Déclaration du Dr Marc Ouellette au sujet de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques 2015

Le saviez vous?

Le thème de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques est Antibiotiques : à manipuler avec précaution.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la semaine du 16 au 22 novembre serait la première Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques. C’est l’occasion de réfléchir au problème important qui se pose au milieu de la santé : l’apparition de microbes pathogènes qui sont devenus résistants à des traitements autrefois efficaces, comme les antibiotiques. Chaque année, au Canada, quelque 18 000 patients hospitalisés contractent des infections résistantes au traitement. Il en coûte aux hôpitaux jusqu’à 59 millions de dollars par année uniquement pour traiter les patients infectés par le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM). Les complications associées aux microbes comme C. difficile peuvent être fatales.

Le problème est sérieux, mais je trouve que la décision de l’OMS de consacrer une semaine à la sensibilisation au bon usage des antibiotiques est encourageante, et ce, pour deux raisons. Premièrement, comme scientifique ayant consacré 25 ans à l’étude de la résistance aux antimicrobiens, je suis naturellement passionné par le sujet. Deuxièmement, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont des chefs de file mondiaux dans le domaine de la résistance aux antimicrobiens.

Depuis 2009-2010, les IRSC ont investi plus de 93 millions de dollars dans la recherche visant à mieux comprendre comment les microbes acquièrent une résistance au traitement et ce que nous pouvons y faire. Les sujets de recherche ont varié, allant de la contamination microbienne des aliments et de l’eau à l’étude des façons dont les microbes peuvent se propager des animaux de ferme aux humains, en passant par les solutions de rechange aux antibiotiques.

Les chercheurs financés par les IRSC font d’immenses progrès. Voici quelques exemples des travaux passionnants menés dans le domaine de la résistance aux antimicrobiens :

  • Les travaux de la Dre Natalie Strynadka de l’Université de la Colombie-Britannique. Je vous invite à lire comment elle tente de mettre au point des médicaments qui décomposeraient les parois cellulaires des bactéries.
  • Le Dr Eric Brown, de l’Université McMaster, tente de mieux comprendre et, en fin de compte, de perturber les stratégies de survie des bactéries.
  • Le Dr Roger Levesque, de l’Université Laval, étudie comment utiliser des biofilms sensibles aux antibiotiques – films de bactéries minces et visqueux – pour réduire le potentiel pathogène des bactéries.

En outre, les IRSC se sont engagés à continuer à financer la recherche sur la résistance aux antimicrobiens :

  • À compter de 2016-2017, et sur une base continue par la suite, les IRSC investiront deux millions de dollars par année dans la recherche visant à mieux comprendre et traiter les infections causées par des agents résistants aux antimicrobiens.
  • Le Canada s’est joint à 21 autres pays dans le cadre de l’initiative de programmation conjointe sur la résistance aux antimicrobiens (JPIAMR), un groupe d’organismes qui financent des chercheurs de partout au monde qui étudient de nouvelles façons de vaincre la résistance aux antimicrobiens. Les IRSC ont investi quatre millions de dollars dans cette recherche.
  • De plus, dans le cadre de l’initiative de programmation conjointe, le Canada se joint à un groupe de 17 pays qui tentent de percer le mystère scientifique de la résistance aux antimicrobiens et de mettre au point de nouveaux traitements pour prévenir et traiter les infections résistantes aux antibiotiques. Les IRSC ont engagé 3,6 millions de dollars dans cette initiative.

Les chercheurs financés par les IRSC ont fait et continuent de faire des contributions importantes aux travaux sur la résistance aux antimicrobiens. Cette recherche qui sauve des vies serait impossible sans l’étroite collaboration de partenaires comme l’Agence de la santé publique du Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Medical Research Council du Royaume-Uni et d’autres partenaires des deux côtés de l’Atlantique.

Marc Ouellette, Ph.D.
Directeur scientifique
Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC

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