Déclaration du Dr Marc Ouellette au sujet de la Journée mondiale du sida 2015

Le 1er décembre 2015

Le 1er décembre est la Journée mondiale du sida; c'est l'occasion de nous rassembler pour soutenir ceux qui vivent avec le virus et de nous souvenir de ceux que nous avons perdus.

Pour bien des gens, le VIH/sida est une maladie qui sévit dans des pays éloignés, mais il pose également un défi pour la population canadienne. En effet, plus de 71 000 Canadiens sont atteints du VIH ou du sida, et environ 3 000 personnes contractent le virus chaque année. Pire encore, une personne infectée sur cinq ignore qu'elle est porteuse du virus.

Parmi les populations vulnérables atteintes du virus, on compte notamment les utilisateurs de drogues injectables, les travailleurs du sexe et les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes.

Semaine nationale de sensibilisation au sida chez les Autochtones

La Semaine nationale de sensibilisation au sida chez les Autochtones se déroule du 30 novembre au 5 décembre. Elle vise à aider les peuples autochtones et les instances dirigeantes des Premières Nations, des Inuits et des Métis à mieux comprendre l’infection au VIH/sida. Au Canada, un nombre disproportionné d’Autochtones sont infectés par le VIH/sida. Il est donc très important d’attirer l’attention sur ce problème, de créer des partenariats et de se porter à la défense des peuples autochtones qui vivent avec le VIH et le sida.

Les peuples autochtones en particulier présentent certains facteurs de risque d'infection au VIH/sida, tels que la pauvreté, la marginalisation, un faible taux d'alphabétisation, une mauvaise santé en général et la consommation de drogues. Par conséquent, les peuples autochtones sont surreprésentés dans l'épidémie du VIH, au Canada comme à l'échelle mondiale.

Nous avons fait beaucoup de chemin ces trente dernières années, depuis la découverte du VIH/sida, mais le problème de stigmatisation lié au virus demeure très difficile à surmonter. Si nous ne luttons pas contre la discrimination à laquelle ces personnes se heurtent, il y aura toujours des personnes séropositives pour le VIH qui n'oseront pas se soumettre à un test de dépistage ou divulguer leur état. J'ai été touché par l'histoire d'une jeune femme courageuse, Ashley Murphy, qui est née séropositive. Ayant elle-même été témoin de la stigmatisation associée à la maladie, elle a décidé de s'exprimer et de sensibiliser les gens pour changer les mentalités.

Cette année, le thème de la Journée mondiale du sida est « Objectif : zéro », c'est-à-dire zéro nouvelle infection au VIH, zéro discrimination et zéro décès lié au sida. Mettre fin à la pandémie du VIH d'ici 2030, comme l'ONUSIDA souhaite le faire, est tout un défi.

Cependant, malgré tout ce qui nous reste à accomplir, je suis optimiste : aujourd'hui plus que jamais, l'éradication du VIH/sida semble être un objectif réaliste. C'est grâce aux travaux des chercheurs des IRSC spécialisés dans le domaine du VIH/sida, qui ont permis de sauver bien des vies, qu'on peut l'envisager.

Les IRSC investissent plus de 45 millions de dollars par année dans la recherche sur le VIH/sida. Nous collaborons avec d'autres ministères et organismes gouvernementaux, tels que l'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada et Service correctionnel Canada, pour appuyer la réponse du Canada au VIH/sida. De plus, nous travaillons de concert avec la Bill and Melinda Gates Foundation pour mettre au point un vaccin contre le VIH. Nous finançons aussi des études cliniques visant à améliorer les traitements destinés aux personnes vivant avec le VIH/sida et d'autres maladies connexes, pour que les personnes séropositives pour le VIH puissent mener une vie normale et en bonne santé. Qu'il s'agisse d'un laboratoire en Colombie-Britannique où les chercheurs sont à mettre au point une meilleure façon de diagnostiquer le VIH ou d'une équipe de Montréal qui cherche à identifier les tissus et les types de cellules dans lesquels le VIH se cache, les chercheurs financés par les IRSC contribuent grandement à la lutte contre le VIH/sida.

Je suis inspiré par tout ce que font les chercheurs des IRSC pour nous permettre de mieux comprendre les facteurs sociaux du VIH/sida. Je vous invite à vous renseigner sur le projet de la Colombie-Britannique Logement, santé et VIH financé par les IRSC. Dans le cadre de ce projet, des chercheurs évaluent les répercussions d'un logement stable sur la propension d'une personne à obtenir et à observer un traitement antirétroviral.

Les IRSC jouent aussi un rôle actif sur la scène internationale. Des chercheurs canadiens financés par les IRSC collaborent avec des médecins et des scientifiques au Kenya, en Inde, en Afrique du Sud, au Nigeria et au Botswana pour faire avancer la recherche sur le VIH/sida.

Cette recherche est importante pour les IRSC. En effet, cet automne, nous avons injecté 2,5 millions de dollars pour soutenir 10 équipes effectuant des recherches novatrices sur le VIH/sida, et un peu plus de 1 million de dollars pour soutenir 7 équipes qui s'attaqueront au VIH, à l'hépatite C et à d'autres infections transmissibles sexuellement.

Cette année, lors de la Journée mondiale du sida, ayons une pensée pour ceux qui sont touchés par le VIH/sida et soulignons le travail inspirant de nos chercheurs dévoués, qui mettent tout en œuvre pour éradiquer cette épidémie.

Marc Ouellette, Ph.D.
Directeur scientifique
Institut des maladies infectieuses et immunitaires, IRSC

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