Enseigner un mode de vie actif

La combinaison de l'activité physique et des mathématiques au primaire donne des adolescents plus actifs

18 décembre 2015

En 2002, la Dre Heather McKay, de l'Université de la Colombie-Britannique, était troublée par ce qu'elle voyait autour d'elle : un tiers des enfants de la C.-B. âgés de 5 à 17 ans avaient un excès de poids ou étaient obèses, et la moitié des jeunes de 12 à 19 ans n'étaient pas assez actifs physiquement pour en ressentir des bienfaits pour la santé.

« J'étais en présence de données difficilement contestables qui semblaient indiquer que des enfants d'une dizaine d'années présentaient des facteurs de risque de maladie cardiovasculaire. Ces enfants étaient beaucoup moins actifs physiquement qu'ils auraient dû l'être », a dit la Dre McKay.

Elle a réuni des acteurs clés — parents et enseignants, en passant par les décideurs aux ministères de l'Éducation, de la Santé et du Sport de la Colombie-Britannique et les dirigeants de 2010 Legacies Now, organisme de la province créé pour appuyer les Jeux olympiques de Vancouver en 2010 — pour discuter des mesures à prendre face à la situation.

« Nous les avons tous réunis et leur avons dit : “Ne nous demandons pas s'il faut faire quelque chose, mais parlons plutôt de ce que nous allons faire” », se rappelle la Dre McKay.

C'est ainsi qu'ils ont mis sur pied Action Schools! BC, un projet audacieux pour amener les enfants à se lever de leur siège et à adopter un mode de vie plus actif. Les enseignants des écoles participant à Action Schools! BC intègrent l'activité physique aux cours de mathématiques et des exercices d'étirement aux cours de sciences, le tout axé sur des activités simples et efficaces qui peuvent facilement se faire en classe ou dans la cour d'école.

Comme première étape, la Dre McKay a dirigé un projet pilote de deux ans dans dix écoles, projet financé par les Instituts de recherche en santé du Canada, dans le but d'étudier les résultats du programme Action Schools! BC.

À l'aide d'un test normalisé – répéter une course de 20 mètres à une vitesse croissante – on a déterminé que la santé cardiovasculaire des élèves ayant suivi le programme Action Schools! BC s'était améliorée de 20 % de plus que celle des enfants qui n'y participaient pas.

« Pour avoir de la crédibilité, il faut avoir les preuves », a ajouté la Dre McKay.

Le gouvernement provincial, qui finance annuellement Action Schools! BC, revoit actuellement le modèle de prestation du programme.

Aujourd'hui active dans tous les districts scolaires de la Colombie-Britannique, l'équipe de soutien d'Action Schools! BC a animé de 400 à 500 ateliers par année où les éducateurs apprennent à incorporer l'activité physique dans les cours tout au long de la journée.

Une étude récente révèle que le programme Action Schools! BC a le potentiel d'encourager les adolescents à être plus actifs, particulièrement les filles. La recherche montre que les avantages de l'activité physique amorcée entre le jardin et la huitième année peuvent se poursuivre au secondaire.

« Nos résultats montrent que le programme Action Schools! BC a une influence cumulative et durable dans le maintien des niveaux d'activité physique chez les enfants de la C.-B. au moment où ils traversent l'adolescence », a déclaré la Dre Joan Wharf Higgins, chercheuse dans le domaine de la santé et de la société à l'Université de Victoria.

L'étude, financée par la Société canadienne du cancer, regroupait 443 élèves bénévoles de 10e année, moitié garçons, moitié filles, de 10 écoles de la C.-B. La moitié de ces jeunes avait fréquenté des écoles primaires ou intermédiaires où le programme Action Schools! BC était en vigueur, et non les autres.

L'étude révèle que les adolescents qui avaient fréquenté les écoles où le programme AS! BC était en vigueur étaient de beaucoup plus actifs, la plus grande différence étant chez les filles.

« Action Schools! BC aide à contrecarrer l'écart entre les sexes au chapitre de l'activité physique au fur et à mesure que les enfants vieillissent », dit la Dre Wharf Higgins, une allusion au fait que les filles sont plus susceptibles d'abandonner la pratique de sports à l'adolescence.

« Peu de pays ont atteint le niveau de participation du milieu scolaire dont jouit actuellement Action Schools! BC, dit la Dre McKay. Ce succès repose solidement sur les épaules de nos partenaires qui assurent la prestation du programme et leurs relations avec le milieu scolaire ».

D'autres pays commencent à remarquer ce que nous avons fait. Le programme Action Schools! BC, maintenant âgé de plus de 10 ans, a été adapté dans d'autres pays, notamment en Afrique du Sud, en Norvège et en Australie.

« C'est un modèle qui est copié à la grandeur de la planète », dit la Dre McKay.

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