L'avenir du traitement de la fibrose kystique

Dre Daniela Rotin, M. Theo Moraes, Dr Felix Ratjen, Dre Christine Bear, Dre Janet Rossant et Mme Tanja Gonska. Photo – Avec la permission de l'Hospital for Sick Children.

Ouvrir la voie à des médicaments révolutionnaires contre la fibrose kystique

25 février 2016

La fibrose kystique est la maladie génétique commune la plus mortelle à toucher les enfants et les adultes. Cette maladie dévastatrice, caractérisée par la destruction des poumons et des complications au niveau de l'appareil digestif, est causée par des anomalies du gène régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (CFTR) et sa protéine. À l'heure actuelle, la fibrose kystique est incurable, mais de nouvelles recherches apportent l'espoir de meilleurs traitements et, à terme, d'une guérison. 

La Dre Christine Bear, de l'Hospital for Sick Children, et le Dr Russell Viirre, de l'Université Ryerson, travaillent dans un cadre interdisciplinaire à améliorer les traitements de la fibrose kystique pour prolonger davantage l'espérance de vie des personnes atteintes de cette maladie mortelle.

Percées de la recherche sur la fibrose kystique

Le gène CFTR, découvert à l'Hospital for Sick Children il y a plus de 25 ans, produit la protéine CFTR qui sert de passage à travers la surface des cellules tapissant différents organes, dont les voies aériennes des poumons. Ce passage permet au sel et à l'eau d'entrer dans les organes, y compris les poumons, et d'en ressortir, ce qui garde les voies aériennes hydratées et exemptes d'infection. Lorsque le gène qui codifie la protéine CFTR présente une mutation, d'importants organes deviennent sujets à de graves lésions.

Deux médicaments révolutionnaires ont récemment été découverts grâce à un processus appelé criblage à haut débit, où des centaines de milliers de molécules médicamenteuses sont aléatoirement appliquées à des cellules ayant subi une mutation jusqu'à ce qu'une combinaison fonctionne.

Mais une question importante demeure : nous savons que ces médicaments fonctionnent, mais nous ne savons pas exactement comment ou pourquoi.

Nouveaux médicaments contre la fibrose kystique 101

La fibrose kystique survient lorsque des mutations du gène CFTR sont héritées des deux parents. À ce jour, plus de 2 000 mutations causant la maladie ont été mises en évidence. 

  • G551D touche environ 3,1 % des personnes atteintes de fibrose kystique et empêche l'ouverture et la fermeture du passage formé par la protéine CFTR, et donc l'hydratation des organes.
  • Delta-F508, à l'origine de la maladie chez la plupart des patients, empêche la bonne conformation de la protéine au départ.

Au cours des dernières années, deux médicaments révolutionnaires ont été découverts pour réparer G551D et Delta-F508 : Kalydeco et Orkambi, respectivement. Ces médicaments sont uniques parce qu'ils ciblent directement les défauts causés par la mutation.

La fibrose kystique sous la loupe


Dr Russell Viirre
Université Ryerson

Photo – Avec la permission de Dr Russell Viirre.


Dre Christine Bear
Hospital for Sick Children

Photo – Avec la permission de l'Hospital for Sick Children.

Les Drs Bear et Viirre sont très optimistes au sujet de la génération actuelle de médicaments, mais reconnaissent l'important besoin de les comprendre plus à fond. « Il faudra presque certainement une nouvelle génération de ces médicaments », explique le Dr Viirre. « Si nous parvenons à saisir, à l'échelle moléculaire, exactement où et comment Kalydeco et Orkambi interagissent avec la protéine CFTR, il sera possible de mettre au point une nouvelle génération de ces produits qui entre en action encore plus efficacement avec la protéine en question – et non pas par chance. »

C'est précisément ce que fait son équipe à l'aide de systèmes de suivi moléculaire appelés sondes chimiques. Cette méthode unique de suivi de l'activité médicamenteuse, jumelée à l'appui de sociétés pharmaceutiques et aux connaissances expertes de la Dre Bear sur CFTR, pourrait conduire à une nouvelle génération de médicaments plus puissants et plus efficaces que les médicaments actuels, qui auraient en outre moins d'effets secondaires. « C'est le genre de recherche qui aura des effets sur le traitement de longue durée », dit le Dr Viirre.

Cette étude financée par les IRSC fixe la barre pour la recherche future dans le domaine. Norma Beauchamp, présidente et chef de la direction de Fibrose kystique Canada, est d'accord. « Le rythme des progrès dans la recherche sur la fibrose kystique et le développement de médicaments est très prometteur. Ce partenariat interdisciplinaire nous rapprochera encore plus de notre objectif d'un monde sans fibrose kystique », dit-elle.

« J'estime que c'est un exemple de collaboration dont les IRSC et Fibrose kystique Canada doivent être fiers. Non seulement cette recherche est-elle interdisciplinaire au niveau universitaire, mais elle met à contribution les cliniciens-chercheurs et les sociétés pharmaceutiques, qui nous ont permis de mettre au point de meilleures sondes et de meilleurs médicaments. »

Dre Christine Bear, chercheuse financée par les IRSC, Hospital for Sick Children

Au Canada, les personnes atteintes de fibrose kystique vivent jusqu'à l'âge de 50 ans environ, soit 20 ans de plus qu'en 1990, mais la Dre Bear croit que les traitements ciblant les mutations dont il est question ici pourraient être la percée qui permettra de prolonger encore plus la vie de ces gens. « C'est une période fascinante », dit la Dre Bear. « Ces récentes découvertes de médicaments motivent les chercheurs et les sociétés pharmaceutiques à redoubler d'effort parce qu'on a maintenant la preuve que tous les espoirs sont permis. »

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