carrier, scientifique au Centre d'études avancées en médecine du sommeil, à Montréal. « De nombreuses personnes âgées vont se coucher et se réveillent tôt, font davantage de siestes et dorment moins la nuit. Elles tendent aussi à se réveiller plus souvent et à dormir d'un sommeil plus léger. »

« Nous avons tous vu des bébés dormir à poings fermés pendant une fête de Noël », poursuit-elle. « Mais une fois atteint l'âge de 50 ans, cela n'est simplement plus possible. »

Le cerveau profite de notre sommeil pour se régénérer. Mais avec le temps, il perd cette capacité, ce qui peut nuire à l'apprentissage et à la mémoire. La Dre Carrier et ses collègues explorent des moyens de stimuler le cerveau afin que les personnes âgées puissent de nouveau jouir des bienfaits d'un sommeil de qualité.

« Certains pensent que c'est un peu comme chercher la fontaine de jouvence », dit-elle en riant.

Sa recherche en est encore aux stades préliminaires. Pour le moment, si vous en avez assez de compter des moutons, voici six conseils que vous pourriez suivre pour mieux dormir :

  1. Réduisez votre consommation de tabac, de café et d'alcool.
  2. Demeurez actif et mangez sainement, mais évitez de faire de l'exercice ou de trop manger juste avant le coucher.
  3. Assurez-vous que votre chambre est sombre et silencieuse, et à la bonne température.
  4. Allez vous coucher à la même heure tous les soirs.
  5. Tentez d'éviter le stress à l'heure du coucher.
  6. Pas de panique! Dans bien des cas, les changements dans les cycles du sommeil sont normaux. Mais si la situation persiste, parlez-en à votre médecin. Votre insomnie découle peut-être d'un problème de santé.

Les travaux de la Dre Carrier sont en partie financés par les Instituts de recherche en santé du Canada.

Dre Julie Carrier
Centre d'études avancées en médecine du sommeil (CÉAMS)
Université de Montréal
Avec la permission de l'Université de Montréal.

Audio – Entrevue audio avec Julie Carrier

Transcription

David Coulombe : Ici David Coulombe pour les nouvelles des Instituts de recherche en santé du Canada. Avez-vous des problèmes de sommeil? Dormez-vous suffisamment? Trouvez-vous que dormir est une perte de temps? Comment votre sommeil évoluera-t-il au fur et à mesure de votre vie?

Aujourd'hui, nous parlons avec Dre Julie Carrier, chercheure financée par les Instituts de recherche en santé du Canada.

Dre Carrier bonjour.

Dre Julie Carrier : Bonjour.

David Coulombe : Alors je vous pose la question Dre Carrier, est-ce qu'il est important de dormir?

Dre Julie Carrier : Il est extrêmement important de dormir, puis de dormir d'une longueur suffisante, et d'une durée suffisante parce que le sommeil a des fonctions sur presque tout notre corps, et ce au niveau du cerveau. Le sommeil nous permet de consolider nos informations, d'apprendre, de mémoriser et de réguler notre humeur. Mais le sommeil aussi, puis ça c'est depuis les dix dernières années que la recherche a mieux montré ça, le sommeil aussi touche toutes nos fonctions physiologiques. Le sommeil nous aide à développer notre système immunitaire. Le sommeil nous aide à réguler toutes nos hormones, que ça soit celles du cortisol, les hormones associées au stress, la régulation du glucose, va aider beaucoup à réguler aussi notre pression sanguine, notre rythme cardiaque, etc. Donc, la privation de sommeil a des impacts importants, non seulement sur notre cerveau, notre cognition, notre humeur, mais aussi sur notre santé en général.

David Coulombe : Est-ce que les recherches ont démontré qu'au fil du temps, les gens, les hommes, les femmes, dorment moins qu'avant, comme par exemple nos grands-parents, est-ce qu'on dort plus ou est-ce qu'on dort moins qu'avant?

Dre Julie Carrier : En fait, on dort moins et, malheureusement, il y a certaines personnes qui dorment moins parce qu'ils [sic] ont des difficultés de sommeil, mais le problème actuellement c'est qu'on dort moins parce qu'on tente de devenir plus productifs. Puis on pense qu'en coupant les heures de sommeil, on va augmenter notre productivité. En fait, tel n'est pas le cas parce que si on dort moins notre cerveau fonctionne de façon non optimale puis en fait, on hypothèque aussi grandement notre santé physiologique. Donc, il est très important d'avoir un nombre suffisant d'heures pour être productif.

David Coulombe : Est-ce qu'on peut dire que le sommeil va se modifier au fur et à mesure de notre vie? Par exemple, lorsqu'on avance en âge, est-ce que notre sommeil devient différent?

Dre Julie Carrier : Oui, tout à fait. En fait, on sait fort bien que le sommeil se modifie beaucoup de la naissance jusqu'à l'âge adulte. On a juste à observer nos enfants pour le savoir. Mais ce que les gens savent moins, c'est que le sommeil se modifie aussi grandement au niveau de la vie adulte. Par exemple, dès l'âge de trente ans, on a une perte importante du sommeil lent profond, puis le nom le dit bien « sommeil lent profond » donc on perd les stades de sommeil les plus profonds qui va [sic] rendre notre sommeil plus fragile et sensible à toutes sortes de perturbations. En vieillissant, l'autre effet c'est qu'on va avoir tendance à se réveiller de plus en plus, et ce, à partir de la trentaine/quarantaine, et ce, jusqu'à la mort, puis on va dormir un peu moins. C'est des changements qui sont normaux, mais ce qu'il faut savoir c'est qu'étant donné que notre sommeil devient plus fragile, il va devenir encore plus important de vraiment y faire attention.

David Coulombe : Rapidement en terminant Julie Carrier, est-ce qu'il y a une différence entre le sommeil des hommes et des femmes ?

Dre Julie Carrier : Il y a des différences au niveau des désordres de sommeil, c'est-à-dire que les femmes sont celles qui, en général, vont souffrir plus d'insomnie que les hommes. Il y a d'autres troubles de sommeil, comme les apnées du sommeil, qui sont les arrêts respiratoires quand on dort, qui vont être un peu plus observés chez les hommes. Par contre, quand on amène les gens en laboratoire et qu'on étudie leur sommeil, on trouve peu de différences entre les stades de sommeil ou la composition du sommeil entre les hommes et les femmes.

David Coulombe : Dre Julie Carrier, chercheure financée par les IRSC, un gros merci.

Dre Julie Carrier : Merci.

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